221215


En face, à la fenêtre, un homme torse nu, crane rasé, étend du linge. À droite, en se penchant, on peut apercevoir la maison du crime, d’habitude fermée. Une main, un rideau s’agitent.
La maison du crime ? Une invention de début de séjour : quand il pleuvait, le décor face à La Marelle, par la véranda où on imagine une danseuse (bikini rose, gestes gracieux), par le jeu des volets est devenu celui de Fenêtre sur cour. Difficile d’y trouver le salon sous verrière du pianiste qui attend la gloire. En revanche, l’appartement de l’assassin s’est immédiatement étendu : d’un trois pièces supposé il est devenu une drôle de baraque avec mur de graphes, suspendue dans le vide au-dessus de la voie ferrée. 
L’assassin laisse pendre sa main. Furtivement, apparaît une manche rouge tandis que les rails, unisson moqueur, s’exclament : théâtre, théâtre ! lancent-ils, repris par les caténaires.
Soleil, soleil, que dire d’autre ?

Anne Savelli, Anamarseilles, La Marelle

Train de 13h plein de lumière blanche et plein de flash flash flash à cause du fait que le soleil se couche à l’ouest et qu’on va vers le sud. Maarko est là pas loin, plein de mots italiens dans la bouche (enfin, j’assimile cet homme à Maarko). Ma voisine de siège est contre le fait que j’embarque avec un animal, c’est une petite bête pas lourde dans un contenant fermé sur mes genoux. Elle est allergique. Elle a payé sa place. Lalapin, je veux dire, elle a payé sa place. On me parlerait correctement, sans agressivité, j’aurais aucun problème à chercher un autre siège dans le wagon mais là à cause de sa façon d’être je l’invite elle à se déplacer sans moi, s’en suit une série de putain qui proviennent de sa bouche. J’ai repris mon Bajir, tu sais. Chaque fois que je relis des bribes ou des bouts de Bajir je reprends mon Bajir. Il y a quelque chose de censé là-dedans. Une voix que j’ai trouvée, temporalité mise à mal mais sans pour autant dénigrer la narration. Et quand j’ai besoin de mots rares, d’onctuosité linguistique, d’une langue arrimée à la falaise, je cherche chez Lionel-Édouard Martin. J’ai un livre de lui dans ma valise que je rapporte ici sans avoir eu le temps de lire. Ça, trois betteraves, un panais et deux courges patidou. Turner, c’est quelle époque ? Les flash flash flash venus de la droite vont commencer peu après ça je crois bien.

Dita Kepler est ici entièrement malléable. Rien ne l’oblige, ne la retient que cette vue des rails. Pas de train, pas de conducteur, d’ouvrier qui brasse des cailloux. D’une sagesse exemplaire, ce paysage de midi. Faudra-t-il les suivre, les rails, ou se mettre en travers ? La question est inévitable.
Soleil soleil.
Et l’assassin a disparu.
Heureusement, l’homme torse nu navigue entre les pièces, hanches coupées par la façade et Dita songe : il est dommage qu’il ne soit pas nu entièrement. C’est ainsi. Dans le réel, on ne déshabille pas à sa guise.
Le point B est à Avignon.
Les points A et C pourraient devenir le torse de cet homme qui tourne sur lui-même, noir, rond du crâne, le dos vaste : la danseuse, c’est lui. S’anamorphoser par le corps, en dedans, tandis qu’une part de soi roule au loin ? Étirer cette part jusqu’à la région parisienne ? Devenir homme et danseuse à la fois ? C’est d’une lutte contre l’inertie qu’il s’agit. 

Ibid.

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221215, version 5 (31 janvier 2016)

Train, Corps, St-Etienne, Lapin, Lionel-Édouard Martin, Anne Savelli

<blockquote>

En face, à la fenêtre, un homme torse nu, crane rasé, étend du linge. À droite, en se penchant, on peut apercevoir la maison du crime, d’habitude fermée. Une main, un rideau s’agitent.

Soleil, soleil, que dire d’autre ?

