240617


Je termine doucement le GEnove de Benoît Vincent : j’ai pris un temps interminable pour le lire et c’est un luxe accordé à moi-même que ce temps. Je connaissais presque tout de ce livre déjà pour avoir beaucoup lu et écumé la version web initiale, mais c’était ne rien connaître du tout de ce livre recomposé, réinventé ici. C’est une ville avec ses recoins et ses strates, temporelles, géologiques, d’odeurs et de saveurs (c’est un livre qui donne faim). Une ville épuisée dit le sous-titre, en tout cas animée, ventriloquie de ville, et puis un autre luxe encore à le lire : on peut aller partout et dans n’importe quel sens. Suivi celui de la Marelle des 81 chapitres mais on pourrait tout aussi bien rebondir à chaque appel de pages et ne jamais s’en sortir réellement, et ne jamais savoir, non plus, où l’on en est. Une grande impression de déambulation très lente et très douce, dans la lumière et dans le vent.

Gênes est une ville qui se découvre par surprise. Surprise, la vue de celui qui débarque comme une flèche sur la Sopraelevata [1]. Surprise de sortir de l’ascenseur urbain et de te retourner [2]. Surprise de la route des crêtes [3]. Surprise des rues du centre historique [4]. Surprise des saveurs de leur cuisine [5]. Surprise des pluies, surprise de la lumière [6].

Benoît Vincent, GEnove, Nouvel Attila / Othello, P.71-72

Et puis c’est un livre d’une finesse et d’une élégance d’objet remarquable, ce qui ne gâche rien. Dans La ville fond, la ville on ne la verra jamais. C’est une image pixelisée en fond d’écran, hyper présente, mais qui ne se rapproche jamais même quand le personnage s’avance vers elle. C’est un faux open world, qui se déplie et se replie aléatoirement à mesure que le livre progresse (bugs de collision, points de vue difractés, parfois contradictoires, routines saccadées). Assez différent de Saccage mais néanmoins toujours dans cet après qui ne témoigne plus seulement de la fin d’un monde mais aussi d’une fin de toute temporalité.

Devant l’école, Bram s’accouda au portail et vit dans la cour des bandes d’enfants taper du pied dans des petits tas de sable. Les petits tas de sable avaient l’air de petits tas de cendres. Certains enfants étaient allongés sur le sol et semblaient faire la sieste, leur tête reposant sur le ventre de porcs morts.

Quentin Leclerc, La ville fond, Les éditions de l’Ogre, P. 143

1272 mots pour Eff, tendus, sur ma lancée. De l’eau qui coule et qui inonde tout un morceau de route sur laquelle on marchait. C’est probablement métaphorique de quelque chose mais j’ignore encore quoi (ou bien alors c’est simple, simpliste même, frontal d’une certaine façon : c’est la tristesse, un deuil). Autres mots recopiés de mardi (736) et jeudi à la gare de Nîmes (713). Et je prends plus de plaisir à m’imaginer écrire ce que deviendra Morphine qu’à l’écrire effectivement, du coup je retarde le moment : le moment de m’y mettre. Je lui ai accolé un titre l’autre jour, Mourir 18 fois de suite : probablement pas le dernier mais. Peut-être que la réponse à l’énigme de l’articulation du texte c’est tout simplement de se servir des flash-forward comme autant de souvenirs à l’envers, et tout serait ainsi ancré dans le présent sibérien (qui est aussi notre futur), avec un fort attachement à l’endroit, comme je le souhaitais. Ça m’est venu en me disant, aussi, qu’il fallait lire Sebald (cherché un moment dans des rayons puis plus). Svetlana Alexievitch, dans Les cercueils de zinc sur la guerre en Afghanistan : Moi, je n’ai rien rapporté de là-bas sauf l’éclat qu’on a retiré de mon corps. Quant à la pyramide dans laquelle je suis coincé depuis des jours il a fallu que je fasse quelques modifications tactiques dans l’équipe : Bartz est Berserk, Kirile mage du temps / mage blanc et Faris ninja.



11 août 2017
par Guillaume Vissac
Journal
#/// #Benoit Vincent #Final Fantasy #Quentin Leclerc #Svetlana Alexievich #Temps #Ville #W. G. Sebald

[1Ici un lien menant vers le chapitre « Sopraelevata et Sottoripa » qui commence par la phrase Tu les prends ensemble, elles se défient, elle se coursent et se mêlent, parfois, dans les jours de grand vent.

