230614


Vie grise. Toute la journée durant écumer les cinquante-quatre pages d’un xls et dans la tête le coeur une seule obsession : le raccourcir ce xls, en supprimer des lignes, gruger la verticalié, supprimer d’autres lignes, supprimer supprimer supprimer, quitte à niquer la taille des images, quitte à tordre la police, quitte à quitte à quitte à perdre mon âme [1].

Je feuillette [2] une interview d’Edmund White parue il y a longtemps dans la Paris Review. Je n’ai jamais vraiment lu Edmund White mais je me souviens m’être tenu face à un présentoir en forme de tourniquet dans une librairie de St-Etienne qui récemment s’est métamorphosée, il n’y avait que des poches dans ce tourniquet et j’ai feuilleté des livres, ça n’existait pas à l’époque ce qu’on appelle de nos jours le livre numérique, j’hésitais entre l’un deux, l’un, d’Edmund White, avec un mec torse nu sur sa couverture et l’autre, de Tom Spanbauer, avec un mec torse nu sur sa couverture, j’avais donc dix-sept ans, c’était L’homme qui tomba amoureux de la lune, j’ai hésité longtemps, et puis j’ai pris le moins bizarre des deux, c’était le Edmund White, je ne sais plus le titre, j’en ai lu vingt pages peut-être, pas plus, j’ai dû le jeter ou le donner ce livre, c’était particulièrement mauvais, j’ai regretté mon choix, et le visage du cowboy torse nu de Spanbauer m’a hanté, je crois que c’est H. qui, plus tard, me l’a offert ce livre, je l’ai encore aujourd’hui, en deux langues et je l’aime [3] Depuis, je me tiens à distance d’Edmund White, qui m’apparaît comme un écrivain homosexuel qui écrit des récits d’homosexuels avec des homosexuels et pour des homosexuels, ce qui est peut-être inexact mais voilà à quoi l’on a droit quand on se fie aux couvertures des livres et au pitch imprimé, marketé, en quatrième de couverture. La raison pour laquelle j’ai ouvert cet entretien Art of fiction de la Paris Review qui lui est consacré m’échappe. Je crois quelqu’un l’a twitté hier. Il a été publié dans un numéro paru l’année de ma naissance. À un moment précis il est question de Pynchon, de Gravity’s rainbow dont je peine à quitter l’orbite, il dit même si j’ai admiré Gravity’s rainbow je ne suis jamais parvenu à en venir au bout. Je crois que c’est un grand livre mais un livre ennuyeux. On lui demande au niveau de l’action ? Il répond au niveau du suspense.

Couru 3km92 (26min27) pour m’échapper de ma propre tête dure. Ça ne tape pas (encore), c’est limite. Pendant le premier tour je me dis que je vais le payer, que le crâne va me mordre. Le deuxième tour l’avale. Ça fait du bien. Sonder sa propre circonférence, sa douleur, savoir jusqu’où s’étend son territoire. Savoir. Reprendre le pouvoir sur la sensation pure.

30 juin 2014
par Guillaume Vissac
Journal
#Boulot #Courir #Edmund White #H. #Homosexualité #Migraine #Thomas Pynchon #Tom Spanbauer

[1J’ai pu économiser deux pages mais j’y ai sacrifié mon crâne

[2C’est faux : j’arpente avec le doigt sur le tactile de la Kobo

[3Un ou deux ans plus tard je lirais Dans la ville des chasseurs solitaires et j’aurais trouvé là le livre qu’il me fallait lire pour commencer à lire.

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230614, version 5 (30 juin 2014)

Migraine, Boulot, Thomas Pynchon, Homosexualité, H., Tom Spanbauer, Courir, Edmund White

Vie grise. Toute la journée durant écumer les cinquante-quatre pages d’un xls et dans la tête le coeur une seule obsession : le raccourcir ce xls, en supprimer des lignes, gruger sur la verticalié, supprimer d’autres lignes, supprimer supprimer supprimer, quitte à niquer la taille des images, quitte à tordre la police, quitte à quitte à quitte à perdre mon âme[">J’ai pu économiser deux pages mais j’y ai sacrifié mon [crâne]]. crâne humain ]].

