T’écris ///


Sais pas ce que tu fous. Après des semaines à réécrire en vrais vers justifiés les machins gribouillés dans le dossier vies // tu reprends tout (une deuxième fois) pour réécrire, ré-bis. T’as ouvert un spip’, parallèle au premier, pour l’instant accessible mais caché. Peut-être un jour le rendre public quand le truc sera prêt pour être bu. En mettant le texte en ligne (celui écrit deux fois, réécrit aujourd’hui), le confronter directement aux contraintes du machin : les liens, l’image, l’organisation du bloc de texte sur la page. Ouvert un compte (aussi) OpenStreetMap ; t’as plus écrit en explorant le cadastre qu’en cognant ton clavier.

T’es pas sûr que l’écriture elle suive. Peut-être c’est d’avoir choisi la narration au tu, ça te dérange. Arrives pas trop à pas tomber dans le jeu du catalogue d’action. Faudrait que t’écrives au je et puis que tu changes à la dernière minute, sauf que c’est faux, tu peux pas : en vrais vers justifiés ça décalerait d’une lettre tout. T’hésites à coller sur le site des extraits car tu es fier de rien. Mais lorsque tu te penches sur ces bouts de texte déjà complets te dire que t’as rien à redire ou à retoucher, que le problème c’est autre chose. Mais quoi ?

XAABB3 (37c)

Tu vois danser les ombres, allongé nu
sur un tas de briques. Les lumières :
elles ricochent sourdes dans quelques
1000 conduits d’aération morte, elles
débouchent là, sur le mur, ton écran,
elles mouillent l’architecture, tu te
tais, tu regardes. Tu sauras, avec le
temps, appréhender l’espace. Ici, là,
ton nid dur, arrêtes sèches, ailleurs
l’écluse qui traîne plus loin l’égout
& l’eau errante. Les Rimbaud ? Sont :
partis, pieds nus, débiles. Déguerpis
c’est tant mieux. Et les flics, eux :
nulle part (les bottes se sont tues).

Tu as cherché, ces derniers jours, un
moyen d’accéder à l’en-haut. Échelle.
Le tas de merdes empilées non loin de
là n’en contient point, misère, nada,
que dalle. Tu t’étends bis dans jaune
la mousse que tu mâches quelques fois
(goût de cadavre jaune). Ondule l’eau
noire des canots rouille (la même que
celle qui douce te berce). Paupières.

Seul, entre toi & ton crâne (quand il
daigne peser), sous-sol, ici bas : tu
retrouves l’atmosphère souterraine de
ton très aimé train. Souvent, lorsque
les ombres remuent, on croirait juste
que le boyau avance. Tu t’accroches à
la barre de tes genoux pour y croire.

Ton accoudoir est un pneu & tes rêves
cassés, occasionnels, te plaquent une
ombre de carne venimeuse : Cacmille !
La voilà qui t’insulte. Te reproche :
ton mutisme & ta gueule & ta crasse &
ta résignation. Bon. Résiste, qu’elle
chante. Ou bien cherche l’échelle. Ou
quoi d’autre. Elle pose seins nus, là
où tes pupilles pointent, pour que de
grâce tes yeux la prennent tous flash
ouverts dans cette extase. Peut-être,
peut-être, aurais-tu, déjà, renoncé à
elle. Peut-être pas. Tes yeux ouverts
le sont. Non, zéro rêve, Cacmille est
là, absente, ses mots sont vrais/faux
& puent comme seul sait puer l’égout.

Te dis souvent que c’est illisible (ou incompréhensible, ce qui n’est pas tout à fait la même chose). Alors tu reprends, tu bosses, tu réécris. Voilà le résultat : pas plus compréhensible qu’avant. Hier relu Coup de tête par bribes. Même histoire. T’être dit merde mais qu’est-ce que ça veut dire ?

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