[2Là un lien pointant sur « Ascenseurs et funiculaires » : Ascenseurs publics et funiculaires, relativement nombreux sur le territoire de la ville du fait du dislivello (dénivelé), font partie intégrante du système de transports urbains (et il y a encore deux autres liens possibles dans cette phrase, on ne les détaillera pas ici, car c’est sans fin cette histoire).

[3Lien vers « La ligne verte » : Le territoire urbain est si vaste, il est si coincé contre la mer...

[4Lien vers « Caruggi » : Le centre historique de Gênes est dit-on le plus grand d’Europe.

[5Lien vers le chapitre « Cuisine » : La cuisine est le fruit de la fantaisie et du savoir-faire des hommes, combinés aux mânes et aux contraintes d’un territoire.

[6Lien pointant vers « La ville pointillée » : Tu as commencé ce texte, ce matin, la nuit avait cédée à la tempête...

<  -  >

{Partager}
{Révisions}

7 révisions

240617, version 8 (11 août 2017)

Je termine doucement le [GEnove->http://www.lenouvelattila.fr/ge9/] de [Benoît Vincent->http://www.amboilati.org] Je termine doucement le GEnove de Benoît Vincent : j’ai pris un temps interminable pour le lire et c’est un luxe accordé à moi-même que ce temps. Je connaissais presque tout de ce livre déjà pour avoir déjà beaucoup lu et écumé [la la version web initiale->http://www initiale , mais c’était ne rien connaître du tout de ce livre recomposé et réinventé ici .ge-nove.net], mais c’était ne rien connaître du tout de ce livre recomposé, réinventé ici. C’est une ville avec ses recoins et ses strates, temporelles, géologiques, d’odeurs et de saveurs (c’est un livre qui donne faim). Une ville épuisée dit le sous-titre, en tout les cas animée, ventriloquie de ville, et puis un autre luxe encore à le lire : on peut aller partout et dans n’importe quel sens. Suivi celui de la Marelle des 81 chapitres mais on pourrait tout aussi bien rebondir à chaque appel de pages et ne jamais s’en sortir réellement, et ne jamais savoir, non plus, où l’on en est. Une grande impression de déambulation très lente et très douce, dans la lumière et dans le vent.

<blockquote>

Gênes est une ville qui se découvre par surprise. Surprise, la vue de celui qui débarque comme une flèche sur la Sopraelevata [1]. Surprise de sortir de l’ascenseur urbain et de te retourner [2]. Surprise de la route des crêtes [3]. Surprise des rues du centre historique [4]. Surprise des saveurs de leur cuisine [5]. Surprise des pluies, surprise de la lumière [6].

Benoît Vincent, GEnove, Nouvel Attila / Othello, P.71-72

</blockquote>

Et puis c’est un livre d’une finesse et d’une élégance d’objet remarquable, ce qui ne gâche rien. Dans [La ville fond->http://www.editionsdelogre.fr/books/view/Quentin-Leclerc-La-Ville-fond], Dans La ville fond , la ville on ne la verra jamais. C’est une image pixelisée en fond d’écran, hyper présente, mais qui ne se rapproche jamais même quand le personnage s’avance vers elle. C’est un faux open world, qui se déplie et se replie aléatoirement à mesure que le livre progresse (bugs de collision, points de vue difractés, parfois contradictoires, routines saccadées). Assez différent de [Saccage->http://www.editionsdelogre.fr/books/view/Quentin-Leclerc-Saccage] Assez différent de Saccage mais néanmoins toujours dans cet après qui ne témoigne plus seulement de la fin d’un monde mais aussi d’une fin de toute temporalité.

<blockquote> Devant l’école, Bram s’accouda au portail et vit dans la cour des bandes d’enfants taper du pied dans des petits tas de sable. Les petits tas de sable avaient l’air de petits tas de cendres. Certains ertains enfants étaient allongés sur le sol et semblaient faire la sieste, leur tête reposant sur le ventre de porcs morts.

