150818


C’est encore le 15 et je me souviens d’un truc. Un jour où je bossais chez STAT, je suis là dans l’open space, j’avais rendez-vous en fin d’après-midi avec un éditeur pour un projet de traduction qui, finalement, ne verra pas le jour et je suis bien habillé. Je n’avais pas réellement besoin de bien m’habiller pour ça, mais je portais alors le genre de fringues qu’on met aux entretiens d’embauche, et ça me plaisait assez cette idée qu’au bureau, à l’époque, on aurait pu croire que c’était le cas, que je cherchais un autre job ailleurs. C’était une forme de manipulation un peu gauche. Et c’est à peu près tout ce qu’il y a à en dire. Quelques années plus tard, je me retrouve à longer la Seine à vélo. Il faisait très beau et très chaud, il n’y avait personne. Je compterai aller jusqu’à la forêt de Sénart mais j’ai fait demi-tour avant d’atteindre mon but, craignant de n’avoir pas les jambes. On peut facilement retrouver ce moment dans le journal. C’était déjà un 15, je veux dire un 15 août. Peut-être j’ai dans l’idée que ce jour-là je dois rouler ? Mais ce n’est pas exactement comme ça que ça s’est passé aujourd’hui, et il serait plus correct de dire que cette histoire de 15 août a commencé quelques jours plus tôt quand j’ai pris l’engagement de retrouver quelqu’un précisément à cette date. Et ce n’est pas, en soi, un problème. Mais il y a eu quiproquo sur le lieu : je croyais que c’était place de la Madeleine, ce qui se fait facilement à vélo, c’est une affaire d’une demi-heure, alors qu’en réalité ce sera la Défense. Aujourd’hui, on pourait croire qu’il n’y aurait presque personne dans les rues (c’était faux) et c’est une belle idée traverser complètement Paris. Mais s’il y a un truc qui pourra étonner à la lecture de ces lignes, c’est sans doute que je suis mal à l’aise avec les nouvelles technologies. Par exemple, quand je me prépare à prendre le vélo pour aller quelque part, jamais je mets le GPS. À la place, je regarde le tracé sur Google Maps et je reporte manuellement, je veux dire textuellement, sous la forme d’une liste et d’une série de directions à prendre, les rues et les sens qu’il faut suivre. Je sais pas pourquoi je fais ça. Ça a sans doute à voir avec la mémoire, écrire, stimuler, un peu comme ces feuilles de pompe qu’on faisait au collège : passer du temps à préparer ces antisèches, c’était la meilleure façon pour moi d’apprendre le cours correctement. J’avais aussi un petit appareil caché au fond de ma trousse pour l’allemand : un traducteur électronique que mes parents gagneront en cadeau suite à un abonnement quelconque. Mais ça n’est pas très compliqué en réalité d’aller à la Défense. Depuis Bastille, on peut même dire que c’est tout droit. Moi j’ai sous-estimé le traffic, le soleil (l’extérieur de mon bras gauche et l’intérieur de mon bras droit crameront, c’est donc que je me dirige vers le nord), et la merde que c’est de rouler sur les Champs-Élysées. C’est pas les pavés le problème. Le problème, c’est les nids de poule, les trous, l’entretien de la chaussée, la rudesse des automobilistes, les odeurs d’échappement derrière les bus et ce gosse de quatre cinq ans devant qui j’ai dû piler comme un malade car il sortait d’un taxi sans regarder. Il parlait pas un mot de français : ça n’a servi à rien de l’engueuler. Un peu après le rond-point de la Porte Maillot (que les lapins ont déserté depuis longtemps), arrivé à Neuilly, soudainement, la rue c’est plus une rue, c’est une espèce d’entrée d’autoroute avec des panneaux bleus et des bretelles de part et d’autre de la chaussée. J’ai cherché à contourner ça, à prendre une autre rue parallèle sauf qu’il s’avère que c’est un pont cette merde. Le pont de Neuilly. J’ai attendu deux trois minutes qu’un livreur Deliveroo me dépasse pour que je puisse le suivre, en fait il y a une pauvre piste cyclable sur le trottoir (lui, il savait). Ce qui m’amènera à l’entrée de Courbevoie, où vivait S., mon boss à une époque où je travaillais pour une petite start-up qui avait ses bureaux (prêtés gracieusement par un milliardaire qui possédait le quartier) pas très loin de là où j’ai dû faire un détour un peu plus tôt car la rue de Rivoli était fermée partiellement pour travaux. Bref, S. c’était pas mon supérieur, c’était le supérieur de ma supérieure, et au-dessus de lui il y avait un actionnaire majoritaire qui vivait à Sydney ou ailleurs en Australie et qu’on ne verra jamais (moi en tout cas) et dont on supposait qu’il passait son temps à faire du surf (peut-être c’est juste moi). De temps à autre il prenait de grandes décisions stratégiques qui, par la suite, se révèleraient préoccupantes. S., lui, était directeur des opérations. C’était son titre. Et je me souviens, donc, être venu là pour une soirée d’ex de cette boîte après que la start-up s’est cassée la gueule, là encore on doit pouvoir trouver ça quelque part dans le journal de cette époque. Tout ça pour dire, donc, que cet endroit m’est familier, mais familier genre mal. Ensuite, c’est une succession de bretelles et d’esplanades pas du tout pensées pour un vélo, même si on peut tout à fait suivre la piste handicapée qui est fléchée, faut dire, pour éviter le dédale d’escaliers. Le problème, ici, c’est qu’une adresse c’est pas une adresse. Je veux dire, j’avais un numéro d’esplanade et un nom d’esplanade, mais une esplanade c’est grand. Et les bâtiments, là, partout, sont immenses. J’aurai l’impression d’être à Londres. Il y a des touristes un peu partout (je trouve ça triste). Qu’est-ce qu’ils font là ? Il y a des autochtones qui s’allongent dans les parcs, qui se baignent dans les fontaines, qui regardent des œuvres qu’il y a là, posées (je trouve ça triste). Et moi, au milieu de tout ça, après avoir laissé mon vélo quelque part où quelqu’un a cru bon de déposer, dans une petite boite en plastique, un bol d’eau et une gamelle pleine de croquettes, et après avoir changé de t-shirt à cause de la sueur que c’est de rouler une heure et demie en plein été, je finirai par tourner en rond dans une espèce de résidence standing sur plusieurs étages avec de petites cours intérieures garnies de fausses rivières artificielles, sans doute pour apaiser l’esprit. Moi non. Plus loin, c’est un centre commercial déstructuré et je m’y perds : le GPS (que pour le coup j’utilise lorsque je suis à pied) ne parvenant pas à déceler à quel niveau je me trouve. Je finirai par trouver cet immeuble, il était précisément là où j’ai laissé le vélo à la base, j’aurai donc tourné en rond pour rien. Il y aura deux idées, ici, pour le futur. L’une à trait à la mode, l’autre à la médecine. La première, c’est que dans le futur nos lunettes de soleil devront prendre des formes polygonales pour couvrir entièrement l’ensemble de la surface de l’œil. De fait, on aura l’air de mouches avec des yeux énormes. Ce sera bien. La deuxième est pour permettre aux transplantations cardiaques de s’opérer sans la nécessité de t’ouvrir la poitrine ou de te découper le thorax avec une scie sternale. Pour ce faire, il faudra mettre au point des cœurs artificiels en s’inspirant de la physique des poulpes. Les poulpes peuvent contorsionner leur corps mou pour leur permettre de passer, par exemple, dans un trou a priori beaucoup trop petit pour les accueillir. On injecterait donc ce cœur céphalopode (appelons-le le cœur-C) dans l’organisme via une petite incision, et il remonterait par exemple dans une artère. Ensuite, via un système de ventouse intelligent, il se raccorderait de lui-même aux veines et aux artères clées. Voilà le genre de trucs auxquels je pense quand j’en suis à fendre la ville de haut en bas, l’extérieur du bras gauche et l’intérieur du bras droit offerts en sacrifice à Râ. Le retour sera plus doux, ceci dit. Déjà, car on évite les Champs. C’était écrit sur ma liste : prendre l’avenue Marceau, qui est en pente et complètement destroy au niveau de son revêtement jusqu’au Pont de l’Alma. Une famille de touristes étrangers : where is Eiffel tower ? Et j’en ai pas la moindre idée. J’ai regardé à droite puis à gauche pour la voir dépasser (non). En fait, elle est là, au bout de cette avenue. Puis prendre à gauche sur le quai Branly, qui devient le quai d’Orsay, puis le boulevard Saint-Germain jusqu’à l’Institut du monde Arabe et, de là, la gare d’Austerlitz, puis le quai opposé au niveau de la gare de Lyon, et un retour douloureux vers Bercy. À un moment donné, plein de flics et des cars de CRS qui bouclent une rue (pourquoi ?). Douloureux car j’avais pas les jambes, aujourd’hui, de faire ce que j’ai fait (trente bornes). En une fois ça aurait été. Mais la coupure en plein milieu, ce rendez-vous, ça m’a tué. C’est comme ça. Le plus dur, c’est toujours cette dernière ligne droite en remontant la rue (ou le boulevard, je sais jamais) de Reuilly. Or à vélo elle est vicieuse cette côte. Non, en fait, je vais te dire : le plus dur, c’est pas ça. Le plus dur, c’est de descendre (oui, descendre) les trois quatre marches qu’il y a au sortir de l’abri de vélo pour rejoindre le bon bâtiment. C’est là que tu réalises n’avoir plus rien dans ce qui te reste de jambes.

