310815


Si Darwin a raison, des animaux qui se nourissent de plastique et de déchets irradiés ne devraient pas tarder à apparaître. Ce seront peut-être d’abord des virus, puis des bactéries qui évolueront rapidement pour devenir des monstres bien massifs. Quel monde ce sera !

Imre Kertész, Journal de galère, Actes Sud, traduction Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba, P.250

Mon dernier jour chez STAT. Rempli de pensées, dernier, dernière. Mais c’est faux, non. Tout est passé très vite. Oui j’ai fait mes adieux. Repas rue Louis le Grand. On m’a offert des trucs j’ai dit merci. J’ai fait mes adieux oui. C’est la première fois que je fais des adieux. Au collège des Sources, j’étais parti sans mot, je ne me souviens même pas avoir rendu mes clés (j’ai dû le faire, mais je n’ai rien dans ma mémoire), et puis je suis sorti par le portail à pied, j’ai mis l’Archos, jeté un œil au terrain de foot, longé la route un moment, pris mon tram, remonté tout au nord de la ville où H., oui, probablement que H. m’attendait pour rentrer une dernière fois par la longue Nationale. Chez SeB j’ai séché mon propre pot de départ. Chez PDG il n’y a pas eu de pot de départ, ou plutôt si, il y en a eu plusieurs, nous étions tous conviés : chaque fois qu’il nous avait semblé que nous serions virés, souvent c’était remis à la semaine suivante. Et donc, là, quatre ans après être arrivé, et j’ai dit quelque chose, pas un discours juste quelque chose, quelque chose de vrai d’ailleurs, de sincère, car, oui, j’ai appris. À mon retour rue T. Soupir est semble-t-il mourant. Il a perdu quasiment l’usage de ses deux pattes arrière. Il ne peut plus que gir, non, gésir. Plusieurs fois j’ai cru qu’il était mort, H. lui a dit des berceuses, je lui ai bredouillé des mots. Il a fallu regarder avec attention son thorax pour voir que, non, oui, il y avait de la respiration. L’avons mis dans la petite cage de transport pour la nuit et au chaud : qu’il puisse tenir, tenir debout tout seul. Soupir, je ne sais pas comment il fait pour tenir depuis tous ces mois qu’il balance, qu’il tangue, que le moindre coup de vent ça le fait pencher (pire que pencher). À cause de son patrimoine génétique, il aurait dû mourir dix fois, mais il n’est jamais mort. Et quand je rêve de lui je ne suis jamais sûr, il y a incertitude.

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310815, version 7 (4 octobre 2015)

<blockquote > imre 250 ( Darwin )

Si Darwin a raison, des animaux qui se nourissent de plastique et de déchets irradiés ne devraient pas tarder à apparaître. Ce seront peut-être d’abord des virus, puis des bactéries qui évolueront rapidement pour devenir des monstres bien massifs. Quel monde ce sera !

Imre Kertész, Journal de galère, Actes Sud, traduction Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba, P.250

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Mon dernier jour chez STAT. Rempli de pensées, dernier , dernier , dernière . dernière . Mais c’est faux, non. Tout est passé très vite. Oui j’ai fait mes adieux. Repas On a mangé ensemble rue Louis le Grand. On m’a offert des trucs j’ai dit merci. J’ai fait mes adieux oui. C’est la première fois que je fais des adieux. Au collège des Sources, j’étais parti sans mot, je ne me souviens même pas avoir rendu mes clés (j’ai dû le faire, mais je n’ai rien dans ma mémoire), et puis je suis sorti par le portail à pied pieds , j’ai mis l’Archos, jeté un œil au terrain de foot, longé la route un moment, pris mon tram, remonté tout au nord de la ville où H., oui, probablement que [H H .->mot59] m’attendait pour rentrer une dernière fois par la longue Nationale. Chez SeB j’ai séché mon propre pot de départ. Chez PDG il n’y a pas eu de pot de départ, ou plutôt si, il y en a eu plusieurs, nous étions tous conviés : chaque fois qu’il nous avait semblé que nous serions virés, souvent c’était remis à la semaine suivante. Et donc, là, quatre ans après être arrivé, et j’ai dit quelque chose, pas un discours juste quelque chose, quelque chose de vrai d’ailleurs, de sincère, car, oui, j’ai appris. À mon retour rue T. Soupir est semble-t-il mourant. Il a perdu quasiment l’usage de ses deux pattes arrière. Il ne peut plus que gir, non, gésir. Plusieurs fois j’ai cru qu’il était mort, [H H .->mot59] lui a dit des berceuses, je fredonne quelque chose , non , quelque chose de très doux , Comme Wander With Me , je lui ai bredouillé des mots. Il a fallu regarder avec attention son thorax pour voir que, non, oui, il y avait de la respiration. L’avons mis dans la petite cage de transport pour la nuit et au chaud : qu’il puisse tenir, tenir debout tout seul. Soupir, je ne sais pas comment il fait pour tenir depuis tous ces mois qu’il balance, qu’il tangue, que le moindre coup de vent ça le fait pencher (pire que pencher). À cause de son patrimoine génétique, il aurait dû mourir dix fois, mais il n’est jamais mort. Et quand je rêve de lui je ne suis jamais sûr, il y a incertitude.

