071115


Les tentacules de mes accoudoirs s’enroulèrent autour de mes bras et de mon torse plus amoureusement encore, ses ventouses produisant des bruits de succion évoquant des baisers baveux. La gerbe.

Notre interlocuteur était bien un démon, ça pas de problème : sadique et vicieux comme il faut, malgré un abord plutôt arrangeant. Il se contenta de pianoter à toute vitesse sur son clavier d’ordinateur sans prendre la peine de nous répondre. Les secondes s’écoulaient, épaisses et visqueuses, et ces tripotages poulpesques me firent regretter ma récente partie de jambes en l’air dans les chiottes d’Au bon toutou. C’est dire la lose. »

Jacques Fuentealba. « Jason et Robur, Saison 2 Ép. 1 : Pour une poignée de sortilèges !, Walrus

L’impression d’être sous influence, ça vient de la chimie. Bruits se mélangent. On joue de la viole au conduit de cheminée. Vibrations du tambour d’une machine. Cintres en métal. Coups de marteau. Bruit de pisse dans de l’eau. La chimie qui éclôt dans ta tête. Le truc qui revient le plus c’est pas très bien en fait. Dors pas mal. Me dis que moi aussi, comme pas mal des trucs qu’on nous envoie, je n’ai rien à dire dans ce que je dis. Cris. Des vermicelles de riz. Beaucoup d’efforts à mettre dans chaque geste et le courant électrique que tu sens posant la cale des mains sur l’ordi, le regard par en dessous. Inpossible de rien regarder d’autres que des bouts de trucs dans la passivité : We Bare Bears, Justin Bieber, les grosses têtes, du foot, Youtube, Ma vie avec Liberace, des concerts de Bowie... Encore une fois écrire la phrase nos solitudes connectées ou quelque chose comme ça. Ce n’est pas (que) une posture. Je veux dire. Je sais pas ce que je veux dire.

à l’arrière où l’on savoure la fin du monde, le coup de pistolet de Gavrilo Princip à Sarajevo sonne le début de la course à l’horreur le 28 juin 1914, Gavrilo âgé de dix-neuf ans maigre et tuberculeux l’arme à la main le cyanure dans la poche recompose le monde détruit trois empires et me précipite sans le savoir dans ce train quatre-vingt-dix ans plus tard, près de Parme à en juger par les lumières de banlieue, Gavrilo Serbe de Bosnie croit à la Grande Serbie que je contribuerai à défaire, le petit activiste a de la chance, comme l’assassin de Jaurès rue Montmartre il est au café, les plans ont échoué, la bombe qui devait en finir avec François-Ferdinand n’a pas explosé sous la bonne voiture, l’archiduc est toujours vivant, pour son malheur Gavrilo Princip est aimé d’Héra, la déesse rusée va aveugler le chauffeur autrichien et c’est le cortège qui viendra jusqu’à Princip, jusqu’à son café, celui de Moritz Schiller au coin de la ruelle en face du pont minuscule c’est une belle journée il n’a qu’à sortir laisser sa tasse à moitié vide prendre la capsule de poison dans la main gauche l’arme dans la droite et tirer

Matthias Enard, Zone, Actes Sud

<  -  >

Partager

Révisions

4 révisions

071115, version 5 (13 décembre 2015)

[Jacques Jacques Fuentealba. « Jason et Robur, Saison 2 Ép. 1 : Pour une poignée de sortilèges !, Walrus

- > http://www . walrus-books.com/jason-robur/]

L’impression d’être sous influence, ça vient de la chimie. Bruits se mélangent. On joue de la viole au conduit de cheminée. Vibrations du tambour d’une machine. Cintres en métal. Coups de marteau. Bruit de pisse dans de l’eau. La chimie qui éclôt dans ta tête. Le truc qui revient le plus alors c’est pas très bien en fait. Dors pas mal. Me dis que moi aussi, comme pas mal des trucs qu’on [nous->http://www.publie.net] Me dis que moi aussi , comme pas mal des trucs qu’on nous envoie, je n’ai rien à dire dans ce que je dis. Cris. Des vermicelles de riz. Beaucoup d’efforts à mettre dans chaque geste et le courant électrique que tu sens posant la cale des mains sur l’ordi, le regard par en dessous. Inpossible de rien regarder d’autres que des bouts de trucs dans la passivité : [We Bare Bears->https://en.wikipedia.org/wiki/We_Bare_Bears], Inpossible de rien regarder d’autres que des bouts de trucs dans la passivité  : Bare the bears , Justin Bieber, les grosses têtes, du foot, Youtube, Ma vie avec Liberace, des concerts de Bowie... Encore une fois écrire la phrase nos solitudes connectées ou quelque chose comme ça. Ce n’est pas (que) une posture. Je veux dire. Je sais pas ce que je veux dire.

