290712


Photo H. (miennes chevilles)

On vous aime, on vous attend, avait écrit Verlaine, et Rimbaud frappait à la porte. Mathilde le considéra avec beaucoup d’étonnement et un peu d’écœurement, chemineau couvert de poussière, les cheveux gras et le verbe haut mais derrière ça beau comme l’antique. Arthur aurait pu faire un effort, battre sa veste contre un mur, décrotter ses chaussures avant d’entrer, mais non. Et Mathilde tournant la tête vers Paul son mari comprit qu’elle le perdait et qu’elle le perdait mal. Dans les yeux du faune au crâne dégarni, la joie qui rayonnait n’était qu’impatience d’en arriver au fait. On vous aime, on vous attend, de pénétrer vite cette chair de seize ans. Verlaine s’effaçait pour laisser entrer Rimbaud, marchait à reculons dans l’appartement, inclinant la tête, déployant d’un geste large le bras et la main et, reculant, repoussait Mathilde contre le mur, Mathilde qui dès lors n’exista plus que comme embarras pour le nouveau couple ou refuge ponctuel du petit poète alcoolique qu’elle avait épousé. 

Quand sur le porche apparut non pas Jack mais Allen, Carolyn eut un peu le regard de Mathilde. Le crâne dégarni était du côté opposé, c’était le crâne de celui qui arrivait en ouvrant grand ses yeux humides, pressant l’une contre l’autre ses lèvres humides aussi, embrassant Carolyn comme une sœur et embrassant Neal comme un frère, mais en le serrant fort contre lui, contre la bedaine qui depuis quelques mois dépassait de sa ceinture. Il caressait les joues et les épaules de Neal en regardant Carolyn, il riait de plaisir en la regardant, niait qu’il fût poète. Il n’était qu’un homme de mots disait-il dans son rire de plaisir, le bras posé sur les épaules de Neal qui, lui, était partagé entre la joie qui était celle d’Allen et l’impression très claire, mais elle ira diminuant, d’être un imbécile de trop dans cette ronde indécise qui n’était pas improvisée puisqu’on lui avait attribué le rôle avant que la porte ne s’ouvrît. Mais Neal savait aussi que ce rôle, chacun le jouerait à son tour. 

Oh my, le coup d’œil d’Allen quand Carolyn les a surpris, Neal et lui, l’un dans l’autre, Allen en Neal. Carolyn avait ouvert la porte sans se douter de rien et maintenant elle sait que Neal, son mari Neal, non seulement entre dans des femmes de la Californie au Montana mais qu’il s’ouvre aussi à des hommes comme Allen Ginsberg, venu de loin, de Manhattan où il écrit sur le FBI, les eaux de l’Hudson, les pédérastes, sur Jack Kerouac, le jazz et le karma.

Jean-Jacques Bonvin, Ballast, Allia

Si je repense à ces quelques pixels lus l’autre jour dans Ballast c’est que je suis tombé, sais plus quand, sur une rediff de ce très mauvais truc, Rimbaud Verlaine, film de 1995, et dans lequel, et c’est sans doute son seul mérite, Di Caprio joue un squelette mecton (et plus accessoirement Rimbaud) plutôt bandant. Mieux chez Bonvin. Quoiqu’il en soit j’ai coupé le film (et la lumière du film) un peu avant la fuite vers l’Angleterre.

Presque pas au courant que des JO cyberpunks sont ouverts. Il n’y a aucun lance-missiles sur le toit de nos immeubles (pour l’instant). À peine (et vite) ai-je aperçu, hier je crois, une pseudo finale de cybermen dans une piscine chromée, où sept types ont perdu et un seul a gagné. Et tous les huit un corps dynamité, des quilles palmées, des bras difformes et des épaules carrées. Un jour, bientôt peut-être, on imposera à chaque athlète une vérification humaine pour s’assurer qu’ils ne sont pas, à leur tour, ni des bots ni des fakes ni des spams.

Trois quarts de Coup de tête relus et corrigés pour le Publiepapier. Beaucoup de trucs de mise en page (des italiques), quelques modifs improvisées (buté par niqué). Plus qu’une partie et serai bon pour renvoyer le truc ficelé dans la dropbox, après validation des corrections de Christine Jeanney (super merci), le tout à l’intention de Daniel Bourrion (idem merci). Aurai probablement pas le temps de finir demain, week-end prochain plutôt.

Rentrés ce jour de l’ouest à 13h30. Et retrouvons Y. bien comme l’avions laissé : couvert. Demain reprendre. Ou dans le temps remonter.

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