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150818, version 10 (15 septembre 2018)

Boulot, Adolescence, Paris, Corps, Mémoire, S., Vélo
C’est encore le 15 et je me souviens d’un truc. Un jour où je bossais chez STAT, je suis là dans l’open space, j’avais rendez-vous en fin d’après-midi avec un éditeur pour un projet de traduction qui, finalement, ne verra pas le jour et je suis bien habillé. Je n’avais pas réellement besoin de bien m’habiller pour ça, mais je portais alors le genre de fringues qu’on met aux entretiens d’embauche, et ça me plaisait assez cette idée qu’au bureau que chez STAT , à l’époque, on aurait pu croire que c’était le cas, que je cherchais un autre job ailleurs. C’était une forme de petite manipulation un peu gauche. Et c’est à peu près tout ce qu’il y a à en dire. Quelques années plus tard, je me retrouve à longer la Seine à vélo. Il Un an plus tard , je me retrouve à longer la Seine à vélo , il faisait très beau et très chaud, il n’y avait personne. Je compterai aller jusqu’à la forêt de Sénart mais j’ai fait demi-tour avant d’atteindre mon but, craignant de n’avoir pas les jambes. On peut facilement retrouver ce moment dans le [journal->rubrique1 ]. journal . C’était déjà un 15, je veux dire un 15 août. Peut-être j’ai dans l’idée que ce jour-là il faut que je dois rouler roule ? Mais ce n’est ,’ est pas exactement comme ça que ça s’est passé aujourd’hui, et il serait plus correct de dire que cette histoire de 15 août a commencé quelques jours plus tôt en amont quand j’ai pris l’engagement un engagement auprès de retrouver quelqu’un pour un rendez-vous précisément à cette date. Et ce n’est pas, en soi, un problème. Mais il y a eu quiproquo sur le lieu : je croyais que c’était place de la Madeleine, ce qui se fait facilement à vélo, c’est une affaire d’une demi-heure , alors qu’en réalité ce sera la Défense. Aujourd’hui, on pourait croire qu’il n’y aurait presque personne dans les rues (c’était faux) et c’est une belle idée traverser complètement Paris. Mais s’il y a un truc qui pourra étonner à la lecture de ces lignes, c’est sans doute que je suis mal à l’aise avec les nouvelles technologies. Par exemple, quand je me prépare à prendre le vélo pour aller quelque part, jamais je mets le GPS. À la place, je regarde le tracé sur Google Maps et je reporte manuellement, je veux dire textuellement, sous la forme d’une liste et d’une série de directions à prendre, les rues et les sens qu’il faut suivre. Je sais pas pourquoi je fais ça. Ça a sans doute à voir avec la mémoire, écrire, stimuler, un peu comme ces feuilles de pompe qu’on faisait au collège : passer du temps à préparer sur l’une de ces antisèches, c’était la meilleure façon pour moi d’apprendre le cours correctement. J’avais aussi un petit appareil caché au fond de ma trousse pour l’allemand : un traducteur électronique que mes parents gagneront en cadeau suite à un abonnement quelconque. , (Nouvel obs , Télérama , mes parents lisent ou lisaient ces trucs-là ). Mais ça n’est pas très compliqué en réalité d’aller à la Défense. Depuis Bastille, on peut même dire que c’est tout droit. Moi j’ai sous-estimé le traffic, le soleil (l’extérieur de mon bras gauche et l’intérieur de mon bras droit crameront, c’est donc que je me dirige vers le nord), et la merde que c’est de rouler sur les Champs-Élysées. C’est pas les pavés le problème. Le problème, c’est les nids de poule, les trous, l’entretien de la chaussée, la rudesse des automobilistes, les odeurs d’échappement derrière les bus et ce gosse de quatre cinq ans devant qui j’ai dû piler comme un malade car il sortait d’un taxi sans regarder. Il parlait pas un mot de français : ça n’a servi à rien de l’engueuler. Un peu après le rond-point de la Porte Maillot (que les lapins ont déserté depuis longtemps désertés ), arrivé à Neuilly, soudainement, la rue c’est plus une rue, c’est une espèce d’entrée d’autoroute avec des panneaux bleus et des bretelles de part et d’autre de la chaussée. J’ai cherché à contourner ça, à prendre une autre rue parallèle sauf qu’il s’avère que c’est un pont cette merde. Le pont de Neuilly. J’ai attendu deux trois minutes qu’un livreur Deliveroo me dépasse pour que je puisse le suivre, en fait il y a une pauvre piste cyclable sur le trottoir ( lui , il savait ). . Ce qui m’amènera à l’entrée de Courbevoie, où vivait S., mon boss à une époque où je travaillais pour une petite start-up qui avait ses bureaux (prêtés gracieusement par un milliardaire qui possédait le quartier) pas très loin de là où j’ai dû faire un détour un peu plus tôt car la rue de Rivoli était fermée partiellement pour travaux. Bref, S. c’était pas mon supérieur, c’était le supérieur de ma supérieure, et au-dessus de lui il y avait un actionnaire majoritaire qui vivait à Sydney ou ailleurs en Australie et qu’on ne verra jamais (moi en tout cas) et dont on supposait qu’il passait son temps à faire du surf (peut-être c’est juste moi). De temps à autre il prenait de grandes décisions stratégiques qui, par la suite, se révèleraient s’avéreraient préoccupantes. S., lui, était directeur des opérations. C’était son titre. Et je me souviens, donc, être venu là pour une soirée d’ex de cette boîte après que la start-up s’est cassée la gueule, là encore on doit pouvoir trouver ça quelque part dans le journal journal de cette époque . de cette époque. Tout ça pour dire, donc, que cet endroit m’est familier, mais familier genre mal. Ensuite, c’est une succession de bretelles et d’esplanades pas du tout pensées pour un vélo, même si on peut tout à fait suivre la piste handicapée qui est fléchée, faut dire, pour éviter le dédale d’escaliers. Le problème, ici, c’est qu’une adresse c’est pas une adresse. Je veux dire, j’avais un numéro d’esplanade , et un nom d’esplanade, mais une esplanade c’est grand. Et les bâtiments, là, partout, sont immenses. J’aurai l’impression d’être à Londres. Il y a des touristes un peu partout (je trouve ça triste). Qu’est-ce qu’ils font là ? Il y a des autochtones qui s’allongent dans les parcs, qui se baignent dans les fontaines, qui regardent des œuvres qu’il y a là, posées (je trouve ça triste). Et moi, au milieu de tout ça, après avoir laissé mon vélo quelque part où quelqu’un a cru bon de déposer, dans une petite boite en plastique, un bol d’eau et une gamelle pleine de croquettes, et après avoir changé de t-shirt à cause de la sueur que c’est de rouler une heure et demie demi en plein été, je finirai par tourner en rond dans une espèce de résidence standing sur plusieurs étages avec de petites cours intérieures garnies de fausses rivières artificielles, sans doute pour apaiser l’esprit. Moi non. Plus loin, c’est un centre commercial déstructuré et je m’y perds  : le GPS ( que pour le coup j’utilise lorsque je suis à pied ) ne parvenant pas à déceler à quel niveau je me trouve desctructuré . Je finirai par trouver cet immeuble, il était précisément là où j’ai laissé le vélo à la base, j’aurai donc tourné en rond pour rien. Il y aura deux idées, ici, pour le futur. L’une à trait à la mode, l’autre à la médecine. La première, c’est que dans le futur nos lunettes de soleil devront prendre des formes polygonales la forme d’une géode pour couvrir entièrement l’ensemble de la surface de l’œil. De fait, on aura l’air de mouches avec des yeux énormes. Ce sera bien. La deuxième est pour permettre aux transplantations cardiaques de s’opérer sans la nécessité de t’ouvrir la poitrine ou de te découper le thorax avec une scie sternale. Pour ce faire, il faudra mettre au point des cœurs artificiels en s’inspirant de la physique des poulpes. Les poulpes , ce sont des animaux qui peuvent contorsionner leur corps mou pour leur permettre de passer, par exemple, dans un trou a priori beaucoup trop petit pour les accueillir. On injecterait donc ce cœur céphalopode ( appelons-le le cœur-C ) mollusque dans l’organisme via une petite incision, et il remonterait par exemple dans une artère. Ensuite, via un système de ventouse intelligent, il se raccorderait de lui-même aux veines et aux artères clées. Voilà le genre de trucs auxquels je pense quand j’en suis à fendre la ville de haut en bas, l’extérieur du bras gauche et l’intérieur du bras droit offerts en sacrifice à Râ. Le retour sera plus doux, ceci dit. Déjà, car on parce qu’on évite les Champs. C’était écrit sur ma liste  : C’est prendre l’avenue Marceau, qui est en pente et complètement destroy au niveau de son revêtement jusqu’au Pont de l’Alma. Une famille de touristes étrangers : where is Eiffel tower ? Et j’en ai pas la moindre idée. J’ai regardé à droite puis à gauche pour la voir dépasser (non). En fait, elle est là, au bout de cette avenue. Puis prendre à gauche sur le quai Branly, qui devient le quai d’Orsay, puis le boulevard Saint-Germain jusqu’à l’Institut du monde Arabe Arabae et, de là, la gare d’Austerlitz, puis le quai opposé au niveau de la gare de Lyon, et un retour douloureux vers Bercy. À un moment donné, plein de flics et des cars de CRS qui bouclent une rue (pourquoi ?). Douloureux car j’avais pas les jambes, aujourd’hui, de faire ce que j’ai fait ( trente bornes ). . Trente bornes. En une fois D’un coup , je pense ça aurait été. Mais la coupure en plein milieu, là-bas , ce rendez-vous à la Défense , ça m’a tué. C’est comme ça. Le plus dur, c’est toujours cette dernière ligne droite en remontant la rue (ou le boulevard, je sais jamais) de Reuilly. Or à vélo elle est vicieuse cette côte. Non, en fait, je vais te dire : le plus dur, c’est pas ça. Le plus dur, c’est de descendre (oui, descendre ) descendre ) les trois quatre marches qu’il y a au sortir de l’abri de vélo pour rejoindre le bon bâtiment immeuble . C’est là que tu réalises n’avoir plus rien dans ce qui te reste sert de jambes.
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150818, version 9 (15 septembre 2018)