Quentin Leclerc, La ville fond, Les éditions de l’Ogre, P. 143

</blockquote>

1272 mots pour Eff, tendus, sur ma lancée. De l’eau qui coule et qui inonde tout un morceau de route sur laquelle on marchait. C’est probablement métaphorique de quelque chose mais j’ignore encore quoi (ou bien alors c’est simple, simpliste même, frontal d’une certaine façon : c’est la tristesse, un deuil). Autres mots recopiés de mardi (736) et jeudi Autres mots recopiés de mardi ( 736 ) et jeudi à la gare de Nîmes (713). Et je prends plus de plaisir à m’imaginer écrire ce que deviendra [Morphine->http://fuirestunepulsion.net/3/?-morphine-&debut_articles=0#pagination_articles] Je suis en train de me rendre compte que je prends plus de plaisir à m’imaginer écrire ce que deviendra mon Morphine qu’à l’écrire effectivement, du coup je retarde le moment : le moment de m’y mettre remettre . Je lui ai accolé un titre l’autre jour, Mourir 18 fois de suite : , qui n’est probablement pas le dernier mais. qui a le mérite de [je me suis arrêté dans l’écriture de cette phrase ]. Peut-être que tout simplement la réponse à l’énigme de l’articulation du texte c’est tout simplement de se servir des flash-forward comme autant de souvenirs à l’envers, et tout serait ainsi ancré dans le présent sibérien (qui est aussi notre futur), avec un fort attachement à l’endroit, comme je le souhaitais. Ça m’est venu en me disant, aussi, qu’il fallait lire Sebald (cherché un moment dans des rayons puis plus). Svetlana Alexievitch, dans Les cercueils de zinc sur la guerre en Afghanistan : Moi, je n’ai rien rapporté de là-bas sauf l’éclat qu’on a retiré de mon corps. Quant à [la pyramide->https://www.youtube.com/watch?v=_8FvvTfVXxg] Quant à la pyramide dans laquelle je suis coincé depuis des jours il a fallu que je fasse quelques modifications tactiques dans l’équipe : Bartz est Berserk, Kirile mage du temps / mage blanc et Faris ninja.

[1Ici un lien menant vers le chapitre « Sopraelevata et Sottoripa » qui commence par la phrase Tu les prends ensemble, elles se défient, elle se coursent et se mêlent, parfois, dans les jours de grand vent.

[2Là un lien pointant sur « Ascenseurs et funiculaires » : Ascenseurs publics et funiculaires, relativement nombreux sur le territoire de la ville du fait du dislivello (dénivelé), font partie intégrante du système de transports urbains (et il y a encore deux autres liens possibles dans cette phrase, on ne les détaillera pas ici, car c’est sans fin cette histoire).

[3Lien vers « La ligne verte » : Le territoire urbain est si vaste, il est si coincé contre la mer...

[4Lien vers « Caruggi » : Le centre historique de Gênes est dit-on le plus grand d’Europe.

[5Lien vers le chapitre « Cuisine » : La cuisine est le fruit de la fantaisie et du savoir-faire des hommes, combinés aux mânes et aux contraintes d’un territoire.

[6Lien pointant vers « La ville pointillée » : Tu as commencé ce texte, ce matin, la nuit avait cédée à la tempête...

Temps, Ville, Final Fantasy, Benoit Vincent, ///, Quentin Leclerc, Svetlana Alexievich, W. G. Sebald
jpg/dsc_0545_2.jpg

240617, version 7 (24 juin 2017)

Je termine doucement le GEnove de Benoît Vincent : j’ai pris un temps interminable pour le lire et c’est un luxe accordé à moi-même que ce temps. Je connaissais presque tout de ce livre déjà pour avoir déjà beaucoup lu et écumé la version web initiale, mais c’était ne rien connaître du tout de ce livre recomposé et réinventé ici. C’est une ville avec ses recoins et ses strates, temporelles, géologiques, d’odeurs et de saveurs (c’est un livre qui donne faim). Une ville épuisée dit le sous-titre, en tout les cas animée, ventriloquie de ville et puis un autre luxe encore à le lire : on peut aller partout et dans n’importe quel sens. Suivi celui de la Marelle des 81 chapitres mais on pourrait tout aussi bien rebondir à chaque appel de pages et ne jamais s’en sortir réellement, et ne jamais savoir, non plus, où l’on en est. Une grande impression de déambulation très lente et très douce, dans la lumière et dans le vent.

