240512

 
Cil cuivers est de tel nature
qu’il n’a de femmes gaire cure.
Il prise plus le plain mestier,
il ne veult pas bice chaucier,
moult par aime char de mallon ;
il prisera miex son garçon
que toy ne autre acoler.
A fumelle ne set voller,
ne passera mie au guicet ;
moult aime fraise de varlet.
En ce sont Troïen nourri,
moult par as follement choysi.
N’as tu oÿ comfaitement
il mena Dydo malement ?
Onques feme n’ot bien de lui,
non avras tu, si com je cui,
d’un traïtre, d’un sodomite.
Touz temps te clameroit bien quite,
se il avoit aucun caldel ;
ce li seroit et bon et bel
que lessasses a ses drus faire ;
s’il les pooit par toy artraire,
nel trouverroit ja si estrange
qu’il ne feïst assez tel change
qu’il feïst son bon de toy
por ce qu’il le souffrist de soy :
bien le laira sor toy monter
s’il le repuet soz soy torner.
Il n’aime point piau de conin.
 
Le roman d’Enéas, Calomnies de la reine, Livre de poche, Lettres gothiques, p.523-525.
Ce misérable est d’une nature telle
qu’il ne se soucie guère des femmes.
Il apprécie davantage l’amour des garçons,
il ne veut pas chasser la biche,
il raffole de la chair de mâle ;
il aimera mieux étreindre son giton
que toi ou n’importe quelle autre.
Il ignore la chasse à la femelle,
il ne passera pas par le petit trou,
il adore les tripes de jeune homme.
Les Troyens sont élevés dans ce vice,
et tu as très follement fait ton choix.
N’as-tu pas appris comment
il a maltraité Didon ?
Jamais il n’a fait de bien à une femme,
et il ne t’en fera pas, je pense,
ce traître, ce sodomite.
Il renoncerait toujours à te posséder
s’il avait un mignon ;
il lui serait très agréable
que tu te prêtes à ses favoris ;
s’il pouvait les attirer par ton entremise,
il ne trouverait pas singulier
de procéder à cet échange :
le giton prendrait avec toi son plaisir
puisqu’il se prêterait à celui d’Enéas :
ce dernier le laissera bien te grimper dessus
s’il peut ensuite le mettre sous lui :
il n’aime pas la peau de con.
 
Le roman d’Enéas, Calomnies de la reine, Livre de poche, Lettres gothiques, traduction Aimé Petit, p.523-525.

Me suis souvent dit merde & pourquoi moi, pour tout un tas de vastes trucs. Qui m’a parlé, très récemment, de bogomilie ? Certainement pas Cerbère, foutu au fond de l’openspace, mutique à faire chauffer son crack dans une cuiller à soupe (je sais ce que je vois, j’ai vu). La première fois que j’ai dit à qui que ce soit tsaisjsuishomo (ces mots là ou bien d’autre, dans cet ordre ou quelque autre) c’était sur un écran, et me souviens encore de tous les autres qui ont suivi où j’ai dû dire plus ou moins la même chose, et dans le même ordre et sur le même ton, et me souviens aussi des réactions de quiconque, aucune perte de données maximales admissibles. Mais Enéas ne préfère pas la fraise de varlet à la piau de conin, son frère se charge de le faire aimer qui doit. Mais tu sais quoi ? À la fin du bouquin, Enéas bute Turnus avec dans les pupilles le visage de Pallas.

Signale aux ivoïens qu’un autre mec venait de se taper le voyage en peurs primaires. Ce mec c’est SebMénard [1]. Adore assez son site, et notamment son Palestine 2010 écrit à quatre mains avec anCé t. L’ai déjà dit, déjà. Sur son article, je plaide coupable pour tout. Notamment l’oeil, les mots, le taf. Le Livre des peurs primaires, je crois l’avoir dit à Brest (si c’est pas le cas, ivoix, copiez-collez ces quelques mots dans vos souvenirs de quasimoi), c’est un journal envers, comme Camille était hier plaquée femme à l’envers, donc un journal quand même. De tous ces instants (secondes ou bien minutes à ressentir chaque peur primaire) j’ai gardé et l’image et le son. Alors savoir qu’ils sont, étaient, réels. Pour preuve : ils ont servi (quelques 230 fois servi). Remercie SebMénard. Écoute un Requiem. Ajoute deux pages de postapocalypse à mon autre journal (l’enième). Suce du sang jeune.



24 mai 2012
par Guillaume Vissac
Journal
Tags : Boulot - Christophe Grossi - Homosexualité - I-voix - Livre des peurs primaires - Postapocalypse - Radiohead - Seb Ménard

[1Qui, à ma connaissance, n’est pas québécois. Oui car chaque fois que je découvre un jeune auteur qui tue je finis par découvrir bien des années plus tard qu’il l’est, québécois.

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