150818, version 8 (15 septembre 2018)

Un Souvenir de ce truc , un jour où je bossais chez STAT, je suis là dans l’open space, j’avais rendez-vous en fin d’après-midi avec un éditeur pour un projet de traduction qui, finalement, ne verra pas le jour et je suis bien habillé. Je n’avais pas réellement besoin de bien m’habiller pour ça, mais je portais alors le genre de fringues qu’on met aux entretiens d’embauche, et ça me plaisait assez cette idée que chez STAT, à l’époque, on aurait pu croire que c’était le cas, que je cherchais un autre job ailleurs. C’était une forme de petite manipulation un peu gauche. Et c’est à peu près tout ce qu’il y a à en dire. Un an plus tard, je me retrouve à longer la Seine à vélo, il faisait très beau et très chaud, il n’y avait personne. Je compterai aller jusqu’à la forêt de Sénart mais j’ai fait demi-tour avant d’atteindre mon but, craignant de n’avoir pas les jambes. On peut facilement retrouver ce moment dans le journal. C’était déjà un 15, je veux dire un 15 août. Peut-être j’ai dans l’idée que ce jour-là il faut que je roule, et beaucoup ? Mais ce ,’ est n’est pas exactement comme ça que ça s’est passé aujourd’hui, et il serait plus correct de dire que cette histoire de 15 août a commencé quelques jours en amont quand j’ai pris un engagement auprès de quelqu’un pour un rendez-vous précisément à cette date. Et ce n’est c’est pas, en soi, un problème. Mais il y a eu quiproquo sur le lieu : je croyais que c’était place de la Madeleine, ce qui se fait facilement à vélo, alors qu’en réalité ce sera la Défense. Aujourd’hui, on pourait croire qu’il n’y aurait il ne devrait y avoir presque personne dans les rues (c’était faux) et c’est une belle idée traverser complètement Paris. Mais s’il y a un truc qui pourra étonner à la lecture de ces lignes, c’est sans doute que je suis mal à l’aise avec les nouvelles technologies. Par exemple, quand je me prépare à prendre le vélo pour aller quelque part, jamais je mets le GPS. À la place, je regarde le tracé sur Google Maps et je reporte manuellement, je veux dire textuellement, sous la forme d’une liste et d’une série de directions à prendre, les rues et les sens qu’il faut suivre. Je sais pas pourquoi je fais ça. Ça a sans doute à voir avec la mémoire, écrire, stimuler, un peu comme ces feuilles de pompe qu’on faisait au collège : passer du temps sur l’une de ces antisèches, c’était la meilleure façon pour moi d’apprendre le cours correctement. J’avais aussi un petit appareil caché au fond de ma trousse pour l’allemand : un traducteur électronique que mes parents gagneront en cadeau suite à un abonnement quelconque, (Nouvel obs, Télérama, mes parents lisent ou lisaient ces trucs-là). Mais ça n’est pas très compliqué en réalité d’aller à la Défense. Depuis Bastille, on peut même dire que c’est tout droit. Moi j’ai sous-estimé le traffic, le soleil (l’extérieur de mon bras gauche et l’intérieur de mon bras droit crameront, c’est donc que je me dirige vers le nord), et la merde que c’est de rouler sur les Champs-Élysées. C’est pas les pavés le problème. Le problème, c’est les nids de poule, les trous, l’entretien de la chaussée, la rudesse des automobilistes, les odeurs d’échappement derrière les bus et ce gosse de quatre cinq ans devant qui j’ai dû piler comme un malade car il sortait d’un taxi sans regarder. Il parlait pas un mot de français : ça n’a servi à rien de l’engueuler . Ça n’a servi à rien de l’engueuler. Un peu après le rond-point de la Porte Maillot (où les lapins ont désertés), arrivé à Neuilly, soudainement, la rue c’est plus une rue, c’est une espèce d’entrée d’autoroute avec des panneaux bleus et des bretelles de part et d’autre de la chaussée. J’ai cherché à contourner ça, à prendre une autre rue parallèle sauf qu’il s’avère que c’est un pont cette merde. Le pont de Neuilly. J’ai attendu deux trois minutes qu’un livreur Deliveroo me dépasse pour que je puisse le suivre, en fait il y a une pauvre piste cyclable sur le trottoir. Ce qui m’amènera à l’entrée de Courbevoie, où vivait S., mon boss à une époque où je travaillais pour une petite start-up qui avait ses bureaux (prêtés gracieusement par un milliardaire qui possédait le quartier) pas très loin de là où j’ai dû faire un détour un peu plus tôt car la rue de Rivoli était fermée partiellement pour travaux. Bref, S. c’était pas mon supérieur, c’était le supérieur de ma supérieure, et au-dessus de lui il y avait un actionnaire majoritaire qui vivait à Sydney ou ailleurs en Australie et qu’on ne verra jamais (moi en tout cas) et dont on supposait qu’il passait son temps à faire du surf (peut-être c’est juste moi). De temps à autre il prenait de grandes décisions stratégiques qui, par la suite, s’avéreraient préoccupantes. S., lui, était directeur des opérations. C’était son titre. Et je me souviens, donc, être venu là pour une soirée d’ex de cette boîte après que la start-up s’est cassée la gueule, là encore on doit pouvoir trouver ça quelque part dans le journal de cette époque. Tout ça pour dire, donc, que cet endroit m’est familier, mais familier genre mal. Ensuite, c’est une succession de bretelles et d’esplanades pas du tout pensées pour un vélo, même si on peut tout à fait suivre la piste handicapée qui est fléchée, faut dire, pour éviter le dédale d’escaliers. Le problème, ici, c’est qu’une adresse c’est pas une adresse. Je veux dire, j’avais un numéro d’esplanade, et un nom d’esplanade mais une esplanade c’est trop grand. Et les bâtiments, là, partout, sont immenses. J’aurai l’impression d’être à Londres. Il y a des touristes un peu partout (je trouve ça triste). Qu’est-ce Qu’es-tce qu’ils font là ? Il y a des autochtones qui s’allongent dans les parcs, qui se baignent dans les fontaines, qui regardent des œuvres qu’il y a là, posées (je trouve ça triste). Et moi, au milieu de tout ça, après avoir laissé mon vélo quelque part où quelqu’un a cru bon de déposer, dans une petite boite en plastique, un bol d’eau et une gamelle pleine de croquettes, et après avoir changé de t-shirt à cause de la sueur que c’est de rouler une heure et demi en plein été, je finirai par tourner en rond dans une espèce de résidence standing sur plusieurs étages avec de petites cours intérieures garnies de fausses rivières artificielles, sans doute pour apaiser l’esprit. Moi non. Plus loin, c’est un centre commercial desctructuré . mélangé au tissu urbain ( si je comprends rien à tout ce que je vois , c’est que tout ce que je vois me dépasse , quelque part ). Je finirai par trouver cet immeuble, il était précisément là où j’ai laissé le vélo à la base, j’aurai donc tourné en rond pour rien. Il y aura deux idées, ici, pour le futur. L’une à trait à la mode, l’autre à la médecine. La première, c’est que dans le futur nos lunettes de soleil devront prendre la forme d’une géode pour couvrir entièrement l’ensemble de la surface de l’œil. De fait, on aura l’air de mouches avec des yeux énormes. Ce sera bien. La deuxième est pour permettre aux transplantations cardiaques de s’opérer sans la nécessité de t’ouvrir la poitrine ou de te découper le thorax avec une scie sternale. Pour ce faire, il faudra mettre au point des cœurs artificiels en s’inspirant de la physique des poulpes. Les poulpes, ce sont des animaux qui peuvent contorsionner leur corps mou pour leur permettre de passer, par exemple, dans un trou a priori beaucoup trop petit pour les accueillir. On injecterait donc ce cœur mollusque dans l’organisme via une petite incision, et il remonterait par exemple dans une artère. Ensuite, via un système de ventouse intelligent, il se raccorderait de lui-même aux veines et aux artères clées. Voilà le genre de trucs auxquels je pense quand j’en suis à fendre la ville de haut en bas, l’extérieur du bras gauche et l’intérieur du bras droit offerts en sacrifice à Râ. Le retour sera plus doux, ceci dit. Déjà, parce qu’on évite les Champs. C’est prendre l’avenue Marceau, qui est en pente et complètement destroy au niveau de son revêtement ici jusqu’au Pont de l’Alma. Une famille de touristes étrangers : where is the Eiffel tower ? Et j’en ai pas la moindre idée. J’ai regardé à droite puis à gauche pour la voir dépasser (non). En fait, elle est là, au bout de cette avenue. Puis prendre à gauche sur le quai Branly, qui devient le quai d’Orsay, puis le boulevard Saint-Germain jusqu’à l’Institut du monde Arabae et, de là, la gare d’Austerlitz, puis le quai opposé au niveau de la gare de Lyon, et un retour douloureux vers Bercy. À un moment donné, plein de flics et des cars de CRS qui bouclent une rue (pourquoi ?). Douloureux donc. Douloureux car j’avais pas les jambes, aujourd’hui, de faire ce que j’ai fait. Trente bornes. D’un coup, je pense ça aurait été. Mais la coupure de ce rendez-vous en plein milieu, là-bas , à la Défense , ça m’a tué. C’est comme ça. Le plus dur, c’est toujours cette dernière ligne droite en remontant la rue (ou le boulevard, je sais jamais) de Reuilly. Or à vélo elle est vicieuse cette côte. Non, en fait, je vais te dire : le plus dur, c’est pas ça. Le plus dur, c’est de descendre (oui, j’ai bien dit descendre) les trois quatre marches qu’il y a au sortir de l’abri de vélo pour rejoindre le bon immeuble. C’est là que tu réalises n’avoir plus rien dans ce qui sert de les jambes.

