120318


Je vois une petite araignée qui court sur le mur,
Je la suis, elle m’aimante.
Elle m’empêche de prendre la plume.
La tuer, l’araignée !
La flemme de me lever.
Maintenant, je regarde à l’intérieur de moi,
Mais c’est vide dans moi, c’est monotone et morne,
Nulle part ne bat la vie intensive,
Tout est fade et somnolent, comme de la paille humide.
Bon, je suis passé à l’intérieur de moi
Et me revoilà devant vous.

Daniil Charms, « J’ai longtemps regardé les arbres verts » in Partages, volume 2 d’André Markowicz, Inculte, P. 56-57.

Je suis seul dans cette maison qui fut la nôtre. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il ne reste plus que moi. La télévision n’émet que de la neige maintenant. Ils ont eu le temps d’annoncer que c’était terminé. La fin du monde, encore qu’ils n’appellent peut-être pas ça comme ça. Mais on n’a pas besoin des mots pour comprendre. Je suis pas pressé, rien. Je ferme la maison, les volets. Je descends au sous-sol rentrer le linge qui sèche sur la terrasse. Les vêtements à mon frère, je les mets dans sa chambre. Trois animaux sont là qui doivent être emmenés, on ne peut pas les laisser derrière nous. Moi. Un chien, un chat, et un autre animal encore, on ne le verra pas pour le moment. J’ai des dilemmes. Est-ce qu’il faut que je coupe l’électricité ? Est-ce qu’on coupe l’électricité avant la fin du monde ? Il y a un pick up derrière la maison, je partirai avec ça et, peut-être plusieurs jours après avoir laissé ainsi la maison familiale, je me retrouverai avec d’autres à investir d’anciens bureaux désaffectés dans quoi se sont réfugiées des bêtes sauvages. On voit rien, il n’y a plus de lumière nulle part. C’est quoi ce qui se blottit contre moi pour chercher la chaleur ? Un blaireau peut-être. Ça s’est fini comme ça. Le reste de mon temps, celui que je passe éveillé à pester contre deux grammes en trop, à répéter 240 fois de suite les mêmes mouvements pour glisser dans des enveloppes les mêmes masses, les mêmes poids, le même mal à l’épaule. Ou bien alors c’est espérer que le premier truc surgelé acheté depuis qu’on vit dans cet appartement ne décongèle pas là, sur le tapis d’une caisse qui n’avance pas, encore. J’ai horreur de ça, les timbres. Mais pas autant que la matière du carton ou du kraft. Le pire c’est quand quelqu’un se met à siffler par dessus ça. Heureusement que je suis seul. 520 mots pour Eff, qui sont bons (mais trop déformés par l’écriture d’Amy Hempel pour tenir) sur un certain nombre d’interprétations différentes de Frates (j’en trouverai six sur Spotify, dont une du Kronos Quartet).

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120318, version 7 (14 avril 2018)

Partage 2,p. <blockquote > 57-58

Je vois une petite araignée qui court sur le mur,
Je la suis, elle m’aimante.
Elle m’empêche de prendre la plume.
La tuer, l’araignée !
La flemme de me lever.
Maintenant, je regarde à l’intérieur de moi,
Mais c’est vide dans moi, c’est monotone et morne,
Nulle part ne bat la vie intensive,
Tout est fade et somnolent, comme de la paille humide.
Bon, je suis passé à l’intérieur de moi
Et me revoilà devant vous.

Daniil Charms, « J’ai longtemps regardé les arbres verts » in Partages, volume 2 d’André Markowicz, Inculte, P. 56-57.

