170413


Un truc peut-être pour me permettre de réécrire le fragment l’écrivain du mal. Découvre le site Iraqbodycount qui recense, chaque jour, comme son nom l’indique, le nombre de morts en Iraq [1] depuis 2003. Nous vivons dans un monde de données. J’ignore à quoi tient la goupille vissée dans chacune de nos têtes et qui pourrait à tout instant lâcher et nous laisser les mains libres pour concocter une bombe artisanale censée (censée seulement) égratigner le monde. Je me dis que cette goupille est toute entière l’objet d’étude de l’écrivain du mal, qui qu’il soit, quelle que soit sa nationalité ou sa langue. Et quel est le rôle de ces données permanentes qui nous chargent ou qui, au contraire, des fois, nous désamorcent ? Ce que je vois, imaginant cette photo, et son incarnation, cet écrivain du mal, c’est un homme sur une table déchiffrant toutes ces séries de morts, ces putain de body counts, ces données permanentes sur la chute de chacun, comme on tenterait résoudre une équation mathématique. Savoir ce qu’il pourra déduire et l’état de la sienne de goupille. Je crois que l’écrivain du mal n’a plus rien écrit de vivant depuis qui sait toujours.

Mueller (236 mots) :

Mueller & le fiable se sont assis en tailleur où
comme 2 reflets issus d’une même flaque ils sont
immobiles l’un en face de l’autre en silence. Le
corps a la cicatrice stomacale les regarde. Il a
l’oeil jaune & sa cicatrice le démange. Il mange
les croûtes de son nombril rêche. Il les porte à
sa bouche comme les moines lèvent vers le ciel &
vers Dieu des reliques de la chose religieuse ou
des coupes remplies de liquide céphalo-rachidien
du Seigneur. Dans certaines légendes, on raconte
que l’eau des sources souterraines, l’eau qui ne
voit jamais la lumière du jour, coule depuis les
cailles du corps de Dieu en sommeil sous nos pas
(c’est-à-dire la terre elle-même). Cette eau est
censée provenir de sa moelle épinière & personne
ne sait ce qui arriverait si un mortel la buvait
(c’est pourquoi les moines la rendent au ciel où
séjournent les rêves de leur Dieu : pour qu’elle
s’y évapore & les rejoigne). Mais j’ignore si la
légende que je viens de raconter provient de mes
propres arcs de la mémoire ou si c’est le fiable
en personne qui me les souffle car, oui, il fixe
mes orbites blanches en cet instant précis comme
s’il voulait me les gober, ou comme s’il voulait
que je l’écoute attentivement. Je ne peux pas me
détourner de son regard. Mes yeux s’y embourbent
comme une lémure zébre dans des sables mouvants.

17 avril 2013
par Guillaume Vissac
Journal
#mondeling #Mueller #Postapocalypse

[1J’écris Irax, c’est un lapsus clavier.

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Révisions

4 révisions

170413, version 5 (21 avril 2013)

Postapocalypse, mondeling, Mueller
Un truc peut-être pour me permettre de réécrire le fragment l’écrivain du mal. Découvre le site Iraqbodycount qui recense, chaque jour, comme son nom l’indique, le nombre de morts en Iraq [1] depuis 2003. Nous vivons dans un monde de données. J’ignore à quoi tient la goupille vissée dans chacune de nos têtes et qui pourrait à tout instant lâcher céder et nous laisser les mains libres pour concocter une [bombe artisanale->http://www bombe artisanale censée ( censée seulement ) égratigner le monde .lemonde.fr/attentat-de-boston/] censée (censée seulement) égratigner le monde. Je me dis que cette goupille est toute entière l’objet d’étude de l’écrivain du mal, qui qu’il soit, quelle que soit sa nationalité ou sa langue. Et quel est le rôle de ces données permanentes qui nous chargent ou qui, au contraire, des fois parfois , nous désamorcent ? Ce que je vois, imaginant cette photo, et son incarnation, cet écrivain du mal, c’est un homme sur une table griffonnant ( déchiffrant ) toutes ces séries de morts, ces putain de body body counts, , ces données permanentes sur la chute de chacun, comme on tenterait résoudre une équation mathématique. Savoir ce qu’il pourra en déduire et l’état de la sienne de goupille. Je crois que l’écrivain du mal n’a plus rien écrit de vivant depuis qui sait toujours.