150818, version 7 (11 septembre 2018)

Ça n’a pas réellement de rapport, mais j’ai souvenir de ce truc, un jour où je bossais chez STAT. Souvenir de ce truc , un jour je bossais chez STAT , je suis dans l’open space , j’avais J’avais rendez-vous en fin d’après-midi avec un éditeur pour un projet de traduction qui, finalement, ne verra pas le jour et je suis bien habillé . Je n’avais pas réellement besoin de bien m’habiller pour ça, mais je portais alors le genre de fringues qu’on met aux entretiens d’embauche, et ça me plaisait assez cette idée que chez STAT, à l’époque, on aurait pu croire que c’était le cas, que je cherchais un autre job ailleurs. C’était une forme de petite manipulation un peu gauche. Et c’est C’est à peu près tout ce qu’il y a à en dire. Un an plus tard, je me retrouve suis retrouvé à longer la Seine à vélo, il faisait très beau et très chaud, et il n’y avait personne. Je compterai comptais aller jusqu’à la forêt de Sénart mais j’ai fait demi-tour avant d’atteindre mon but, craignant de n’avoir pas les jambespour rentrer . On peut facilement retrouver trace de ce moment dans le journal. C’était déjà un 15, je veux dire un 15 août. Peut-être que j’ai dans l’idée que ce jour-là il qu’il faut que je roule, et beaucoup ? Mais ce n’est pas exactement comme ça que ça s’est passé aujourd’hui, et il serait plus correct de dire que cette histoire de 15 août a commencé quelques jours en amont quand j’ai pris un engagement auprès de quelqu’un pour un rendez-vous précisément à cette date. Et c’est Ce n’est pas, en soi, un problème. Mais il y a eu quiproquo sur le lieu : je croyais que c’était place de la Madeleine, ce qui se fait facilement à vélo, alors qu’en réalité ce sera à la Défense. Aujourd’hui, il ne devrait y avoir presque personne dans les rues (c’était faux) et c’est une belle idée traverser complètement Paris. Mais s’il y a un truc qui pourra étonner à la lecture de ces lignes, c’est sans doute que je ne suis mal pas très à l’aise avec les nouvelles technologies. Par exemple, quand je me prépare à prendre le vélo pour aller quelque part, jamais je ne mets le GPS. À la place, je regarde le tracé sur Google Maps ( ou autre ) et je reporte manuellement, je veux dire textuellement, sous la forme d’une liste et d’une série de directions à prendre, les rues et les sens qu’il faut suivre. Je sais pas pourquoi je fais ça. Je crois que ça m’est jamais venu à l’esprit de procéder autrement. Ça a sans doute à voir avec la mémoire, écrire, pour la stimuler, un peu comme ces feuilles de pompe qu’on faisait au collègeet qui constituait en réalité la parfaite préparation à un contrôle : passer du temps sur l’une de ces antisèches, c’était la meilleure façon pour moi d’apprendre le cours correctement. J’avais aussi un petit appareil caché au fond de ma trousse pour l’allemand : un traducteur électronique que mes parents gagneront avaient gagner en cadeau suite à un abonnement quelconque, (Nouvel obs , le Nouvel obs ou Télérama, mes parents lisent ou lisaient ces trucs-là ). . Mais ça n’est pas très compliqué en réalité d’aller à la Défense. Depuis Bastille, on peut même dire que c’est tout droit. Moi Mais j’ai sous-estimé le traffic, le soleil (l’extérieur de mon bras gauche et l’intérieur de mon bras droit crameront ont cramé , c’est donc que je me dirige vers le nord), et la merde que c’est de rouler sur les Champs-Élyséesà vélo . C’est pas les pavés le problème. Le problème, c’est les nids de poule, les trous, l’entretien de la chaussée, la rudesse des automobilistes, les odeurs d’échappement derrière les bus et ce gosse de quatre cinq ans devant qui j’ai dû piler comme un malade car il sortait d’un taxi sans regarder comme un diable . Il parlait pas un mot de français. Ça n’a servi à rien de l’engueuler. Un peu après le rond-point de la Porte Maillot (où les lapins ont désertés on ne trouve plus aucun lapin comme chacun sait ), arrivé à Neuilly, soudainement, la rue c’est plus une rue, c’est une espèce d’entrée d’autoroute avec des panneaux bleus et des bretelles de part et d’autre de la chaussée. J’ai cherché à contourner ça, à prendre une autre rue parallèle par exemple sauf qu’il s’avère que c’est un pont cette merde ce machin . Le pont de Neuilly. J’ai attendu deux trois minutes qu’un livreur Deliveroo me dépasse pour que je puisse le suivre, en fait il y a une pauvre piste cyclable sur le trottoir. Ce qui m’amènera à l’entrée de Courbevoie, où vivait S., mon boss à une époque où je travaillais pour une petite start-up qui avait ses bureaux (prêtés gracieusement par un milliardaire qui possédait le quartier) pas très loin de là où j’ai dû faire un détour un peu plus tôt car la rue de Rivoli était fermée partiellement pour travaux. Bref, S. c’était n’était pas mon supérieur, c’était le supérieur de ma supérieure, et au-dessus de lui il y avait un actionnaire majoritaire qui vivait à Sydney ou ailleurs en Australie et qu’on ne verra jamais (moi en tout cas) et dont on supposait qu’il passait son temps à faire du surf (peut-être ou bien c’est juste moi). De temps à autre il prenait de grandes décisions stratégiques qui, par la suite, s’avéreraient préoccupantes. S., lui, était directeur des opérations. C’était son titre. Et je me souviens, donc, être venu là pour une soirée d’ex de cette boîte après que la start-up s’est cassée la gueule, là encore on doit pouvoir trouver trace de ça quelque part dans le journal de cette époque. Tout ça pour dire, donc, que cet endroit m’est familier, mais mal familier genre mal . Ensuite, c’est une succession de bretelles et d’esplanades pas du tout pensées pour un vélo, même si on peut tout à fait suivre la piste handicapée qui est fléchée, faut dire, pour éviter le dédale d’escaliers. Le problème, ici, c’est qu’une adresse c’est pas une adresse. Je veux dire, j’avais un numéro d’esplanade, et un nom d’esplanade mais une esplanade c’est trop si grand. Et les bâtiments, là, partout, sont immenses. J’aurai l’impression d’être à Londres. Il y a des touristes un peu partout (je trouve ça triste). Qu’es-tce qu’ils font Que font-ils là ? Il y a des autochtones qui s’allongent dans les parcs, qui se baignent dans les fontaines, qui regardent des œuvres qu’il y a là, posées (je trouve ça triste). Et moi, au milieu de tout ça, après avoir laissé posé mon vélo quelque part où quelqu’un a cru bon de déposer, dans une petite boite en plastique, un bol d’eau et une gamelle pleine de croquettes, et après avoir changé de t-shirt à cause de la sueur que c’est de rouler une heure et demi en plein été, je finirai par tourner en rond dans une espèce de résidence standing sur plusieurs étages avec de petites cours intérieures garnies de fausses rivières artificielles, sans doute pour apaiser l’esprit. Moi non. Plus Car plus loin, c’est un centre commercial mélangé intégré au tissu urbain ( si je comprends rien à tout ce que je vois , c’est que tout ce que je vois me dépasse , quelque part ). . Comment ça peut exister des endroits pareils ? Je finirai par trouver cet immeuble, il était précisément là où j’ai laissé le vélo à la base, j’aurai donc tourné en rond pour rien. Il y aura J’ai deux idées, ici, pour le futur. L’une à trait à la mode, l’autre à la médecine. La première, c’est que dans le futur nos lunettes de soleil devront prendre avoir , nécessairement , la forme d’une géode ( tu vois ce que je veux dire ) pour couvrir entièrement l’ensemble de la surface de l’œil. De fait, on aura l’air de mouches avec des yeux énormes. Ce sera bien. La deuxième est pour permettre aux transplantations cardiaques de s’opérer sans la nécessité de t’ouvrir la poitrine ou de te découper le thorax avec une scie sternale. Pour ce faire, il faudra mettre au point des cœurs artificiels en s’inspirant de la physique des poulpes. Les poulpes, ce sont des animaux qui peuvent contorsionner leur corps mou pour leur permettre de passer, par exemple, dans un trou a priori beaucoup trop petit pour les accueillir. On injecterait donc ce cœur mollusque dans l’organisme via une petite incision, et il remonterait par exemple dans une artère. Ensuite, via un système de ventouse intelligent, il se raccorderait de lui-même aux veines et aux artères clées. Voilà le genre de trucs auxquels je pense quand j’en suis à fendre la ville de haut en bas, l’extérieur du bras gauche et l’intérieur du bras droit offerts en sacrifice à au soleil . Le retour sera plus doux, ceci dit. Déjà, parce qu’on évite les Champs. C’est Il faudra prendre l’avenue Marceau, qui est en pente et complètement destroy au niveau de son revêtement ici à cet endroit jusqu’au Pont de l’Alma. Une famille de touristes étrangers : where is the Eiffel tower ? Et j’en ai pas la moindre idée. J’ai regardé à droite puis à gauche pour la voir dépasser (non). En fait, elle est là, au bout de cette avenue. Puis prendre à gauche sur le quai Branly, qui devient le quai d’Orsay, puis le boulevard Saint-Germain jusqu’à l’Institut du monde Arabae et, de là, la gare d’Austerlitz, puis le quai opposé au niveau de la gare de Lyon, et un retour douloureux vers Bercy. À un moment donné, plein de flics et des cars de CRS qui bouclent une rue (pourquoi ?). Du yaourt . Douloureux donc. Douloureux car j’avais pas les jambes, aujourd’hui, de faire ce que j’ai trente bornes en fait. Trente bornes. D’un J’aurais tout fait d’un coup, je pense que ça aurait été. Mais mais la coupure de ce rendez-vous en plein milieu ça m’a tué. C’est comme ça. Le plus dur, c’est toujours cette dernière ligne droite en remontant la rue (ou le boulevard, je sais jamais) de Reuilly. Or On dirait pas comme ça mais à vélo elle est vicieuse cette côte. Non, en fait, je vais te dire : le plus dur, c’est pas ça. Le plus dur, c’est de descendre (oui j’ai bien dit descendre) les trois quatre marches qu’il y a au sortir de l’abri de vélo pour rejoindre le bon immeuble. C’est à ce moment-là que tu te rendras compte que tu réalises n’avoir n’as plus rien dans les jambes.Que c’est du flan. Un tissu fait de spaghettis.

