040812


Et maintenant ?
Maintenant, il se sentait comme un héros damné et frappé d’hubris, qui avait tenté de voyager dans le temps et l’espace afin de pouvoir contempler son propre futur. Il s’était lancé dans une entreprise pareille, mettant au défi le destin et les dieux. Le prix de cette arrogance avait été élevé. Son vaisseau avait heurté de plein fouet son futur et, dans l’explosion qui en avait résulté, ce dernier fut détruit et tout le monde à bord périt – sauf lui. Lui seul fut sauvé et renvoyé sur Terre où il allait devoir vivre les jours qui lui restaient en sachant qu’il n’avait plus aucun avenir.

Steve Tesich, Karoo, Monsieur Toussaint-Louverture, traduction Anne Wicke

Parler de Karoo sans adjectif. Surtout n’en faire aucune chronique, ni au sortir du texte, c’est-à-dire maintenant, ni plus tard. Aucune chronique m’a jamais fait comprendre, au juste, pourquoi j’ai jamais eu envie de relire Les détectives sauvages, Mantra et pourquoi ces lectures ont pesé. Pas important de savoir pourquoi je l’ai lu et d’où il vient, qui l’a écrit, publié. Traduit. L’Ulysse de Saul est Saul (et ce Saul est un Faust). Mais cette phrase est chronique. Me permet pas de me mettre au seuil de l’épiderme. Et chaque bouquin avec lequel je joue (le jeu), une fois terminé ou bien sur le point de presque l’être, oui, ça m’attriste d’en envisager, subir ou retranscrire l’image du point final (ce n’est donc pas crucial). Je m’en fous du nombre de pages (de quoi ?) ou de l’année de publication originale. Tout le contraire des bribes de phrases, celles restées là, celles comme « entre son dentier » ou les X occurrences du mot « baiser », ce en et hors contexte qu’importe. Sais plus au juste où j’ai écrit ces mots : « tout s’exhausse ». Un simple contrôle F du crâne me permettrait de retrouver mais m’abstiendrai. Et une « initiation à l’envers » c’est rien de moins qu’une initiation à l’endroit, mais ratée. Voilà Karoo. Et le fait est que, oui, tout s’exhausse : dans cet extrait ci-joint comme dans cette scène, partie 1, New York, où Saul va suivre le fantôme de son père, qui est aussi un calque de son fantôme futur, qui est aussi tortue. Ou à genoux devant celle (sa mère) dont il nous dit qu’elle l’est, mais quatre-vingt-dix fois (au moins) et entre parenthèses. C’est des détails. Saurai pas dire où est, quelle est la moelle. Au sortir du texte, c’est-à-dire maintenant, suis même incapable, sans reprendre lecture au hasard des chapitres, de dire juste si Karoo est écrit à la première, à la troisième personne ou quoi. M’en remettre aux mots ne m’aide pas : je sais dire ni pourquoi ni comment ni surtout j’ai aimé, trop pauvre, ni ce qui pèse ni quand. J’admets ma plus complète et sèche incapacité à dire et (soulagement) toute mon incompétence.

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