Déteste l’identité graphique des éditions Belfond : page lourde, épaisse, police grosse, là couverture rigide : j’ai l’impression de lire un livre pour les dix ans et plus, je crois qu’à L’école des loisirs c’était écrit comme ça. M’a gâché une partie de la lecture de mes Roberto Arlt (alors qu’aux éditions Cent pages c’était beau), ça me gâche quelque part un peu L’envers du vent, qui possède néanmoins l’un des plus beaux portraits en ouverture d’un de ses hémisphères (livre à deux sens de lecture).

(...) L’étudiante en chimie Héronée Bukur cassa un œuf dur contre son front et le mangea. C’était tout ce qu’elle avait en réserve. Ses cheveux très longs lui servaient de chausse-pied. Elle habitait dans le quartier le plus animé de Belgrade, une chambre meublée au-dessus du café « Au Tonnelet d’or » et avait un réfrigérateur plein de romans d’amour et de produits de maquillage. Elle était jeune, elle froissait un billet de banque dans sa main, comme si c’était son mouchoir, quand elle allait faire des achats, et elle souhaitait s’étendre sur l’onde quelque part près de la côte et dormir sur l’eau un instant à l’heure de la sieste. Elle se souvenait toujours des mains de son père sous les rides qui coulaient comme poussées par le vent. Et surtout, elle savait se taire dans le mode majeur et le mode mineur. On l’appelait Héro, elle adorait les piments, son baiser était éternellement poivré et, sous sa blouse blanche de chimiste, elle avait une paire de seins moustachus. Elle était rapide au point de pouvoir se mordre l’oreille, la bouche et avait dans l’idée que, tous les trois ou quatre siècles, certains prénoms féminins passaient au genre masculin tandis que les autres demeuraient inchangés.

Milorad Pavić, L’envers du vent (Héro), Belfond, traduction Madeleine Stevanov, P. 11-12

C’est une vieille bique ce livre, je ne l’ai pas trouvé ailleurs qu’en occaz à l’époque et les pages sont brunies et le prix est en Francs (je ne crois pas qu’il ait été réédité depuis).

Couru 25’07 pour 4.11km (ne parviens pas à passer la barre des trente minutes) sur Piano Phase, sur le Canto Ostinato synthé. Des mollets. Peu de chiens.

Il n’y a aucun livre de Guyotat en numérique. Ça craint. Le dernier, tout juste chaud, Joyeux animaux de la misère (!) n’y fait pas exception, faudra l’acheter papier.

GV
jeudi 3 avril 2014 - mercredi 14 avril 2021




6 révisions

260314, version 7 (25 février 2020)

Déplacé de « Journal » vers « 2014 ».

260314, version 6 (3 avril 2014)

Déteste l’identité graphique des éditions Belfond : page lourde, épaisse, police grosse, là couverture rigide : j’ai l’impression de lire un livre pour les dix ans et plus, je crois qu’à L’école des loisirs c’était écrit comme ça. M’a gâché une partie de la lecture de mes Roberto Arlt (alors qu’aux éditions Cent pages [c’était beau->http://centpages.atheles.org/horscollection/lejouetenrage]M’a gâché une partie de la lecture de mes Roberto Arlt ( alors qu’aux éditions Cent pages c’était beau ), ça me gâche quelque part un peu L’envers du vent, qui possède néanmoins l’un des plus beaux portraits en ouverture d’un de l’un de ses hémisphères (livre à deux sens de lecture).
Pierre Guyotat, Roberto Arlt, Jeroen van Veen, Simeon ten Holt, Steve Reich, Milorad Pavić, Courir
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260314, version 5 (3 avril 2014)

Déteste l’identité graphique des éditions Belfond : page lourde, épaisse, police grosse, là couverture rigide : j’ai l’impression de lire un livre pour les destiné aux dix ans et plus, je crois qu’à L’école des loisirs c’était écrit très gros comme ça. M’a gâché une partie de la lecture de mes Roberto Arlt (alors qu’aux éditions Cent pages c’était beau), ça me gâche quelque part un peu L’envers du vent, qui possède néanmoins l’un des plus beaux portraits en ouverture de l’un de ses hémisphères (livre à deux sens de lecture).

C’est une vieille bique ce livre cette version , je ne l’ai pas trouvé trouvée ailleurs qu’en occaz à l’époque et les pages sont brunies et le prix est en Francs (je ne crois pas qu’il ait été réédité depuis).

Il n’y a aucun livre de Guyotat dispo en numérique, ça craint . Ca craint. Son dernier, tout juste sorti, qui s’appelle Joyeux animaux de la misère (!) n’y fait pas exception, et va falloir l’acheter papier.

260314, version 4 (1er avril 2014)

Déteste ça l’identité graphique des éditions Belfond : page lourde, épaisse, police grosse, parfois couverture rigide  : rigides , j’ai l’impression de lire un livre destiné aux dix dix ans et plus, , je crois qu’à L’école des loisirs c’était écrit très gros comme ça. M’a gâché une partie de la lecture de mes Roberto Arlt (alors qu’aux que aux éditions Cent pages c’était beau), ça me gâche quelque part un peu L’envers L’envers du vent, , qui possède néanmoins l’un des plus beaux portraits en ouverture de l’un de ses hémisphères (livre Livre à deux sens de lecture).

260314, version 3 (26 mars 2014)

Il n’y a aucun livre de Guyotat dispo en numérique et ça craint. Son dernier, tout juste sorti, qui s’appelle Joyeux animaux de la misère (!) n’y fait pas exception, et va falloir l’acheter papier.

260314, version 2 (26 mars 2014)

Couru 25’07 pour 4.11km (ne parviens pas à passer la barre des trente minutes) sur Piano Phase, d’abord, puis le Canto Ostinato synthé, ensuite. Autrement des mollets. Peu de chiens.
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Guillaume Vissac est né dans la Loire un peu après Tchernobyl. Éditeur pour publie.net depuis 2015, il mène également ses propres chantiers d’écriture, de piratage littéraire et de traduction.

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