141212


Marfa Girl, de Larry Clark

—  Allons-y. Os, dites-vous ? Hum… Os, ossuaire ; un gigantesque ossuaire : cosmossuaire. Cosmossuaire ! Voilà qui est fort intéressant. Vous choisissez vos mots à merveille, monsieur Tichy ! Cosmossuaire ! Eh bien, qu’en dites-vous ?
— Qu’y a-t-il donc d’extraordinaire ? Ce mot n’a aucun sens !
— Primo, on dit aujourd’hui : n’a aucune essence.
« N’a aucun sens » est depuis longtemps un archaïsme. (...) Secundo, cosmossuaire ne veut rien dire aujourd’hui, mais on peut déjà deviner quelle en sera la signification ! Il s’agit, n’est-ce pas, d’une nouvelle théorie psychozoïque. Voilà qui n’est pas à négliger ! D’après celle-ci les étoiles seraient d’origine artificielle !
— Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?
— Eh bien, mais le mot cosmossuaire. Il indique, ou plutôt suggère, le tableau que voici : au cours des millions d’années le cosmos s’est progressivement transformé en un vaste cimetière, en un véritable dépotoir. C’est-à-dire qu’il s’est rempli de tous les détritus laissés par les civilisations. Comme on ne savait qu’en faire et que cela gênait les observations astronomiques, ainsi que les voyages intersidéraux, on a construit de gigantesques brasiers à très haute température afin de brûler tout simplement ces déchets. Ces brasiers doivent avoir une masse suffisamment importante pour pouvoir attirer automatiquement les détritus. Le vide se nettoie donc petit à petit, et c’est ainsi que se forment les étoiles – qui ne sont autres que ces immenses foyers, de même que les nébuleuses, toutes les ordures qui n’ont pas encore été évacuées.

Stanislas Lem, Le congrès de futurologie, J’ai lu, traduction Dominique Sila avec la collaboration de Anna Labedzka

Fait l’expérience sur DE : partir d’un chapitre nul déjà écrit, réécrire très peu de chose, et surtout charcuter. Sur le chapitre « Le maire - 2 », cobaye, passé de 2597 mots à 621. Pourrais épurer plus. Et comme c’est un truc fin du monde, ce serait marrant de le mettre en ligne maintenant comme feuilleton.

Fermé l’accès aux commentaires après l’attaque de spams de Dr Dre himself. Sans doute le rétablir après avoir migré Spip 3 ?

Marfa girl, de Larry Clark, exclusivement visible en streaming sur le web, aucune sortie ciné ni DVD ou autre, mode de distribution intéressant, encore que le prix (5.99$ pour accès 24h) fait grincer (5.99$ c’est 4.54€). Alors images où les couleurs convulsent, l’espace rythmé par le passage des trains, des corps et des pigments presque inhabituels. La lumière, les paysages, les corps en masquant d’autres encore, comme cette conversation où des personnages littéralement apparaissent au détour d’un plan, d’autres disparaissent lorsque leurs voix se taisent (et celui d’une chaman vocalique, précieux, précieux dans la poussière).

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141212, version 2 (17 décembre 2012)

Marfa girl, de Larry Clark, exclusivement visible en streaming sur le web, aucune sortie ciné ni DVD ou autre, mode de distribution intéressant, encore que le prix (5.99$ pour accès 24h) fait grincer (5.99$ c’est 4.54€). Alors images où les couleurs convulsent, l’espace rythmé par le passage des trains, des corps et des pigments presque inhabituels. La lumière, les paysages, les corps en masquant d’autres encore, comme cette conversation où des personnages littéralement apparaissent au détour d’un plan, d’autres disparaissent lorsque leurs voix se taisent (et celui d’une chaman vocalique, précieux, précieux dans la poussière).

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