150818, version 6 (8 septembre 2018)

Ça n’a pas réellement de rapport, mais j’ai souvenir de ce truc m’être bien habillé pour des raisons étranges , un jour où je bossais chez STAT. J’avais rendez-vous en fin d’après-midi avec un éditeur pour un projet de traduction qui, finalement, ne verra pas le jour. Je n’avais pas réellement besoin de bien m’habiller pour ça, mais je portais alors le genre de fringues qu’on met aux entretiens d’embauche, et ça me plaisait assez cette idée que chez STAT, à l’époque, on aurait pu croire que c’était le cas, que je cherchais un autre job ailleurs. C’est à peu près tout ce qu’il y a à en dire. Un an plus tard, je me suis retrouvé à longer la Seine à vélo, il faisait très beau et très chaud et il n’y avait personne. Je comptais aller jusqu’à la forêt de Sénart mais j’ai fait demi-tour avant d’atteindre mon but, craignant de n’avoir pas les jambes pour rentrer. On peut facilement retrouver trace de ce moment jour-là dans le journal. C’était déjà un 15 août. Peut-être que j’ai dans l’idée ce jour-là qu’il faut que je roule, et beaucoup ? Mais ce n’est pas exactement comme ça que ça s’est passé aujourd’hui, et il serait plus correct de dire que cette histoire de 15 août a commencé quelques jours en amont quand j’ai pris un engagement auprès de quelqu’un pour un rendez-vous précisément à cette date ce jour-là . Ce n’est pas, en soi, un problème. Mais il y a eu quiproquo sur le lieu : je croyais que c’était place de la Madeleine, ce qui se fait facilement à vélo, alors qu’en réalité ce sera à la Défense. Aujourd’hui, il ne devrait y avoir presque personne dans les rues (c’était faux) et c’est une belle idée traverser complètement Paris. Mais s’il y a un truc qui pourra étonner à la lecture de ces lignes, c’est sans doute que je ne suis pas très à l’aise avec les nouvelles technologies. Par exemple, quand je me prépare à prendre le vélo pour aller quelque part, jamais je ne mets le GPS. À la place, je regarde le tracé sur Google Maps (ou autre) et je reporte manuellement, je veux dire textuellement, sous la forme d’une liste et d’une série de directions à prendre, les rues et les sens qu’il faut suivre. Je sais pas pourquoi je fais ça. Je crois que ça m’est jamais venu à l’esprit de procéder autrement. Ça a sans doute à voir avec la mémoire, écrire pour la stimuler, un peu comme ces feuilles de pompe qu’on faisait au collège et qui constituait en réalité la parfaite préparation à un contrôle : passer du temps sur l’une de ces antisèches, c’était la meilleure façon pour moi d’apprendre le cours correctement. J’avais aussi un petit appareil caché au fond de ma trousse pour l’allemand : un traducteur électronique que mes parents avaient dû gagner en cadeau suite à un abonnement quelconque, le Nouvel obs ou Télérama. Mais ça n’est pas très compliqué en réalité d’aller à la Défense. Depuis Bastille, on peut même dire que c’est tout droit. Mais j’ai sous-estimé le traffic, le soleil (l’extérieur de mon bras gauche et l’intérieur de mon bras droit ont cramé, c’est donc que je me dirige vers le nord), et la merde que c’est de rouler sur les Champs-Élysées à vélo. C’est pas les pavés le problème. Le problème, c’est les nids de poule, les trous, l’entretien de la chaussée, la rudesse des automobilistes, les odeurs d’échappement derrière les bus et ce gosse de quatre cinq ans devant qui j’ai dû piler comme un malade car il sortait d’un taxi comme un diable. Il parlait pas un mot de français. Ça n’a servi à rien de l’engueuler. Un peu après le rond-point de la Porte Maillot (où on ne trouve plus aucun lapin comme chacun sait), arrivé à Neuilly, soudainement, la rue c’est plus une la rue, c’est une espèce d’entrée d’autoroute avec des panneaux bleus et des bretelles de part et d’autre de la chaussée. J’ai cherché à contourner ça, à prendre une autre rue parallèle par exemple sauf qu’il s’avère que c’est un pont ce machin. Le pont de Neuilly. J’ai attendu deux trois minutes qu’un livreur Deliveroo me dépasse pour que je puisse le suivre, en fait il y a une pauvre piste cyclable sur le trottoir. Ce qui m’amènera à l’entrée de Courbevoie, où vivait S., mon boss à une époque où je travaillais pour une petite start-up qui avait ses bureaux (prêtés gracieusement par un milliardaire qui possédait le quartier) pas très loin de là où j’ai dû faire un détour un peu plus tôt car la rue de Rivoli était fermée partiellement pour travaux. Bref, S. n’était pas mon supérieur, c’était le supérieur de ma supérieure, et au-dessus de lui il y avait un actionnaire majoritaire qui vivait à Sydney ou ailleurs en Australie et qu’on ne verra jamais (moi en tout cas) et dont on supposait qu’il passait son temps à faire du surf (ou bien c’est juste moi). De temps à autre il prenait de grandes décisions stratégiques qui, par la suite, s’avéreraient préoccupantes. S., lui, était directeur des opérations. C’était son titre. Et je me souviens, donc, être venu là pour une soirée d’ex de cette boîte après que la start-up s’est cassée la gueule, là encore on doit pouvoir trouver trace de ça quelque part dans le journal de cette époque. Tout ça pour dire, donc, que cet endroit m’est familier, mais mal familier. Ensuite, c’est une succession de bretelles et d’esplanades pas du tout pensées pour un vélo, même si on peut tout à fait suivre la piste handicapée qui est fléchée, faut dire, pour éviter le dédale d’escaliers. Le problème, ici, c’est qu’une adresse c’est pas une adresse. Je veux dire, j’avais un numéro d’esplanade, et un nom d’esplanade mais une esplanade c’est si grand. Et les bâtiments là, partout, sont immenses. J’aurai l’impression d’être à Londres. Il y a des touristes un peu partout (je trouve ça triste). Que font-ils là ? Il y a des autochtones qui s’allongent dans les parcs, qui se baignent dans les fontaines, qui regardent des œuvres qu’il y a là (je trouve ça triste). Et moi, au milieu de tout ça, après avoir posé mon vélo quelque part où quelqu’un a cru bon de déposer, dans une petite boite en plastique, un bol d’eau et une gamelle pleine de croquettes, et après avoir changé de t-shirt à cause de la sueur que c’est de rouler une heure et demi en plein été, je finirai par tourner en rond dans une espèce de résidence standing sur plusieurs étages avec de petites cours intérieures garnies de fausses rivières artificielles, sans doute pour apaiser l’esprit. Moi Mais moi non. Car plus loin, c’est un centre commercial intégré au tissu urbain. Comment ça peut exister des endroits pareils ? Je finirai par trouver cet immeuble, il était précisément là où j’ai laissé le vélo à la base, j’aurai donc tourné en rond pour rien. J’ai deux idées, ici, pour le futur. L’une à trait à la mode, l’autre à la médecine. La première, c’est que dans le futur nos lunettes de soleil devront avoir, nécessairement, la forme d’une géode (tu vois ce que je veux dire) pour couvrir entièrement l’ensemble de la surface de l’œil. De fait, on aura l’air de mouches avec des yeux énormes. Ce sera bien. La deuxième est pour permettre aux transplantations cardiaques de s’opérer sans la nécessité de t’ouvrir la poitrine ou de te découper le thorax avec une scie sternale. Pour ce faire, il faudra mettre au point des cœurs artificiels en s’inspirant de la physique des poulpes. Les poulpes, ce sont des animaux qui peuvent contorsionner leur corps mou pour leur permettre de passer, par exemple, dans un trou a priori beaucoup trop petit pour les accueillir. Ce serait, à n’en pas douter, des cœurs artificels. Mais quand même. On injecterait donc ce cœur Ils permettraient d’être injecté dans l’organisme via une petite incision, et il remonterait par exemple dans une artère. Ensuite, via un système de ventouse intelligent, il se raccorderait de lui-même aux veines et aux artères clées. Voilà le genre de trucs auxquels je pense quand j’en suis à fendre la ville de haut en bas, l’extérieur du bras gauche et l’intérieur du bras droit offerts en sacrifice au soleil dieu Soleil . Le retour sera plus doux, ceci dit. Déjà, parce qu’on évite les Champs. Il faudra prendre l’avenue Marceau, qui est en pente et complètement destroy au niveau de son revêtement à cet endroit jusqu’au Pont de l’Alma. Une famille de touristes étrangers : where is the Eiffel tower ? Et j’en ai pas la moindre idée. J’ai regardé à droite puis à gauche pour la voir dépasser (non). En fait, elle est là, au bout de cette avenue. Puis prendre à gauche sur le quai Branly, qui devient le quai d’Orsay, puis le boulevard Saint-Germain jusqu’à l’Institut du monde Arabae et, de là, la gare d’Austerlitz, puis le quai opposé au niveau de la gare de Lyon, et un retour douloureux vers Bercy. Douloureux car j’avais pas les jambes, aujourd’hui, de faire trente bornes en fait. J’aurais tout fait d’un coup, je pense que ça aurait été. mais la coupure de ce rendez-vous en plein milieu ça m’a tué coupé net . C’est comme ça. Le plus dur, c’est toujours cette dernière ligne droite en remontant la rue (ou le boulevard, je sais jamais) de Reuilly. On dirait pas comme ça mais à vélo elle est vicieuse cette côte. Non, en fait, je vais te dire : le plus dur, c’est pas ça. Le plus dur, c’est de descendre (j’ai bien dit descendre) les trois quatre marches qu’il y a au sortir de l’abri de vélo pour rejoindre le bon immeuble. C’est à ce moment-là que tu te rendras compte que tu n’as plus rien dans les jambes. Que c’est du flan. Du yaourt. Un tissu fait de spaghettis.