Je feuillette [1][une une interview d’Edmund White parue il y a longtemps dans la Paris Review->http://www . Review . theparisreview.org/interviews/2488/the-art-of-fiction-no-105-edmund-white]. Je n’ai jamais vraiment lu Edmund White mais je me souviens m’être tenu face à un présentoir en forme de tourniquet dans une librairie de St-Etienne qui récemment s’est métamorphosée, il n’y avait que des poches dans ce tourniquet et j’ai feuilleté des livres, ça n’existait pas à l’époque ce qu’on appelle de nos jours le livre numérique, j’hésitais entre l’un deux, l’un, d’Edmund White, avec un mec torse nu sur sa couverture et l’autre, de Tom Spanbauer, avec un mec torse nu sur sa couverture, j’avais donc dix-sept ans, c’était [L’homme qui tomba amoureux de la lune->http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/01/14/413-tom-spanbauer-l-homme-qui-tomba-amoureux-de-la-lune]Je n’ai jamais vraiment lu Edmund White mais je me souviens m’être tenu face à un présentoir en forme de tourniquet dans une librairie de St-Etienne qui récemment s’est métamorphosée , il n’y avait que des poches dans ce tourniquet et j’ai feuilleté des livres , j’hésitais entre deux , l’un , d’Edmund White , avec un mec torse nu sur sa couverture et l’autre , de Tom Spanbauer , avec un mec torse nu sur sa couverture , j’avais donc dix-sept ans , c’était L’homme qui tomba amoureux de la lune , j’ai hésité longtemps, et puis j’ai pris le moins bizarre des deux, c’était le Edmund White, je ne sais plus le titre, j’en ai lu vingt pages peut-être, pas plus, j’ai dû le jeter ou le donner ce livre, c’était particulièrement mauvais, j’ai regretté mon choix, et le visage du cowboy torse nu de Spanbauer m’a hanté, je crois que c’est [H H .->mot59] qui, plus tard, me l’a offert ce livre, je l’ai encore aujourd’hui, en deux langues et je l’aime [2] Depuis, je me tiens à distance d’Edmund White, qui m’apparaît comme un écrivain homosexuel qui écrit des récits d’homosexuels avec des homosexuels et pour des homosexuels, ce qui est peut-être inexact mais voilà à quoi l’on a droit quand on se fie fit aux couvertures des livres et au pitch imprimé, marketé, en quatrième de couverture. ... La raison pour laquelle j’ai ouvert [cet cet entretien Art of fiction->http://www fiction de la Paris Review qui lui est consacré m’échappe .theparisreview.org/interviews/2488/the-art-of-fiction-no-105-edmund-white] de la [Paris Review->http://www.theparisreview.org/] qui lui est consacré m’échappe. Je crois que quelqu’un l’a twitté hier. Il a été publié dans un numéro paru l’année de ma naissance. À un moment précis il est question de Pynchon, de Gravity’s rainbow dont je peine à quitter À un moment précis il est question de Pynchon , de Gravity’s rainbow dont je peine à quitter l’orbite, il dit même si j’ai admiré Gravity’s rainbow je ne suis jamais parvenu à en venir au bout. Je crois que c’est un grand livre mais un livre ennuyeux. On lui demande au niveau de l’action ? Il répond au niveau du suspense.

[1C’est faux : j’arpente avec le doigt sur le tactile de la Kobo

[2Un ou deux ans plus tard je lirais lirai Dans la ville des chasseurs solitaires et j’aurais trouvé là le livre qu’il me fallait que je voulais passer ma vie entière à lire pour commencer et à lire écrire , peut-être que je le fais encore .

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230614, version 4 (30 juin 2014)

Vie grise. Toute la journée durant écumer les cinquante-quatre pages d’un xls et dans la tête le coeur une seule obsession : le raccourcir ce xls, en supprimer des lignesdu xls , gruger sur la verticalié linéarité verticale du xls , supprimer d’autres lignesdans le xls , supprimer supprimer supprimer, quitte à niquer la taille des images, quitte à tordre la police, quitte à quitte à quitte à perdre mon âme [3].

[3J’ai pu économiser deux pages mais j’y ai sacrifié mon crâne humain

230614, version 3 (29 juin 2014)

