040316


Voilà le programme : feindre de ne pas être reconnu pour échapper à la reconnaissance, ne pas se reconnaître soi-même ; avant de s’identifier dans un miroir se prendre de court et mettre au point une réfutation du miroir (l’inélégance, l’imprécision, les douteuses lois optiques, le mensonge, les délais, l’aberration de la lumière) ; compter ou faire mine de compter sur l’anonymat de l’homme à peine réveillé, nu, fantomatique, pyjaméen, dans un collant chair de Fantômas, pour agir librement : à sa très grande guise (une telle liberté de farfadet de Shakespeare qu’elle ne tient pas compte des critères de légitimité) ; ouvrir grand sa crédulité pour se convaincre, toujours à poil, de la supériorité tactique de l’anonymat ; se donner des gages de cambrioleur, de petit amour avec ses flèches et ses cibles, ou de Mercure quand il s’insinue à l’aube sous des portes de chambre, au titre de lumière du petit jour ; se donner aussi l’allure de l’amant rejoignant un chez-soi plus officiel – lui-même se prenant pour l’homme qui a des ailes, parce qu’il les a battues une bonne partie de la nuit. 

Pierre Senges, Achab (séquelles), Verticales

De retour sur La vie verticale avec X semaines de retard. Je parle de retard mental et non verbalisé. Il est quand même présent, je le vois. Je suis bien dans le texte, je veux dire : même après plusieurs mois je sais ce qui est neuf et ce qui a muté (et en quoi). Je ne vois pas les mots fantômes, qu’on a enlevés, pas pour l’instant toujours. Je supprime un heureusement (je peux pas m’en empêcher). Je veux mettre en mineur. J’écris des mots dans des marges. Par exemple quelqu’un plutôt qu’un homme. J’écoute, pendant, un truc appelé Liberetto II. Le numéro zéro de La piscine est arrivé.

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040316, version 5 (4 avril 2016)

De retour sur La vie verticale avec X semaines de retard. Je parle de retard mental et non verbalisé. Il est quand même présent, je le vois. Je suis bien dans le texte, je veux dire : même après plusieurs mois je sais ce qui est neuf et ce qui a muté (et en quoi). Je ne vois pas les mots fantômes, qu’on a enlevés, pas pour l’instant toujours. Je supprime un heureusement ( heureusement , je ne peux pas m’en empêcher). . Je veux mettre en mineur. J’écris des mots dans des marges. Par exemple quelqu’un plutôt qu’un homme. J’écoute, pendant, un truc appelé [Liberetto II->https://www . Liberetto II . actmusic.com/en/Artists/Lars-Danielsson/Liberetto-II/Liberetto-II-CD]. Le numéro zéro de [La piscine->http://revuelapiscine La piscine est arrivé .com] est arrivé.
Publie.net, Pierre Senges, Lou Sarabadzic, Lars Danielsson
jpg/dsc_0624.jpg

040316, version 4 (2 avril 2016)

De retour sur La vie verticale le livre de Lou avec X quelques semaines de retard. Je parle de retard mental et non verbalisé. Il est quand même présent, je le vois. Je suis bien dans le texte, je veux dire : même après plusieurs mois je sais ce qui est neuf et ce qui a muté (et en quoi). Je ne vois pas les mots fantômes, qu’on a enlevés, pas pour l’instant toujours. Je supprime un heureusement, je ne peux pas m’en empêcher. Je veux mettre en mineur. J’écris des mots dans des marges. Par exemple quelqu’un plutôt qu’un homme. J’écoute, pendant, un truc appelé Liberetto II. Le numéro zéro de La piscine est arrivé.

040316, version 3 (5 mars 2016)

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Voilà le programme : feindre de ne pas être reconnu pour échapper à la reconnaissance, ne pas se reconnaître soi-même ; avant de s’identifier dans un miroir se prendre de court et mettre au point une réfutation du miroir (l’inélégance, l’imprécision, les douteuses lois optiques, le mensonge, les délais, l’aberration de la lumière) ; compter ou faire mine de compter sur l’anonymat de l’homme à peine réveillé, nu, fantomatique, pyjaméen, dans un collant chair de Fantômas, pour agir librement : à sa très grande guise (une telle liberté de farfadet de Shakespeare qu’elle ne tient pas compte des critères de légitimité) ; ouvrir grand sa crédulité pour se convaincre, toujours à poil, de la supériorité tactique de l’anonymat ; se donner des gages de cambrioleur, de petit amour avec ses flèches et ses cibles, ou de Mercure quand il s’insinue à l’aube sous des portes de chambre, au titre de lumière du petit jour ; se donner aussi l’allure de l’amant rejoignant un chez-soi plus officiel – lui-même se prenant pour l’homme qui a des ailes, parce qu’il les a battues une bonne partie de la nuit. 

Pierre Senges, Achab (séquelles), Verticales

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040316, version 2 (4 mars 2016)

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