040715


Je me brosse les dents, je me lave le visage, les bras, le cou, les oreilles. Je descends au courrier tous les jours. Je me masturbe tous les jours. Je consacre une grande partie de la matinée à préparer les repas du reste de la journée. Je passe les heures mortes assis, à feuilleter des magazines. J’essaie, au cours des multiples occasions du café, de me convaincre que je suis amoureux, mais le manque de douceur — d’une douceur déterminée — m’indique le contraire. Parions je pense que je vis autre part.

Roberto Bolaño, Prose de l’automne à Gérone in Trois, Christian Bourgois, traduction Robert Amutio, P. 36

L’aria provient d’un sonnet de John Donne. Je l’écoute je l’écoute. Je cherche encore en vain l’opéra quelque part. Doctor Atomic. Je l’ai en réalité je l’ai. L’avais téléchargé il y a des mois sur des torrents pirates et aujourd’hui il git dans le disque du Mac blanc, déconnecté. Il faudrait que je le rallume (il faudrait que je le retrouve), que j’en extirpe l’avi, que je le copie sur une carte, que je le rapatrie sur le Air actuel. En soi, rien d’insurmontable. Mais il fait plus de 35° encore, l’air est ailleurs. Ailleurs, je ne sais pas où. Le mythe du nucléaire, c’est notre dernier mythe moderne ? D’Oppenheimer à Fukushima en passant par Tchernobyl et Three Mile Island. De ce que je lis de ce truc, Prose de l’automne à Gérone, voilà précisément la réponse que je cherchais dans mes tentatives d’écrire un truc plus long qui s’appellerait aussi l’effervescence. Mais comment l’écrire ? Comme ça. Cette langue c’est la langue que je cherche. Étrangère. Narrative. Poétique. Transparente. Cet extrait, c’est un truc qui te tire de toi-même. Honnêtement : ça te tire de toi-même. C’est cette langue que je cherche [1]. Et je n’avais jamais remarqué ça que dans Space Lion il y a, en fond mais au centre du fleuve, en appui dans le flux, le rythme 2-1-2 qui sert de riff à la franchise Terminator. Et ce film n’est pas plus mauvais qu’un autre, il court dans la même veine que le 3 ou le 4, qui s’appelait Renaissance. Mais certaines choses je ne me les explique pas. Le poids des effets numériques sur le film. La scène du Judgement day en ouverture, censée être spectaculaire, n’est pas plus déstabilisante que n’importe quel clip actuel. Alors que la même scène dans Terminator 2, qui se déroule dans un rêve de Sarah Connor, est frappante. Même chose pour le maquillage, même chose pour les squelettes robots. Quelque chose est manquant. Les deux premiers films reposent sur le même dilemme : réussir à se sauver dans le présent (donc le passé), vaincre le terminator, équivaut à conforter le scénario en place qui entraînera l’éradication du futur.

23 août 2015
par Guillaume Vissac
Journal
#John Adams #John Donne #Nucléaire #Roberto Bolaño #Temps #Yoko Kanno

[1

Et si le personnage parlait du bonheur ? Dans son corps de vingt-huit ans commence le bonheur ?

Ibid.

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040715, version 4 (23 août 2015)

Roberto Bolaño, Temps, Nucléaire, Yoko Kanno, John Adams, John Donne
[ ->https://fr.wikipedia.org/wiki/Terminator_Genisys] terminator g

Gérone P.<blockquote > 16

Je me brosse les dents, je me lave le visage, les bras, le cou, les oreilles. Je descends au courrier tous les jours. Je me masturbe tous les jours. Je consacre une grande partie de la matinée à préparer les repas du reste de la journée. Je passe les heures mortes assis, à feuilleter des magazines. J’essaie, au cours des multiples occasions du café, de me convaincre que je suis amoureux, mais le manque de douceur — d’une douceur déterminée — m’indique le contraire. Parions je pense que je vis autre part.

Roberto Bolaño, Prose de l’automne à Gérone in Trois, Christian Bourgois, traduction Robert Amutio, P. 36

