270915


C’est encore quelque chose à quoi on se confronte à cause de l’algorithmie aléatoire des réseaux, en l’occurrence ce paragraphe issue de la série refugees de Humans of New-York [1], je cite, je traduis Avant de partir pour l’Europe, je suis retourné en Syrie pour revoir ma famille une dernière fois. Là-bas, je dormais dans la grange de mon oncle car chaque jour la police venait frapper à la porte chez mon père. Mon père a fini par me dire : "Si tu restes ici plus longtemps ils vont te retrouver et ils vont te tuer." Alors j’ai contacté un passeur et suis parti pour Istambul. J’étais sur le point de gagner l’Europe quand j’ai reçu un coup de téléphone de ma sœur. Elle me disait que mon père avait été gravement battu par la police et que si je ne lui envoyais pas 5000€ pour une opération il mourrait. Ces 5000€, c’était mon passeport pour l’Europe. Mais je pouvais faire quoi ? Je n’avais pas le choix. Puis, deux semaines plus tard, elle m’a rappelé, et les nouvelles étaient pires. Mon frère s’était fait exécuter par Daesh alors qu’il travaillait sur un puits de pétrole. Ils ont trouvé son adresse sur sa carte d’identité et ils ont envoyé sa tête à la maison, accompagnée d’un message : "les Kurdes ne sont pas musulmans". C’est ma plus jeune sœur qui a ouvert le paquet. C’était il y a un an. Elle n’a plus prononcé un seul mot depuis lors. (Kos Greece) Qu’est-ce que tu veux faire après ça ? Rien. T’es là, tu vis. Tu finis presque le premier jet pour le Transoxiane quatre. Tu cours 4km60, 31min09. Dehors : la journée sans bagnole.

28 octobre 2015
par Guillaume Vissac
Journal
#Alfred Hitchcock #Courir #Postapocalypse #Transoxiane

[1“Before leaving for Europe, I went back to Syria to see my family once more. I slept in my uncle’s barn the entire time I was there, because every day the police were knocking on my father’s door. Eventually my father told me : ‘If you stay any longer, they will find you and they will kill you.’ So I contacted a smuggler and made my way to Istanbul. I was just about to leave for Europe when I received a call from my sister. She told me that my father had been very badly beaten by police, and unless I sent 5,000 Euro for an operation, he would die. That was my money to get to Europe. But what could I do ? I had no choice. Then two weeks later she called with even worse news. My brother had been killed by ISIS while he was working in an oil field. They found our address on his ID card, and they sent his head to our house, with a message : ‘Kurdish people aren’t Muslims.’ My youngest sister found my brother’s head. This was one year ago. She has not spoken a single word since.” (Kos, Greece)

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270915, version 4 (28 octobre 2015)

Alfred Hitchcock, Postapocalypse, Courir, Transoxiane
<img1557|center > le rideau déchiré
C’est encore quelque chose à quoi on se confronte à cause de l’algorithmie aléatoire des réseaux, en l’occurrence ce paragraphe issue de la série refugees de [Humans Humans of New-York->http://www New-York [1], je cite, je traduis Avant de partir pour l’Europe en Europe , je suis retourné en Syrie pour pouvoir revoir ma famille une dernière fois. Là-bas, je dormais dans la grange de mon oncle car chaque jour la police venait frapper à la porte chez mon père. Mon père a fini par me dire : "Si tu restes ici plus longtemps ils vont te retrouver et ils vont te tuer." Alors j’ai contacté contacter un passeur et suis parti pour Istambul. J’étais sur le point de gagner l’Europe quand j’ai reçu un coup de téléphone de ma sœur. Elle me disait que mon père avait été gravement très sévèrement battu par la police et que si je ne lui envoyais pas 5000€ pour une opération il mourrait. Ces 5000€, c’était mon passeport pour l’Europe. Mais je pouvais faire quoi ? Je n’avais pas le choix. Puis, deux semaines plus tard, elle m’a rappelé, et les nouvelles étaient piresencore . Mon frère s’était fait exécuter par Daesh alors qu’il travaillait sur un puits de pétrole. Ils ont trouvé son adresse sur sa carte d’identité et ils ont envoyé sa tête à la maison, accompagnée d’un message : "les Kurdes ne sont pas musulmans". C’est ma plus jeune sœur qui a ouvert le paquet. C’était il y a un an. Elle n’a plus prononcé un seul mot depuis lors. (Kos Greece) Qu’est-ce que tu veux faire après ça ? Rien. T’es là, tu vis. Tu finis presque le premier jet pour le [Transoxiane->http://www Transoxiane quatre .walrus-books.com/transoxiane/#] quatre. Tu cours 4km60, 31min09. Dehors : la journée sans bagnole.

