#Gallimerde (ou marde)


Sorti du taf des calcaires de béton dans le tube de la gorge. Envie de gueuler je sais pas quoi gueuler puis de sortir un flingue, quarante, et de rouler à contre-sens de la bretelle avec un tank, de faire feu sur la lune. Mais j’ai pas d’écran pour. Et back home tous les câbles bouffés. Alors le faire, le boire, le vivre en vrai ? Chercher le tank.

Tombé du train sur fil Twitter et le hashtag repris ici en titre. Pris le wagon en marche. Atterré comme beaucoup par le comportement de Gallimard et de sa lettre aux revendeurs, sans contact préalable avec l’auteur de la (sic) contrefaçon : une traduction du Vieil homme et la mer d’Hemingway par François Bon. Et ça parle de texte comme on mentionnerait, en d’autres circonstances, une sale paire de godasse. Le vieil homme et la mer, je l’ai pris, sur Publie, hier ou il y a quelques jours, je sais plus. La meilleure manière de défendre Publie c’est encore, ce texte interdit, de le lire. J’adhère au geste de Daniel Bourrion et propose donc, également, à mon tour, copie de cette traduction du Vieil homme par François Bon dont voici, ci-dessous, présenté l’incipit.

Le vieil homme pêchait seul dans le Gulf Stream sur son canot depuis quatre-vingt-quatre jours sans avoir pris un poisson. Les quarante premiers jours, le garçon était venu avec lui. Mais après ces quarante jours, les parents du garçon lui avaient dit que le vieil homme était finalement et définitivement salao, ce qui est la pire forme pour dire pas de chance, et selon leurs ordres, le garçon était parti sur un autre bateau, lequel avait pris trois gros poissons la première semaine. Cela le rendait triste, le garçon, de voir le vieil homme revenir chaque soir le canot vide, et toujours il le rejoignait pour l’aider à porter les lignes enroulées, la gaffe, le harpon et la voile ferlée autour du mât. Une voile rapiécée avec des sacs de farine qui pendait ainsi comme le drapeau d’une permanente défaite.

Ernest Hemingway, Le vieil homme et la mer, Publie.net, traduction François Bon

Terminé comme convenu, note interne à moi-même, lecture du Second journal parisien de Jünger puis enchaîne, logique, à même le rail, sur l’Abatoir 5 de Kurt Vonnegut. C’est bien le bombardement de Dresden qui me conduit, captif, de l’un vers l’autre.

J’ai l’impression de me mouvoir à travers les cabines d’un navire, surtout lorsque mes regards effleurent le cadran illuminé de la T.S.F. qui, avec le rayonnement rougeâtre des poêles, traverse seul l’obscurité des pièces rigoureusement obscurcies. La voix asexuée de la speakerine nous signale le déplacement des avions jusqu’au moment où elle annonce : « Formations ennemies au-dessus de la ville, bombardement imminent. » Parfois, j’écoute d’autres stations ; en maints endroits de la planète, on joue de la musique de danse, en d’autres on tient des conférences scientifiques. Radio-Londres donne des nouvelles, dit des gentillesses, invite les auditeurs à changer de longueur d’onde et, au milieu de tout cela, on entend rouler les chapelets de bombes.

Ersnt Jünger, Second journal parisien, Livre de poche, traduction Henri Plard, P.348-349

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