240618


Je croyais que c’était safe de sortir (en fait non). Alors je me retrouve à écrire Eff à luminosité zéro, les yeux focalisés sur les touches pour avoir conscience de ce qui se passe en ma présence. Ça marche plutôt bien. Taux de coquilles faible. Avant ça, je terminerai la relecture des épreuves du Chien. Dans l’une des nouvelles, il y a un signe de ponctuation étrange qui s’est glissé vingt-et-une fois dans le texte. Puis relever des césures qui à mes yeux seront inconfortables. Et deux trois modifications dans le texte lui-même, soit car quelque chose ne tient pas, soit qu’il faille supprimer une répétition ou quoi. Toujours quand je relis le Chien je le fais avec une certaine appréhension : et si, depuis la dernière fois, ça ne fonctionnait plus ? Mais ce n’est pas le cas. Et toutes les parties sur lesquelles j’avais encore des doutes il y a peu correspondent aujourd’hui à dex choix (contestables en tant que tels) de traduction qu’il me revient d’assumer. C’est un soulagement. Je me servirai aussi de ces phases de travail sur le texte avec d’autres pour voir comment eux ils travaillent (même chose cette nuit, sur ADP). Mais dans le cinéma un peu plus tard ce jour-là, avant que Sans un bruit [1] commence, derrière un groupe d’ados qui se mettront juste devant nous, à cause de l’un d’eux qui lui ressemble, j’en viendrai à penser à N., je veux dire me demander ce qu’il est devenu. Et je n’avais plus pensé à N. depuis au moins plusieurs années. D’ailleurs je l’ai même pas connu, N., juste je savais son prénom et son nom de famille (car on se retrouvera toujours à dire son prénom et son nom de famille, peut-être parce qu’il porte un prénom répandu), et que c’était un pote d’A., au collège. Il habitait le quartier au-dessus du nôtre, mais à l’époque il n’était pas question de mélanger les quartiers alors on tenait, comment dire, nos distances. C’était un mec un peu étrange, playboy Polly Pocket de moins d’un mètre soixante avec un visage de bébé et qui m’est apparu, chaque fois que je l’ai vu (c’est-à-dire peu), complètement défoncé au shit ou à l’alcool avant d’aller en cours. Et c’est à peu près tout ce que je sais de ce mec aujourd’hui. Mais à cette époque, on essayait souvent (A. en tête) de me convaincre de voir des films d’horreur. J’ai jamais compris ça les films d’horreur. Le peu que j’ai vu durant mon adolescence, c’est qu’on a réussi après pas mal d’effort de m’y traîner, le plus souvent au cinéma, des films dont je n’ai plus aujourd’hui le moindre souvenir. Mais jamais je ne rejoindrai personne pour aller voir des VHS de Freddy ou de L’exorciste, pas tellement parce que j’avais peur d’avoir peur, plutôt à cause des codes. Je les ai pas. Je comprends pas, quoi. Je vois pas où est le truc. Et peut-être que A., N., et les autres, aujourd’hui, ils kifferaient voir un film comme Sans un bruit pour ça alors que moi, ben, moins. C’est peut-être tout simple. Moi, tout ce que j’ai aimé dans ce film c’est les scènes quotidiennes du début et le fait qu’ils marcheront pieds nus sur une espèce de sentier de sable qu’ils déversent pour se frayer un chemin, donc, sans un bruit.

29 juillet 2018
par Guillaume Vissac
Journal
#A. #Accident de personne #Adolescence #Amy Hempel #H. #N. #Traduire

[1Un film avec des idées fraiches, oui mais pourquoi montrer si tôt les créatures ?

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240618, version 7 (29 juillet 2018)

