Tête(s)


Train vers Y., aujourd'hui c'est-à-dire demain. Gauche : un type sans tête. Droite : la nuque réelle de Gramek Mägr, un habitué du 18h21 avant-dernier-wagon haut-gauche.

One time Fat found a posted notice that fascinated him. The notice stipulated what could not be done, in order of descending importance. Near the top of the list all parties concerned were told :

NO ONE IS TO REMOVE ASHTRAYS FROM THEWARD.

And later down the list it stated :

FRONTAL LOBOTOMIES ARE NOT TO BE PERFORMED WITHOUT THE WRITTEN
CONSENT OF THE PATIENT.

Philip K. Dick, Valis

L’ai déjà écrit quelque part, tout est vrai : je marche la tête en équilibre sous une pile de têtes. Yeux bas, par terre foutus sans voir dans les couloirs autour ce qui gravite, est. Je marche sur les orteils plutôt que sur talons. Je marche sans trop pomper le sang vers les deux tempes. Pourtant je prends le pouls aux sources, celles du crâne, elles pulsent. Depuis plusieurs semaines les lundis la tête tape. Je cherche les dénominateurs possibles, communs. Je murmure en marchant les paroles des chansons et j’enfonce le chapeau sur les yeux pour rien voir et le cul sur mon siège pour le train du retour je les fermerai tous (les yeux), les 8600 tous. Je murmure : I thought you died alone, a long long time ago sauf que me trompe et murmure we. Avant de m’endormir entre telle X station et telle autre j’ouvre Valis. Depuis ce matin en ligne mon compte-rendu de mission du Général Instin sur Hors-sol. Je l’ai écrit sur ou depuis Tralfamadore. J’aimerais, comme dans ce texte truc, pouvoir remonter le cours du temps, ma propre tête pas nette, et me retrouver là, hier ou matin, en zone de non-pénibilité de la cime. Et si c’était le cas, savoir si le contenu de la journée (et par conséquent le contenu de la tête) serait exactement le même ? Je gribouille, en parallèle du reste, un vase communicant prévu ce vendredi, échange avec Christophe Grossi sur le thème du voyage dans le temps. Peut-être que mon crâne décèle comme une incompatibilité. Peut-être que c’est dû aux ondes. Peut-être que c’est idiot de se passer des pilules opiacées sous prétexte que la tête assomme la tête plus de douze heures de suite durant après l’avale de ces machins. Mais toute excuse est bonne pour ne surtout rien faire. J’ai les coordonnées de la clinique et un toubib à portée de main. Mais je me dis encore : attendre de changer de lunettes ou bien attendre celles dites de sun ou bien attendre une autre mutuelle ou bien attendre de compléter, remplir et grapher le journal des activités migraineuses ou bien attendre la cybernétisation de la face et du cortex ou l’ablation des yeux. Attendre [1], ça je sais faire.

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