</blockquote>

Je suis seul dans cette maison qui fut doit être la nôtre mienne . Ce que je veux dire par là, c’est qu’il ne reste plus que moi. La télévision n’émet que de la neige maintenant. Ils ont eu le temps d’annoncer que c’était terminé. La fin du monde, encore qu’ils n’appellent peut-être pas ça comme ça. Mais on n’a pas besoin des mots pour comprendre. Je ne suis pas pressé, rien. Je ferme la maison, les volets. Je descends au sous-sol rentrer le linge qui sèche sur la terrasse. Les vêtements à mon frère, je les mets dans sa chambre. Trois animaux sont là qui doivent être emmenés, on ne peut pas les laisser derrière nous. Moi. Un chien, un chat, et un autre animal encore, on ne le verra pas pour le moment. J’ai des dilemmes. Est-ce qu’il faut que je coupe l’électricité ? Est-ce qu’on coupe l’électricité avant la fin du monde ? Il y a un pick up derrière la maison, je partirai avec ça et, peut-être plusieurs jours après avoir laissé ainsi la maison familiale, je me retrouverai avec d’autres à investir d’anciens bureaux désaffectés dans quoi se sont réfugiées réfugiés des bêtes sauvages. On ne voit rien, il n’y a plus de lumière nulle part. C’est quoi ce qui se blottit contre moi pour chercher la chaleur ? Un blaireau peut-être. Ça s’est fini comme ça. Le reste de mon temps, celui que je passe éveillé à pester contre deux grammes en trop, à répéter 240 fois de suite les mêmes mouvements pour glisser dans des enveloppes les mêmes masses, les mêmes poids, le même me fait mal à l’épaule. Ou bien alors c’est espérer que le premier truc surgelé acheté depuis qu’on vit dans cet appartement ne décongèle pas là, sur le tapis d’une caisse qui n’avance pas, encore. J’ai horreur de ça, les coller des timbres. Mais pas autant que la matière du carton de devoir manipuler des cartons ou du des enveloppes en kraftpendant des heures . Le pire c’est quand quelqu’un se met à siffler par dessus ça. Heureusement que je suis seul. 520 mots pour Eff, qui sont bons (mais trop déformés par l’écriture d’Amy Hempel 520 mots pour Eff , qui sont bons ( mais trop déformés par l’écriture d’Amy Hempel pour tenirseuls ) sur un certain nombre d’interprétations différentes de Frates (j’en trouverai six sur Spotify, dont une du Kronos Quartet).

Publie.net, Amy Hempel, Rêve, André Markowicz, Arvo Pärt, Daniil Charms
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120318, version 6 (7 avril 2018)

120318, version 5 (31 mars 2018)

Je suis seul dans cette maison qui doit être la mienne. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il ne reste plus que moi. La télévision n’émet que de la neige maintenant. Ils ont eu le temps d’annoncer que c’était terminé. La fin du monde, encore qu’ils n’appellent peut-être pas ça comme ça. Mais on n’a pas besoin des mots pour comprendre. La fin du monde est là. Je ne suis pas pressé, rien . Je ferme la maison, les volets. Je descends au sous-sol rentrer le linge qui sèche séchait sur la terrasse. Les Ce sont les vêtements à de mon frère, je les mets dans sa chambre. Trois animaux sont là qui doivent être emmenés, on ne peut pas les laisser derrière nous . ailleurs ( mais  ? Moi . ). Un chien, un chat, et un autre animal encore , on qu’on ne le verra pas pour le moment. J’ai des dilemmes. Est-ce qu’il faut que je coupe l’électricité ? Il y a un pick up derrière la maison, je partirai avec ça et, peut-être plusieurs jours après avoir laissé ainsi la maison familiale, je me retrouverai avec d’autres à investir d’anciens bureaux désaffectés dans quoi se sont réfugiés des bêtes animaux sauvages. On ne voit rien, il n’y a plus de lumière nulle part. C’est quoi ce qui se blottit contre moi pour chercher la chaleur ? Un blaireau peut-être. Ça s’est fini comme ça. Le reste de mon temps, celui que je passe éveillé à pester contre deux grammes en trop, à répéter 240 fois de suite les mêmes mouvements pour glisser dans des enveloppes les mêmes masses, les mêmes poids, me fait mal à l’épaule. Ou bien alors c’est espérer que le premier truc surgelé acheté depuis qu’on vit dans cet appartement ne décongèle pas là, sur le tapis d’une caisse qui n’avance pas, encore. J’ai horreur de ça, coller des timbres. Mais pas autant que de devoir manipuler des cartons ou des enveloppes en kraft pendant des heures. Le pire c’est quand quelqu’un se met à siffler par dessus ça. Heureusement que je suis seul. 520 mots pour Eff, qui sont bons (mais trop déformés par l’écriture d’Amy Hempel pour tenir seuls) sur un certain nombre d’interprétations différentes de Frates (j’en trouverai six sur Spotify, dont une du Kronos Quartet).

