260913


Un pêcheur, un débardeur, un teinturier n’imagine pas seulement, dans ses rêves, des évènements inouïs : il en sort aussi métamorphosé en grand seigneur. Entre le désir et l’exaucement, il n’y a plus de barrières. Cela rappelle la possession de l’anneau magique ; le savetier qui l’a découvert le frotte, et un démon jaillit hors de la muraille :
« Je suis le serviteur de l’anneau et de celui qui le porte - ordonne, ô Maître, si je dois en une seule nuit t’édifier un palais, exterminer tout un peuple, ou incendier une ville. »

(...)

Bruno a raison de préférer rattacher de telles histoires à la magie, en train de devenir une scienza nuova qui s’asservit la science. La technique a son sous-sol. Elle commence à devenir inquiétante pour elle-même. Elle se rapproche de la réalisation immédiate de pensées, telle qu’on y parvient dans les rêves. Il semble qu’il n’y manque plus qu’un pas bien court : il pourrait naître du rêve même, comme sortant d’un miroir. Eumeswil s’y prête.

Ernst Jünger, Eumeswil, Folio, traduction Henri Plard, P. 110

En langue grise quotidienne on parle un code numérique, en chiffres pas en mots, tout se déroule via le champ dit repair status de nos systèmes binaires. Dans ce rêve, nous découvrons toute une palette de nouveaux codes inconnus alors je dois me rendre au QG Suisse, holographiquement parlant, afin de récupérer l’ancienne nomenclature des codes status antérieure à mon arrivée pour comprendre non l’area mais le status 51 qui pour mes yeux ne veut rien dire.

J’ai souvent traduit, automatiquement en moi-même, ce très beau titre, Barefoot in the Head par Pieds nus dans ta Tête et non pas dans la Tête. J’ignore à quoi c’est dû. Mais à avoir commencé deux livres secs au même moment j’en confonds les intrigues, décors et les protagonistes. Qui, par exemple, de Martin ou de Charteris pèse nineteen et lequel « n’a pas encore trente ans » ? Eumeswil a beau être difficilement trouvable, et certes je l’ai payé cher pour un poche, ça ne m’empêche pas de le forcer dedans ma poche arrière ou dans la poche intérieure de ma veste et de corner ses pages sans état d’âme car c’est autre chose, réellement, que je lis. C’est un récit flottant, presque débarrassé des contraintes habituelles du roman, à cet égard mis à distance des Falaises ou bien d’Heliopolis. Pour autant, beaucoup de plaisir, absorbé quelque part dans un ailleurs qui est à la fois le passé et l’avenir, comme souvent chez Jünger. Me manque Abeilles de verre qu’Amazon m’a foiré. Quelques paroles cornées. Et cette facilité de griffer en une phrase l’essence d’un personnage, entre le trait de caractère et l’anecdote mythologique (c’est un retour aux âges d’or l’anticipation par Jünger) ; je me souviens dans les Falaises de Braquemart, « pur technicien de la force », dans Eumeswill c’est Vigo, lequel « serait capable de rétablir la dignité du langage » (P. 35).

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Révisions

4 révisions

260913, version 5 (3 octobre 2013)

Boulot, Ernst Jünger, Rêve, Brian Aldiss

Ernst Jünger, Eumeswil, Folio, traduction Henri Plard, P. Eumeswil p. 123 ( phrase ) et 110.

P. 110

En langue grise quotidienne on parle un code numérique, en chiffres pas jamais en mots, tout se déroule via le champ dit repair status de nos systèmes binaires. Dans ce rêveDans ce rêve, nous découvrons toute une palette de nouveaux codes inconnus alors je dois me rendre au HQ Suisse, comme holographiquement parlant, afin de récupérer auprès d’une certaine B. , nous découvrons toute une palette de nouveaux codes inconnus alors je dois me rendre au QG Suisse , holographiquement parlant , afin de récupérer l’ancienne nomenclature des codes status , celle qui est antérieure à mon arrivée dans le groupe , pour comprendre non l’area mais le status 51 qui pour mes yeux ne veut rien dire.