Boulot, H., Lapins, Imre Kertész
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310815, version 6 (4 octobre 2015)

Mon dernier jour chez STAT. Rempli Journée remplie de pensées, dernier, dernière. Mais c’est faux, non, c’est faux . Tout est passé très vite. Oui j’ai fait mes adieux. On a mangé ensemble rue Louis le Grand. On m’a offert des trucs j’ai dit merci. J’ai fait mes adieux oui. C’est la première fois que je fais des adieux. Au collège des Sources, j’étais parti sans un mot, je ne me souviens même pas avoir rendu mes clés (j’ai dû le faire, mais je n’ai rien dans ma mémoire), et puis je suis sorti par le portail à pieds, j’ai mis l’Archos, jeté un œil au terrain de foot, longé la route un moment, pris mon tram, remonté tout au nord Nord de la ville où H., oui, probablement que H. m’attendait pour rentrer une dernière fois par la longue Nationale. Chez SeB j’ai séché mon propre pot de départ, je m’en souviens . Chez PDG il n’y a pas eu de pot de départ, ou plutôt si, il y en a eu plusieurs, nous étions tous conviés : chaque fois qu’il nous avait semblé que nous serions virés, souvent c’était remis à la semaine suivante. Et donc, là, quatre ans après être arrivé, et j’ai dit quelque chose, pas un discours juste quelque chose, quelque chose de bien vrai d’ailleurs par ailleurs , de sincère, car, oui, j’ai appris. À mon retour rue T. Soupir est semble-t-il mourant. Il a perdu quasiment l’usage de ses deux pattes arrière. Il ne peut plus que gir, non, gésir. Plusieurs fois j’ai cru qu’il était mort, H. lui a dit des berceuses, je fredonne quelque chose, non , quelque chose de très doux, Comme Wander With Me, je lui ai bredouillé des mots. Il a fallu regarder avec attention son thorax pour voir que, non, oui, il y avait de la respiration respire . L’avons Nous l’avons mis dans la une petite cage de transport pour la nuit et au chaud : pour qu’il puisse tenir, tenir debout tout seul. Soupir, je ne sais pas comment il fait pour tenir depuis tous ces mois qu’il balance, qu’il tangue, que le moindre coup de vent ça le fait pencher (pire que pencher). À cause de son patrimoine génétique, il aurait dû mourir dix fois, mais il n’est jamais mort. Et quand je rêve de lui je ne suis jamais sûr, de son état réel  : il y a une incertitude.

310815, version 5 (30 septembre 2015)

Mon dernier jour chez STAT. Journée remplie de pensées, dernierceci , dernière dernier cela . Mais c’est faux, non, c’est faux. Tout est passé très vite. Oui j’ai fait mes adieux. On a mangé ensemble rue Louis le Grand. On m’a offert des trucs j’ai dit merci. J’ai fait mes adieux oui. C’est la première fois que je fais des adieux. Au collège des Sourcesdu Mans , j’étais parti sans un mot, je ne me souviens même pas avoir rendu mes clés (j’ai dû le faire, mais je n’ai rien pas dans ma mémoire), et puis je suis sorti par le portail à pieds, j’ai mis l’Archos, jeté un œil au terrain de foot, longé la route un moment, pris mon tram, remonté tout au Nord de la ville où [H H .->mot59], oui, probablement que H. probablement m’attendait pour rentrer une dernière fois par la longue Nationalequi emmène à Loué . Chez SeB j’ai séché mon propre pot de départ, je m’en souviens. Chez PDG il n’y a pas eu de pot de départ, ou plutôt si , il y en a eu plusieurs, nous étions tous conviés : chaque fois qu’il nous avait semblé que nous serions virés, souvent c’était remis à la semaine suivante. Et donc, là, quatre ans après être arrivé, et j’ai dit quelque chose, pas un discours juste quelque chose, quelque chose de bien vrai par ailleurs, de sincère, car, oui, j’ai appris. À mon retour rue T. Soupir est semble-t-il mourant. Il a perdu quasiment tout l’usage de ses deux pattes arrière. Il ne peut plus que gir, non, gésir. Plusieurs fois j’ai cru qu’il était mort, H. lui a dit des berceuses, je fredonne quelque chose, quelque chose de très doux, Comme Wander With Me, je lui ai bredouillé des mots. Il a fallu regarder avec attention son thorax pour voir que, non, oui, il respire respirait encore . Nous l’avons mis dans une petite cage de transport pour la nuit et au chaud : pour qu’il puisse tenir, tenir debout tout seul. Soupir, je ne sais pas comment il fait pour tenir depuis tous ces mois qu’il balance, qu’il tangue, que le moindre coup de vent ça le fait pencher ( pire que pencher ). valdinguer . À cause de son patrimoine génétique, il aurait dû mourir dix fois, mais il n’est jamais mort. Et quand je rêve de lui je ne suis jamais sûr de son état réel : il y a une incertitude mort ou vif .Je prendrai rendez-vous demain avec le Dr Quinton, s’il a passé la nuit.

