210213


Gavé par à peu près pas mal de trucs. Dû à je sais pas quoi. Peut-être comme dans Dorian, à cause d’une « étoile rouge (...) venue frôler la terre, trop près ». Pourrait aussi appeler ce truc le vide (alors j’écoute Contemporary vision pour que ça me calme mais ça me calme pas, ça me couvre, et intérieurement je traite tout un tas de gens de connards et je puis chie aussi sur les statistiques qu’on nous file à bouffer coûte que coûte genre à longueur de temps).

Cherche d’autres photos, d’autres images, pour définir d’autres moi-même ou d’autres échos possibles. Cherche.

Le soir quelques Amy Hempel pour me fermer les yeux.

All my life I have been afraid of milk. I thought that if you drank too much, your bones would outgrow your skin, your teeth overrun your lips. [1]

Amy Hempel, The Lady Will Have the Slug Louie, in At the Gates of the Animal Kingdom, in The Collected Stories, Scribner, P.170

Le monologue d’Imke Leal en est, je crois, à son quatrième épisode. Sa langue fluctue. Je sais pas ce qu’il va dire. M’adapte en suivant le fil de sa langue. En la villofixoa c’était un Capitaƞ vigoureux. Exilé dans son phare il a perdu de ses pigments je crois. Je pense à lui comme au dernier gardien du Graal dans La dernière croisade , un chevalier vivant à une autre époque que la sienne, un accident dans la transmission génétique, quelqu’un trop tiraillé entre la noblesse et la bête, il y a les deux chez lui, et il se sert de la parole pour en trier l’écume.

Mueller (537 mots) :

Une voix derrière le verre liquide d’Imke Leal.
Elle dit : - Nous sommes nés sur nos jambes. La
villofixoa est une ville où l’on se contente de
regarder ailleurs, sur nos jambes, sur nos os &
nos nerfs, vers l’au-loin, comme ceci, tous nos
corps mis, tendus, en avant, dans une direction
(vers l’est le matin, vers l’ouest l’après-midi
& vers le ciel une fois la nuit plongée), toute
parcelle de chaque peau en pleine effervescence
car ailleurs, au-delà de nous autres, vibrent &
rissolent des milliers de peuplades, de figures
& de bêtes en mouvement, des milliers j’en suis
sûr... Certains d’entre eux respirent comme les
steppes & avalent comme les steppes & arpentent
le désert comme les steppes & viendront écraser
leurs écailles sur les murs de la ville & vomir
leur magma dans nos gorges, répandre le sang de
nos corps à même l’ocre du désert & poser leurs
corps sur le trône enseveli du mont sage & puis
s’enfermer à leur tour dans la ville conquise &
ils en changeront le nom & ils dessineront même
de nouvelles légendes & de nouvelles coutumes à
la surface de la nuque de chacun & ils iront se
poster derrière le khôl, les murs d’enceinte où
ils dresseront chaque vitrail de leurs yeux, de
leurs fronts, de leurs faces, pour observer les
allées & venues de leurs steppes, redoutant les
prochaines hordes migrantes, celles, parasites,
qui, comme eux jadis, loin, vivent sur le dos &
l’échine de la steppe, déferlent comme s’écoule
dans le sang la bactérie mangeuse d’être, vont,
cruelles, à l’envers du sens du vent, à rebours
de l’ordre naturel des choses, celles qui, très
bientôt, se presseront à nouveau à leur porte &
qui, lame & poignard entre les dents égorgeront
les âmes, feront saigner le sang sur les ocres,
s’écouler le magma dans chaque gorge, etc, etc.

Je pense à tous ces êtres, en dehors des murs &
au-delà de nos sables, j’y pense, je les espère
au moins autant que je les redoute : je redoute
ceux des steppes, je m’imagine les autres. Nous
avons peu de figures, nous autres & le fait est
que nous descendons des barbares... Il m’arrive
également de penser à mes pères ou aux pères de
mes pères, quelque part, à cheval sur la steppe
& sur l’ivoire de leurs os. J’y pense. Je vois.
Chaque visage & chaque pore de chaque peau & je
me dis : voilà d’où tu découles. Sache-le, nous
recevons peu de visiteurs qui nous viennent des
au-delà du sable & si nous décidons d’ouvrir la
porte rouge quand ils s’y pressent, ils doivent
se plier à nos règles & n’en jamais ressortir :
toi & tes corps, vous étiez de ceux-là. Barbare
est un mot que je ne prononce pas à la légère &
pourtant je le pense en cherchant tous tes yeux
grand ouverts mais sucés par le sable. Ils sont
peut-être tombés quelque part, loin de nous, la
chose est possible. Barbare... Ceux qui portent
ce nom ont 2 issues possibles. Soit ils tombent
sous nos sabres soit ils prennent notre place &
te voici, juste dessous mes yeux, fait comme un
soldat de la garde, un sabre de la garde mis au
côté, mais ton corps comme happé de toi-même. A
l’est vont les barbares. J’en ai un devant moi.

21 février 2013
par Guillaume Vissac
Journal
#Amy Hempel #Christine Jeanney #Contemporary vision #Oscar Wilde #Vide

[1Toute ma vie j’ai eu la peur du lait. Je croyais qu’à force de trop en boire mes os transperceraient ma peau, mes dents infesteraient mes lèvres.

