Inversions


Tout ce à quoi je pense la bouffe que je ne boufferai pas. En surexposition paroles ou bien répliques issues de l’écran, issues de la page. Comme l’humanité est un mal qu’il faut anéantir. Comme je l’ai forgée sans âme comme un somnolent. Scott Bakula censé, sous les traits d’un gamin, empêcher que sa mère ne se barre et n’abandonne sa famille pour vivre une vie meilleure seule ou accompagnée. Bloom la sardine (« la dernière sardine de l’été. Bloom si seul. »), fin de l’épisode des sirènes. Et la voix en métal celle qui martèle : the last Metroid is in captivity / the galaxy is at peaaace. Est-elle enceinte ou n’est-elle pas, pourrais-je un jour rejouer au basket, est-il mon frère caché ou un timbré qui cache sur un mur de chez lui tout un pan de photos avec des têtes de moi ? La coupe de feu est une fiction. Le fantôme des Noëls à venir. Le type tatoué sur le dos et son tatouage : le corps de la femme harcelée. L’ex-roi du mal transformé en créature hyper-maléfique. Guyotat ses carnets, ses mots : « D’où, ma répugnance pour l’inversion. » [1] mais de quoi parle-t-il ? Se mêlent les rêves. Celui, cela, ou pas, serait séropositif. G. Clooney entre deux sièges d’un train lui dire : je sais que t’as buté trois corps. Demain l’usine, la productivité. Juillet ce clap de fin : james joyce / ulysse / folio / page quatre-cent-vingt-huit.

Rien que des nombres par le fait. Voilà toute la musique quand on y réfléchit bien. Deux multiplié par deux divisé par la moitié égalent deux fois un. Des vibrations, les accords ne sont pas autre chose. Un plus deux plus six font sept. On fait tout ce qu’on veut en jonglant avec les chiffres. On découvre que toujours ceci égale cela, symétrie sous un mur de cimetière. Il ne remarque pas que je suis en deuil. Coriace, tout pour ses boyaux. Musemathématiques. Et vous croyez que vous avez affaire à quelque chose d’éthéré. Mais supposons que vous disiez quelque chose comme : Martha, sept fois neuf moins x égale trente-cinq mille. Tomberait à plat. C’est donc le son qui fait tout.

James Joyce, Ulysse, Folio, P. 428, traduction de Auguste Morel assisté de Stuart Gilbert, revue par Valery Larbaud et James Joyce.

31 juillet 2011
par Guillaume Vissac
Journal
#Homosexualité #James Joyce #Pierre Guyotat #Rêve #Valery Larbaud

[1« Mon » homosexualité latente et impérieuse, celle qui se fait jour in Tombeau pour cinq cent mille soldats, c’est celle qui naît et se développe quand la femme est absente ; c’est celle des hommes virils privés de femme. La preuve : les garçons vus et désirés par moi in the streets or in my dreams, and written in Tombeau pour cinq cent mille soldats sont tous superbes. Donc, homosexualité où l’acte est idéal, où l’objet du désir et la forme d’approche et d’attachement ne sont le fait que d’hommes profondément masculins. D’où ma répugnance pour l’inversion. (Pierre Guyotat, Carnets de bord volume 1, Lignes Manifeste, P.324

<  -  >

Partager

Révisions

Aucune révision

Commentaires

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Autres articles



Livres


- -

- - - -

Projets Web


- -


-
Spip | PhpNet | Contact | Retour au sommaire | ISSN 2428-9590 |