35.5


Tuileries, hier déjà

Icy est le confin de la mer glaciale, sus laquelle
feut au commencement de l’hyver dernier passé grosse
& felonne bataille, entre les Arismapiens, & le Nepheli-
bates. Lors gelèrent en l’air les parolles & crys des ho-
mes & femmes, les chaplis des masses, les hurtys des
harnoys, des bardes, les hannissements des chevaulx, &
tout effroy de combat. A ceste heure la rigueur de
l’hyver passée, advenente la serenité & temperie du bon
temps, elles fondent & sont ouyes. Mais en pourrions
nous voir quelqu’une. Me soubvient avoir leu que l’orée
de la montaigne en laquelle Moses receut la loy des Iuifz
le peuple voyoit les voix sensiblement.

Rabelais, Le Quart Livre, Publie.net

Je pourrais n’être pas fait, n’avoir jamais été, pour ces fictions dont je rêve, pourtant. Il y en a des centaines, ils existent, qui se rêvaient poètes, et qui sont devenus, par défaut, romanciers, fictionnistes. Si ça marche à l’endroit, ça fonctionne à l’envers, tout communique. Je le découvre, aujourd’hui peut-être, exactement comme j’ai découvert, à quinze ans, la main au jean, devant l’écran ces corps de boys, ce que j’étais fait pour voir, non, regarder, et je me dis aussi, comme à l’époque, mais sans l’articuler : mais pourquoi moi ?

Il y a, aux Tuileries, des coups de soleil qui se perdent. Les thermomètres, plein cagnard, des pharmacies projettent ces chiffres aliénés : 35 point 5 degrés.

J’en aurais des idées à écrire. Comme ce truc, intitulé La merde, et dans lequel un narrateur, préparant un mémoire sur le cinéma, s’interroge sur le tabou de l’image : a-t-on déjà montré, dans un film, l’acte de chier intégralement face caméra ? La première phrase pourrait être « La merde tue, je l’ai vu dans X-Files. » Et y inclure des excès de vieilles études, sur la merde ou l’art de déféquer et tant de choses encore. Chercher chercher sur Gallica, ça doit y être ce genre de trucs (mais si cette idée je la gribouille ici c’est bien pour ne pas avoir à la gribouiller là).

Quant aux cons je ne sais pas, ils sont bien toujours là mais je m’entraîne pour ne plus trop les voir. J’ai lu mon nom, matin, compressé dans le train entre untel et un tel, dans le dernier numéros des Inrocks. C’est juste quelques lignes. Mais mon nom quelque part.

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