201116


Colère. Contre quoi, demande H. Mais j’en sais rien. Relu encore « La parturiente », 153 mots de moins. Me débarrasse de huit livres, plusieurs kilos dans un sac en plastique, dont un Soljenitsyne [1] acheté il y a quelques années à l’angle de la rue Pouchet. Rien que de la pluie dehors sous quoi marcher. Une boulangerie d’ouverte. Puis lentement attendre, sans l’heure, que la journée se taise. 652 mots sans âme, comme un somnolent, qu’un autre moi certainement supprimera souvent.

Quand j’ai rapporté L’Archipel du Goulag à la maison, ma mère a été horrifiée : “Si tu ne sors pas immédiatement ce livre d’ici, je te chasse de la maison !” Le mari de ma grand-mère avait été fusillé juste avant la guerre, et elle, elle disait : “Je ne le plains pas. On a eu raison de l’arrêter. Il avait la langue trop longue.” Quand je lui demandais : “Grand-mère, pourquoi tu ne m’avais rien raconté ?”, elle répondait : “Je préfère que ma vie crève avec moi, pour que vous n’ayez pas à en souffrir.”

Svetlana Alexievitch, La fin de l’homme rouge, Actes Sud, traduction Sophie Benech

26 décembre 2016
par Guillaume Vissac
Journal
#Alexandre Soljenitsyne #H. #James Joyce #Svetlana Alexievich

[1Mais pas Archipel du goulag.

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201116, version 9 (26 décembre 2016)

H., James Joyce, Svetlana Alexievich, Alexandre Soljenitsyne
Colère. Contre quoi, demande [H H .->mot59] Toujours aussi mal , triste . Mais j’en sais rien. Relu encore « La parturiente », 153 mots de moins. Me Je me débarrasse de huit livres, plusieurs kilos dans un sac en plastique, dont un Soljenitsyne [1] acheté il y a quelques années à l’angle de la rue Pouchet, non lu . Rien que de la pluie dehors sous quoi marcher. Une boulangerie d’ouverte. Puis lentement attendre, sans l’heure, que la journée se taise. 652 mots sans sans âme, comme un somnolent, , qu’un autre moi certainement supprimera souvent.

[1Mais pas Archipel du goulag.

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201116, version 8 (26 décembre 2016)

Toujours aussi mal, triste. Colère En colère . Contre quoi, demande H. Mais j’en sais rien. Relu encore « La parturiente », 153 mots de moins. Je me débarrasse de huit livres, plusieurs kilos dans un sac en plastique, dont un Soljenitsyne [2] acheté il y a quelques années à l’angle de la rue Pouchet, non lu . Rien que de la pluie dehors sous quoi marcher. Une boulangerie d’ouverte. Puis lentement attendre, sans l’heure, que la journée se taise. 652 mots sans âme, comme un somnolent, qu’un autre moi certainement supprimera souvent.

[2Mais pas Archipel du goulag.

201116, version 7 (25 décembre 2016)

Toujours aussi mal, triste. En colère. Contre quoi, demande H. Mais j’en J’en sais rien. Relu encore « La parturiente », 153 mots de moins. Je me débarrasse de huit livres, plusieurs kilos dans un sac en plastique, dont un Soljenitsyne [3] acheté il y a quelques années d’occasion à l’angle de la rue Pouchet. Rien que de la pluie dehors sous quoi marcher. Une boulangerie d’ouverte. Puis lentement attendre, sans l’heure, que la journée se taise. 652 mots sans âme, comme un somnolent, qu’un autre moi certainement supprimera souvent.

Quand j’ai rapporté L’Archipel L’Archipel du Goulag Goulag à la maison, ma mère a été horrifiée : “Si tu ne sors pas immédiatement ce livre d’ici, je te chasse de la maison !” Le mari de ma grand-mère avait été fusillé juste avant la guerre, et elle, elle disait : “Je ne le plains pas. On a eu raison de l’arrêter. Il avait la langue trop longue.” Quand je lui demandais : “Grand-mère, pourquoi tu ne m’avais rien raconté ?”, elle répondait : “Je préfère que ma vie crève avec moi, pour que vous n’ayez pas à en souffrir.”

</blockquote>

[3Mais pas Archipel Archypel du goulag.

201116, version 6 (24 décembre 2016)

Toujours aussi mal, et triste. En colère. Contre quoi, demande H. J’en sais rien. Relu encore « La parturiente », 153 mots de moins. Je me débarrasse de huit livres, plusieurs kilos dans un sac en plastique, dont un Soljenitsyne [4] acheté il y a quelques années d’occasion à l’angle de la rue Pouchet. Rien que de la pluie dehors sous quoi marcher. Une boulangerie d’ouverte. Puis lentement attendre, sans l’heure, que la journée se taise. 652 mots sans âme, comme un somnolent, qu’un autre moi certainement supprimera souvent vite .

[4Mais pas Archypel du goulag.

201116, version 5 (24 novembre 2016)

Toujours aussi mal et triste. En colère. Contre quoi, demande H. J’en sais rien. Relu encore « La parturiente », 153 mots de moins. Je me débarrasse de huit livres, plusieurs kilos dans un sac en plastique, dont un Soljenitsyne [5] acheté il y a quelques années d’occasion à l’angle de la rue Pouchet. Rien que de la pluie dehors sous quoi marcher. Une boulangerie d’ouverte. Puis lentement attendre, sans l’heure, que la journée se taise. 652 mots sans âme, comme un somnolent, qu’un autre moi certainement supprimera bien vite.

[5Mais pas Archypel du goulag.

201116, version 4 (20 novembre 2016)

Toujours aussi mal et triste. En colère. Contre quoi, demande H. J’en sais rien. Relu encore « La parturiente », 153 mots de moins. Je me débarrasse de huit livres, plusieurs kilos dans un sac en plastique, dont un Soljenitsyne [6] acheté il y a quelques années d’occasion à l’angle de la rue Pouchet. Rien que de la pluie dehors sous quoi marcher. Une boulangerie d’ouverte. Puis lentement attendre, sans l’heure, que la journée se taise. 652 mots sans âme, comme un somnolent, qu’un autre moi certainement supprimera bien vite.

[6Mais pas Archypel du goulag.

201116, version 3 (20 novembre 2016)

Toujours aussi mal et triste. En colère. Contre quoi, demande H. J’en sais rien. Relu encore « La parturiente », 153 mots de moins. Je me débarrasse de huit livres, plusieurs kilos dans un sac en plastique, dont un Soljenitsyne [7] acheté il y a quelques années d’occasion à l’angle de la rue Pouchet. Rien que de la pluie dehors sous quoi marcher. Une boulangerie d’ouverte. Puis lentement attendre, sans l’heure, que la journée se taise.

<blockquote>

Quand j’ai rapporté L’Archipel du Goulag à la maison, ma mère a été horrifiée : “Si tu ne sors pas immédiatement ce livre d’ici, je te chasse de la maison !” Le mari de ma grand-mère avait été fusillé juste avant la guerre, et elle, elle disait : “Je ne le plains pas. On a eu raison de l’arrêter. Il avait la langue trop longue.” Quand je lui demandais : “Grand-mère, pourquoi tu ne m’avais rien raconté ?”, elle répondait : “Je préfère que ma vie crève avec moi, pour que vous n’ayez pas à en souffrir.”

Svetlana Alexievitch, La fin de l’homme rouge, Actes Sud, traduction Sophie Benech

[7Mais pas Archypel du goulag.

201116, version 2 (20 novembre 2016)

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