220213


Des voiles et des voiles de fine gaze sombre se soulèvent, et par degrés, les choses récupèrent leurs formes et leurs couleurs, et nous voyons l’aurore reconstruire à nouveau le monde. Les miroirs incolores reprennent leur vie de mime. Les bougies éteintes sont là où nous les avons laissées et, à côté d’elles, le livre à moitié lu que nous étudions, ou la fleur sertie que nous portions au bal, ou la lettre que nous avons eu trop peur de lire, ou celle que nous avons lue trop souvent. Rien ne nous semble changé. À l’écart des ombres irréelles de la nuit resurgit la vie réelle que nous connaissons. Nous devons la reprendre, là où nous l’avons laissée ; alors un terrible sentiment s’empare de nous, celui de devoir reprendre avec la même nécessaire continuité les gestes habituels, pleins d’énergie, ou celui plus sauvage peut-être, de désirer que nos paupières s’ouvrent un matin sur un monde neuf, reconstruit dans l’obscurité pour nous plaire, un monde dans lequel les choses auraient de nouvelles formes et de nouvelles couleurs, qui serait changé, qui aurait d’autres secrets, un monde dans lequel le passé aurait peu ou pas de place, ni aucune forme de rémanence, ni rien qui touche à la conscience des obligations ou des regrets, le souvenir des joies portant déjà en lui son amertume, et la mémoire des plaisirs ses douleurs.

Oscar Wilde, Portrait de Dorian Gray, Publie.net, traduction Christine Jeanney

Douleurs fantômes au torse (dans Coup de tête il dit : « on dit par torse on dit thorax »). Et elles ne sont pas fantômes non plus. Ce qui ne veut pas dire qu’elles n’existent pas pour autant. Elles sont comme celles qui saignent Tchernobyl depuis vingt ans : elles irradient. Aujourd’hui, à leur place, en surbrillance d’elles-mêmes, il y a des litres et des litres de vie sauvage, elles tourbillonnent, elles en gorgent les terres, elles s’écoulent, elles existent, mais j’ai manqué trouver où que ce soit la BD dont parlait il y a bien des semaines Seb Ménard sur son site, celle d’Emmanuel Lepage, je ne cherche pas beaucoup, je ne désespère pas.

Fin du Portrait de Dorian Gray. Lis assez peu l’anglais traduit depuis maintenant quelques années mais là oui. La version de Christine est une très belle version. Aimerais atteindre cette élégance et cette fluidité dans mes traductions d’Amy Hempel qui ne sont que des balbutiements ou celles, non publiées nulle part, interrompues, de Joey Comeau. Ces lectures encouragent. Et vivement ses Vagues.

Mueller (223 mots) :

Une voix derrière le verre liquide d’Imke Leal.
Elle dit : - Un scarabée des causses. Il y en a
un qui te goûte le ligament de l’oeil grâce aux
2 mandibules. Qu’est-ce que tu ne peux pas voir
ni sentir encore ? Je peux te prêter ma gorge &
ma voix si tu souhaites. Je peux me substituer.
Je suis capable de ça. Mais si nos 2 situations
avaient été inversées, en aurais-tu été capable
à ton tour ? Je pose la question à voix haute &
ce afin que l’oxygène qui nous ronge m’entende.
Il n’est pas impossible, qui sait, qu’il puisse
me répondre à ta place. Voilà : le scarabée des
causses s’est envolé loin de tes yeux ouverts &
cela peut signifier 2 choses : que tu es mort &
froid de sang ou que tes yeux ne sécrètent pas,
ou pas assez, de larmes salines. Si tu veux mon
opinion, je ne crois pas que tu sois déjà mort.
Je crois que l’huile des espérions fait effet &
qu’elle draine hors du derme le poison ocre. Je
crois que l’huile agit sur vous tous, y compris
le cervidé dont les yeux commencent déjà à voir
reparaître la réalité de chaque chose. Quant au
scarabée... Je dirais que le scarabée a compris
quelque chose de fondamental en te dégustant le
bord des orbites de cette manière : un cocon de
corps tel que le tien est tout sauf comestible.

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Révisions

2 révisions

220213, version 3 (27 février 2013)

Publie.net, Coup de tête, Christine Jeanney, Amy Hempel, Virginia Woolf, Joey Comeau, Sébastien Ménard, Nucléaire, Oscar Wilde, Mueller

[Oscar Oscar Wilde, Portrait de Dorian Gray, Publie.net, traduction Christine Jeanney->http://www . Jeanney publie.net/fr/ebook/9782814505346/le-portrait-de-dorian-gray]

Douleurs fantômes au torse (dans [Coup Coup de tête->mot16] tête il dit  : «  on dit par torse on dit thorax  »). il dit : « on dit par torse on dit thorax »). Et elles ce ne sont pas fantômes des douleurs fantômes non plus. Ce qui ne veut pas dire qu’elles n’existent pas pour autant. Elles sont comme celles qui saignent Tchernobyl depuis vingt ans : elles irradient. Aujourd’hui, à leur place, en surbrillance d’elles-mêmes, il y a des litres et des litres de vie sauvage, elles tourbillonnent, elles en gorgent les terres, elles s’écoulent, elles existent, mais j’ai manqué trouver où que ce soit la BD dont parlait il y a bien des semaines [Seb Seb Ménard sur son site->http://www site , celle d’Emmanuel Lepage , je ne cherche pas beaucoup , je ne désespère pas .diafragm.net/spip/spip.php ?article1360], celle d’Emmanuel Lepage, je ne cherche pas beaucoup, je ne désespère pas.

220213, version 2 (23 février 2013)

Douleurs fantômes au torse (dans Coup de tête il dit : « on dit par torse on dit thorax »). Et ce ne sont pas des douleurs fantômes non plus. Ce qui ne veut pas dire qu’elles n’existent pas pour autant. Elles sont comme celles qui saignent Tchernobyl depuis vingt ans : elles irradient. Aujourd’hui, à leur place, en surbrillance d’elles-mêmes, il y a des litres et des litres de vie sauvage, elles tourbillonnent, elles en gorgent les terres, elles s’écoulent, elles existent, mais j’ai ce qui me rappelle avoir manqué trouver où que ce soit la BD dont parlait il y a bien des semaines Seb Ménard sur son site, celle d’Emmanuel Lepage, je ne cherche pas beaucoup, je ne désespère pas.

Mueller (225 mots) :

Elle dit : - Un scarabée des causses. Il y en a

corps tel que le tien est tout sauf comestible.

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