</blockquote>

L’aria provient d’un sonnet de John Donneapparemment . Je l’écoute je l’écoute. Je cherche encore en vain l’opéra quelque part. Doctor Atomic. Je l’ai en réalité je l’ai. L’avais téléchargé il y a des mois sur des torrents pirates et aujourd’hui il git dans le disque du Mac blanc, déconnecté. Il faudrait que je le rallume (il faudrait que je le retrouve), que j’en extirpe l’avi, que je le copie sur une carte SD card , que je le rapatrie sur le Air actuel. En soi, rien d’insurmontable. Mais il fait plus de 35° encore, l’air est ailleurs. Ailleurs, je ne sais pas où. Le mythe du nucléaire, c’est notre dernier mythe moderne ? D’Oppenheimer à Fukushima en passant par Tchernobyl et Three Mile Island. De ce que je lis de ce truc, Prose de l’automne à Gérone, voilà précisément la réponse que je cherchais dans mes tentatives d’écrire un truc plus long qui s’appellerait aussi [l’effervescence->article2301 ]. l’effervescence . Mais comment l’écrire ? Comme ça. Cette langue c’est la langue que je cherche. Étrangère. Narrative. Poétique. Transparente. Cet extrait, c’est un truc qui te tire de toi-même. Honnêtement Vraiment : ça te tire de toi-même. C’est cette langue que je cherche[[

<blockquote>Et si le personnage parlait du bonheur ? Dans son corps de vingt-huit ans commence le bonheur ?
jpg/a134.jpg

040715, version 3 (23 août 2015)

L’aria provient d’un sonnet de John Donne apparemment. Je l’écoute je l’écoute. Je cherche encore en vain l’opéra quelque part. Doctor Atomic. John Adams. Je l’ai en réalité je l’ai. L’avais téléchargé il y a des mois sur des torrents pirates et aujourd’hui il git dans le disque du Mac blanc, déconnecté. Il faudrait que je le rallume (il faudrait que je le retrouve), que j’en extirpe l’avi, que je le copie sur une SD card, que je le rapatrie sur le Air actuel. En soi, rien d’insurmontable. Mais il fait plus de 35° encore, et l’air est ailleurs. Ailleurs, je ne sais pas où. Le mythe du nucléaire, c’est notre dernier mythe moderne ? D’Oppenheimer à Fukushima en passant par Tchernobyl et Three Mile Island. De ce que je lis de ce truc, Prose de l’automne à Gérone, voilà précisément la réponse que je cherchais dans mes tentatives d’écrire un truc plus long qui s’appellerait aussi l’effervescence. Mais comment l’écrire ? Comme ça. Cette langue c’est la langue que je cherche. Étrangère. Narrative. Poétique. Transparente. Cet extrait, c’est un truc qui te tire de toi-même. Vraiment. Vraiment  : ça Ça te tire de toi-même.

C’est cette langue que je cherche [1]. Et je n’avais remarqué ça que dans Space Lion il y a, en fond mais au centre du fleuve, en appui dans le rythme, le rythme 2-1-2 qui sert de riff à la franchise Terminator. Ça vient de la bande-son de Cowboy Bebop. Et ce film n’est pas plus mauvais qu’un autre, il court dans la même veine que le 3 ou le 4, qui s’appelle Renaissance. Mais certaines choses je ne me les explique pas. Le poids des effets numériques sur le film. La scène du Judgement day qui ouvre le film, censée être spectaculaire, n’est pas plus déstabilisante que n’importe quel clip actuel de notre ère actuelle . Alors que la même scène dans Terminator 2, qui se déroule dans un rêve de Sarah Connor, est saisissante. Même chose pour le maquillage, et même chose pour les squelettes robots. Quelque chose est manquant manque sans doute . Les deux premiers films reposent sur le même dilemme : réussir à se sauver dans le présent (donc le passé), vaincre le terminator, équivaut à conforter le scénario en place qui entraînera l’éradication de notre la destruction du futur.

[1

Et si le personnage parlait du bonheur ? Dans son corps de vingt-huit ans commence le bonheur ?

040715, version 2 (4 juillet 2015)

C’est cette langue que je cherche [2]. Et je n’avais remarqué ça que dans Space Lion il y a, en fond mais au centre du fleuve, en appui dans le rythme, le rythme 2-1-2 qui sert de riff à la franchise Terminator. Ça vient de la bande-son de Cowboy Bebop. Et ce film n’est pas plus mauvais qu’un autre, il court dans la même veine que le 3 ou le 4, qui s’appelle Renaissance. Mais certaines choses je ne me les explique pas. Le poids des effets numériques sur le film. La scène du Judgement day qui ouvre le film, censée être spectaculaire, n’est pas plus déstabilisante que n’importe quel clip de notre ère actuelle. Alors que la même scène dans Terminator 2, qui se déroule dans un rêve de Sarah Connor, est saisissante. Même chose pour le maquillage et même chose pour les squelettes robots. Quelque chose manque sans doute. Les deux premiers films reposent sur le même dilemme : réussir à se sauver dans le présent (donc le passé), vaincre le terminator, équivaut à conforter le scénario en place qui entraînera la destruction du futur.

[2

Et si le personnage parlait du bonheur  ? cherche . Dans son corps de vingt-huit ans commence le bonheur ?

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