150818, version 5 (26 août 2018)

Ça n’a pas réellement de rapport, mais j’ai souvenir de m’être bien habillé pour des raisons étranges , un jour où je bossais chez STAT. J’avais rendez-vous en fin d’après-midi avec un éditeur ( pour un projet de traduction qui, finalement, ne verra pas le jour. ça n’est pas grave , le livre a finalement été traduit ailleurs , et par quelqu’un d’autre , et j’ai toutes les raisons de penser qu’il a fait du bon boulot ). Je n’avais pas réellement besoin de bien m’habiller pour ça, mais je portais alors le genre de fringues qu’on met aux entretiens d’embauche, et ça me plaisait assez cette idée que chez STAT, à l’époque, on aurait pu croire que c’était le cas, que je cherchais un autre job ailleurs. C’est à peu près tout ce qu’il y a à en dire. Un an plus tard, je me suis retrouvé à longer la Seine à vélo, il faisait très beau et très chaud et il n’y avait personne perrsonne . Je comptais aller jusqu’à la forêt de Sénart mais j’ai fait demi-tour avant d’atteindre mon but, craignant de n’avoir pas les jambes pour rentrer. On peut facilement retrouver trace de ce jour-là dans le journal. C’était déjà dékà un 15 août. Peut-être que j’ai dans l’idée ce jour-là qu’il faut que je roule, et beaucoup ? Mais ce n’est pas exactement comme ça que ça s’est passé aujourd’hui, et il serait plus correct de dire que cette histoire de 15 août a commencé quelques jours en amont quand j’ai pris un engagement auprès de quelqu’un pour un rendez-vous précisément ce jour-là. Ce n’est pas, en soi, un problème. Mais il y a eu un quiproquo sur le lieu et je crois que j’en suis responsable : je croyais que c’était je devrais me rendre place de la Madeleine, ce qui se fait facilement à vélo, alors qu’en réalité ce sera c’était à la Défense. Aujourd’hui Je me dirai qu’aujourd’hui , il ne devrait y avoir n’y aura presque personne dans les rues (c’était faux, il y a beaucoup de traffic je trouve ) et que c’est une belle idée un beau prétexte pour traverser complètement Paris. Mais s’il y a un truc qui pourra étonner étonnera à la lecture de ces lignes cette entrée , c’est sans doute que je ne suis pas très à l’aise avec les nouvelles technologies. Par exemple, quand je me prépare à prendre le vélo pour aller quelque part, jamais je ne mets jamais le GPS. À la place, je regarde le tracé sur Google Maps (ou autre) et je reporte manuellement, je veux dire textuellement, sous la forme d’une liste et d’une série de directions à prendre, les rues et les sens qu’il faut suivre. Je ne sais pas pourquoi je fais ça. Je crois que ça ne m’est jamais venu à l’esprit de procéder autrement. Ça a sans doute à voir avec la mémoire, écrire pour la stimuler, un peu comme ces feuilles de pompe qu’on faisait au collège et qui constituait en réalité la parfaite meilleure préparation à un contrôle : passer du temps sur préparer l’une de ces antisèches, c’était la meilleure façon pour moi d’apprendre le cours correctement. J’avais aussi un petit appareil caché au fond de ma trousse pour l’allemand : un traducteur électronique que mes parents avaient dû gagner en cadeau suite à un abonnement quelconque, le Nouvel obs ou Télérama . Télérama ( oui , je suis fils de pédagos ). Mais ça n’est pas très compliqué en réalité d’aller à la Défense. Depuis Bastille, on peut même dire que c’est tout droit. Mais j’ai sous-estimé le traffic, ( je l’ai dit ), le soleil (l’extérieur de mon bras gauche et l’intérieur de mon bras droit ont cramé, c’est donc que je me dirige vers le nord), et la merde que c’est de rouler sur les Champs-Élysées à vélo. C’est Ce ne sont pas les pavés le problème. Le problème, c’est ce sont les nids de poule, les trous, l’entretien de la chaussée, la rudesse des automobilistes, les odeurs d’échappement derrière les bus et ce gosse de quatre cinq ans devant qui j’ai dû piler comme un malade car il sortait d’un taxi comme un diablede sa boîte . Il ne parlait pas un mot de français. Ça n’a servi à rien de l’engueuler. Un peu après le rond-point de la Porte Maillot (où on ne trouve plus aucun lapin comme chacun sait), arrivé à Neuilly, soudainement, la rue c’est plus la rue, c’est une espèce d’entrée d’autoroute avec des panneaux bleus et des bretelles de part et d’autre de la chaussée. J’ai cherché à contourner ça, à prendre une autre rue parallèle par exemple sauf qu’il mais il s’avère que c’est un pont ce machin. Le pont de Neuilly. J’ai attendu deux trois minutes qu’un livreur Deliveroo me dépasse pour que je puisse le suivre, en fait il y a une pauvre piste cyclable sur le trottoir. Ce qui m’amènera à l’entrée de Courbevoie, où vivait S., mon boss à une époque où je travaillais pour une petite start-up qui avait ses bureaux (prêtés gracieusement par un milliardaire qui possédait le quartier) pas très loin de là où j’ai dû faire un détour un peu plus tôt car la rue de Rivoli était fermée partiellement pour travaux. Bref, S. n’était pas mon supérieur, c’était le supérieur de ma supérieure, et au-dessus de lui il y avait un actionnaire majoritaire qui vivait à Sydney ou ailleurs en Australie et qu’on ne verra jamais (moi en tout cas) et dont on supposait qu’il passait son temps à faire du surf ( ou bien c’est juste moi ). De temps à autre il prenait de grandes décisions stratégiques qui, par la suite, s’avéreraient préoccupantes. S., lui, était directeur des opérations. C’était son titre. Et je me souviens, donc, être venu là pour une soirée d’ex de cette boîte après que la start-up s’est cassée cassé la gueule, encore on doit pouvoir trouver trace de ça quelque part dans le journal de cette époque. Tout ça pour dire, donc, que cet endroit m’est familier, mais mal familier . Ensuite, c’est une succession de bretelles et d’esplanades pas du tout pensées pour un vélo les vélos , même si on peut tout à fait suivre la piste handicapée qui est fléchée, faut dire, pour éviter le dédale d’escaliers. Le problème, ici, c’est qu’une adresse c’est n’est pas une adresse. Je veux dire, j’avais un numéro d’esplanade, et un nom d’esplanade mais une esplanade c’est si grand. Et les bâtiments là, partout, sont immenses. J’aurai l’impression d’être à Londres. Il y a des touristes un peu partout (je trouve ça triste). Que font-ils là ? Il y a des autochtones qui s’allongent dans les parcs, qui se baignent dans les fontaines, qui regardent des œuvres qu’il y a là (je trouve ça triste). Et moi, au milieu de tout ça, après avoir posé mon vélo quelque part où quelqu’un a cru bon de déposer, dans une petite boite en plastique, un bol d’eau et une gamelle pleine de croquettes, et après avoir changé de t-shirt t-shist à cause de la sueur que c’est de rouler une heure et demi en plein été, je finirai par tourner en rond dans une espèce de résidence standing sur plusieurs étages avec de petites cours intérieures garnies de avec fausses rivières artificielles, sans doute pour apaiser l’esprit. Mais moi non Je me lance . Car plus Plus loin, c’est un centre commercial intégré au tissu urbain. Comment ça peut exister des endroits pareils ? Je finirai par trouver cet immeuble, il était précisément là où j’ai laissé le vélo à la base, j’aurai donc tourné en rond pour rien. J’ai deux idées, ici, pour le futur. L’une à trait à la mode, l’autre à la médecine. La première, c’est que dans le futur nos lunettes de soleil devront avoir, nécessairement, la forme d’une géode (tu vois ce que je veux dire) pour couvrir entièrement l’ensemble de la surface de l’œil. De fait, on aura l’air de mouches avec eavec des yeux énormes. Ce sera bien. La deuxième est pour permettre aux transplantations cardiaques de s’opérer sans la nécessité de t’ouvrir la poitrine ou de te découper le thorax avec une scie sternale. Pour ce faire, il faudra mettre au point des cœurs artificiels en s’inspirant de la physique des poulpes. Les poulpes, ce sont des animaux qui peuvent contorsionner leur corps mou pour leur permettre de passer, par exemple, dans un trou a priori beaucoup trop petit pour les accueillir. Ce serait, à n’en pas douter, des cœurs artificels. Mais quand même. Ils permettraient d’être injecté dans l’organisme via une petite incision, et remonterait par exemple dans une artère. Ensuite, via un système de ventouse intelligent, il se raccorderait de lui-même aux veines et aux artères clées. Voilà le genre de trucs auxquels je pense quand j’en suis à fendre la ville de haut en bas, l’extérieur du bras gauche et l’intérieur du bras droit offerts en sacrifice au dieu Soleil. Le retour sera plus doux, ceci dit. Déjà, parce qu’on évite les Champs Champs-Élysées . Il faudra prendre l’avenue Marceau, qui est en pente et complètement destroy au niveau de son revêtement à cet endroit jusqu’au Pont de l’Alma. Une famille de touristes étrangers : me demande where is the Eiffel tower ? Et j’en et je n’en ai pas la moindre idée. J’ai regardé à droite puis à gauche pour la voir dépasser ( non ). . En fait, elle est là, au bout de cette avenue. Puis prendre à gauche sur le quai Branly, qui devient le quai d’Orsay, puis le boulevard Saint-Germain jusqu’à l’Institut du monde Arabae et, de là, la gare d’Austerlitz, puis le quai opposé au niveau de la gare de Lyon, et un retour douloureux vers Bercy. Douloureux car j’avais pas les jambes, aujourd’hui, de faire trente bornes en fait. J’aurais tout fait d’un coup, je pense que ça aurait été. mais la coupure de ce rendez-vous en plein milieu ça m’a coupé net. C’est comme ça. Le plus dur, c’est toujours cette dernière ligne droite en remontant la rue (ou le boulevard, je sais jamais) de Reuilly. On dirait pas comme ça mais à vélo elle est vicieuse cette côte. Non, en fait, je vais te dire : le plus dur, c’est pas ça. Le plus dur, c’est de descendre (j’ai bien dit descendre) les trois quatre marches qu’il y a au sortir de l’abri de vélo pour rejoindre le bon immeuble. C’est à ce moment-là que tu te rendras compte que tu n’as plus rien dans les jambes. Que c’est du flan. Du yaourt. Un tissu fait de spaghettis.

