Le fil #Jünger, Héliopolis en 45 tweets


Tweeter, encore, à mesure que lire coule, comme lire à ciel ouvert. Une fois le livre achevé, rassembler toutes les notes, les tweets, et les assembler comme un texte complet. Le lire comme tel. Et l’Héliopolis de Jünger devient, sur une page, expurgé de quasi tout lui-même.

La science est bureaucratisée, devient une fonction de police supérieure. On dresse les professeurs à rapporter le gibier. / Il considère la technique comme une variété du rêve - ce ne serait vrai, au mieux, que par-delà les Hespérides. / On faisait des exemples - échantillons de ce qu’il est possible d’infliger à l’être humain.

Le pays était plein de clartés électriques, et nous étions les pôles par lesquels le courant revenait sur lui-même. / Il n’est pas de conception où ne s’inscrive la structure de l’Univers.

L’argent est la force véritable de la vie, la plus ingénieuse de ses abréviations - de là cette soif (...) de s’en rendre maître. / Je me tournai vers les emprunts d’Etat, sphère suprême et royale de la finance.

Le monde se vidait ; il se faisait désert ; et des ombres s’y agitaient selon les seules lois de la mécanique. / Oui, la rencontre du néant est sinistre.

Je vis, comme mes contemporains, dans la zone neutre, et je passerai comme eux. / Il faut choisir : ou bien entrer dans les empires démoniaques, ou bien se replier sur le domaine appauvri de l’humain. / On pourrait imaginer des époques bien meilleures que la nôtre. Et pourtant, si nous avions le choix, nous n’en élirions pas d’autre.

Quel sens pouvait avoir l’afflux de la vie, pour quelques siècles, dans ces coquillages ? / Il y avait longtemps qu’étaient morts aussi ceux qui jadis avaient pris soin des tombes. / Le poète était invisible ; il devait être occupé à sa table de travail ou dans les serres.

Les masses préfèrent, et de beaucoup, le malheur que leur fabriquent leurs propres tyrans et techniciens. / Tout Etat se doit de créer une utopie, dès qu’il a perdu le contact avec le mythe. / On se fait des pensées à la mesure de ce que l’on a à perdre. / La vie est un voyage qui nous fait courir le monde par une série de stations.

L’individu génial fait dans une armée plus de mal que de bien. / L’homme ne veut pas tant être compris que voir traiter avec égards ce qui en lui est incompréhensible. / Le savoir aggrave la responsabilité, et avec elle la faute.

Chacun cherchait à frapper en l’ennemi ce qui était en lui-même, et se frayait son chemin, plein de haine, jusqu’au tribunal. / Il s’agira de bandits déguisés en policiers, ou aussi de policiers déguisés en bandits. C’est la même chose.

Il était de ceux pour qui la poudre donne du goût à la vie, comme une épice, et qui ont besoin de la bride plus que de l’éperon. / Son savoir était moins une clé des choses que d’elle-même. / Les pensées couraient en couple comme des chevaux qui tirent sans effort, ainsi qu’en rêve. On roulait par dessus le temps.

Les anciennes fictions du droit de vote se répétaient dans le style des automates. / Les distinctions et les traditions doivent disparaître du matériel humain. / Nous irons au-delà des frontières de la parole.

Il avait le visage typique des êtres qui s’occupent par profession des cadavres. / Faites bien attention à la manière dont vous traiterez mon corps quand je l’aurai quitté. / Bizarre, songeait-il - quand il s’agit de tuer par mouvements d’horlogerie et combinaisons abstraites, je ne ressens pas de scrupules. / Dans cette fête, plus que jamais, le souci magique de tout ce qui concernait la purification avait une importance particulière. / Je crois que pas un moucheron ne se perd. Je crois en outre que le pire des criminels lui-même aura part aux délices éternelles. / La terre était pétrifiée, et le ciel, au-dessus d’elle, une voûte de fer. / Il semblait que tout citoyen servît tantôt de juge, tantôt d’accusé, et tantôt de bourreau.Chacun (...) sortait condamné du portail. / Pour cet esprit clair, auquel tant de traits le liaient, il était entré dans le monde des objets.

Il y a des substances qui font merveille dans un bref contact, mais dont la proximité finit par flétrir la vie. / Le dernier et le plus fort des adversaires à abattre demeurait le moi. / Nous sommes en quête de ceux qui ont échoué dans la stratosphère. / Bientôt les symboles d’un temps nouveau s’allumeraient sur l’autre bord. / On ne savait presque rien de cet autre monde. / Il semblait éveiller des organes dont on avait deviné la présence, mais sans savoir disposer d’eux. L’étrange était la jonction. / Mais ces jours sont loin de nous.

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