Adolescence, N., H., Accident de personne, Amy Hempel, Traduire, A.
Je croyais que c’était safe de sortir (en fait non). Alors je me retrouve à écrire Eff à luminosité zéro, et les yeux focalisés sur les touches pour avoir conscience de ce qui se passe en ma présence . que je dis ( écris ). Ça marche plutôt bien. Taux de coquilles faible. Avant ça, je terminerai la relecture des épreuves du [Chien->http://fuirestunepulsion . Chien . net/IMG/jpg/36489164_1916364835080580_5847284973467336704_n.jpg]. Dans l’une des nouvelles, il y a un signe de ponctuation étrange qui s’est glissé vingt-et-une fois dans le texte. Puis relever des césures qui à mes yeux seront inconfortables. Et deux trois modifications dans le texte lui-même, soit car quelque chose ne tient pas, soit qu’il faille supprimer une répétition ou quoi. Toujours quand je relis le [Chien->http://fuirestunepulsion.net/IMG/jpg/36489164_1916364835080580_5847284973467336704_n.jpg] Toujours quand je relis le Chien je le fais avec une certaine appréhension : et si, depuis la dernière fois, ça ne fonctionnait plus ? Mais ce n’est pas c’est jamais le cas. Et toutes les parties sur lesquelles j’avais encore des doutes il y a peu correspondent aujourd’hui à dex choix (contestables en tant que tels) de traduction qu’il me revient d’assumer. C’est un soulagement. Je me servirai aussi de ces phases de travail sur le texte avec d’autres pour voir comment eux ils travaillent (c’est la même chose cette nuit, sur ADP ADP ). ). Apprendre . Mais dans le cinéma un peu plus tard ce jour-là, avant que Sans un bruit [1] commence, derrière un groupe d’ados qui se mettront juste devant nous, à cause de l’un d’eux qui lui ressemble, j’en viendrai à penser à [N N .->mot24], je veux dire me demander ce qu’il est devenu. Et je n’avais plus pensé à [N N .->mot24] depuis au moins plusieurs années. D’ailleurs je l’ai même pas connu, [N N .->mot24], juste je savais son prénom et son nom de famille (car on se retrouvera toujours à dire son prénom et son nom de famille, peut-être parce qu’il porte un prénom répandu), et que c’était un pote d’[A d’A .->mot517], au collège. Il habitait le quartier au-dessus du nôtre, mais à l’époque il n’était pas question de mélanger les quartiers quand il s’agira de se faire des amis alors on tenait, comment dire, nos distances. C’était un mec un peu étrange, playboy Polly Pocket de moins d’un mètre soixante avec un visage de bébé et qui m’est apparu, chaque fois que je l’ai vu (c’est-à-dire peu), complètement défoncé au shit ou à l’alcool avant d’aller en cours. Et c’est à peu près tout ce que je sais de ce mec aujourd’hui. Mais à cette époque, on essayait souvent ([ ( A.->mot517] en tête) de me convaincre de voir des films d’horreur. J’ai Et j’ai jamais compris ça les films d’horreur. Le peu que j’ai vu durant mon adolescence, c’est qu’on a réussi après pas mal d’effort de m’y traîner, le plus souvent au cinéma, des films dont je n’ai plus aujourd’hui le moindre souvenir. Mais jamais je ne rejoindrai personne pour aller voir des VHS de Freddy ou de L’exorciste, pas tellement parce que j’avais peur d’avoir peur, plutôt à cause des codes. Je les ai pas. Je comprends pas, quoi. Je vois pas où est le truc. Et peut-être que [A A .->mot517], [N N .->mot24], et les autres, aujourd’hui, ils kifferaient voir un film comme Sans un bruit pour ça alors que moi, ben, moins. C’est peut-être tout simple. Moi, tout ce que j’ai aimé dans ce film c’est les scènes quotidiennes du début et le fait qu’ils marcheront pieds nus sur une espèce de sentier de sable qu’ils déversent pour se frayer un chemin, donc, sans un bruit.

[1Un film avec des de bonnes idées fraiches , oui mais pourquoi montrer si tôt les créatures ?

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240618, version 6 (27 juillet 2018)

