280613


Don Blattner was not the only one. Hank Neary, our black writer who wore the same brown corduroy suit coat day after day, so that either he never cleaned the one, or had an entire closet full of the same, was working on a failed novel. He described it as “small and angry.” We all wondered who the hell would buy small and angry ? We asked him what it was about. “Work,” he replied. A small, angry book about work. Now there was a guaranteed best seller. There was a fun read on the beach. We suggested alternative topics on subjects that mattered to us. “But those don’t interest me,” he said. “The fact that we spend most of our lives at work, that interests me.” Truly noble, we said to him.

Joshua Ferris, Then We Came to the End

M’arrive rarement, dans le métro, de louper un arrêt, même pendant lecture je sais toujours à peu près où je suis, la faute à ce truc, Then We Came to the End, bouquin de Joshua Ferris, tout ce que j’en sais c’est que Fresán le recommande dans sa préface à L’employé, et le sujet est inintéressant au possible, c’est de la vie d’entreprise à l’intérieur d’elle-même, mais quelque part c’est super et ça n’a rien à voir avec ce que moi je vis quotidiennement ici (ou plutôt : si) et le fait est que je l’ai loupé l’arrêt de la 8 quelque part là où Yop raconte son histoire supernulle de bookshelves et buckshelves et toujours est-il que je me suis souvent répété ces jours-ci une phrase qui commencerait par quelque part et qui finirait pas et je la tiens encore en suspens dans ma bouche cette phrase-là, quelque part, et quelque part la fatigue de la semaine de l’année me rattrape par les chevilles et elle me plaque par terre, j’ai plus de substance dans les vaisseaux je coule.

Un film. Dans ces situations j’aime autant voir un film que j’ai déjà vu qu’un autre. Si c’est pas On connaît la chanson c’est Un air de famille, si c’est pas Fargo c’est Intolérable cruauté, et si c’est pas Meurtre mystérieux à Manhattan c’est Le sortilège du scorpion de jade. Ce soir j’ai pas pris Annie Hall, j’ai pris l’autre.

Mueller (147 mots) :

La gueule impressionniste de Mueller se dessine,
point par point, de l’autre côté de la falaise &
l’ombre de la falaise lui tatoue sur la peau des
zébrures. Derrière lui, en file indienne, corps,
crin, poussière se succèdent. Les corps encordés
le suivent, posent leurs pas dans ses empreintes
& toussent (l’écho de leurs toux crache). Sur la
plage en contre-bas les assaillants minuscules &
brumeux se déplacent, à distance, pour suivre le
mouvement, mais leurs projectiles sont pauvres &
n’ont plus assez de portée pour les atteindre. A
la verticale du sol, un gros nuage carbonique se
hisse & l’ombre goûte la pierre, le sable ou les
vagues avec sa langue liquide. Bientôt, Le Cap &
ses corps encordés seront trop loin de mes yeux,
je ne pourrais plus distinguer Iav Samot la main
jaune de n’importe laquelle des autres ombres en
file indienne autour de lui. Je plisse les yeux.

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280613, version 5 (2 juillet 2013)

Métro, Rodrigo Fresán, Woody Allen, Mueller, Joshua Ferris

<blockquote>

Don Blattner was not the only one. Hank Neary, our black writer who wore the same brown corduroy suit coat day after day, so that either he never cleaned the one, or had an entire closet full of the same, was working on a failed novel. He described it as “small and angry.” We all wondered who the hell would buy small and angry ? We asked him what it was about. “Work,” he replied. A small, angry book about work. Now there was a guaranteed best seller. There was a fun read on the beach. We suggested alternative topics on subjects that mattered to us. “But those don’t interest me,” he said. “The fact that we spend most of our lives at work, that interests me.” Truly noble, we said to him.

