La mer


Nous sommes partis samedi à l’aube. L’aube nous léchait la nuque, oui le pare-choc arrière. Nous avons fait durer la nuit jusqu’à ce que nuit mastique (le jour). Sommes arrivés à telle heure, avons bu l’air marin. Goûté un pétale de l’orchidée chimique, celle-ci croisée bleu de méthylène. Sur la plage dans la boue avons lâché le chien. Avoir dit à Nesko : Nesko Nesko où sont tes yeux ? est-ce qu’ils sont-ils ? Je me souviens : souviens-toi Roskoff, Santec et Carantec. J’ai moi les yeux qui se pourchassent, ce qu’ils vacillent. Avoir repris une à une les rues de Morlaix et puis celle-ci : celle-ci nous y avons vécu. On l’appelle entresol. Nous avons vu la mer. Le chien devant les jambes, la plage immenséenne. Sous les semelles Kickers crépiter coquillages. Le chien ce chien le bec dans le sable. J’appelle, t’appelles, nous l’appelons. Et puis vivre à Paris la belle idée, et pourquoi pas ici ou pourquoi pas là-bas. Frapper la cloche plus loin, la maison sur la plage. Depuis que nous venons la porte jamais ne s’ouvre. Soleil derrière la brise, mon ombre a un chapeau, elle commence à mes pieds, s’éteint où Nesko plonge. Des flaques. Maisons à vendre ici combien y en a ? J’aimerais ne rien posséder, non, vivre à l’hôtel, dans un meublé, ne jamais rien acheter et sûrement pas accéder, ici, là-bas, à la propriété. Nesko sommeil sur mes Kickers. Le jardin au soleil chez H., ses parents. Boire de l’alcool boire des fonds de verre. On devrait vivre ici : ici sur la carte : là au centre de tout. Qu’elle est blague cette histoire. Nous repartons demain. Devenu matin même. Sommes repartis matin. Repousser vingt-quatre heures le départ ? Dire au taf : je suis ailleurs ? Je le suis. L’étais. Retour soleil plein phare sur la carrosserie noire de la Twingo. Tatoué cul d’un biker affichette de saison : « Wanted good woman ». On joue contre le jour, courir au château des Carpates. Demain voir V. et M. Ne plus rien dépenser d’autre que le nécessaire strict. Les journaux de Jünger, sa correspondance : en font-ils partis ? Peut-être, si je les trouve. Retour Y. 16h, aucune mer ici-bas, trop loin de l’ouest pour qu’un seul Dafalgan suffise. Douleurs amarrées au décor : la lumière, la chaleur, tableau de bord qui décolle. Nom du nouveau médoc : Lamaline. Gélules. Ce médicament contient une substance oploïde qui est inscrite sur la liste des substances dopantes. Une seule. L’utilisation prolongée et à de fortes doses peut conduire à un état de dépendance. Dormir.

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