Paris, 24 juin 2011

Je finis par trouver la Baleine de Paul Gadenne et c’est 38 pages, 7€. Je pourrais poursuivre, dans ma tête donc ici, le projet fictif de cartographie de la misère ambiante. Je retrouve H. quelque part dans l’Octobre ou bien lui me retrouve. Il y a d’abord ce type croisé tous les matins, même tunnel, même figure, qui me demande cinquante centimes, depuis peu un euro, tout augmente, mais que moi tous les matins j’ignore. Celui qui avec soin choisit le bon carton sous l’oeil des banques et du boulevard en fin de journée. Celui avec le vieux chien sage qui monte la garde. Ceux-là trois allongés devant les ascenseurs et derrière eux l’affiche pour le film Le monstre de Paris ; j’aimerais les prendre en photo (l’affiche le titre), envoyer la photo à Christine Jeanney pour une de ses listes mais les portes se ferment. Ces autres trois sous la tente, bleue la tente, derrière maison abandonnée, pêchent à la Seine, bien haute la Seine, feu sous la tente. Et pour rebondir sur le texte de François Bon ce matin ce bidon-ville tous les matins, à gauche après la page, derrière la vitre, jamais les soirs car du mauvais côté du train pour voir, entre le bras autoroute, le RER et le nouvel hosto de la ville de C. Celle sous terre à genoux devant les tapis roulants. Celle et son gosse, dans les wagons, à l’envers du sens de la marche, et des centimes en paume, et la paume vers la poche. Je perds, ou crois perdre, un billet de 20€. Je ne trouve chez Shakespeare & Co ni le Black Herald 2 ni le bouquin de Kathy Acker que j’aimerais y voir. Quant au Werner Kofler, que j’ai cherché ailleurs, il n’y est pas, n’est pas sorti et paraîtra plus tard. 7€, 38 pages, ça fait 18 centimes la page. J’achète, avec ce presque livre, quelques piles rechargeables.

— Toi t’aimerais mieux leur foute une giclée dans les miches, hein salaud ?
— Moi je vais viser le caveur (le coeur).
— Moi entre les châsses. Sur l’os la balle va rebondir.
On riait, c’était à qui serait le plus féroce. On se vautrait dans le meurtre, on avait les jambes, les cuisses et les mains pleines de sang.

Jean Genet, Pompes funèbres, L’imaginaire, P.259.

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