080218


Vous croyez à la nouveauté du malheur. Comment faites-vous pour oublier qu’il s’amoncelle au fil du temps ? Moi, je le sais toujours et ma vigilance ne me laisse aucun repos. Je suis un homme qui n’oublie pas, qui n’oublie rien, jamais. La voilà, ma démence, si vous voulez le savoir. Je ne peux pas oublier mes hordes déferlant dans l’ivresse de la conquête et livrées au bonheur du ravage. Peut-être qu’un professeur répugne à se figurer la joie sombre et noble que l’on éprouve à jeter bas tout ce qui a été édifié petitement au fil d’un temps uniforme, tout ce qui, dans la vanité des choses humaines, s’est durci des présomptions où s’éteint peu à peu l’inspiration des origines. Tout cela nous l’avons éventré, nous l’avons renversé sous le sabot de nos chevaux. Voilà ce qu’on appelle la barbarie — cette joie grandiose — et je sais bien que vous n’êtes pas près, vous, les victimes, d’avouer finalement que c’est vous qui avez appelé les barbares et que nous sommes venus vers vous parce que le vent portait sur nos steppes désolées et lointaines l’inlassable écho de votre lassitude.

Jacques Abeille, Les Barbares, Attila, P. 165.

À Nantes je suis là où j’ai lu pour la toute première fois la fin de Fly il y a mais dix-huit ans. La neige a fondu jusqu’au Mans. À partir de là, on a l’impression de fuser à fleur de lac salé. Avant, c’était la Loire en crue. Combien de temps encore avant que le train glisse sur de l’eau comme dans cette scène du Voyage de Chihiro ?

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080218, version 7 (10 mars 2018)

<blockquote> Vous croyez à la nouveauté du malheur. Comment faites-vous pour oublier qu’il s’amoncelle au fil du temps ? Moi, je le sais toujours et ma vigilance ne me laisse aucun repos. Je suis un homme qui n’oublie pas, qui n’oublie rien, jamais. La voilà, ma démence, si vous voulez le savoir. Je ne peux pas oublier mes hordes déferlant dans l’ivresse de la conquête et livrées au bonheur du ravage. Peut-être qu’un professeur répugne à se figurer la joie sombre et noble que l’on éprouve à jeter bas tout ce qui a été édifié petitement au fil d’un temps uniforme, tout ce qui, dans la vanité des choses humaines, s’est durci des présomptions où s’éteint peu à peu l’inspiration des origines. Tout cela nous l’avons éventré, nous l’avons renversé sous le sabot de nos chevaux. Voilà ce qu’on appelle la barbarie — cette joie grandiose — et je sais bien que vous n’êtes pas près, vous, les victimes, d’avouer finalement que c’est vous qui avez appelé les barbares et que nous sommes venus vers vous parce que le vent portait sur nos steppes désolées et lointaines l’inlassable écho de votre lassitude.Trop longue, une agonie cesse d’être pathétique pour n’être plus qu’ennuyeuse.

Jacques Abeille, Les Barbares, Attila, P. 165.

</blockquote>

À Nantes je suis là où j’ai lu pour la toute première fois la fin de Fly il y a mais dix-huit ans. La neige a fondu jusqu’au Mans. À partir de là, on a l’impression de fuser à fleur de lac salé. Avant, c’était la Loire en crue. Combien de temps encore avant que le train glisse sur de l’eau comme dans cette scène du Voyage de Chihiro ?

Froid, Fly, Hayao Miyazaki, Jacques Abeille, Nantes
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080218, version 6 (9 mars 2018)

080218, version 5 (6 mars 2018)

<blockquote> Vous croyez à la nouveauté du malheur. Comment faites-vous pour oublier qu’il s’amoncelle au fil du temps ? Moi, je le sais toujours et ma vigilance ne me laisse aucun repos. Je suis un homme qui n’oublie pas, qui n’oublie rien, jamais. La voilà, ma démence, si vous voulez le savoir. Je ne peux pas oublier mes hordes déferlant dans l’ivresse de la conquête et livrées au bonheur du ravage. Peut-être qu’un professeur répugne à se figurer la joie sombre et noble que l’on éprouve à jeter bas tout ce qui a été édifié petitement au fil d’un temps uniforme, tout ce qui, dans la vanité des choses humaines, s’est durci des présomptions où s’éteint peu à peu l’inspiration des origines. Tout cela nous l’avons éventré, nous l’avons renversé sous le sabot de nos chevaux. Voilà ce qu’on appelle la barbarie — cette joie grandiose — et je sais bien que vous n’êtes pas près, vous, les victimes, d’avouer finalement que c’est vous qui avez appelé les barbares et que nous sommes venus vers vous parce que le vent portait sur nos steppes désolées et lointaines l’inlassable écho de votre lassitude. Trop longue, une agonie cesse d’être pathétique pour n’être plus qu’ennuyeuse.

