Qu’est-ce qu’un Journal


journal.pngEt j’ai pas la réponse, pour ça que j’y joindrai pas de point d’interrogation. En bloguant j’ai jamais l’impression d’en écrire un, de Journal, même si j’ai toujours l’impression d’en écrire un. En bricolant Spip pour la plateforme qui sera amenée à avaler Omega Blue dans quelques mois tout est Journal, tout est fragment de Journal, rien n’est Journal.

Exemple : j’ai toujours du mal à poser première phrase dans mes fichiers, pas parce que je sais qu’ils seront lus dans l’instant (c’est pas forcément le cas), mais parce que j’ignore comment entrer dans une entrée Journal. Des fois je me dis : et si c’était pas vraiment écrire Journal qu’écrire comme ça. Je cogite deux minutes puis j’arrête de cogiter : j’écris mon truc et puis voilà.

Des fois je prends aussi tous les journaux dispos à portée de main et je vérifie : comment eux font pour entrer dans leurs fragments ? Je sélectionne au hasard des pages traversées par le doigt un échantillonnage de fragements attrapés, liste exhaustive et étude comparée de quoi commence quoi et surtout comment. Je note la première phrase, ou les deux premières en fonction des cas, après c’est déjà plus le début. L’une de ces études, si elle existait réellement, pourrait poser le résultat suivant :

Since I left writing here, I have had days of almost perfect health, days of illness too, and days when the Mood assailed me. (Larbaud) / Rêvé, dans la nuit, des tranchées durant la première guerre mondiale. (Jünger) / Conférence d’une certaine Mme Ch. sur Musset. Habitude qu’ont les femmes juives de faire claquer leur langue. (Kafka) / Ce n’est pas l’inconscient qui a surchargé mon livre de ce trop que je m’efforce d’éliminer. (Bauchau) / In the morning the conditions were unaltered. Went for a ski run before breakfast. (Capitaine Scott) / Mon fils Nathan. Mon coeur se serre souvent quand je pense à Nathan, mon petit garçon. (De Jonckheere) / Ma belle-soeur a appelé dans la matinée, elle est à New-York. Elle veut me vendre un vibromasseur à 90 dollars parce qu’elle en a acheté trois et qu’elle ne se sert pas de tous. (Warhol) / Je rentre at home par le 13 heures 44. Je scrute : pas trace de Gérard Longuet, ni même d’un obscur conseiller général de canton rural. (Didion) / Rouges et Blancs [de Milklós Kancsó] : nudité, rituel du déshabillage, extrême audace de scène du baiser « rouge » ↔ infirmière, indifférence atroce où surgissent quelques actes cruels (« rouges » jetés à l’eau et pieutés avec gaffe pointue), épopée nouvelle, temps étiré, syncopes, symbolisme des regards. (Guyotat) / Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Trafalgar, et hier fut le jour mémorable de la publication de Nuit et Jour ; mes six exemplaires me sont parvenus ce matin, et il en est déjà reparti cinq, de sorte que j’imagine cinq becs d’amis plantés déjà dedans. (Woolf) / Emotion. L’émotion vécue, impact ou contrecoup, est sans mots. (Emaz)

Voilà les données brutes, à suivre pour analyse ?

<  -  >

Partager

Révisions

Aucune révision

Commentaires

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Autres articles



Livres


- -

- - - -

Projets Web


- -


-
Spip | PhpNet | Contact | Retour au sommaire | ISSN 2428-9590 |