Je croyais que c’était safe de sortir (en fait non). Alors je me retrouve à écrire Eff à la luminosité zéro et les yeux focalisés sur les touches pour avoir conscience de ce que je dis (écris). Ça marche plutôt bien. Taux de coquilles faible. Avant ça, je terminerai la relecture des épreuves du Chien. Dans l’une des nouvelles, il y a un signe de ponctuation étrange qui s’est glissé vingt-et-une fois dans le texte. Puis relever des césures qui à mes yeux seront inconfortables. Et deux trois modifications dans le texte lui-même, soit car quelque chose ne tient pas, soit qu’il faille supprimer une répétition ou quoi. Toujours quand je relis le Chien je le fais avec une certaine appréhension : et si, depuis la dernière fois, ça ne fonctionnait plus ? Mais c’est jamais le cas. Et toutes les parties sur lesquelles j’avais encore des doutes correspondent aujourd’hui à dex choix (contestables en tant que tels) de traduction qu’il me revient d’assumer. C’est un soulagement. Je me servirai aussi de ces phases de travail sur le texte avec d’autres pour voir comment eux d’autres éditeurs ils travaillent (c’est la même chose cette nuit, sur ADP). Apprendre. Mais dans le cinéma un peu plus tard ce jour-là, avant que Sans un bruit [2] commence, derrière un groupe d’ados qui se mettront juste devant nous, à cause de l’un d’eux qui lui ressemble, j’en viendrai à penser à N., je veux dire me demander ce qu’il est devenu. Et je n’avais plus pensé à N. depuis au moins plusieurs années. D’ailleurs je l’ai même pas connu, N., juste je savais son prénom et son nom de famille (car pour une raison qui m’échappe on se retrouvera disait toujours à dire son prénom et son nom de famille, peut-être parce qu’il porte un prénom répandu), et que c’était un pote d’A., il était dans sa classe au collège. Il habitait le quartier au-dessus du nôtre, mais à l’époque il n’était pas question de mélanger les quartiers quand il s’agira de se faire des amis alors on tenait, comment dire, nos distances. C’était un mec un peu étrange, playboy de moins d’un mètre soixante avec un visage de bébé et qui m’est apparu, chaque fois que je l’ai vu (c’est-à-dire peu), complètement défoncé au shit ou à l’alcool avant d’aller en cours. Et c’est à peu près tout ce que je sais de ce mec aujourd’hui. Mais à cette époque, on essayait souvent (A. en tête) de me convaincre de voir des films d’horreur. Et j’ai jamais compris ça les films d’horreur d’horreurs . Le peu que j’ai vu durant mon adolescence, c’est qu’on a réussi après pas mal d’effort de m’y traîner, le plus souvent au cinéma, des films dont je n’ai plus aujourd’hui le moindre souvenir. Mais jamais je ne rejoindrai personne pour aller voir des VHS de Freddy ou de L’exorciste, pas tellement parce que j’avais peur d’avoir peur, plutôt à cause des car je ne maîtrise pas les codes. Je les ai pas. Je comprends pas, quoi. Je vois pas où est le truc. Et peut-être que A., N., et les autres, aujourd’hui, ils kifferaient voir un film comme Sans un bruit pour ça alors que moi, ben, moins. C’est peut-être tout simple. Moi, tout ce que j’ai aimé dans ce film c’est les scènes quotidiennes du début et le fait qu’ils marcheront pieds nus sur une espèce de sentier de sable qu’ils déversent pour se frayer un chemin, donc, sans un bruit.

[2Un film avec de bonnes idées mais pourquoi ce parti pris de montrer si très tôt les créatures ?

240618, version 5 (26 juillet 2018)

Je croyais que c’était safe de sortir (en fait non). Alors je me retrouve à écrire Eff la luminosité de l’écran zéro et les yeux focalisés sur les touches sur quoi je tombe pour avoir conscience de ce que je dis (écris). Ça marche plutôt biencette technique . Taux de coquilles faible. Avant ça, je terminerai la relecture des épreuves du Chien. Dans l’une des nouvelles, il y a un signe de ponctuation étrange qui s’est glissé vingt-et-une fois dans le texte. Puis relever des césures qui à mes yeux seront inconfortables. Et deux trois modifications dans le texte lui-même, soit car que je me rende compte que quelque chose ne tient pas, soit qu’il faille supprimer une répétition ou quoi. Toujours quand Chaque fois que je relis le Chien je le fais avec une certaine appréhension : et si, depuis la dernière fois, ça ne fonctionnait plus ? Mais c’est jamais le cas. Et toutes les parties sur lesquelles j’avais encore des doutes correspondent m’apparaissent aujourd’hui à dex comme résultant de choix (contestables en tant que tels) de traduction qu’il me revient d’assumer que je peux assumer . C’est un soulagement. Je me servirai aussi de ces phases de travail sur le texte avec d’autres pour voir comment d’autres éditeurs ils travaillent (c’est la même chose cette nuit, sur ADP). Apprendre. Mais dans le cinéma un peu plus tard ce jour-là, avant que Sans un bruit [3] .]] commence, derrière un groupe d’ados qui se mettront juste devant nous, à cause de l’un d’eux qui lui ressemble, j’en viendrai à penser à N., je veux dire me demander ce qu’il est devenu. Et je n’avais plus pensé à N. depuis au moins plusieurs années. D’ailleurs je l’ai même pas connu, N., juste je savais son prénom et son nom de famille (pour une raison qui m’échappe on disait toujours son prénom et son nom de famille, peut-être parce qu’il porte un prénom répandu), et que c’était un pote d’A., il était dans sa classe au collège. Il habitait le quartier au-dessus du nôtre, mais à l’époque il n’était pas question de mélanger les quartiers quand il s’agira de se faire des amis alors on tenait, comment dire, nos distances. C’était un mec un peu étrange, playboy de moins d’un mètre soixante avec un visage de bébé et qui m’est apparu, chaque fois que je l’ai vu (c’est-à-dire peu), complètement défoncé au shit ou à l’alcool avant d’aller en cours. Et c’est à peu près tout ce que je sais de ce mec aujourd’hui. Mais à cette époque, on essayait souvent (A. en tête) de me convaincre de voir des films d’horreur. Et j’ai jamais compris ça les films d’horreurs. Le peu que j’ai vu durant mon adolescence, c’est qu’on a réussi après pas mal d’effort de m’y traîner, le plus souvent au cinéma, des films dont je n’ai plus aujourd’hui le moindre souvenir. Mais jamais je ne rejoindrai personne pour aller voir des VHS de Freddy ou de L’exorciste, pas tellement parce que j’avais peur d’avoir peur, plutôt car je ne maîtrise maîtriserai pas les codes. Je comprends pas, quoi. Je vois pas où est le truc. Et peut-être que A., N., et les autres, aujourd’hui, ils kifferaient voir un film comme Sans un bruit pour ça alors que moi, ben, moins. C’est peut-être tout simple. Moi, tout ce que j’ai aimé dans ce film c’est les scènes quotidiennes du début et le fait qu’ils marcheront pieds nus sur une espèce de sentier de sable qu’ils déversent pour se frayer un chemin, donc, sans sans un bruit. .