Anne Savelli, Anamarseilles, La Marelle

</blockquote>

Train de 13h plein de lumière blanche et plein de flash flash flash à cause du fait que le soleil se couche à l’ouest et qu’on va vers le sud. Maarko est là pas loin, plein de mots italiens dans la bouche (enfin, j’assimile cet homme à [Maarko->https://www . Maarko ). wattpad.com/97897029-bajir-7-formes-d%27aliénation]). Ma voisine de siège est contre le fait que j’embarque avec un animal, c’est une petite bête pas lourde dans un contenant fermé sur mes genoux. Elle est allergique. Elle a payé sa place. Lalapin, je veux dire, elle a payé sa place. On me parlerait correctement, sans agressivité, j’aurais aucun problème à chercher un autre siège dans le wagon mais là à cause de sa façon d’être sécheresse je l’invite elle à se déplacer sans moi, s’en suit une série de putain qui proviennent de sa bouche. J’ai repris mon [Bajir->https://www Bajir , tu sais .wattpad.com/story/30146659-bajir/parts], tu sais. Chaque fois que je relis des bribes ou des bouts de Bajir je reprends mon Bajir. Il y a quelque chose de censé là-dedans. Une voix que j’ai trouvée trouvé , temporalité mise à mal mais sans pour autant dénigrer la narration. Et quand j’ai besoin de mots rares, d’onctuosité linguistique, d’une langue arrimée à la falaise, je cherche chez [Lionel-Édouard Martin->http://lionel-edouard-martin Lionel-Édouard Martin .net]. J’ai un livre de lui dans ma valise que je rapporte ici ici sans avoir eu le temps de lire . sans avoir eu le temps de lire. Ça, trois betteraves, un panais et deux courges patidou. Turner, c’est quelle époque ? Les flash flash flash venus de la droite vont commencer peu après ça je crois bien.

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221215, version 4 (27 janvier 2016)

Train de 13h est plein de lumière blanche et plein de flash flash flash à cause du fait que le soleil se couche à l’ouest et qu’on va vers le sud. Maarko est là pas loin, plein de mots italiens dans la bouche (enfin, j’assimile je reconnais cet homme à comme Maarko). Ma voisine de siège train est contre le fait que j’embarque avec un animal, c’est une petite bête pas lourde dans un contenant fermé sur mes genoux. Elle est allergique. Elle a payé sa place. Lalapin, je veux dire, elle a payé sa place. On me parlerait correctement, sans agressivité, j’aurais aucun problème à chercher un autre siège dans le wagon mais là à cause de sa sécheresse cette conne est juste une conne alors je l’invite , elle , à se déplacer sans moi toute seule , s’en suit une série de putain qui proviennent de sa bouche. J’ai repris mon Bajir, tu sais. Chaque fois que je relis des bribes ou des bouts de Bajir je reprends mon Bajir. Il y a quelque chose de censé là-dedans. Une voix que j’ai trouvé, temporalité mise à mal mais sans pour autant dénigrer la narration. Et quand j’ai besoin de mots rares, d’onctuosité linguistique, d’une langue arrimée à la falaise, je cherche chez Lionel-Édouard Martin. J’ai un livre de lui dans ma valise que je rapporte ici sans avoir eu le temps de lire. Ça, trois betteraves, un panais et deux courges patidou. Turner, c’est quelle époque ? Les flash flash flash venus de la droite vont commencer peu après ça je crois bien .

221215, version 3 (23 décembre 2015)

Train de 13h est plein de lumière blanche et plein de flash flash flash à cause du fait que le soleil se couche à l’ouest et qu’on va vers le sud. Maarko est là pas loin, plein de mots italiens dans la bouche ( enfin je reconnais cet homme comme Maarko ). . Ma voisine de train est contre le fait que j’embarque avec un animal, c’est une petite bête pas lourde dans un contenant fermé sur mes genoux. Elle est allergique. Elle a payé sa place. Lalapin, je veux dire, elle a payé sa place. On me parlerait correctement, sans agressivité, j’aurais aucun problème à chercher un autre siège dans le wagon changer de place mais là cette conne est juste une conne alors je l’inviteà , elle, à se déplacer toute seule, s’en suit une série de putain putain , mais putain qui proviennent de sa bouche. J’ai repris mon Bajir, tu sais. Chaque fois que je relis des bribes ou des bouts de Bajir je reprends mon Bajir. Il y a quelque chose de censé là-dedans. Une voix que j’ai trouvé, temporalité mise à mal mais sans pour autant dénigrer la narration. Et quand j’ai besoin de mots rares, d’onctuosité linguistique, d’une langue arrimée à la falaise, je cherche chez Lionel-Édouard Martin. J’ai un livre de lui dans ma valise que je rapporte ici sans avoir eu le temps de lire. Ça, trois betteraves, un panais et deux courges patidou. Turner, c’est quelle époque ? Les flash flash flash venus de la droite vont commencer peu après ça je crois.

221215, version 2 (22 décembre 2015)

Train de 13h est plein de lumière blanche et plein de flash flash flash à cause du fait que le soleil se couche à l’ouest et qu’on va vers le sud. Maarko est là pas loin, plein de mots italiens dans la bouche. Ma voisine de train est contre le fait que j’embarque avec un animal, c’est une petite bête pas lourde dans un contenant fermé sur mes genoux. Elle est allergique. On me parlerait correctement, sans agressivité, j’aurais aucun problème à changer de place mais là cette conne est juste une conne alors je l’invite à, elle, se déplacer toute seule, s’en suit une série de putain, mais putain qui proviennent de sa bouche. Les flash flash flash venus de la droite vont commencer peu après ça je crois.

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