150818, version 4 (19 août 2018)

Ça n’a pas réellement de rapport, mais j’ai souvenir de m’être bien habillé, un jour où je bossais chez STAT. J’avais Ça n’a pas réellement de rapport avec le reste , mais j’ai souvenir de m’être très bien habillé , un jour je bossais chez STAT , parce que j’avais rendez-vous en fin d’après-midi avec un éditeur (pour un projet de traduction qui, finalement, ne verra pas le jour — ça n’est pas grave, le livre a finalement été traduit ailleurs, et par quelqu’un qelqu’un d’autre, et j’ai toutes les raisons de penser qu’il a fait du bon boulot). Je n’avais pas réellement besoin de bien m’habiller pour ça, mais je portais alors le genre de fringues qu’on met aux entretiens d’embauche, et ça me plaisait plaisiait assez cette idée que chez STAT, à l’époque, on aurait pu pourrait croire que c’était le cas, que je cherchais un autre job poste ailleurs. C’est à peu près tout ce qu’il y a à en dire. Un an plus tard, je me suis retrouvé un 15 août à longer la Seine à vélo, il faisait très beau et très chaud et il n’y avait perrsonne. Je comptais aller jusqu’à la forêt de Sénart mais puis j’ai fait demi-tour avant d’atteindre mon but, craignant de n’avoir ne pas les jambes pour pouvoir rentrersinon . C’était dékà encore un 15 août. Peut-être que j’ai dans l’idée ce jour-là jour)là qu’il faut que je roule, et beaucoup ? . Mais ce n’est pas exactement comme ça que ça s’est passé aujourd’hui, et il serait plus correct de dire que cette histoire de 15 août a comencé il y a commencé de ça quelques jours en amont , quand j’ai pris un engagement auprès de quelqu’un pour un rendez-vous ce jour-là jour)là . Ce CE n’est pas, en soi, un problème. Mais il y a eu un quiproquo et je crois que j’en suis responsable : je croyais que je devrais me rendre place de la Madeleine, ce qui se fait facilement à vélo, alors qu’en réalité c’était je devrais me rendre à la Défense. Je me dirai qu’aujourd’hui, il n’y aura presque personne dans les rues (c’était faux, il y a beaucoup de traffic je trouve) et que c’est un beau prétexte pour traverser complètement Paris. Mais s’il y a un truc qui étonnera à la lecture de cette entrée, c’est sans doute que douteque je ne suis pas très à l’aise avec les nouvelles technologies. Par Pr exemple, quand je me prépare à prendre le vélo pour vélopour aller quelque part, je ne mets jamais le GPS. À la place, je regarde le tracé sur Google Maps (ou autre) et je reporte manuellement, je veux dire textuellement , sous la forme d’une série de directions à prendre, les rues et les sens qu’il faut à suivre. Je ne Jene sais pas pourquoi je fais ça. Je crois que ça ne m’est est jamais venu à l’esprit de procéder autrement. Ça a sans doute à voir avec la mémoire Et je crois aussi que le fait d’écrire cees instructions me permettra ensuite de me les remémorer , écrire pour la stimuler , un peu comme ces feuilles de pompe qu’on faisait au collège et qui constituait en réalité la meilleure préparation à un contrôle : préparer l’une de ces antisèches, c’était la meilleure façon pour moi d’apprendre le cours correctement. J’avais aussi un petit appareil caché au fond de ma trousse pour l’allemand : un traducteur électronique que mes parents avaient dû gagner en cadeau suite à un abonnement quelconque, le Nouvel obs ou Télérama (oui, je suis fils de pédagos). Mais ça n’est pas très compliqué en réalité d’aller à la Défense. Depuis la Bastille, on peut même dire que c’est tout droit. Mais j’ai sous-estimé le traffic (je l’ai dit), le soleil (l’extérieur de mon bras gauche et l’intérieur de mon bras droit ont a cramé, c’est donc que je me dirige vers le nord), et la merde que c’est de rouler sur les Champs-Élysées à vélo. Ce ne sont pas les pavés le problème. Le problème, ce sont les nids de poule, les trous, l’entretien de la chaussée, la rudesse des automobilistes, les odeurs d’échappement derrière les le s bus et ce gosse de quatre cinq ans devant qui j’ai dû piler comme un malade car il sortait d’un taxi comme un d’un diable de sa boîte. Il ne parlait pas un mot de français. Ça n’a servi à rien de l’engueuler. Un peu après le rond-point de la Porte Maillot (où on ne trouve plus aucun lapin comme chacun sait), arrivé à Neuilly, soudainement, la rue c’est plus la rue, c’est une espèce d’entrée d’autoroute avec des panneaux bleus et des bretelles de part et d’autre de la chaussée route . J’ai cherché à contourner ça, à prendre une autre rue parallèle par exemple mais il s’avère que c’est un pont ce machin. Le pont de Neuilly. J’ai attendu deux trois minutes qu’un livreur Deliveroo me dépasse pour que je puisse le suivre, en fait il y a une piste cyclable sur le trottoir, ok pour moi . Ce qui m’amènera à l’entrée de Courbevoie, où vivait S., mon boss à une époque où je travaillais pour une petite start-up qui avait ses bureaux (prêtés gracieusement par un milliardaire qui possédait le quartier) pas très loin de là où j’ai dû faire un détour un peu plus tôt car la rue de Rivoli était fermée partiellement complètement pour travaux. Bref, S. n’était pas mon supérieur, c’était le supérieur de ma supérieure, et au-dessus de lui il y avait un actionnaire majoritaire qui vivait à Sydney ou ailleurs en Australie et qu’on ne verra jamais (moi en tout cas). De temps à autre il prenait de grandes décisions stratégiques qui, par la suite, s’avéreraient préoccupantes. S., lui, était directeur des opérations. C’était son titre. Et je me souviens, donc, être venu là pour une soirée d’ex de cette boîte après que la start-up s’est cassé la gueule, on doit pouvoir trouver trace de ça quelque part dans le journal de cette époque. Tout ça pour dire, donc, que cet endroit m’est familier. Ensuite, c’est une succession de bretelles et d’esplanades pas du tout pensées pour les vélos, même si on peut tout à fait suivre la piste handicapée qui est fléchée, faut dire, pour éviter le dédale d’escaliers des escaliers . Le problème, ici, c’est qu’une adresse n’est pas une adresse. Je veux dire, j’avais un numéro d’esplanade, et un nom d’esplanade mais une esplanade c’est si grand. Et les bâtiments là, partout, sont immenses. J’aurai l’impression d’être à Londres. Il y a des touristes un peu partout (je trouve ça triste). Que font-ils là ? Il y a des touristes un peu partout ( je trouve ça triste ) IL y a des autochtones qui s’allongent dans les parcs, qui se baignent dans les fontaines, qui regardent des ldes œuvres qu’il y a là (je trouve ça triste). Et moi, au milieu de ed tout ça, après avoir posé mon vélo quelque part où quelqu’un a cru bon de déposer, dans une petite boite en plastique, un bol d’eau et une gamelle pleine de croquettes, et après avoir changé de t-shist t-hisrt à cause de la sueur que c’est de rouler une heure , une heure et demi en plein été, je finirai par tourner en rond dans une espèce de résidence standing sur plusieurs étages avec de petites cours intérieures avec et de fausses rivières artificielles pour apaiser l’esprit simulées . Plus loin, c’est un centre commercial intégré au tissu urbain. Comment ça peut exister des endroits pareils ? Je finirai par trouver cet immeuble, il était précisément là où j’ai laissé le vélo à la base, j’aurai tourné pour rien. J’ai deux idées, ici, pour le futur. L’une à trait à la mode, l’autre à la médecine. Je me lance. La première, c’est que dans le futur nos lunettes de soleil devront avoir, nécessairement, la forme d’une géode (tu vois ce que je veux dire) pour couvrir vouvrir entièrement l’ensemble de la surface de l’œil l’oeil . De fait, on aura l’air de mouches eavec des yeux énormes. Ce sera bien. La deuxième est pour permettre aux transplantations cardiaques de s’opérer sans la nécessité de t’ouvrir la poitrine ou de te découper le thorax avec une scie sternale. Pour ce faire, il faudra mettre au point des cœurs artificiels en s’inspirant de la physique des poulpes. Les poulpes, ce sont des animaux qui peuvent contorsionner leur corps mou pour leur permettre de passer, par exemple, dans un trou a priori beaucoup trop petit pour les accueillir. Ce serait, à n’en pas douter, des cœurs co2urs artificels. Mais quand même. Ils permettraient d’être injecté dans l’organisme via une petite incision, et remonterait par exemple dans une artère. Ensuite, via un système unsystème de ventouse intelligent , il se raccorderait de lui-même aux veines et aux artères clées. Voilà le genre de trucs auxquels je pense quand j’en suis à fendre la ville de haut en bas, l’extérieur du le bras gauche et l’intérieur du bras droit offerts offert au dieu Soleil. Le retour sera plus doux, ceci dit. Déjà, parce qu’on évite les Champs-Élysées CHamps-Elysées . Il faudra prendre l’avenue Marceau, qui est en pente et complètement destroy au niveau de son revêtement à cet endroit jusqu’au Pont de l’Alma. Une famille de touristes étrangers me demande where is the Eiffel tower  ? tower et je n’en ai pas la moindre idée . et je n’en ai pas la moindre idée. J’ai regardé à droite à gauche pour la voir dépasser. En fait, elle est là, au bout de cette avenue. Puis prendre à gauche sur le quai Branly, qui devient le quai d’Orsay, puis le boulevard Saint-Germain jusqu’à jusqu’aà l’Institut du monde Arabae et , de et,de là, la gare d’Austerlitz, puis le quai opposé au niveau de la gare de Lyon, et un retour douloureux vers Bercy. Douloureux car j’avais pas les jambes, aujourd’hui, de faire trente bornes en fait. J’aurais tout fait d’un coup, je pense que ça aurait été. mais la coupure de ce rendez-vous en plein milieu ça m’a coupé net les jambes . C’est comme ça. Le plus dur, c’est toujours cette dernière ligne droite en remontant la rue (ou le boulevard, je sais jamais) de Reuilly. On dirait pas comme ça mais elle est vicieuse cette côte. Non, en fait, je vais te dire : le plus dur, c’est pas ça. Le plus dur, c’est de descendre (j’ai bien dit descendre) -) les trois quatre marches qu’il y a au sortir de l’abri de vélo pour rejoindre le bon immeuble. C’est à ce moment-là que tu te rendras compte que tu n’as plus rien dans les jambes. Que c’est C’est du flan. Du yaourt. Un tissu fait de spaghettis.