310815, version 4 (18 septembre 2015)

Mon dernier jour chez STAT. Journée remplie de pensées, c’est mon dernier ceci, ça c’est mon dernier cela. Mais c’est faux, non, c’est faux. Tout est passé très vite. Oui j’ai fait mes adieux. On a mangé tout ensemble dans un resto rue Louis le Grandproche du bureau . On m’a offert des trucs j’ai dit merci. J’ai fait mes adieux oui. C’est la première fois que je fais des adieux. Au collège des Sources du Mans, j’étais parti sans un mot, je ne me souviens même pas avoir rendu mes clés (j’ai dû le faire, mais pas dans ma mémoire), et puis je suis sorti par le portail à pieds, j’ai mis l’Archos, jeté un œil au terrain de foot, longé la route un moment, pris mon tram, remonté tout au Nord de la ville où H. probablement m’attendait pour rentrer une dernière fois par la Nationale qui emmène à Loué. Chez SeB j’ai séché mon propre pot de départ, je m’en souviens. Chez PDG il n’y a pas eu de pot de départ, ou plutôt il y en a eu plusieurs, nous étions tous conviés : chaque fois qu’il nous avait semblé que nous serions virés, souvent c’était remis à la semaine suivante. Et , donc, là, quatre ans après être arrivé, et j’ai dit quelque chose, pas un discours juste quelque chose, quelque chose de bien vrai par ailleurs, de sincère, car, oui, j’ai appris . appris ici . À mon retour rue T. Soupir est semble-t-il mourant. Il a perdu quasiment tout l’usage de ses deux pattes arrière. Il ne peut plus que gir, non, gésir. Plusieurs fois j’ai cru qu’il était mort, H. lui a dit des berceuses, je fredonne quelque chose un truc , quelque chose de très doux , Comme Wander With Me, je lui ai bredouillé des mots. Il a fallu regarder avec attention son thorax pour voir que, non, oui, il ça respirait encore. Nous l’avons mis dans une petite cage de transport pour la nuit et au chaud : pour qu’il puisse tenir, tenir debout tout seul. Soupir, je ne sais pas comment il fait pour tenir depuis tous ces mois qu’il balance, qu’il tangue, que le moindre coup de vent ça le fait ait valdinguer. À cause de son patrimoine génétique, il aurait dû mourir dix fois, mais il n’est jamais mort. Et quand je rêve de lui je ne suis jamais sûr de son état réel : mort ou vif vivant . Je prendrai rendez-vous demain avec le Dr Quinton, s’il a passé la nuit.

310815, version 3 (2 septembre 2015)

Mon dernier jour chez STAT. Journée remplie de pensées, là c’est mon dernier ceci, ça c’est mon dernier cela. Mais c’est faux, non, c’est faux. Tout est passé très vite. Oui j’ai fait mes adieux. On a mangé tout ensemble dans un resto rue Louis le Grand proche du bureau. On m’a offert des trucs j’ai dit merci. J’ai fait mes adieux oui. C’est la première fois que je fais des adieux. Au collège des Sources du Mans, j’étais parti sans un mot, je ne me souviens même pas avoir rendu mes clés (j’ai dû le faire, mais pas dans ma mémoire), et puis je suis sorti par le portail à pieds, j’ai mis l’Archos, jeté un œil au terrain de foot, longé la route un moment, pris mon tram, remonté tout au Nord de la ville où H. probablement m’attendait pour rentrer une dernière fois par la Nationale qui emmène à Loué. Chez SeB j’ai séché mon propre pot de départ, je m’en souviens. Chez PDG il n’y a pas eu de pot de départ, ou plutôt il y en a eu plusieurs, nous étions tous conviés : chaque fois qu’il nous avait semblé que nous serions virés, souvent c’était remis à la semaine suivante. Et, donc, là, quatre ans après être arrivé, et j’ai dit quelque chose, pas un discours juste quelque chose, quelque chose de bien vrai par ailleurs, de sincère, car, oui, j’ai appris ici. À mon retour rue T. Soupir est semble-t-il mourant. Il a perdu quasiment tout l’usage de ses deux pattes arrière. Il ne peut plus que gir, non, gésir. Plusieurs fois j’ai cru qu’il était mort, H. lui a dit des berceuses, je fredonne un truc , Comme Wander With Me , je lui ai bredouillé des mots. Il a fallu regarder avec attention son thorax pour voir que, non, oui, ça respirait encore. Nous l’avons mis dans une petite cage de transport pour la nuit et au chaud : pour qu’il puisse tenir, tenir debout tout seul. Soupir, je ne sais pas comment il fait pour tenir depuis tous ces mois qu’il balance, qu’il tangue, que le moindre coup de vent ça le ait valdinguer. À cause de son patrimoine génétique, il aurait dû mourir dix fois, mais il n’est n’a jamais mort. Et quand je rêve de lui je ne suis jamais sûr de son état réel : mort ou vivant. Je prendrai rendez-vous demain avec le Dr Quinton, s’il a passé la nuit.

310815, version 2 (1er septembre 2015)

imre 250 (Darwin)

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