Je feuillette [4]une interview d’Edmund White parue il y a longtemps dans la Paris Review. Je n’ai jamais vraiment lu Edmund White mais je me souviens m’être tenu face à un présentoir en forme de tourniquet dans une librairie de St-Etienne qui récemment s’est métamorphosée, il n’y avait que des poches dans ce tourniquet et j’ai feuilleté des livres, j’hésitais entre deux, l’un, d’Edmund White, avec un mec torse nu sur sa couverture et l’autre, de Tom Spanbauer, avec un mec torse nu sur sa couverture, j’avais donc dix-sept ans, c’était L’homme qui tomba amoureux de la lune, j’ai hésité longtemps, et puis j’ai pris le moins bizarre des deux, c’était le Edmund White, je ne sais plus le titre, j’en ai lu vingt pages , trente peut-être, pas plus, j’ai dû le jeter ou le donner ce livre, c’était particulièrement mauvais, j’ai regretté mon choix, et le visage du cowboy torse nu de Spanbauer m’a hanté, je crois que c’est H. qui, plus tard, me l’a offert ce livre, je l’ai encore aujourd’hui, en deux langues et je l’aime [5] Depuis, je me tiens à distance d’Edmund Edmund White, qui m’apparaît comme un écrivain homosexuel qui écrit des récits d’homosexuels avec des homosexuels et pour des homosexuels, ce qui est peut-être inexact mais voilà à quoi l’on il n’y a droit quand on se fit aux qu’à regarder les couvertures et l’objet des livres et au pitch imprimé biographies qu’il consacre évidemment à Jean Genet , marketé , en quatrième de couverture Rimbaud ... La raison pour laquelle j’ai ouvert cet entretien Art of fiction de la Paris Review qui lui est consacré m’échappe. Je crois que quelqu’un l’a twitté hier. Il a été publié dans un numéro paru l’année de ma naissance. À un moment précis il est question de Pynchon, de Gravity’s rainbow dont je peine à quitter l’orbite la toile , il dit même si j’ai admiré Gravity’s rainbow je ne suis jamais parvenu à en venir au bout. Je crois que c’est un grand livre mais un livre ennuyeux. On lui demande au niveau de l’action ? Il répond au niveau du suspense.

[4C’est faux : j’arpente avec le doigt sur le tactile de la Kobo

[5Un ou deux ans plus tard je lirai Dans la ville des chasseurs solitaires et j’aurais trouvé là le livre que je voulais passer ma vie entière à lire et à écrire, peut-être que c’est ( un peu ) ce que je le fais encore.

230614, version 2 (24 juin 2014)

[Vie grise->mot9 ]. Vie grise . Toute la journée durant écumer les cinquante-quatre pages d’un xls et dans la tête le coeur une seule obsession : le raccourcir ce xls , en supprimer des lignes du xls , gruger sur la linéarité verticale du xls , supprimer d’autres lignes dans le xls , supprimer supprimer supprimer, quitte à niquer la taille des images, quitte à tordre la police, quitte à quitte à quitte à perdre mon âme [6].

Je feuillette [7]une interview d’Edmund White parue il y a longtemps dans la Paris Review. Je n’ai jamais vraiment lu Edmund White mais je me souviens m’être tenu face à un présentoir en forme de tourniquet dans une librairie de St-Etienne qui récemment s’est métamorphosée, il n’y avait que des poches dans ce tourniquet et j’ai feuilleté des livres, j’hésitais entre deux, l’un, d’Edmund White, avec un mec torse nu sur sa couverture et l’autre, de Tom Spanbauer, avec avait un mec torse nu sur sa couverture, j’avais donc dix-sept ans, c’était L’homme qui tomba amoureux de la lune, j’ai hésité longtemps, et puis j’ai pris le moins bizarre des deux, c’était le Edmund White, je ne sais plus le titre, j’en ai lu vingt pagesà tout casser , trente peut-être , pas plus , j’ai dû le jeter ou le donner ce livre, c’était particulièrement mauvais, j’ai regretté mon choix, et le visage du cowboy torse nu de Spanbauer m’a hanté, je crois que c’est H. qui, plus tard, me l’a offert ce livre, je l’ai encore aujourd’hui, en deux langues et je l’aime [8] Depuis, je me tiens à distance Edmund White, qui m’apparaît comme un écrivain homosexuel qui écrit des récits d’homosexuels avec des homosexuels et pour des homosexuels, ce qui est peut-être inexact mais il n’y a qu’à regarder les couvertures et l’objet des biographies qu’il consacre évidemment à Jean Genet, Rimbaud... La raison pour laquelle j’ai ouvert cet entretien entre tien Art of fiction de la Paris Review qui lui est consacré m’échappe. Je crois que quelqu’un l’a twitté hier. Il a été publié dans un numéro paru l’année de ma naissance. À un moment précis il est question de Pynchon, de Gravity’s rainbow dont je peine à quitter la toile, il dit même si j’ai admiré Gravity’s rainbow je ne suis jamais parvenu à en venir au bout. Je crois que c’est un grand livre mais un livre ennuyeux. On lui demande au niveau de l’action ? Il répond au niveau du suspense.

[6J’ai pu économiser deux pages mais j’y ai sacrifié mon crâne humain

[7C’est faux : j’arpente avec le doigt sur le tactile de la Kobo

[8Un ou deux ans plus tard je lirai Dans la ville des chasseurs solitaires et j’aurais trouvé là le livre que je voulais passer ma vie entière à lire et à écrire, peut-être que c’est (un peu) ce que je fais encore.

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