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Révisions

6 révisions

210213, version 7 (26 février 2013)

Gavé par à peu près pas mal de trucs. Dû à je sais pas quoi. Peut-être comme dans [Dorian->http://www dit [Dorian->http://www .publie.net/fr/ebook/9782814505346/le-portrait-de-dorian-gray], à cause d’une « étoile rouge (...) venue frôler la terre, trop près ». Pourrait aussi appeler ce truc le vide (alors j’écoute Contemporary vision pour que ça me calme mais ça me calme pas, ça me couvre, et intérieurement je traite tout un tas de gens de connards et je puis chie aussi sur les statistiques qu’on nous file à bouffer coûte que coûte genre à longueur de temps).

Le soir quelques Amy Hempel Le soir quelques Amy Hempel pour me fermer les yeux.

All my life I have been afraid of milk. I thought that if you drank too much, your bones would outgrow your skin, your teeth overrun your lips. [1]

[1Toute ma vie j’ai eu la peur du lait. Je croyais qu’à force de que trop en boire pousseraient mes os transperceraient à transperser ma peau, et que mes dents infesteraient envahiraient mes lèvres.

Vide, Christine Jeanney, Amy Hempel, Oscar Wilde, Contemporary vision

210213, version 6 (26 février 2013)

Gavé Je suis gavé par à peu près pas mal de trucs. Dû à je sais pas quoi. Peut-être comme dit [Dorian->http://www.publie.net/fr/ebook/9782814505346/le-portrait-de-dorian-gray]Peut-être comme dit Dorian , à cause d’une « étoile rouge (...) venue frôler la terre, trop près ». Pourrait aussi appeler ce truc le vide (alors j’écoute Contemporary vision pour que ça me calme mais ça me calme pas, ça me couvre recouvre , et intérieurement je traite tout un tas de gens de connards et je puis chie aussi sur les statistiques qu’on nous file à bouffer coûte que coûte genre à longueur de temps).

Cherche d’autres photos, d’autres images, pour définir d’autres moi-même ou d’autres échos possibles. Cherche Je cherche .

Le soir quelques Amy pages d’Amy Hempel pour me fermer les yeux.

210213, version 5 (25 février 2013)

Je suis gavé par à peu près pas mal de trucs. Dû à je sais pas quoi. Peut-être comme dit Dorian, à cause d’une « étoile rouge (...) venue frôler la terre, trop près ». Pourrait aussi appeler l’appeler le vide ce truc le vide (alors j’écoute Contemporary vision pour que ça me calme mais ça me calme pas, ça me recouvre, et intérieurement je traite tout un tas de gens de connards et je puis chie aussi sur les statistiques qu’on nous file à bouffer coûte que coûte genre à longueur tout le temps).

Cherche d’autres photos, d’autres images, sans succès , pour définir d’autres moi-même ou d’autres échos possibles. Je cherche.

Le soir quelques pages d’Amy Hempel pour me fermer rouvrir les yeux.

210213, version 4 (24 février 2013)

Je suis gavé par à peu près pas mal de trucs. Dû à je sais pas quoi. Peut-être comme dit Dorian, à cause d’une « étoile rouge (...) venue frôler la terre, trop près ». Pourrait aussi l’appeler le vide ce truc (alors j’écoute Contemporary vision pour que ça me calme mais ça me calme pas, ça me recouvre, et intérieurement je traite tout un tas de gens de connards connard et je puis chie aussi sur toutes les statistiques qu’on nous file à bouffer coûte que coûte genre tout le temps ).

Cherche d’autres photos, d’autres images, sans succès, pour définir d’autres moi-même ou d’autres échos possibles. Je parle d’une couverture. Je cherche C’est dans l’élan de chercher qu’on progresse .

210213, version 3 (22 février 2013)

Je suis gavé par à peu près pas mal de trucs. Dû à je sais pas quoi. Peut-être comme dit Dorian, à cause d’une « étoile rouge (...) venue frôler la terre, trop près ». Pourrait aussi l’appeler le vide ce truc (alors j’écoute Contemporary vision pour que ça me calme mais ça me calme pas, ça me recouvre, et intérieurement je traite tout un tas de gens de connard et je chie sur toutes les statistiques).

Cherche d’autres photos, d’autres images, sans succès, pour définir d’autres moi-même ou d’autres échos possibles. Je parle d’une couverture. C’est dans l’élan de chercher qu’on progresse.

Le monologue d’Imke Leal en est, je crois, à son quatrième épisode. Sa langue fluctue. Et je n’ai pas toujours le temps. Je ne sais pas ce qu’il va dire. Je m’adapte en suivant le fil de sa langue. En la villofixoa c’était un Capitan vigoureux. Exilé dans son phare il a perdu de ses pigments je crois. Je pense à lui comme cet étonnant personnage , à la fin de La dernière croisade le croisade , dernier gardien Graal, un chevalier vivant à une autre époque que la sienne, je crois que c’est son cas aussi, un accident dans la transmission génétique, quelqu’un trop tiraillé entre la noblesse le noble et la le bête, il y a les deux chez lui, et il se sert de la parole pour en trier l’écume.

210213, version 2 (21 février 2013)

Je suis gavé par à peu près pas mal de trucs. Dû à je sais pas quoi. Peut-être comme dit Dorian, à cause d’une « étoile rouge (...) venue frôler la terre, trop près ». Pourrait aussi l’appeler le vide ce truc (alors j’écoute [Contemporary vision->http://echopolite.com/Music/Album/Now-4694] pour que ça me calme mais ça me calme pas, ça me recouvre, et intérieurement je traite tout un tas de gens de connard et je chie sur les statistiques).

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