[3Un film avec de véritables bonnes idées mais qui se manquent dans plusieurs aspects clés , par exemple la bande son , mais pourquoi ce aussi le parti pris de montrer très tôt les créatures ?

240618, version 4 (23 juillet 2018)

Je croyais que c’était safe de sortir (en fait non). Alors je me retrouve à écrire Eff la luminosité de l’écran zéro et les yeux focalisés sur les touches sur quoi je tombe pour avoir conscience de ce que je dis (écris). Ça marche plutôt bien cette technique. Taux de coquilles faible. Avant ça, je terminerai la relecture des épreuves du Chien. Dans l’une des nouvelles, il y a un signe de ponctuation étrange qui s’est glissé vingt-et-une fois dans le texte. Puis relever des césures qui à mes yeux seront inconfortables. Et deux trois modifications dans le texte lui-même, soit que je me rende compte que quelque chose ne tient pas, soit qu’il faille supprimer une répétition ou quoi. Chaque fois que je relis le Chien je le fais avec une certaine appréhension : et si, depuis la dernière fois, ça ne fonctionnait plus ? Mais c’est jamais le cas. Et toutes les parties sur lesquelles j’avais encore des doutes m’apparaissent aujourd’hui comme résultant de choix (contestables en tant que tels) de traduction que je peux assumer. C’est un soulagement. Je me servirai aussi de ces phases de travail sur le texte avec d’autres pour voir comment d’autres éditeurs ils travaillent (c’est la même chose cette nuit, sur ADP). Apprendreà leur contact . Et, parfois, constater qu’en réalité je fais plutôt ce qu’il faut dans mon travail au quotidien. Mais dans le cinéma un peu plus tard ce jour-là, avant que Sans un bruit [4] commence, derrière un groupe d’ados qui se mettront juste devant nous, à cause de l’un d’eux qui lui ressemble, j’en viendrai à penser à N., je veux dire me demander ce qu’il est devenu. Et je n’avais plus pensé à N. depuis au moins plusieurs années. D’ailleurs je l’ai même pas connu, N., juste je savais son prénom et son nom de famille (pour une raison qui m’échappe on disait toujours son prénom et son nom de famille, peut-être parce qu’il porte un prénom répandu), et que c’était un pote d’A., il était dans sa classe au collège. Il habitait le quartier au-dessus du nôtre, mais à l’époque il n’était pas question de mélanger les quartiers quand il s’agira de se faire des amis alors on tenait, comment dire, nos distances. C’était un mec un peu étrange, playboy de moins d’un mètre soixante avec un visage de bébé et qui m’est apparu, chaque fois que je l’ai vu (c’est-à-dire peu), complètement défoncé au shit ou à l’alcool avant d’aller en cours. Et c’est à peu près tout ce que je sais de ce mec aujourd’hui. Mais à cette époque, on essayait souvent (A. en tête) de me convaincre de voir des films d’horreur. Et j’ai jamais compris ça les films d’horreurs. Le peu que j’ai vu durant mon adolescence, c’est qu’on a réussi après pas mal d’effort de m’y traîner, le plus souvent au cinéma, des films dont je n’ai plus aujourd’hui le moindre souvenir. Mais jamais je ne rejoindrai personne pour aller voir des VHS de Freddy ou de L’exorciste, pas tellement parce que j’avais peur d’avoir peur, plutôt car je ne maîtriserai pas les codes. Je comprends pas, quoi. Je vois pas où est le truc. Et peut-être que A., N., et les autres, aujourd’hui, ils kifferaient voir un film comme Sans un bruit pour ça alors que moi, ben, moins. C’est peut-être tout simple. Moi, tout ce que j’ai aimé dans ce film c’est les scènes quotidiennes du début et le fait qu’ils marcheront pieds nus sur une espèce de sentier de sable qu’ils déversent pour se frayer un chemin, donc, sans un bruit.

