Osiris


Quelque part, un jour, encore un fichu train

Des panneaux posés sur le toit des immeubles, que capteront-ils quand l’oeuf solaire s’éclipsera ? Bien sûr que j’ai envie d’y aller ce matin car ce matin Énée prévoit ni plus ni moins que de descendre aux enfers,

Matriochka (cliquer)

De là, part la route qui conduit, dans le Tartare, aux flots de
l’Achéron. Ce sont des tourbillons de boue, un gouffre, un vaste
abîme qui bouillonne et vomit tout son limon dans le Cocyte. Un
horrible passeur garde ces eaux et ce fleuve, d’une saleté
hideuse, Charon. Une longue barbe blanche inculte lui tombe du
menton ; ses yeux sont des flammes immobiles ; un sordide
morceau d’étoffe attaché par un nœud pend à son épaule. Seul,
il pousse la gaffe et manœuvre les voiles de la barque, couleur
de fer où il transporte des ombres de corps, très vieux déjà, mais
de la solide et verte vieillesse d’un dieu. Toute une foule
répandue se précipitait vers la rive : des mères, des époux, des
héros magnanimes qui ont accompli leur vie, des enfants, des
vierges, des jeunes gens qui furent placés sur le bûcher funèbre
devant les yeux de leurs parents. Les premiers froids de
l’automne ne font pas glisser et tomber en plus grand nombre
les feuilles des bois ; les oiseaux qui viennent du large ne
s’attroupent pas plus nombreux à l’intérieur des terres quand la
saison glaciale les met en fuite à travers l’océan et les envoie à
tire-d’aile aux pays du soleil. Tous debout suppliaient qu’on les
fît passer les premiers et tendaient leurs mains dans leur grand
désir de l’autre rive. Mais le dur nocher prend ceux-ci, puis
ceux-là, et repousse loin du rivage ceux qu’il écarte.

Virgile, L’énéide, traduction André Bellesort.

moi avec. Je prends le sol de gauche, celui baigné, baigné de soleil. Je confonds la troisième personne du pluriel avec la deuxième, la deuxième avec la première. Je croyais avoir pris l’habitude d’alterner les langues des livres lus au quotidien mais je file un mauvais côton. Je traverse à la suite Simenon et Gadenne, Gadenne et Simenon, Simenon et Suel. Je lis Suel dans le train pendant qu’il lit mes trucs de train dans le sien. Lire Mauricette sur ou sous Bill Evans (ou l’inverse). Je me dis que peut-être, ici ou là, quelqu’un croise l’autre. Je me dis qu’il serait peut-être pertinant de dresser liste de tous les extraits évoquant l’accident de personne tel que je le connais,

Matriochka (cliquer)

Au cours d’une phase dépressive, elle avait même expliqué la supérieure efficacité de la locomotive lancée à toute allure comme auxiliaire du suicide. « Tu avales des médicaments, on te lave l’estomac ! Tu te jettes à l’eau, on te repêche comme une carpe ! Mais si tu embrasses le nez du TGV, tu seras aussi dispersé que les ossements d’Osiris ! »

Lucien Suel, La patience de Mauricette, Folio, p. 55.

ai appris à l’aimer. « Notons que les passagers d’un train ne sont pas solidaires du train », dit le manuel. Ensuite évoque le cas des brosses TELOC.

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