[1“Before

leaving for Europe , I went back to Syria to see my family once more .humansofnewyork.com][[“Before leaving for Europe, I went back to Syria to see my family once more. I slept in my uncle’s barn the entire time I was there, because every day the police were knocking on my father’s door. Eventually my father told me : ‘If you stay any longer, they will find you and they will kill you.’ So I contacted a smuggler and made my way to Istanbul. I was just about to leave for Europe when I received a call from my sister. She told me that my father had been very badly beaten by police, and unless I sent 5,000 Euro for an operation, he would die. That was my money to get to Europe. But what could I do ? I had no choice. Then two weeks later she called with even worse news. My brother had been killed by ISIS while he was working in an oil field. They found our address on his ID card, and they sent his head to our house, with a message : ‘Kurdish people aren’t Muslims.’ My youngest sister found my brother’s head. This was one year ago. She has not spoken a single word since.” (Kos, Greece)

270915, version 3 (26 octobre 2015)

C’est encore quelque chose à quoi on l’on se confronte à cause de l’algorithmie aléatoire des réseaux, en l’occurrence ce paragraphe issue de la série refugees de Humans of New-York [2], je cite, je traduis Avant de partir en Europe, je suis retourné en Syrie pour pouvoir revoir voir ma famille une dernière fois. Là-bas Pendant que je suis resté là-bas , je dormais dans la grange de mon oncle car parce que , chaque jour la police venait frapper à la porte chez de mon père. Mon père a fini par me dire : "Si tu restes ici plus longtemps ils vont te retrouver et ils vont te tuer." Alors j’ai contacter pris contact avec un passeur et suis parti pour j’ai gagné Istambul. J’étais sur le point de gagner l’Europe quand lorsque j’ai reçu un coup appel de téléphone de ma sœur. Elle me disait m’a appris que mon père avait été très sévèrement battu par la police et que si je ne lui envoyais pas 5000€ pour qu’il puisse subir une opération il mourrait. Ces 5000€, c’était mon passeport pour l’Europe. Mais je pouvais que pouvais-je faire quoi ? Je n’avais pas le choix. Puis, deux semaines plus tard, elle m’a rappelé , et les appelé pour des nouvelles étaient encore pires encore . Mon frère s’était fait exécuter par Daesh alors qu’il travaillait sur un puits de pétrole. Ils ont trouvé son adresse sur sa carte d’identité et ils ont envoyé sa tête à la maison, accompagnée d’un message : "les Kurdes ne sont pas musulmans". C’est ma Ma plus jeune sœur qui a ouvert le paquet. C’était il y a un an. Elle n’a plus prononcé un seul mot depuis lors. (Kos Greece) Qu’est-ce que tu veux faire après ça ? Rien. T’es là, tu vis. Tu finis presque le premier jet pour le Transoxiane quatre. Tu cours 4km60, 31min09. Dehors : c’est la journée sans bagnole.

[2“Before leaving for Europe, I went back to Syria to see my family once more. I slept in my uncle’s barn the entire time I was there, because every day the police were knocking on my father’s door. Eventually my father told me : ‘If you stay any longer, they will find you and they will kill you.’ So I contacted a smuggler and made my way to Istanbul. I was just about to leave for Europe when I received a call from my sister. She told me that my father had been very badly beaten by police, and unless I sent 5,000 Euro for an operation, he would die. That was my money to get to Europe. But what could I do ? I had no choice. Then two weeks later she called with even worse news. My brother had been killed by ISIS while he was working in an oil field. They found our address on his ID card, and they sent his head to our house, with a message : ‘Kurdish people aren’t Muslims.’ My youngest sister found my brother’s head. This was one year ago. She has not spoken a single word since.” (Kos, Greece)

270915, version 2 (28 septembre 2015)

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