Jacques Abeille, Les Barbares, Attila, P. 165.

</blockquote>

À Nantes je suis là où j’ai lu pour la toute première fois la fin de Fly il y a mais dix-huit ans. La neige elle a fondu jusqu’au Mans. À partir de là, on a l’impression de fuser à fleur de lac salé. Avant, c’était la Loire en crue. Combien de temps encore avant que le train glisse sur de l’eau comme dans [cette scène->https://www . cette scène du Voyage de Chihiro  ? youtube.com/watch ?v=pznqTTkurvw] du Voyage de Chihiro ?

080218, version 4 (4 mars 2018)

<blockquote> Vous croyez à la nouveauté du malheur. Comment faites-vous pour oublier qu’il s’amoncelle au fil du temps ? Moi, je le sais toujours et ma vigilance ne me laisse aucun repos. Je suis un homme qui n’oublie pas, qui n’oublie rien, jamais. La voilà, ma démence, si vous voulez le savoir. Je ne peux pas oublier mes hordes déferlant dans l’ivresse de la conquête et livrées au bonheur du ravage. Peut-être qu’un professeur répugne à se figurer la joie sombre et noble que l’on éprouve à jeter bas tout ce qui a été édifié petitement au fil d’un temps uniforme, tout ce qui, dans la vanité des choses humaines, s’est durci des présomptions où s’éteint peu à peu l’inspiration des origines. Tout cela nous l’avons éventré, nous l’avons renversé sous le sabot de nos chevaux. Voilà ce qu’on appelle la barbarie — cette joie grandiose — et je sais bien que vous n’êtes pas près, vous, les victimes, d’avouer finalement que c’est vous qui avez appelé les barbares et que nous sommes venus vers vous parce que le vent portait sur nos steppes désolées et lointaines l’inlassable écho de votre lassitude. Trop longue, une agonie cesse d’être pathétique pour n’être plus qu’ennuyeuse.

Jacques Abeille, Les Barbares, Attila, P. 165.

</blockquote>

À Nantes je suis là où j’ai lu pour la toute première fois la fin de Fly il y a dix-huit ans. La neige elle a fondu jusqu’au Mans. À partir de là, on a l’impression de fuser à fleur de lac salé. Avant, c’était la Loire en crue. Combien de temps encore avant que le train glisse sur de l’eau comme dans cette scène du Voyage de Chihiro ?

080218, version 3 (25 février 2018)

<blockquote> Vous croyez à la nouveauté du malheur. Comment faites-vous pour oublier qu’il s’amoncelle au fil du temps ? Moi, je le sais toujours et ma vigilance ne me laisse aucun repos. Je suis un homme qui n’oublie pas, qui n’oublie rien, jamais. La voilà, ma démence, si vous voulez le savoir. Je ne peux pas oublier mes hordes déferlant dans l’ivresse de la conquête et livrées au bonheur du ravage. Peut-être qu’un professeur répugne à se figurer la joie sombre et noble que l’on éprouve à jeter bas tout ce qui a été édifié petitement au fil d’un temps uniforme, tout ce qui, dans la vanité des choses humaines, s’est durci des présomptions où s’éteint peu à peu l’inspiration des origines. Tout cela nous l’avons éventré, nous l’avons renversé sous le sabot de nos chevaux. Voilà ce qu’on appelle la barbarie — cette joie grandiose — et je sais bien que vous n’êtes pas près, vous, les victimes, d’avouer finalement que c’est vous qui avez appelé les barbares et que nous sommes venus vers vous parce que le vent portait sur nos steppes désolées et lointaines l’inlassable écho de votre lassitude. Trop longue, une agonie cesse d’être pathétique pour n’être plus qu’ennuyeuse.

Jacques Abeille, Les Barbares, Attila, P. 165.

</blockquote>

À Nantes je suis là où j’ai lu pour la première fois la fin de Fly il y a dix-huit ans. La neige elle a fondu jusqu’au Mans. À partir de là, on a l’impression de fuser à fleur de lac salé. Avant, c’était la Loire en crue. Combien de temps encore avant que le train glisse sur de l’eau comme dans cette scène du Voyage de Chihiro ?

080218, version 2 (8 février 2018)

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