<blockquote>

Gênes est une ville qui se découvre par surprise. Surprise, la vue de celui qui débarque comme une flèche sur la Sopraelevata [7]. Surprise de sortir de l’ascenseur urbain et de te retourner [8]. Surprise de la route des crêtes [9]. Surprise des rues du centre historique [10]. Surprise des saveurs de leur cuisine [11]. Surprise des pluies, surprise de la lumière [12].

Benoît Vincent, GEnove, Nouvel Attila / Othello, P.71-72

</blockquote>

Et puis c’est un livre d’une finesse et d’une élégance d’objet remarquable, ce qui ne gâche rien. Dans La ville fond, la ville on ne la verra jamais. C’est une image pixelisée en fond d’écran, hyper présente, mais qui ne se rapproche jamais même quand le personnage s’avance vers elle. C’est un faux open world, qui se déplie et se replie aléatoirement à mesure que le livre progresse (bugs de collision, points de vue difractés, parfois contradictoires, routines saccadées). Assez différent de Saccage mais néanmoins toujours dans cet après qui ne témoigne plus seulement de la fin d’un monde mais aussi d’une fin de toute temporalité.

<blockquote> Devant l’école, Bram s’accouda au portail et vit dans la cour des bandes d’enfants taper du pied dans des petits tas de sable. Les petits tas de sable avaient l’air de petits tas de cendres. ertains enfants étaient allongés sur le sol et semblaient faire la sieste, leur tête reposant sur le ventre de porcs morts.

Quentin Leclerc, La ville fond, Les éditions de l’Ogre, P. 143

</blockquote>

1272 mots pour Eff, tendus, sur ma lancée. De l’eau qui coule et qui inonde tout un morceau de route sur laquelle on marchait. C’est probablement métaphorique de quelque chose mais j’ignore encore quoi (ou bien alors c’est simple, simpliste même, frontal d’une certaine façon : c’est la tristesse, un deuil). Autres mots recopiés de mardi (736) et jeudi à la gare de Nîmes (713). Je suis en train de me rendre compte que je prends plus de plaisir à m’imaginer écrire ce que deviendra mon Morphine qu’à l’écrire effectivement, du coup je retarde le moment de m’y remettre. Je lui ai accolé un titre l’autre jour, Mourir 18 fois de suite, qui n’est probablement pas le dernier mais qui a le mérite de [je me suis arrêté là dans l’écriture de cette phrase]. Peut-être que tout simplement la réponse à l’énigme de l’articulation du texte c’est tout simplement de se servir des flash-forward comme autant de souvenirs à l’envers, et tout serait ainsi ancré dans le présent sibérien (qui est aussi notre futur), avec un fort attachement à l’endroit, comme je le souhaitais. Ça m’est venu en me disant, aussi, qu’il fallait lire Sebald ( cherché un moment dans des rayons puis plus ). . Svetlana Alexievitch, dans Les cercueils de zinc sur la guerre en Afghanistan : Moi, je n’ai rien rapporté de là-bas sauf l’éclat qu’on a retiré de mon corps. Quant à la pyramide dans laquelle je suis coincé depuis des jours il a fallu que je fasse quelques modifications tactiques dans l’équipe : Bartz est Berserk, Kirile mage du temps / mage blanc et Faris ninja.

[7Ici un lien menant vers le chapitre « Sopraelevata et Sottoripa » qui commence par la phrase Tu les prends ensemble, elles se défient, elle se coursent et se mêlent, parfois, dans les jours de grand vent.

[8Là un lien pointant sur « Ascenseurs et funiculaires » : Ascenseurs publics et funiculaires, relativement nombreux sur le territoire de la ville du fait du dislivello (dénivelé), font partie intégrante du système de transports urbains (et il y a encore deux autres liens possibles dans cette phrase, on ne les détaillera pas ici, car c’est sans fin cette histoire).

[9Lien vers « La ligne verte » : Le territoire urbain est si vaste, il est si coincé contre la mer...

[10Lien vers « Caruggi » : Le centre historique de Gênes est dit-on le plus grand d’Europe.

[11Lien vers le chapitre « Cuisine » : La cuisine est le fruit de la fantaisie et du savoir-faire des hommes, combinés aux mânes et aux contraintes d’un territoire.