260913, version 4 (29 septembre 2013)

<blockquote>

Un pêcheur, un débardeur, un teinturier n’imagine pas seulement, dans ses rêves, des évènements inouïs : il en sort aussi métamorphosé en grand seigneur. Entre le désir et l’exaucement, il n’y a plus de barrières. Cela rappelle la possession de l’anneau magique ; le savetier qui l’a découvert le frotte, et un démon jaillit hors de la muraille :

« Je suis le serviteur de l’anneau et de celui qui le porte - ordonne, ô Maître, si je dois en une seule nuit t’édifier un palais, exterminer tout un peuple, ou incendier une ville. »

(...)

Bruno a raison de préférer rattacher de telles histoires à la magie, en train de devenir une scienza nuova qui s’asservit la science. La technique a son sous-sol. Elle commence à devenir inquiétante pour elle-même. Elle se rapproche de la réalisation immédiate de pensées, telle qu’on y parvient dans les rêves. Il semble qu’il n’y manque plus qu’un pas bien court : il pourrait naître du rêve même, comme sortant d’un miroir. Eumeswil s’y prête.

P. 110

</blockquote>

En langue grise quotidienne on parle un code numérique, en chiffres jamais en mots, tout se déroule via le champ dit repair status repair status de nos systèmes binaires. Dans ce rêve, nous découvrons toute une palette de nouveaux codes inconnus alors je dois me rendre au HQ Suisse, comme téléphoniquement et holographiquement parlant, afin de récupérer auprès d’une certaine B Barbara l’ancienne nomenclature des codes status , celle qui est antérieure à mon arrivée dans le groupe , pour comprendre ce status 51 qui pour mes yeux ne veut rien dire . l’ancienne nomenclature des codes status, celle qui est antérieure à mon arrivée dans le groupe, pour comprendre non l’area mais le status 51 qui pour mes yeux ne veut rien dire.

260913, version 3 (27 septembre 2013)

En langue grise quotidienne on parle un code numérique, en chiffres jamais en mots, tout se déroule via le champ dit repair status de nos systèmes binaires. Dans ce rêve, nous découvrons toute une palette de nouveaux codes inconnus alors je dois me rendre au HQ Suisse, téléphoniquement et holographiquement parlant, afin de récupérer auprès d’une certaine Barbara l’ancienne nomenclature des codes status, celle qui est antérieure à mon arrivée dans le groupe, pour comprendre ce status 51 qui pour mes yeux ne veut rien dire.

J’ai souvent traduit, automatiquement en moi-même, ce très beau titre, Barefoot in the Head par Pieds nus dans ta Tête et non pas dans la Tête. J’ignore à quoi c’est dû. Mais à avoir commencé deux livres secs au même moment j’en confonds les intrigues, les décors et les protagonistes. Qui, par exemple, de Martin ou de Charteris pèse nineteen et lequel « n’a pas encore trente ans » ? Eumeswil a beau être difficilement trouvable, et certes je l’ai payé cher pour un poche, ça ne m’empêche pas de le forcer dedans ma poche arrière du jean ou dans la poche intérieure de ma veste et de corner ses pages sans état d’âme car c’est autre chose, réellement, ce que je lis. C’est un récit flottant, presque débarrassé des contraintes habituelles du roman, à cet égard mis à distance des Falaises ou bien d’Heliopolis. Pour autant, beaucoup de plaisir, absorbé quelque part dans un ailleurs qui est à la fois le passé et l’avenir, comme souvent chez Jünger. Me manque Abeilles de verre qu’Amazon m’a foiré. Quelques pages retournées. Et cette facilité de griffer en une phrase l’essence d’un personnage, entre le trait de caractère et l’anecdote mythologique (c’est un retour aux âges d’or l’anticipation par Jünger), je me souviens dans les Falaises de Fortunio, « pur technicien de la force », dans Eumeswill c’est truc, « … »

260913, version 2 (26 septembre 2013)

Crois me souvenir d’un rêve (ou d’une chimère de rêve) concernant Anna Blume, soit qu’alors on l’appelait Bloemfontein. S’en suit comme une épiphanie urbaine, le long d’un bloc de clair, qu’il me faudrait relire Le voyage d’Anna Blume, qui s’intitule en anglais In the country of last things, "Dans le pays des choses dernières", car je ne l’ai lu qu’une fois. J’ignore d’où vient ce rêve, ni si je l’ai vécu, ni quand.

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