280913


Qu’est-ce que la vie ? Qui pourrait le dire ? puisque nous ne la recevons qu’en dépôt, pour une durée limitée, et jamais à l’état chimiquement pur ; nous nous affairons dans la fourmilière humaine, notre vie consiste à consommer et à être consommé.

Imre Kertész, Journal de galère, Actes Sud, traduction Natalia Zaremba-Huzvai et Charles Zaremba, P. 154

Je me sers finalement de ma Kaoss Pad hors sa boite pour un rythme électro qui est celui d’un piano qui, dans la réalité du jour, s’appellerait The Fall.

Dans son toujours précieux journal de bord des Vagues, Christine Jeanney met en ligne un passage qui, outre la prémonition de la disparition de Percival, présente cette phrase en apparence anodine :

My heart turns rough ; it abrades my side like a file with two edges

Je propose en commentaire deux versions de cette même phrase, l’une "Ulysse style", l’autre plus régulière :

Mon coeur se fossilise, il me charcute les côtes comme une lime à deux lames

*

Mon coeur se durcit, il frotte contre mes côtes comme une lime à deux faces

Quant à la version de Christine, la voici :

Mon cœur devient rugueux, il m’use les côtes, comme une lime avec ses deux faces

Et je me rends compte, mais après avoir joué le jeu des méninges, après, aussi, avoir couru mes 19 min 12 (3.07km), avant que la pluie fine s’accroche à mes épaules, que cette version est plus douce, bienveillante, ce qui correspond bien à la langue de Louis, narrateur à ce moment des faits, affecté par la vision de son camarade qu’il vient d’avoir (une vision de sa mort). Cette idée de douceur fait naître en moi, bien indépendamment de ma volonté propre, et fort désagréablement je dois dire, l’idée que ce serait une langue féminine, ce à quoi je ne crois pas, ce qui m’a toujours écoeuré. Cette pensée automatique a au moins le mérite de me faire réaliser quelque chose : mes traductions à moi sont agressives, manquent de douceur. Ca peut parfois se prêter à l’Ulysse : tant mieux. Moins, par exemple, à Amy Hempel, qui mâche une langue assez onctueuse, finalement (la brièveté n’implique pas forcément la sécheresse). Voilà ce que je dois creuser dans cette partie de mon travail.

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280913, version 5 (5 octobre 2013)

Imre Kertész, Journal de galère, Actes Sud, traduction Natalia Zaremba-Huzvai et Charles Zaremba, P. 154

Je me sers finalement de ma Kaoss Pad hors sa boite pour un rythme électro qui est celui d’un piano et qui, dans la réalité du jour, s’appellerait [The Fall->http://www . The Fall . youtube.com/watch ?v=LWOMuURlLn8].

Dans son toujours précieux [journal journal de bord des Vagues->http://christinejeanney Vagues , Christine Jeanney met en ligne [un passage->http://christinejeanney .net/spip.php ?rubrique29], [Christine Jeanney->http://christinejeanney.net/] met en ligne [un passage->http://christinejeanney.net/spip.php?article789] qui, outre la prémonition de la disparition de Percival, présente cette phrase en apparence anodine :

Christine Jeanney, Amy Hempel, Virginia Woolf, Rêve, Traduire, Imre Kertész, Ulysse par jour, Courir, Yann Tiersen

280913, version 4 (5 octobre 2013)

Qu’est-ce que la vie ? Qui pourrait le dire ? puisque nous ne la recevons qu’en dépôt, pour une durée limitée, et jamais à l’état chimiquement pur ; nous nous affairons dans la fourmilière humaine, notre vie consiste à consommer et à être consommé.

IK, 154

Je me sers finalement de ma Kaoss Pad hors sa boite pour un rythme électro qui est celui d’un morceau au piano et qui , dans la en réalité du jour , s’appellerait un qui s’appelle The Fall.

Dans son toujours précieux journal de bord des Vagues, Christine Jeanney met en ligne un passage qui, outre la prémonition de la disparition de Percival, présente cette phrase en apparence anodine :

My heart turns rough ; it abrades my side like a file with two edges

280913, version 3 (29 septembre 2013)

Je me sers finalement de ma Kaoss Pad hors sa boite pour un rythme électro qui est celui d’un morceau au piano, en réalité, un et qui s’appelle The Fall.

Et je me rends compte, mais après avoir joué le jeu des méningesmoi-même , que cette version est plus douce, bienveillante, ce qui correspond bien à la langue de Louis, narrateur à ce moment des faits, affecté par la vision de son camarade qu’il vient d’avoir (une vision de sa mort). Cette idée de douceur fait naître en moi, bien indépendamment de ma volonté propre, et fort désagréablement je dois dire, l’idée que ce serait une langue féminine, ce à quoi je ne crois pas et qui m’a toujours écoeuré. Cette pensée automatique a au moins le mérite de me faire réaliser quelque chose : mes traductions à moi sont agressives, manquent de douceur. Ca peut parfois se prêter à l’Ulysse : tant mieux. Moins, par exemple, à Amy Hempel, qui mâche marche une langue assez chaude, finalement, la brièveté n’implique pas forcément la sécheresse. Voilà ce que je dois creuser dans cette partie de mon travail.

280913, version 2 (28 septembre 2013)

Dans son toujours précieux journal de bord des Vagues, Christine Jeanney met en ligne un passage qui, outre la prémonition de la disparition de Percival, présente cette phrase en apparence anodine :

<blockquote>

My heart turns rough ; it abrades my side like a file with two edges

</blockquote>

Je propose en commentaire deux versions de cette même phrase, l’une "Ulysse style", l’autre plus régulière :

<blockquote>

Mon coeur se fossilise, il me charcute les côtes comme une lime à deux lames

</blockquote>

<blockquote>

Ou plus normal :

Mon coeur se durcit, il frotte contre mes côtes comme une lime à deux faces

</blockquote>

Quant à la version de Christine, la voici :

<blockquote>

Mon cœur devient rugueux, il m’use les côtes, comme une lime avec ses deux faces

Commentaires

Messages

  • donc oui, féminin masculin, je ne sais pas, je ne crois pas au genre en lecturécriture parce qu’il le semble qu’on touche là à l’essence même de l’humain.
    maintenant, fort possible qu’on assimile un texte "vigoureux" à un sentiment de masculinité et l’inverse bien sûr, mais c’est peut-être juste une vision, un angle, une façon de, une distorsion
    "Mon coeur se durcit, il frotte contre mes côtes comme une lime à deux faces" n’est pas moins doux ou moins bienveillant que ma version je trouve, il est peut-être (et encore) plus dur, ou lisse, ou tendu, et c’est la façon de le recevoir qui lui donne cette couleur (me disois-je), enfin je ne sais pas, c’est à fouiller ce truc...

  • Oui, moi non plus, je ne crois pas à ça en écriture, c’est donc d’autant plus agaçant de le ressentir ou de le croire en pensée automatique.

    Je ne sais pas à quoi sont dues ces impressions de douceur et de bienveillance, honnêtement je ne sais pas. Je crois que ce qui m’a étonné, en réalité, dans ta version, c’est qu’elle est en trois parties (séparées par deux virgules) quand la phrase d’origine n’en a que deux (séparées par un point virgule). Et, bien que le changement soit minime, quelque part ça change l’onctuosité de la phrase (!), pour moi ça la rendrait plus douce (?). Étrange impression qui part de presque rien.

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