[12Lien pointant vers « La ville pointillée » : Tu as commencé ce texte, ce matin, la nuit avait cédée à la tempête...

240617, version 6 (24 juin 2017)

Je termine doucement le GEnove de Benoît Vincent : j’ai pris un temps interminable pour le lire et c’est un luxe accordé à moi-même que ce temps. Je connaissais presque tout de ce livre déjà pour avoir déjà beaucoup lu et écumé la version web initiale, mais c’était ne rien connaître du tout de ce livre recomposé et réinventé ici. C’est une ville avec ses recoins et ses strates, temporelles, géologiques, d’odeurs et de saveurs (c’est un livre qui donne faim). Une ville épuisée dit le sous-titre, en tout les cas animée, ventriloquie de ville et puis un autre luxe encore à le lire : on peut aller partout et dans n’importe quel sens. Suivi celui de la Marelle des 81 chapitres mais on pourrait tout aussi bien rebondir à chaque appel de pages et ne jamais s’en sortir réellement, et ne jamais savoir, non plus, où l’on en est. Une grande impression de déambulation très lente et très douce, dans la lumière et dans le vent.

<blockquote>

Gênes est une ville qui se découvre par surprise. Surprise, la vue de celui qui débarque comme une flèche sur la Sopraelevata [13]. Surprise de sortir de l’ascenseur urbain et de te retourner [14]. Surprise de la route des crêtes [15]. Surprise des rues du centre historique [16]. Surprise des saveurs de leur cuisine [17]. Surprise des pluies, surprise de la lumière [18].

Benoît Vincent, GEnove, Nouvel Attila / Othello, P.71-72

</blockquote>

Et puis c’est un livre d’une finesse et d’une élégance d’objet remarquable, ce qui ne gâche rien. Dans La ville fond, la ville on ne la verra jamais. C’est une image pixelisée en fond d’écran, hyper présente, mais qui ne se rapproche jamais même quand le personnage s’avance vers elle. C’est un faux open world, qui se déplie et se replie aléatoirement à mesure que le livre progresse (bugs de collision, points de vue difractés, parfois contradictoires, routines saccadées). Assez différent de Saccage mais néanmoins toujours dans cet après qui ne témoigne plus seulement de la fin d’un monde mais aussi d’une fin de toute temporalité.

<blockquote> Devant l’école, Bram s’accouda au portail et vit dans la cour des bandes d’enfants taper du pied dans des petits tas de sable. Les petits tas de sable avaient l’air de petits tas de cendres. ertains enfants étaient allongés sur le sol et semblaient faire la sieste, leur tête reposant sur le ventre de porcs morts.

Quentin Leclerc, La ville fond, Les éditions de l’Ogre, P. 143

</blockquote>

1272 mots pour Eff, tendus, sur ma lancée. De l’eau qui coule et qui inonde tout un morceau de route sur laquelle on marchait. C’est probablement métaphorique de quelque chose mais j’ignore encore quoi (ou bien alors c’est simple, simpliste même, frontal d’une certaine façon : c’est la tristesse, un deuil). Autres mots recopiés de mardi (736) et jeudi à la gare de Nîmes (713). Je suis en train de me rendre compte que je prends plus de plaisir à m’imaginer écrire ce que deviendra mon Morphine qu’à l’écrire effectivement, du coup je retarde le moment de m’y remettre. Je lui ai accolé un titre l’autre jour, Mourir 18 fois de suite, qui n’est probablement pas le dernier mais qui a le mérite de [je me suis arrêté là dans l’écriture de cette phrase]. Peut-être que tout simplement la réponse à l’énigme de l’articulation du texte c’est tout simplement de se servir des flash-forward comme autant de souvenirs à l’envers, et tout serait ainsi ancré dans le présent sibérien (qui est aussi notre futur), avec un fort attachement à l’endroit, comme je le souhaitais. Ça m’est venu en me disant, aussi, qu’il fallait lire Sebald.

[13Ici un lien menant vers le chapitre « Sopraelevata et Sottoripa » qui commence par la phrase Tu les prends ensemble, elles se défient, elle se coursent et se mêlent, parfois, dans les jours de grand vent.

