220913


Des sensations de sang dans les paupières, sous le torse, dans l’annulaire à gauche, à gauche encore le pied, près de la malléole médiale. Fatigue polaire faut croire.

Fini Béton armé. Emmerdé. Je suis embarrassé par la lecture. Bien sûr j’ai lu les autres rendre compte (et plutôt mieux que moi). Suis probablement sur d’autres territoires mentaux. Je n’ai pas pas aimé. Plus complexe je sais pas. D’ailleurs corné dix pages, soit un vingtième du livre. Et lorsque H. me demande, et à plusieurs reprises, ce que j’en pense, j’ai répondu, et à plusieurs reprises, à la fois c’est génial, à la fois je sais pas. J’ai reproché au livre, plusieurs fois, intérieurement et fort, même durant lecture, le genre de phrases commençant par les mots "la Chine est", "les chinois / chinoises sont", mais je répugne à utiliser moi-même cette formule, aujourd’hui ; ce livre est.

Noire. Obscure. Sale. Sombre. Triste. Brune. Pâle. Affligeante. Malheureuse. Malfaisante. Illégale. Secrète. Solitaire. Ténébreuse. Sobre. L’aube à Shangai. Un corps nu déchirant la housse de la nuit passée.

Philippe Rahmy, Béton armé, La table ronde, P. 83

Beaucoup aimé les précédents, pour autant aucun avant lui ne m’a comme lui repoussé en moi-même, dans mes propres retranchements d’os et de chair et ciment, pour comprendre ce que j’avais lu, pour comprendre ce que j’avais lu de moi (aussi) le lisant. N’ai ressenti aucune urgence dans l’écriture de ce livre (peut-être je me trompe), rien de l’indispensable nécessité de transcrire (peut-être je me trompe), aucune incontingence ; un livre en résidence. Et, dans le même temps, je reste sidéré devant ces yeux furtifs à peine posés sur la ville, à peine posés sur le corps, le temps de croquer une seconde et une éternité d’un lieu, d’une silhouette. C’est aussi en écrivant ici, dans le journal, et non dans une rubrique lectures, que je cherche à comprendre ce que je cherche à voir.

Morphologie de Shangai : brillante carcasse ajourée sur socle en tétrapacks, ligaturée de ponts suspendus, avançant par à-plats et remblais, de terrains vagues en boulevards, jusqu’aux lointains anneaux de son reflet sur la mer.

Ibid, P. 166

D’autres fois, un peu de honte à penser au malaise ressenti sous lecture quand j’aurais dû, quelque part, simplement suivre la trace des autres chroniques web que j’ai lues et dont j’ai partagé, un peu paradoxalement j’avoue, l’analyse. Persuadé un moment de devoir écrire ces quelques mots dans le journal, d’accord, mais dans le journal bis, pour être libre de dire ce que je dis ici, mais sans qu’on me lise par dessus.

Mon voyage en Chine aura été une traversée dans la nuit, entrecoupée de quelques flashs. Je n’ai rien vu. J’ai été comme le passager d’un train de montagne ébloui par le paysage entre deux tunnels.

Ibid, P. 197

De la Chine, je n’ai pas vu grand chose. Bien pauvre cette idée venue de la préface qui voudrait que l’élan de ce livre tienne de Marco Polo. L’impression que ce livre aurait pu être réellement tout autre et précisément lui-même s’il n’avait pas été un livre, s’il avait compté quoi cent-cinquante pages de moins, si je l’avais lu dans une autre saison ou dans d’autres espaces ou via d’autres orbites. J’ai jeté de suite le bandeau idiot qui disait Shangai au corps à corps et je le relirai mille fois, mais jamais plus dans l’ordre, et jamais plus respectant bêtement le formatage des pages, l’ordre des paragraphes, probablement en massacrant le grain, en écrivant sur les mots imprimés d’autres mots de passage, en niquant la reliure. La seule chose que je sais, c’est qu’écrire ce journal n’aura rien résolu de ma lecture du livre.

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5 révisions

220913, version 6 (29 septembre 2013)

Corps, Ville, Philippe Rahmy

Fini Béton armé. Emmerdé. Je suis embarrassé par la lecture. Bien sûr j’ai lu les autres rendre compte (et plutôt mieux que moi). Suis probablement sur d’autres territoires mentaux. Je n’ai pas pas aimé. Plus complexe je sais pas. D’ailleurs corné dix pages, soit un vingtième du livre. Et lorsque H. me demande, et à plusieurs reprises, ce que j’en pense, j’ai répondu, et à plusieurs reprises, à la fois c’est génial, à la fois je sais pas. J’ai reproché au livre, plusieurs fois, intérieurement et fort, même durant la lecture, le genre de phrases commençant par les mots "la Chine est", "les chinois / chinoises sont", mais je répugne à utiliser moi-même cette formule, aujourd’hui ; , ce livre est.