Migraine, David Bowie, Vide, Jacques Fuentealba, Mathias Enard
jpg/dsc_0221.jpg

071115, version 4 (12 décembre 2015)

L’impression d’être sous influence, ça vient de la chimie. Bruits se mélangent. On joue de la viole au conduit de cheminée. Vibrations du tambour d’une machine. Cintres en métal. Coups de marteau. Bruit de pisse dans de l’eau. La chimie qui éclôt dans ta tête. Le truc qui revient le plus alors c’est pas très bien en fait. Dors pas mal. Me dis que moi aussi, comme pas mal des trucs qu’on nous envoie, je n’ai rien à dire dans ce que je dis. Cris Écris . Des vermicelles de riz. Beaucoup d’efforts à mettre dans chaque geste et le courant électrique que tu sens posant la cale des mains sur l’ordi, le regard par en dessous. Inpossible de rien regarder d’autres que des bouts de trucs dans la passivité : Bare the bears, Justin Bieber, les grosses têtes, du foot, Youtube, Ma vie avec Liberace, des concerts de Bowie... Encore une fois écrire la phrase nos solitudes connectées ou quelque chose comme ça. Ce n’est pas (que) une posture. Je veux dire. Je sais pas ce que je veux dire.

071115, version 3 (8 novembre 2015)

<blockquote>

Les tentacules de mes accoudoirs s’enroulèrent autour de mes bras et de mon torse plus amoureusement encore, ses ventouses produisant des bruits de succion évoquant des baisers baveux. La gerbe.

Notre interlocuteur était bien un démon, ça pas de problème : sadique et vicieux comme il faut, malgré un abord plutôt arrangeant. Il se contenta de pianoter à toute vitesse sur son clavier d’ordinateur sans prendre la peine de nous répondre. Les secondes s’écoulaient, épaisses et visqueuses, et ces tripotages poulpesques me firent regretter ma récente partie de jambes en l’air dans les chiottes d’Au bon toutou. C’est dire la lose. »

Jacques Fuentealba. « Jason et Robur, Saison 2 Ép. 1 : Pour une poignée de sortilèges !, Walrus

</blockquote>

L’impression d’être sous influence, ça vient de la chimie. Bruits se mélangent. On joue de la viole au conduit de cheminée. Vibrations du tambour d’une machine. Cintres en métal. Coups de marteau. Bruit de pisse dans de l’eau. La chimie qui éclôt éclos dans ta tête. Le truc qui revient le plus alors c’est pas très bien en fait. Dors pas mal. Me dis que moi aussi, comme pas mal des trucs qu’on nous envoie, je n’ai rien à dire dans ce que je dis. Écris Cris . Des vermicelles de riz. Beaucoup d’efforts à mettre dans chaque geste et le courant électrique que tu sens posant la cale des mains sur l’ordi, le regard par en dessous. Inpossible de rien regarder d’autres que des bouts de trucs dans la passivité : Bare the bears, Justin Bieber, les grosses têtes, du foot, Youtube, Ma vie avec Liberace, des concerts de Bowie... Encore une fois écrire la phrase nos solitudes connectées ou quelque chose comme ça. Ce n’est pas (que) une posture. Je veux dire. Je sais pas ce que je veux dire.

071115, version 2 (7 novembre 2015)

L’impression d’être sous influence, ça vient de la chimie. Bruits se mélangent. On joue de la viole au conduit de cheminée. Vibrations du tambour d’une machine. Cintres en métal. Coups de marteau. Bruit de pisse dans de l’eau. La chimie qui éclos dans ta tête. Le truc qui revient le plus alors c’est pas très bien en fait. Dors pas mal. Me dis que moi aussi, comme pas mal des trucs qu’on nous envoie, je n’ai rien à dire dans ce que je dis. Cris. Des vermicelles de riz. Beaucoup d’efforts à mettre dans chaque geste et le courant électrique que tu sens posant la cale des mains sur l’ordi, le regard par en dessous. Inpossible de rien regarder d’autres que des bouts de trucs dans la passivité : Bare the bears, Justin Bieber, les grosses têtes, du foot, Youtube , Ma vie avec Liberace, des concerts de Bowie... Encore une fois écrire la phrase nos solitudes connectées ou quelque chose comme ça. Ce n’est pas (que) une posture. Je veux dire. Je sais pas ce que je veux dire.

Commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)



Livres


- -

- - - -

Projets Web


- -


-
Spip | PhpNet | Contact | Retour au sommaire | ISSN 2428-9590 |