[14Là un lien pointant sur « Ascenseurs et funiculaires » : Ascenseurs publics et funiculaires, relativement nombreux sur le territoire de la ville du fait du dislivello (dénivelé), font partie intégrante du système de transports urbains (et il y a encore deux autres liens possibles dans cette phrase, on ne les détaillera pas ici, car c’est sans fin cette histoire).

[15Lien vers « La ligne verte » : Le territoire urbain est si vaste, il est si coincé contre la mer...

[16Lien vers « Caruggi » : Le centre historique de Gênes est dit-on le plus grand d’Europe.

[17Lien vers le chapitre « Cuisine » : La cuisine est le fruit de la fantaisie et du savoir-faire des hommes, combinés aux mânes et aux contraintes d’un territoire.

[18Lien pointant vers « La ville pointillée » : Tu as commencé ce texte, ce matin, la nuit avait cédée à la tempête...

240617, version 5 (24 juin 2017)

Je termine doucement le GEnove de Benoît Vincent : j’ai pris un temps interminable pour le lire et c’est un luxe accordé à moi-même que ce temps. Je connaissais presque tout de ce livre déjà pour avoir déjà beaucoup lu et écumé la version web initiale, mais c’était ne rien connaître du tout de ce livre recomposé et réinventé ici. C’est une ville avec ses recoins et ses strates, temporelles, géologiques, d’odeurs et de saveurs (c’est un livre qui donne faim). Une ville épuisée dit le sous-titre, en tout les cas animée, ventriloquie de ville et puis un autre luxe encore à le lire : on peut aller partout et dans n’importe quel sens. Suivi celui de la Marelle des 81 chapitres mais on pourrait tout aussi bien rebondir à chaque appel de pages et ne jamais s’en sortir réellement, et ne jamais savoir, non plus, où l’on en est. Une grande impression de déambulation très lente et très douce, dans la lumière et dans le vent.

<blockquote>

Gênes est une ville qui se découvre par surprise. Surprise, la vue de celui qui débarque comme une flèche sur la Sopraelevata [19]. Surprise de sortir de l’ascenseur urbain et de te retourner [20]. Surprise de la route des crêtes [21]. Surprise des rues du centre historique [22]. Surprise des saveurs de leur cuisine [23]. Surprise des pluies, surprise de la lumière [24].

Benoît Vincent, GEnove, Nouvel Attila / Othello, P.71-72

</blockquote>

Et puis c’est un livre d’une finesse et d’une élégance d’objet remarquable, ce qui ne gâche rien. Dans La ville fond, la ville on ne la verra jamais. C’est une image pixelisée en fond d’écran, hyper présente, mais qui ne se rapproche jamais même quand le personnage s’avance vers elle. C’est un faux open world, qui se déplie et se replie aléatoirement à mesure que le livre progresse (bugs de collision, points de vue difractés, parfois contradictoires, routines saccadées). Assez différent de Saccage mais néanmoins toujours dans cet après qui ne témoigne plus seulement de la fin d’un monde mais aussi d’une fin de toute temporalité.

<blockquote> Devant l’école, Bram s’accouda au portail et vit dans la cour des bandes d’enfants taper du pied dans des petits tas de sable. Les petits tas de sable avaient l’air de petits tas de cendres. ertains enfants étaient allongés sur le sol et semblaient faire la sieste, leur tête reposant sur le ventre de porcs morts.

Quentin Leclerc, La ville fond, Les éditions de l’Ogre, P. 143

</blockquote>

1272 mots pour Eff, tendus, sur ma lancée. De l’eau qui coule et qui inonde tout un morceau de route sur laquelle on marchait. C’est probablement métaphorique de quelque chose mais j’ignore encore quoi (ou bien alors c’est simple, simpliste même, frontal d’une certaine façon : c’est la tristesse, un deuil). Autres mots recopiés de mardi (736) et jeudi à la gare de Nîmes (713).

[19Ici un lien menant vers le chapitre « Sopraelevata et Sottoripa » qui commence par la phrase Tu les prends ensemble, elles se défient, elle se coursent et se mêlent, parfois, dans les jours de grand vent.

[20Là un lien pointant sur « Ascenseurs et funiculaires » : Ascenseurs publics et funiculaires, relativement nombreux sur le territoire de la ville du fait du dislivello (dénivelé), font partie intégrante du système de transports urbains (et il y a encore deux autres liens possibles dans cette phrase, on ne les détaillera pas ici, car c’est sans fin cette histoire).

