051112


Photo ©Junku Nishimura

Je suis hanté par l’image des mouvements poignants de l’oiseau agonisant, dans ce reportage tourné aux îles Galápagos par des gens partis sur les traces de Darwin. Une paire d’oisillons sortent de leur œuf et se nourrissent au bec de leur mère. Le plus fort des deux se met à frapper et à maltraiter son frère plus faible jusqu’à le pousser hors du nid, afin d’avoir pour lui seul toute la nourriture que sa mère lui fourre dans le gosier avec son bec. Son frère encore dépourvu de plumes est tombé du nid. Perdu, il gît au soleil meurtrier, au milieu des créatures assoiffées de sang qui ont déjà repéré l’animal mourant et s’apprêtent à le dévorer. Alors, l’oiseau soulève une dernière fois la tête, puis la laisse retomber dans la poussière. Si j’étais Dieu, ce spectacle me convaincrait du fiasco complet de la Création. Ni Goethe ni Stendhal ni Churchill n’offrent une consolation suffisante au regard de cette mort. Et nous n’avons encore rien dit d’Auschwitz ni des monstres humains qui fabriquent l’anthrax.

Imre Kertész, Sauvegarde, Actes Sud, traduction Natalia Zaremba-Huzsva et Charles Zaremba

À une certaine époque, mes seules préoccupations étaient de sauver le monde, plusieurs fois, dans des mondes différents, et d’écrire une trilogie fantasy au cours de laquelle quelqu’un, à son tour, sauverait un autre monde que le sien.

Qui sait peut-être un titre pour le projet JN : črno-belo. Je suis incapable de le prononcer. Mais je crois à la nécessité de mettre, en amont même du texte et des photos, au côté de mon nom et de celui de Junku Nishimura, sur la couverture noire et blanche, une autre langue, étrangère aux propres nôtres. C’est une certaine idée, aussi, de ce que serait ce texte (ou de ce qu’il devrait être) : une série d’autres langues et d’autres trajectoires qui n’ont pour point commun que de se retrouver là, au même endroit, à un moment donné, passé présent futur.

JN encore : l’incapacité d’écrire. J’ai cette photo et puis les mots reprographie mémorielle mais ça ne fonctionne pas. Pareil qu’une insomnie : gigoter, faire des gestes, ne résout jamais rien. Me sent tout comme cet autre jour et face à cette autre photo : incapable rien dire hors les mots cachectique, cachectique, cachectique. Même plusieurs heures tentant durant ça fonctionne pas, mieux vaut encore virer sur autre chose : finaliser deuxième version de la nouvelle Reference #388475848-5 avant que j’y perde tous mes dix doigts.

Piano, avant départ parents : les Chants estivaux(quatre piano), de Jeroen van Veen.

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051112, version 2 (9 novembre 2012)

Amy Hempel Mémoire Final Fantasy Junku Nishimura Imre Kertész Jeroen van Veen
JN encore : l’incapacité d’écrire. J’ai cette photo et puis les mots reprographie mémorielle mais ça ne fonctionne pas. Pareil qu’une insomnie : gigoter, faire des gestes, ne résout jamais rien. Me sent tout comme cet autre jour et face à cette autre photo : incapable rien dire hors les mots cachectique, cachectique, cachectique. Même plusieurs heures tentant durant ça fonctionne pas, mieux vaut encore virer sur autre chose : finaliser deuxième version de la nouvelle [Reference # 388475848-5->article717] Reference truc avant que j’y perde tous mes dix doigts . avant que j’y perde tous mes dix doigts.

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