[4Un film avec de véritables bonnes idées mais qui se manquent dans plusieurs aspects clés, par exemple la bande son, mais aussi le parti pris de montrer très tôt les créatures.

240618, version 3 (14 juillet 2018)

Je croyais que c’était safe de sortir (en fait non). Alors je me retrouve à écrire Eff la luminosité de l’écran zéro et les yeux focalisés sur les touches sur quoi je tombe pour avoir conscience de ce que je dis (écris). Ça marche plutôt bien cette technique. Taux de coquilles faible. Avant ça, je terminerai la relecture des épreuves du Chien. Dans l’une des nouvelles, il y a un signe de ponctuation étrange qui s’est glissé vingt-et-une fois dans le texte. Puis relever des césures qui à mes yeux seront inconfortables. Et deux trois modifications dans le texte lui-même, soit que je me rende compte que quelque chose ne tient pas, soit qu’il faille supprimer une répétition ou quoi. Chaque fois que je relis le Chien je le fais avec une certaine appréhension : et si, depuis la dernière fois, ça ne fonctionnait plus ? Mais c’est jamais le cas. Et toutes les parties sur lesquelles j’avais encore des doutes m’apparaissent aujourd’hui comme résultant de choix (contestables en tant que tels) de traduction que je peux assumer. C’est un soulagement. Je me servirai aussi de ces phases de travail sur le texte avec d’autres pour voir comment d’autres éditeurs ils travaillent (c’est la même chose cette nuit, sur ADP). Apprendre à leur contact. Et, parfois, constater qu’en réalité je fais plutôt ce qu’il faut dans mon travail au quotidien. Mais dans le cinéma un peu plus tard ce jour-là, avant que Sans un bruit [5] commence, derrière un groupe d’ados qui se mettront juste devant nous, à cause de l’un d’eux qui lui ressemble, j’en viendrai à penser à N., je veux dire me demander ce qu’il est devenu. Et je n’avais plus pensé à N. depuis au moins plusieurs années. D’ailleurs je l’ai même pas connu, N., juste je savais son prénom et son nom de famille (pour une raison qui m’échappe on disait toujours son prénom et son nom de famille, peut-être parce qu’il porte un prénom répandu), et que c’était un pote d’A., il était dans sa classe au collège. Il habitait le quartier au-dessus du nôtre, mais à l’époque il n’était pas question de mélanger les quartiers quand il s’agira de se faire des amis alors on tenait, comment dire, nos distances. C’était un mec un peu étrange, playboy de moins d’un mètre soixante avec un visage de bébé et qui m’est apparu, chaque fois que je l’ai vu (c’est-à-dire peu), complètement défoncé au shit ou à l’alcool avant d’aller en cours. Et c’est à peu près tout ce que je sais de ce mec aujourd’hui. Mais à cette époque, on essayait souvent (A. en tête) de me convaincre de voir des films d’horreur. Et j’ai jamais compris ça les films d’horreurs. Le peu que j’ai vu durant mon adolescence, c’est qu’on a réussi après pas mal d’effort de m’y traîner, le plus souvent au cinéma, des films dont je n’ai plus aujourd’hui le moindre souvenir. Mais jamais je ne rejoindrai personne pour aller voir des VHS de Freddy ou de L’exorciste, pas tellement parce que j’avais peur d’avoir peur, plutôt car je ne maîtriserai pas les codes. Je comprends pas, quoi. Je vois pas où est le truc. Et peut-être que A., N., et les autres, aujourd’hui, ils kifferaient voir un film comme Sans un bruit pour ça alors que moi, ben, moins. C’est peut-être tout simple. Moi, tout ce que j’ai aimé dans ce film c’est les scènes quotidiennes du début et le fait qu’ils marcheront pieds nus sur une espèce de sentier de sable qu’ils déversent pour se frayer un chemin, donc, sans un bruit.

[5Un film avec de véritables bonnes idées mais qui se manquent dans plusieurs aspects clés, par exemple la bande son, mais aussi le parti pris de montrer très tôt les créatures.

240618, version 2 (24 juin 2018)

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