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kbb | Pierrot à 0679889047 #6 est un fragment du projet kiss bye boy , première mise en ligne le 21 juillet 2011, dernière mise à jour le 21 juillet 2011, par Guillaume Vissac, tags : Corps - Genre - Patrick Wolf

 [1]

Je connais cette chanson. Et toi par coeur. Je connais tout mais sans les mots. Les mots, ceux qui reviennent en tête. La tête intempestive. Toujours que les faux mots faux les plus faux. Synthétiques. Gonflés de sons nouveaux décomposés. Bouffés. Je n’ai pas attendu. Pas entendu cette chanson. Ces paroles et ces mots dans la chambre avec l’autre au moment de défaire les sutures. Mentales les miennes. Il a défait avec les doigts les fils de cuivre en jean. C’était pas un scalpel c’était ses ongles. Sa langue avait le goût des autres langues. Celles qu’il a dû bouffer longtemps longtemps avant la mienne. Bien avant hier. La semaine d’avant.

Où je l’ai vu tu t’en ficherais. Où il m’a vu. Où et puis quand et quels premiers mots parlés, nos syllabes nos yeux morts. Ici encore des mots dévalués bousculés par les sons. Ceux-là livrés avec la tête. Dedans le crâne de la mémoire. J’ai pris sa langue une première fois sur un parking devant la cité U. Lui fait Médecine en avance sur le moindre de mes pas. Oh ça oui mes parents l’adoreraient. Il est rentré dans son immeuble avec la mienne de langue. Son goût au fond de la gorge d’après lui pour des heures et des heures de c’était quel mot déjà ? Je m’en fiche. Il s’est branlé je crois. Tu me dirais que oui. C’était il y a des jours comme il y a cinq minutes.

Avec lui ce que je fais avec tout le monde : ne jamais dire j’écris, d’ailleurs écris-je ? Tout sonne dans le traitement de texte mais à l’envers. J’attends que les mots montent. Mon portable et tes mots tout contre mon poignet. J’attends que le transfère fasse mal. Ces mots fameux jamais les bons toujours des calques mais à l’envers moi je les veux. Toujours jamais. Je veux écrire ceux-là car ces faux là sont les seuls vrais.

Comment savoir que je fais bien mon sexe hors miroir ? Hors ma tête ? Voilà la phrase posée sur le corps de l’écran avant de partir ce soir. Ce soir où il, son nom je m’en fiche, m’a collé la main les doigts la sueur sous la sueur de mon con. Con c’est un mot parmi eux. Jamais le dire mais sur l’écran dans les doigts il me veut. Lui m’appelle. Moi je suis. J’ai posé cette phrase et je t’ai vu, Pierrot comme on t’appelle. L’écran de mon portable il clignote sous mes doigts. Je sais que c’est tout sauf. Sauf une coïncidence. Je sais que c’est autre chose ailleurs. Je sais que juste après à peine tourné la nuque il a goûté ses doigts avec sa propre langue. La sienne. Ensuite ses autres doigts. Si j’avais répondu à ton message à sens unique j’aurais écrit : et toi goûtes-tu les tiens ?

Je ne connais pas encore la gueule de sa peau. La tienne pas mieux. Pourquoi je t’associe à l’idée qu’un corps puisse mélanger le mien mystère. J’aimerais je crois me retrouver de l’autre côté. Du miroir. De moi la folle la vide. De l’autre côté. J’ai dans la tête des vérités masculines. Si ça se trouve elles sont fausses. Souvent toi tu y es. L’apparition. Au coeur au coeur de toutes. Et moi un peu à côté à peine. À côté pas dedans. Comme je suis serai comme j’ai toujours été.

J’aimerais savoir. Pourquoi ses doigts ma peau et pas le contraire. Pourquoi mon sexe mon con et lui la sienne. J’aurais besoin de toi d’un guide un vrai. Je veux explorer la mort qu’il a dedans le coeur ou dans le corps ou dans le. Oui, j’ai envie



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Notes

[1La chanson traduite par Pierrot au concert de Manuel Jodorov correspond à Lycanthropy, par Patrick Wolf.

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