270912


Yet the place was not silent. It was filled by that ticking : the ticking of his watch, his heart, his conscience, a clock somewhere. There was a remote sound too, from far below, of rushing water, of subterranean collapse ; and moreover he could still hear them, the bitter wounding accusations he had flung at his own misery, the voices as in argument, his own louder than the rest, mingling now with those other voices that seemed to be wailing from a distance distressfully : "Borracho, Borrachón, Borraaaacho !"

Malcolm Lowry, Under the Volcano

Terminé UtV au sortir du métro, foutu sur un siège plastique, dix minutes juste, dernières pages vissé à quai, deux mètres à peine d’un clodo, j’invente pas, alcool, vapeurs, comme pour fixer, fixer l’ambiance, reste vissé là jusqu’à la dernière phrase, le chien, séché. Prévu d’embrayer sur Les mains d’Orlac, apparues plusieurs fois en motif, arrière plan, chez Lowry (mais chez Lowry le film, con Peter Lorre).

Trouvé une photo pour couverture Coup de tête, je crois que ça appartient à P. mais en version super pixélisée, pas sûr, rien à voir avec ce que j’imaginais en fait, si tant est que j’imaginais quoi que ce soit (mais vois rien d’autre qui puisse convenir.)

Coup de tête bis : trois heures pour écrire une note pour Publie. En gribouille deux : une normale, une anormale, écrite d’abord, que voilà.

J’ai cherché combien Coup de tête pèse, combien de méga, combien de fichiers sur combien de disques, et j’ai mesuré son amplitude, combien de temps il a duré, combien l’écrire ça a duré, et j’en ai tiré des chiffres qui se comptaient en mois, en jours et en années, et j’ai montré quel âge j’avais quand j’ai écrit le premier Coup de tête, quel âge j’avais en terminant le dernier, le vrai, l’actuel, et combien d’années se sont écoulées entre les deux et le nombre de changements qu’il y a eu entre ce je d’alors et le moi d’aujourd’hui et j’ai séparé les trucs réels des trucs fictifs et j’ai recontextualisé les trucs réels, minuscules, et j’ai tracé des liens entre les trucs fictifs écrits et d’autres trucs fictifs vus ou lus ou sus ailleurs et pourquoi et comment et dans quel sens et quand. J’ai énuméré les lieux et le nom des lieux et la superficie des lieux et la gueule et l’odeur et l’asphalte de ces villes, villages, organes bétonnés souterrains, et je les ai reliés les uns aux autres et j’ai fait pareil avec chaque corps en détaillant fidèlement jusqu’à l’étymologie de chaque prénom jamais écrit ni jamais su et ce pour chaque participant, premiers rôles ou secondaires, acteurs ou figurants, bavards ou muets. J’ai dressé la liste de tous les médicaments et surtout tous leurs noms, scientifiques ou pas scientifiques, moléculaires ou pas moléculaires, et toutes les sensations, faims, odeurs et symptômes et le nombre de membres humains dont l’amputation est possible en quelque circonstance que ce soit et, si oui, en combien d’heures d’opération et pour quelles séquelles, physiques ou psychologiques j’entends. J’ai comparé chacun des X Coup de tête entre eux et j’ai écrit qu’H. m’avait dit (celui des remerciements) que le dernier Coup de tête, le vrai, était l’un des trucs les plus tristes qu’il ait jamais lus, et j’ai comparé encore, et j’ai posé le classement des Coup de tête du plus triste au moins triste, du plus sec au moins sec, et j’ai compté le nombre de fois où j’ai écrit certains os, comme clavicules par exemple, et ce dans l’ensemble des X Coup de tête différents et le nombre de fois où je les ai supprimés du texte, ensuite j’ai soustrait ce chiffre à celui qui correspond au nombre de fois où le narrateur dit « ma main droite » dans le Coup de tête final, et j’ai expliqué comment je prononçais tel nom plutôt comme ça que comme ça par pure dyslexie passagère, et j’ai compilé toutes ces infos en un paragraphe qui ressemble de près ou de loin à celui là mais en légèrement différent. Ce paragraphe disait juste ce que je sais pas dire et que Coup de tête est exactement ce que je décris quand on me demande à l’oral mais c’est quoi ce que t’écris ? : l’histoire d’un mec qui a perdu sa main et qui veut la retrouver. Ce mec existe. H. l’a vu. Moi je l’ai vu. Je en ai vu l’ombre sèche, ras l’asphalte, quelque part pas très loin de par là-bas.

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