[21Lien vers « La ligne verte » : Le territoire urbain est si vaste, il est si coincé contre la mer...

[22Lien vers « Caruggi » : Le centre historique de Gênes est dit-on le plus grand d’Europe.

[23Lien vers le chapitre « Cuisine » : La cuisine est le fruit de la fantaisie et du savoir-faire des hommes, combinés aux mânes et aux contraintes d’un territoire.

[24Lien pointant vers « La ville pointillée » : Tu as commencé ce texte, ce matin, la nuit avait cédée à la tempête...

240617, version 4 (24 juin 2017)

Je termine doucement le GEnove de Benoît Vincent : j’ai pris un temps interminable pour le lire et c’est un luxe accordé à moi-même que ce temps. Je connaissais presque tout de ce livre déjà pour avoir déjà beaucoup lu et écumé la version web initiale, mais c’était ne rien connaître du tout de ce livre recomposé et réinventé ici. C’est une ville avec ses recoins et ses strates, temporelles, géologiques, d’odeurs et de saveurs (c’est un livre qui donne faim). Une ville épuisée dit le sous-titre, en tout les cas animée, ventriloquie de ville et puis un autre luxe encore à le lire : on peut aller partout et dans n’importe quel sens. Suivi celui de la Marelle des 81 chapitres mais on pourrait tout aussi bien rebondir à chaque appel de pages et ne jamais s’en sortir réellement, et ne jamais savoir, non plus, où l’on en est. Une grande impression de déambulation très lente et très douce, dans la lumière et dans le vent.

<blockquote>

Gênes est une ville qui se découvre par surprise. Surprise, la vue de celui qui débarque comme une flèche sur la Sopraelevata [25]. Surprise de sortir de l’ascenseur urbain et de te retourner [26]. Surprise de la route des crêtes [27]. Surprise des rues du centre historique [28]. Surprise des saveurs de leur cuisine [29]. Surprise des pluies, surprise de la lumière [30].

Benoît Vincent, GEnove, Nouvel Attila / Othello, P.71-72

</blockquote>

Et puis c’est un livre d’une finesse et d’une élégance d’objet remarquable, ce qui ne gâche rien. Dans La ville fond, la ville on ne la verra jamais. C’est une image pixelisée en fond d’écran, hyper présente, mais qui ne se rapproche jamais même quand le personnage s’avance vers elle. C’est un faux open world, qui se déplie et se replie aléatoirement à mesure que le livre progresse (bugs de collision, points de vue difractés, parfois contradictoires, routines saccadées). Assez différent de Saccage mais néanmoins toujours dans cet après qui ne témoigne plus seulement de la fin d’un monde mais aussi d’une fin de toute temporalité.

<blockquote> Devant l’école, Bram s’accouda au portail et vit dans la cour des bandes d’enfants taper du pied dans des petits tas de sable. Les petits tas de sable avaient l’air de petits tas de cendres. ertains enfants étaient allongés sur le sol et semblaient faire la sieste, leur tête reposant sur le ventre de porcs morts.

Quentin Leclerc, La ville fond, Les éditions de l’Ogre, P. 143

</blockquote>

1272 mots pour Eff, tendus, sur ma lancée. De l’eau qui coule et qui inonde tout un morceau de route sur laquelle on marchait. C’est probablement métaphorique de quelque chose mais j’ignore encore quoi (ou bien alors c’est simple, simpliste même, frontal d’une certaine façon : c’est la tristesse, un deuil).

[25Ici un lien menant vers le chapitre « Sopraelevata et Sottoripa » qui commence par la phrase Tu les prends ensemble, elles se défient, elle se coursent et se mêlent, parfois, dans les jours de grand vent.

[26Là un lien pointant sur « Ascenseurs et funiculaires » : Ascenseurs publics et funiculaires, relativement nombreux sur le territoire de la ville du fait du dislivello (dénivelé), font partie intégrante du système de transports urbains (et il y a encore deux autres liens possibles dans cette phrase, on ne les détaillera pas ici, car c’est sans fin cette histoire).

[27Lien vers « La ligne verte » : Le territoire urbain est si vaste, il est si coincé contre la mer...

[28Lien vers « Caruggi » : Le centre historique de Gênes est dit-on le plus grand d’Europe.

