140314


On m’opéra ; sans doute avais-je été trop peu anesthésié, car j’eus conscience du jeu des trépans sur l’os de ma joue ; mais cela sans douleur, comme au coeur d’un léger rêve où j’eusse assisté à ma propre autopsie, bénigne et réversible, pour mon édification ; on m’ouvrait comme un livre et comme tel je me lisais, à haute et confuse voix, pour le plus grand plaisir des carabins dont j’entendais les rires. J’étais dans le Bardo, sous la dent et la griffe des déesses brouteuses de crânes ; et, comme au « fil noble » du Bardo, des voix bienveillantes me chuchotaient que tout cela était illusion, qu’au-dehors l’impalpable été avait plus de consistance que mon corps, mon corps que seuls rendaient moins illusoire l’ivresse, le multiple corps des livres, la chair eucharistique de Marianne.

Pierre Michon, Vies minuscules, Gallimard, P.121

Pic de pollution [1] (gratuité des transports, photos des tours bouffées par le brouillard et les particules fines). Le fait est (peut-être que c’est un truc mental) que pour la première fois depuis 2008 qu’on vit là (ou proche là) ça se voit parfaitement, ça se sent dans la gorge et les yeux. Migraine d’ozone. Un Relpax. La gorge qui te mordille. La fatigue dans les yeux surtout là ; j’habite à Marioupol ! Toute proportion gardée, un anonyme disait, dans le documentaire sur l’Oural l’autre jour, sentir dans son organisme les effets de la radioactivité lorsque la rivière monte et reflue. Nos lecteurs du futur, se penchant sur nos dires du passé (c’est-à-dire le présent qui s’échappe), se diront bien probablement que nous vivions dans des bacilles toxiques.

Le reste de la journée grise ne rien faire que des stats.

21 mars 2014
par Guillaume Vissac
Journal
#Boulot #Corps #Migraine #Nucléaire #Paris #Pierre Michon #Postapocalypse

[1Ciel bleu vu du nuage (titre de la photo).

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140314, version 6 (21 mars 2014)

<blockquote > VM 121

On m’opéra ; sans doute avais-je été trop peu anesthésié, car j’eus conscience du jeu des trépans sur l’os de ma joue ; mais cela sans douleur, comme au coeur d’un léger rêve où j’eusse assisté à ma propre autopsie, bénigne et réversible, pour mon édification ; on m’ouvrait comme un livre et comme tel je me lisais, à haute et confuse voix, pour le plus grand plaisir des carabins dont j’entendais les rires. J’étais dans le Bardo, sous la dent et la griffe des déesses brouteuses de crânes ; et, comme au « fil noble » du Bardo, des voix bienveillantes me chuchotaient que tout cela était illusion, qu’au-dehors l’impalpable été avait plus de consistance que mon corps, mon corps que seuls rendaient moins illusoire l’ivresse, le multiple corps des livres, la chair eucharistique de Marianne.

Pierre Michon, Vies minuscules, Gallimard, P.121

</blockquote>

Pic de pollution [1] (gratuité des transports, [photos->http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/03/14/deux-photos-pour-se-rendre-compte-du-niveau-de-la-pollution_4383325_3244.html] Pic de pollution ( gratuité des transports , photos des tours bouffées par le brouillard et les particules fines). Le fait est (peut-être que c’est un mental ce truc mental ) que pour la première fois depuis 2008 qu’on vit là (ou proche là) ça se voit parfaitement, ça se sent dans la gorge et les yeux. Migraine d’ozone Migraine à l’ozone . Un Relpax. La gorge qui te mordille mord . La fatigue dans les yeux surtout là ; j’habite à [Marioupol->page_article=3" class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'>http://www.mediapart.fr/journal/international/130314/chez-les-mineurs-de-lest-de-lukraine-entre-crise-et-bruits-de-guerre?page_article=3] page_article=3 ].  ! Relpax . Toute proportion gardée, un anonyme disait, dans le [documentaire->http://www.arte.tv/guide/fr/050781-000/metamorphoses?autoplay=1] sur l’Oural l’autre jourToute proportion gardée , me un anonyme disait , dans le documentaire sur l’Oural l’autre jour , sentir dans son organisme les effets de la radioactivité lorsque la rivière voisine monte et reflue. Nos lecteurs du futur, se penchant sur nos dires du passé (c’est-à-dire le présent qui s’échappe), se diront bien probablement que nous vivions dans des bacilles toxiques.

[1Ciel bleu vu du nuage (titre de la photo).

Migraine, Boulot, Paris, Corps, Nucléaire, Postapocalypse, Pierre Michon

140314, version 5 (21 mars 2014)

140314, version 4 (21 mars 2014)

Pic de pollution (gratuité des transports, photos des tours Eiffel bouffées par le brouillard et les particules fines). Le fait est (peut-être que c’est mental ce truc) que pour la première fois depuis 2008 qu’on vit là (ou proche là) ça se voit parfaitement, ça se sent dans la gorge et les yeux. Migraine à l’ozone. Relpax. La gorge qui te mord. La fatigue dans les yeux surtout là ; j’habite à [Marioupol->http://www .J’habite à [Marioupol->http://www.mediapart.fr/journal/international/130314/chez-les-mineurs-de-lest-de-lukraine-entre-crise-et-bruits-de-guerre?page_article=3]. Toute proportion gardée, me un souviens d’un anonyme disait disant , dans le documentaire sur l’Oural l’autre jour, sentir dans son organisme les effets de la radioactivité lorsque la rivière voisine monte et reflue. Nos lecteurs du futur, se penchant sur nos dires du passé ( c’est-à-dire le présent qui s’échappe ), , se diront bien probablement que nous vivions dans des bacilles toxiques.

140314, version 3 (21 mars 2014)

Pic de pollutionsur Paris (gratuité des transportset vélib , photos circulant des tours Eiffel bouffées par le brouillard et les de particules fines). Le fait est (peut-être que c’est mental ce truc) que pour la première fois depuis 2008 qu’on vit là (ou proche là) ça se voit parfaitement, ça se sent dans la gorge et les yeux. Migraine à l’ozone. Relpax. La gorge qui te mord. La fatigue dans les yeux surtout là. J’habite à Paris devenu Marioupol. Toute proportion gardée, me souviens d’un anonyme disant, dans le documentaire sur l’Oural l’autre jour, sentir dans son organisme les effets de la radioactivité lorsque la rivière voisine monte et reflue. Nos lecteurs du futur, se penchant sur nos dires du passé, se diront bien probablement , que nous vivions dans des bacilles toxiques.

Le reste de la journée grise ne rien faire que des stats statistiques .

140314, version 2 (15 mars 2014)

VM 121

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