Beaucoup aimé les précédents, pour autant aucun avant lui ne m’a comme lui repoussé en moi-même, dans mes propres retranchements d’os et de chair et ciment tendons , pour comprendre ce que j’avais lu, pour comprendre ce que j’avais lu de moi (aussi) le lisant. N’ai ressenti aucune urgence dans l’écriture de ce livre (peut-être je me trompe), rien de l’indispensable nécessité de transcrire (peut-être je me trompe), aucune incontingence ; un livre en résidence. Et, dans le même temps, je reste sidéré devant ces yeux furtifs à peine posés sur la ville, à peine posés sur le corps, le temps de croquer une seconde et une éternité d’un lieu, d’une silhouette. C’est aussi en écrivant ici, dans le journal, et non dans une rubrique lectures, que je cherche à comprendre ce que je cherche à voir.

220913, version 5 (29 septembre 2013)

Des sensations de sang dans les paupières, sous le torse, dans l’annulaire à gauche, à gauche encore le pied, près de la malléole médiale. Fatigue polaire faut croire aussi .

Fini Béton armé. Emmerdé. Je suis embarrassé par la lecture. Bien sûr j’ai lu [les->http://www.amboilati.org/chantier/beton-arme/] [autres->http://blog.epagine.fr/index.php/2013/09/note-de-lecture-beton-arme-de-philippe-rahmy/] Bien sûr j’ai lu les autres rendre compte (et plutôt mieux que moi). Suis probablement sur d’autres territoires mentaux. Je n’ai pas pas aimé. Plus complexe je sais pas. D’ailleurs corné dix pages, soit un vingtième du livre. Et lorsque [H H .->mot59] me demande, et à plusieurs reprises, ce que j’en pense comment je le trouvais , j’ai répondu, et à plusieurs reprises, à la fois c’est génial, à la fois je sais pasterrible . J’ai reproché au livre, plusieurs fois, intérieurement et fort, même durant la lecture, le genre de phrases commençant par les mots "la Chine est", " comme ceci , "les chinois chinoises / chinoises les chinois sont", " comme cela , mais je répugne à utiliser moi-même cette formule, aujourd’hui,  : ce livre est.

220913, version 4 (27 septembre 2013)

Fini Béton armé. Emmerdé. Je suis embarrassé Embarrassé par la lecture. Bien sûr j’ai lu les autres rendre compte (et plutôt mieux que moi). Suis probablement sur d’autres territoires mentaux. Je n’ai pas pas aimé. Plus complexe je sais pas que ça . D’ailleurs corné dix pages, soit un vingtième du livre. Et lorsque H. me demande m’a demandé , et à plusieurs reprises, comment je le trouvais, j’ai répondu, et à plusieurs différentes reprises, à la fois c’est génial, à la fois pas terrible. J’ai reproché au livre, plusieurs fois, intérieurement , et fort , même durant la lecture, le genre de phrases commençant par les mots "la Chine est" comme ceci, "les chinoises / les chinois sont" comme cela, ", mais je répugne à utiliser moi-même cette formule aujourd’hui à présent : ce livre est ci , ce livre est . est ça .

220913, version 3 (25 septembre 2013)

Des sensations de sang dans les paupières, sous le torse, dans l’annulaire à gauche, à gauche encore le pied, près au niveau de la malléole médiale. Fatigue polaire aussipar dessus tout .

Fini Béton armé. Emmerdé. Embarrassé par la lecture. Bien sûr j’ai lu les autres rendre compte (et plutôt mieux que moi bien en plus ). Suis Je suis probablement sur d’autres territoires mentaux. Je n’ai pas pas aimé. Plus complexe que ça. D’ailleurs corné dix pages, soit un vingtième du livre. Et lorsque H. m’a demandé, à plusieurs reprises, comment je le trouvais, j’ai répondu, à différentes reprises, à la fois c’est génial, à la fois pas terrible. J’ai reproché au livre, plusieurs fois, intérieurement, et durant la lecture, le genre de phrases commençant par les mots "la Chine est" comme ceci, "les chinois sont comme cela", mais je répugne à utiliser moi-même cette formule à présent : ce livre est ci, ce livre est ou ça.

220913, version 2 (22 septembre 2013)

Beaucoup aimé les précédents livres de Philippe Rahmy, pour autant aucun avant lui ne m’a comme lui repoussé en moi-même, dans mes propres retranchements d’os et de chair et tendons, pour comprendre ce que j’avais lu, pour comprendre ce que j’avais lu de moi le lisant. N’ai ressenti aucune urgence dans l’écriture de ce livre (peut-être je me trompe), rien de l’indispensable nécessité de transcrire quelque chose (peut-être je me trompe), aucune incontingence ; un livre écrit en résidence et pour . Et, dans le même temps, je reste sidéré devant ces yeux furtifs à peine posés sur la ville, à peine posés sur le corps, le temps de croquer une seconde et une éternité d’un lieu, d’une silhouette. C’est aussi en écrivant ici, dans le journal, et non dans la rubrique lectures, que je cherche à comprendre ce que je cherche à dire.

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