[29Lien vers le chapitre « Cuisine » : La cuisine est le fruit de la fantaisie et du savoir-faire des hommes, combinés aux mânes et aux contraintes d’un territoire.

[30Lien pointant vers « La ville pointillée » : Tu as commencé ce texte, ce matin, la nuit avait cédée à la tempête...

240617, version 3 (24 juin 2017)

Je termine doucement le GEnove de Benoît Vincent : j’ai pris un temps interminable pour le lire et c’est un luxe accordé à moi-même que ce temps. Je connaissais presque tout de ce livre déjà pour avoir déjà beaucoup lu et écumé la version web initiale, mais c’était ne rien connaître du tout de ce livre recomposé et réinventé ici. C’est une ville avec ses recoins et ses strates, temporelles, géologiques, d’odeurs et de saveurs (c’est un livre qui donne faim). Une ville épuisée dit le sous-titre, en tout les cas animée, ventriloquie de ville et puis un autre luxe encore à le lire : on peut aller partout et dans n’importe quel sens. Suivi celui de la Marelle des 81 chapitres mais on pourrait tout aussi bien rebondir à chaque appel de pages et ne jamais s’en sortir réellement, et ne jamais savoir, non plus, où l’on en est. Une grande impression de déambulation très lente et très douce, dans la lumière et dans le vent.

<blockquote>

Gênes est une ville qui se découvre par surprise. Surprise, la vue de celui qui débarque comme une flèche sur la Sopraelevata [31]. Surprise de sortir de l’ascenseur urbain et de te retourner [32]. Surprise de la route des crêtes [33]. Surprise des rues du centre historique [34]. Surprise des saveurs de leur cuisine [35]. Surprise des pluies, surprise de la lumière [36].

Benoît Vincent, GEnove, Nouvel Attila / Othello, P.71-72

</blockquote>

Et puis c’est un livre d’une finesse et d’une élégance d’objet remarquable, ce qui ne gâche rien. Dans La ville fond, la ville on ne la verra jamais. C’est une image pixelisée en fond d’écran, hyper présente, mais qui ne se rapproche jamais même quand le personnage s’avance vers elle. C’est un faux open world, qui se déplie et se replie aléatoirement à mesure que le livre progresse (bugs de collision, points de vue difractés, parfois contradictoires, routines saccadées). Assez différent de Saccage mais néanmoins toujours dans cet après qui ne témoigne plus seulement de la fin d’un monde mais aussi d’une fin de toute temporalité.

<blockquote> Devant l’école, Bram s’accouda au portail et vit dans la cour des bandes d’enfants taper du pied dans des petits tas de sable. Les petits tas de sable avaient l’air de petits tas de cendres. ertains enfants étaient allongés sur le sol et semblaient faire la sieste, leur tête reposant sur le ventre de porcs morts.

Quentin Leclerc, La ville fond, Les éditions de l’Ogre, P. 143

</blockquote>

[31Ici un lien menant vers le chapitre « Sopraelevata et Sottoripa » qui commence par la phrase Tu les prends ensemble, elles se défient, elle se coursent et se mêlent, parfois, dans les jours de grand vent.

[32Là un lien pointant sur « Ascenseurs et funiculaires » : Ascenseurs publics et funiculaires, relativement nombreux sur le territoire de la ville du fait du dislivello (dénivelé), font partie intégrante du système de transports urbains (et il y a encore deux autres liens possibles dans cette phrase, on ne les détaillera pas ici, car c’est sans fin cette histoire).

[33Lien vers « La ligne verte » : Le territoire urbain est si vaste, il est si coincé contre la mer...

[34Lien vers « Caruggi » : Le centre historique de Gênes est dit-on le plus grand d’Europe.

[35Lien vers le chapitre « Cuisine » : La cuisine est le fruit de la fantaisie et du savoir-faire des hommes, combinés aux mânes et aux contraintes d’un territoire.

[36Lien pointant vers « La ville pointillée » : Tu as commencé ce texte, ce matin, la nuit avait cédée à la tempête...

240617, version 2 (24 juin 2017)

{Commentaires}

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

{Autres articles}


Livres


- -

- - - -

Projets Web


- -


-
Spip | PhpNet | Contact | Retour au sommaire | ISSN 2428-9590 |