[1J’écris Irax, c’est un lapsus clavier.

170413, version 4 (21 avril 2013)

Un truc peut-être pour me permettre de réécrire le fragment l’écrivain du mal. Le nom de Bolano bien sûr à la source de ce fragment vide (vide pour l’instant), écrit mais saturé de mots blancs, lignes sans viande, zéros sonores. Découvre via Rue89 le site Iraqbodycount qui recense, chaque jour, comme son nom l’indique, le nombre de morts en Iraq [2] , j’écris Irax ) depuis 2003 . depuis 2003. Nous vivons dans un monde de données. J’ignore à quoi tient la goupille vissée dans chacune chacun de nos têtes et crânes qui pourrait peut à tout instant céder et nous laisser les mains libres pour concocter une bombe artisanale censée (censée seulement) égratigner le monde. Je me dis que cette goupille est toute entière l’objet d’étude le point de focalisation de l’écrivain du mal, qui qu’il soit, quelle que quelque soit sa nationalité ou sa langue. Et quel est le rôle de ces données permanentes qui nous chargent ou qui, au contraire, parfois, nous désamorcent ? Ce que je vois, imaginant cette photo, et son incarnation, cet écrivain du mal, c’est un homme sur une table griffonnant qui griffonne (déchiffrant ou déchiffre ) toutes ces séries cette série de morts, ces body counts, ces données permanentes sur la chute de chacun, comme on quelqu’un tenterait de résoudre une équation mathématique. Savoir ce qu’il pourra en déduire et l’état de la sienne de goupille. Je crois que l’écrivain du mal n’a plus rien écrit de vivant depuis qui sait toujours des dizaines d’années .

[2 J’écris Irax , c’est un Iraq ( lapsus clavier.

170413, version 3 (19 avril 2013)

Un Peut-être trouvé le truc peut-être pour me permettre de réécrire le fragment l’écrivain du mal. Le nom de Bolano est bien sûr à la source de ce fragment vide (vide pour l’instant), écrit mais saturé de mots blancs sans paroles , de lignes sans viande, de pages blanches et de zéros sonores. Découvre via Rue89 le site Iraqbodycount qui recense, chaque jour jours , comme son nom l’indique, le nombre de morts en Iraq (lapsus clavier, j’écris Irax) depuis 2003. Nous vivons dans un monde de données. J’ignore à quoi tient la goupille vissée dans chacun de nos crânes qui peut à tout instant parfois céder et nous laisser les mains libres pour concocter une bombe artisanale censée pour tenter (censée tenter seulement) égratigner d’égratigner le monde. Je me dis que cette goupille est toute entière le point de focalisation de l’écrivain du mal, qui qu’il soit, quelque soit sa nationalité ou sa langue. Et quel est le rôle de ces données permanentes qui nous chargent ou qui, au contraire, parfois, nous désamorcent ? Ce que je vois, imaginant cette photo, et son incarnation, cet écrivain du mal, c’est un homme sur une table qui griffonne (ou déchiffre) cette série de morts, ces body counts, ces données permanentes sur la chute de chacun, comme quelqu’un tenterait de résoudre une quelque équation mathématique. Savoir ce qu’il pourra en déduire et l’état de la sienne de sa goupilleà lui . Je crois que l’écrivain du mal n’a plus rien écrit de vivant depuis des dizaines d’années.

170413, version 2 (18 avril 2013)

Mueller (236 mots) :

Mueller & le fiable se sont assis en tailleur où

comme une lémure zébre dans des sables mouvants.

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