Partage 2,p. 57-58

120318, version 4 (17 mars 2018)

Je suis seul dans cette maison qui doit être la mienne. Ce que je veux dire par là c’est qu’il ne reste plus que moi. La télévision n’émet que de la neige maintenant. Ils ont eu le temps d’annoncer que c’était terminé. La fin du monde est là. Je ne suis pas pressé. Je ferme la maison, les volets. Je descends au sous-sol rentrer le linge qui séchait sur la terrasse. Ce sont les vêtements de mon frère, je les mets dans sa chambre. Trois animaux sont là qui doivent être emmenés ailleurs (mais où ?). Un chien, un chat, et un autre animal qu’on ne verra pas pour le moment. J’ai des dilemmes. Est-ce qu’il faut que je coupe l’électricité ? Il y a un pick up derrière la maison, je partirai avec ça et, peut-être plusieurs jours après avoir laissé ainsi la maison familiale, je me retrouverai avec d’autres à investir d’anciens bureaux désaffectés dans quoi se sont réfugiés des animaux sauvages. On ne voit rien, il n’y a plus de lumière nulle part. C’est quoi ce qui se blottit contre moi pour chercher la chaleur ? Un blaireau peut-être. Ça s’est fini comme ça. Le reste de mon temps, celui que je passe éveillé à pester contre deux grammes en trop, à répéter 240 fois de suite les mêmes mouvements pour glisser dans des enveloppes les mêmes masses, les mêmes poids, me fait mal à l’épaule. Ou bien alors c’est espérer que le premier truc surgelé acheté depuis qu’on vit dans cet appartement ne décongèle pas là, sur le tapis d’une caisse qui n’avance pas, encore. J’ai horreur de ça, coller des timbres. Mais pas autant que de devoir manipuler des cartons ou des enveloppes en kraft pendant des heures. Le pire c’est quand quelqu’un se met à siffler par dessus ça. Heureusement que je suis seul. 520 mots pour Eff, qui sont bons (mais trop déformés par l’écriture d’Amy Hempel pour tenir seuls) sur un certain nombre d’interprétations différentes de Frates (j’en trouverai six sur Spotify, dont une du Kronos Quartet).

Partage 2,p. 57-58

120318, version 3 (12 mars 2018)

Je suis seul dans cette maison qui doit être la mienne. Ce que je veux dire par là c’est qu’il ne reste plus que moi. La télévision n’émet que de la neige maintenant. Ils ont eu le temps d’annoncer que c’était terminé. La fin du monde est là. Je ne suis pas pressé. Je ferme la maison, les volets. Je descends au sous-sol rentrer le linge qui séchait sur la terrasse. Ce sont les vêtements de mon frère, je les mets dans sa chambre. Trois animaux sont là qui doivent être emmenés ailleurs (mais où ?). Un chien, un chat, et un autre animal qu’on ne verra pas pour le moment. J’ai des dilemmes. Est-ce qu’il faut que je coupe l’électricité ? Il y a un pick up derrière la maison, je partirai avec ça et, peut-être plusieurs jours après avoir laissé ainsi la maison familiale, je me retrouverai avec d’autres à investir d’anciens bureaux désaffectés dans quoi se sont réfugiés des animaux sauvages. On ne voit rien, il n’y a plus de lumière nulle part. C’est quoi ce qui se blottit contre moi pour chercher la chaleur ? Un blaireau peut-être. Ça s’est fini comme ça. Le reste de mon temps, celui que je passe éveillé à pester contre deux grammes en trop, à répéter 240 fois de suite les mêmes mouvements pour glisser dans des enveloppes les mêmes masses, les mêmes poids, me fait mal à l’épaule. Ou bien alors c’est espérer que le premier truc surgelé acheté depuis qu’on vit dans cet appartement ne décongèle pas là, sur le tapis d’une caisse qui n’avance pas, encore. J’ai horreur de ça, coller des timbres. Mais pas autant que de devoir manipuler des cartons ou des enveloppes en kraft pendant des heures. Le pire c’est quand quelqu’un se met à siffler par dessus ça. Heureusement que je suis seul. 520 mots pour Eff, qui sont bons (mais trop déformés par l’écriture d’Amy Hempel pour tenir seuls) sur un certain nombre d’interprétations différentes de Frates (j’en trouverai six sur Spotify, dont une du Kronos Quartet).

120318, version 2 (12 mars 2018)

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