Joshua Ferris, Then We Came to the End

</blockquote>

M’arrive rarement, dans le métro, de louper un arrêt, même pendant lecture je sais toujours à peu près où je suis, la faute à ce truc, Then We Came to the End, bouquin de Joshua Ferris, tout ce que j’en sais c’est que Fresán le recommande dans sa préface à [L’employé->http://blog.epagine.fr/index.php/2012/11/lemploye-de-guillermo-saccomanno-asphalte-editions/], et le sujet est inintéressant au possible, c’est de la vie d’entreprise à l’intérieur d’elle-même, mais quelque part c’est super et ça n’a rien à voir avec ce que moi je vis quotidiennement ici (ou M’arrive rarement , dans le métro , de louper un arrêt , même pendant lecture je sais toujours à peu près je suis , la faute à ce truc , Then We Came to the End , bouquin de Joshua Ferris , tout ce que j’en sais c’est que Fresan le recommande dans sa préface à L’employé , et le sujet est inintéressant au possible , c’est de la vie d’entreprise à l’intérieur d’elle-même , mais quelque part c’est super et ça n’a rien à voir avec ce que moi je vis quotidiennement ici ( ou plutôt : si) et le fait est que je l’ai loupé l’arrêt de la 8 quelque part là où Yop raconte son histoire supernulle de bookshelves et buckshelves et toujours est-il que je me suis souvent répété ces jours-ci une phrase qui commencerait par quelque part et qui finirait pas et je la tiens encore en suspens dans ma bouche cette phrase-là, quelque part, et quelque part la fatigue de la semaine de l’année me rattrape par les chevilles et elle me plaque par terre, j’ai plus de substance dans les vaisseaux je coule.

280613, version 4 (2 juillet 2013)

M’arrive rarement, dans le métro, de louper un arrêt, même pendant lecture je sais toujours à peu près où je suis, la faute à ce truc, Then We Came to the End, bouquin de Joshua Ferris, tout ce que j’en sais c’est que Fresan le recommande dans sa préface à L’employé, et le sujet est inintéressant au possible, c’est de la vie d’entreprise à l’intérieur d’elle-même, mais quelque part c’est super et ça n’a rien à voir avec ce que moi je vis quotidiennement ici (ou plutôt : si) et le fait est que je l’ai loupé l’arrêt de la 8 quelque part là où Yop raconte son histoire supernulle de bookshelves et buckshelves et toujours est-il que je me suis souvent répété ces jours-ci une phrase qui commencerait commençait par quelque part et qui finirait finissait pas et je la tiens encore en suspens dans ma bouche cette phrase-là, quelque quelque part, , et quelque part la fatigue de la semaine de l’année me rattrape m’attrape par les deux chevilles et elle me plaque par terre, j’ai plus de substance dans les vaisseaux je coule.

Un film. Dans ces situations j’aime autant voir un film que j’ai déjà vu qu’un film neuf. Si c’est pas On connaît la chanson c’est Un air de famille, si c’est pas Fargo Faro c’est Intolérable cruauté, et si c’est pas Meurtre mystérieux à Manhattan c’est Le sortilège du scorpion de jade. Ce soir j’ai je choisis pas pris Annie Hall, j’ai pris je prends l’autre.

280613, version 3 (29 juin 2013)

M’arrive rarement, dans le métro, de louper un arrêt, même pendant lecture je sais toujours à peu près où je suis, la faute à ce truc, Then We Came to the End, bouquin de Joshua Ferris, tout ce que j’en je sais de ce bouquin c’est que Fresan le recommande recommandait dans sa préface à L’employé, et le sujet truc est inintéressant au possible, c’est de la vie d’entreprise à l’intérieur d’elle-même, mais quelque part c’est super et ça n’a rien à voir avec ce que moi je vis quotidiennement ici (ou plutôt : si) et le fait est que je l’ai loupé l’arrêt de la 8 quelque part là où Yop raconte son histoire supernulle de bookshelves et buckshelves et toujours est-il que je me suis souvent répété ces jours-ci une phrase qui commençait par quelque part et qui finissait pas et je la tiens encore en suspens dans ma bouche cette phrase-là, quelque part , et quelque part la fatigue de la semaine de l’année m’attrape par les deux chevilles et elle me plaque par terre, j’ai plus de substance dans les vaisseaux je coule .
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280613, version 2 (28 juin 2013)

M’arrive rarement, dans le métro, de louper un arrêt, même pendant lecture je sais toujours à peu près où je suis, la faute à ce truc, Then We Came to the End, bouquin de Joshua Ferris, tout ce que je sais de ce bouquin c’est que Fresan le recommandait dans sa préface à L’employé, et le truc est inintéressant au possible, c’est de la vie d’entreprise à l’intérieur d’elle-même, mais quelque part c’est super et ça n’a rien à voir avec ce que moi je vis quotidiennement ici (ou plutôt : si) et le fait est que je l’ai loupé l’arrêt de la 8 quelque part là où Yop raconte son histoire supernulle de bookshelves et buckshelves et toujours est-il que je me suis souvent répété ces jours-ci une phrase qui commençait par quelque part et qui finissait pas et je la tiens encore en suspens dans ma bouche cette phrase-là et  : quelque part la fatigue de la semaine de l’année m’attrape par les deux chevilles et elle me plaque par terre , j’ai plus de substance dans les vaisseaux . ...

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