160813


D’autres découvrent dans leur tiroir au taf des trésors monétaires, un billet oublié, de la petite monnaie, de l’or nazi je sais pas, des timbres, moi je trouve des cachets minuscules, ronds de forme, moulés sous un opercule blanc et puis surprise : ce serait pas deux mais quatre Relpax que j’ai laissés dans mon premier tiroir juste avant mes congés. Les emporte. Ca m’en fera cinq en tout.

Je suis parti par le 6689 de 18h57 encore. Si je ferme les yeux forts, des pigments ocres et pixels jaunes crépitent sous mes paupières. Si je mets mes yeux dans l’une de mes deux mains ils sont pointus encore, ont des écailles aussi, ils ont la même couleur que les reflets vert d’eau des buildings de bureau qu’on longe à Lyon Part Dieu. J’essaye de déduire genre scientifiquement pourquoi le crâne me lance souvent dans le 6689 de 18h57 mais jamais dans celui du retour. J’ai pas mal mais j’enquête. Garde mes deux yeux clos au cas où. Dedans, on croit qu’on s’arrache à l’orbite de la terre et, quelque part, j’ignore où, en sortie d’un tunnel c’est probable, l’habitacle de la cabine se stabilise soudain, il nous simule l’espace interminable et noir, pétrolifère.

Avant de quitter le bureau, ils m’ont demandé d’assister au recrutement d’un de nos futurs stagiaires, peut-être, affectés au service. Tout le monde ment : le recruteur qui veut gonfler son poste, le candidat pour se montrer capable. Moi quand je dis que l’ambiance est cool. Il faudra pas que j’oublie, lundi, notre conf call d’11h. Je jongle avec ces mots mentaux, aussi, pour me sentir humain, non, merde ; adulte.

L’Olympia monte ses prix. Le croque-monsieur pèse 10.50€. Je parle de la brasserie, celle rouge à gauche quand on le regarde (l’Olympia est fermé cette semaine). Gare de Lyon aussi, ils ont installé un Mezzo di Pasta près de la porte H et G. Si je relevais encore, comme je l’ai fait il y a quelques années, les noms de toutes les enseignes et kiosques à bouffe qu’ils ont mis dans la gare, combien d’entre eux auraient changé ? Ceci étant, en m’installant à ma place 501, dans le 6689, celle que je croise a la même tête qu’avant : je connais son prénom et son nom de famille composé. C’est elle que j’ai pris pour modèle pour ce personnage, dans Coup de tête, de la première partie. Le fait est que nous étions assis l’un à côté de l’autre dans plusieurs cours au collège, dont celui de Biologie (c’est une fiction, contrairement à mon frère, jamais de ma vie au collège un cours de Bio s’est appelé comme ça). Devenue cadre sup junior chose, elle a dormi une heure, elle a rêvé une heure, elle a lu quelque chose. Si elle m’avait reconnu, demandé ce que j’étais devenu, savoir si je lui aurais dit je t’ai pris comme modèle d’un perso de mon bouquin que le narrateur veut foutre...

Dans le hall 3, Gare de Lyon seul devant les moniteurs, avant l’embarquement et le départ du train, un mec assis par terre nous sauvegarde à la main sur un carnet de croquis.

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160813, version 4 (21 août 2013)

D’autres découvrent dans leur tiroir au taf D’autres découvrent dans leur tiroir au taf des trésors monétaires, un billet oublié, de la petite monnaie, de l’or nazi je sais pas, des timbres, moi je trouve des cachets minuscules, ronds de forme, moulés sous un opercule blanc et puis surprise : ce serait ne sont pas deux mais quatre Relpax Relpax que j’ai laissés dans mon premier tiroir juste avant mes congés . que j’ai laissés dans mon premier tiroir juste avant mes congés. Les emporte. Ca m’en fera M’en reste cinq en tout.

Migraine, Train, Boulot, Coup de tête, Paris, Croquis
jpg/543404_10151792127374421_996800450_n.jpg

160813, version 3 (20 août 2013)

D’autres découvrent dans leur tiroir au taf des trésors monétaires, un billet oublié, de la petite monnaie, de l’or nazi je sais pas, des timbres, moi je trouve des cachets minuscules, ronds de forme, moulés sous un opercule blanc et surprise : ce ne sont pas deux mais quatre Relpax que j’ai laissés dans mon premier tiroir juste avant mes congés. Les Je les emporte. M’en reste cinq en tout.

Je suis parti par le 6689 de 18h57 , encore. Si je ferme les yeux forts, des pigments ocres des pixels jaunes crépitent sous mes paupières. Si je mets mes deux yeux dans l’une de mes deux mains ils sont pointus encore, ont des écailles aussi, ils ont la même couleur que les reflets vert d’eau des buildings de bureau qu’on longe à Lyon Part Dieu. J’essaie de déduire genre scientifiquement pourquoi le crâne me lance dans le 6689 de 18h57 et pas dans celui du retour. J’ai pas mal mais j’enquête. Garde mes deux yeux clos au cas où. Dedans, on croit qu’on s’arrache à l’orbite de la terre et, quelque part, j’ignore où, en sortie d’un tunnel c’est probable, l’habitacle de la cabine s’apaisera, nous simulant l’espace interminable et noir, pétrolifère.

Avant de quitter le bureau, ils m’ont demandé d’assister au recrutement de l’un de nos futurs stagiaires, peut-être, affectés au service. Tout le monde ment : le recruteur qui veut gonfler son poste, le candidat pour se montrer capable. Moi quand je dis que l’ambiance est sympa. Faut pas que j’oublie, dès lundi, notre conf call de 11h. Je jongle avec ces mots mentaux, aussi, pour me sentir humain, non, merde : adulte.

160813, version 2 (18 août 2013)

D’autres découvrent dans leur tiroir au taf des trésors monétaires, un billet oublié, de la petite monnaie, de l’or nazi je sais pas , des timbres, moi je trouve cherche des cachets comprimés minuscules, ronds de forme, sous un opercule blanc et surprise : ce ne sont pas deux mais quatre Relpax que j’ai laissés laissé dans mon premier tiroir juste avant mes congés . Je les emporte. M’en reste cinq en tout.

Je suis parti par le 6689 de 18h57, encoreune fois . Si je ferme les yeux forts, des pigments ocres des pixels jaunes crépitent sous mes paupières. Si je mets mes deux yeux dans l’une de mes deux mains ils sont pointus encore, ont des écailles aussi , ils ont la même couleur que les reflets vert d’eau des buildings de bureau qu’on longe à Lyon Part Dieu. J’essaie de déduire genre scientifiquement pourquoi le crâne me lance dans le 6689 de 18h57 et pas dans celui du retour. J’ai pas mal mais j’enquête. Garde mes deux yeux clos fermés au cas où. Dedans, on croit qu’on s’arrache à l’orbite de la terre et, quelque part, j’ignore où, en sortie d’un tunnel c’est probable, l’habitacle de la cabine s’apaisera, nous simulant l’espace interminable et noir, pétrolifère.

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