150818, version 3 (16 août 2018)

Ça n’a pas réellement de rapport avec le reste, mais j’ai souvenir de m’être très bien habillé, un jour où je bossais chez STAT, parce que j’avais rendez-vous en fin d’après-midi avec un éditeur (pour un projet de traduction qui, finalement, ne verra pas le jour — ça n’est pas grave, le livre a finalement été traduit ailleurs, et par qelqu’un d’autre, et j’ai toutes les raisons de penser qu’il a fait du bon boulot). Je n’avais pas réellement besoin de bien m’habiller pour ça, mais je portais alors le genre de fringues qu’on met aux entretiens d’embauche, et ça me plaisiait assez cette idée que chez STAT, à l’époque, on pourrait croire que c’était le cas, que je cherchais un autre poste ailleurs. C’est à peu près tout ce qu’il y a à en dire. Un an plus tard, je me suis retrouvé un 15 août à longer la Seine à vélo, il faisait très beau et très chaud et il n’y avait perrsonne. Je comptais aller jusqu’à la forêt de Sénart puis j’ai fait demi-tour avant d’atteindre mon but, craignant de ne pas pouvoir rentrer sinon. C’était encore un 15 août. Peut-être que j’ai dans l’idée ce jour)là qu’il faut que je roule beaucoup. Mais ce n’est pas exactement comme ça que ça s’est passé aujourd’hui, et il serait plus correct de dire que cette histoire de 15 août a comencé il y a de ça quelques jours, quand j’ai pris un engagement auprès de quelqu’un pour un rendez-vous ce jour)là. CE n’est pas, en soi, un problème. Mais il y a eu un quiproquo et je crois que j’en suis responsable : je croyais que je devrais me rendre place de la Madeleine, ce qui se fait facilement à vélo, alors qu’en réalité je devrais me rendre à la Défense. Je me dirai qu’aujourd’hui, il n’y aura presque personne dans les rues (c’était faux, il y a beaucoup de traffic je trouve) et que c’est un beau prétexte pour traverser complètement Paris. Mais s’il y a un truc qui étonnera à la lecture de cette entrée, c’est sans douteque je ne suis pas très à l’aise avec les nouvelles technologies. Pr exemple, quand je me prépare à prendre le vélopour aller quelque part, je ne mets jamais le GPS. À la place, je regarde le tracé sur Google Maps (ou autre) et je reporte manuellement, sous la forme d’une série de directions à prendre, les rues et les sens à suivre.Jene sais pas pourquoi je fais ça. Je crois que ça ne ’est jamais venu à l’esprit autrement. Et je crois aussi que le fait d’écrire cees instructions me permettra ensuite de me les remémorer, un peu comme ces feuilles de pompe qu’on faisait au collège et qui constituait en réalité la meilleure préparation à un contrôle : préparer l’une de ces antisèches, c’était la meilleure façon pour moi d’apprendre le cours correctement. J’avais aussi un petit appareil caché au fond de ma trousse pour l’allemand : un traducteur électronique que mes parents avaient dû gagner en cadeau suite à un abonnement quelconque, le Nouvel obs ou Télérama (oui, je suis fils de pédagos).Mais ça n’est pas très compliqué en réalité d’aller à la Défense. Depuis la Bastille, on peut même dire que c’est tout droit. Mais j’ai sous-estimé le traffic (je l’ai dit), le soleil (mon bras gauche a cramé, c’est donc que je me dirige vers le nord), et la merde que c’est de rouler sur les Champs-Élysées à vélo. Ce ne sont pas les pavés le problème. Le problème, ce sont les nids de poule, les trous, l’entretien de la chaussée, la rudesse des automobilistes, les odeurs d’échappement derrière le s bus et ce gosse de quatre cinq ans devant qui j’ai dû piler comme un malade car il sortait d’un taxi comme d’un diable de sa boîte. Un peu après le rond-point de la Porte Maillot (où on ne trouve plus aucun lapin comme chacun sait), arrivé à Neuilly, soudainement, la rue c’est plus la rue, c’est une espèce d’entrée d’autoroute avec des panneaux bleus et des bretelles de part et d’autre de la route. J’ai cherché à contourner ça, à prendre une autre rue parallèle par exemple mais il s’avère que c’est un pont ce machin. Le pont de Neuilly. J’ai attendu deux trois minutes qu’un livreur Deliveroo me dépasse pour que je puisse le suivre, en fait il y a une piste cyclable sur le trottoir, ok pour moi. Ce qui m’amènera à l’entrée de Courbevoie, où vivait S., mon boss à une époque où je travaillais pour une petite start-up qui avait ses bureaux (prêtés gracieusement par un milliardaire qui possédait le quartier) pas très loin de là où j’ai dû faire un détour un peu plus tôt car la rue de Rivoli était fermée complètement pour travaux. Bref, S. n’était pas mon supérieur, c’était le supérieur de ma supérieure, et au-dessus de lui il y avait un actionnaire majoritaire qui vivait à Sydney et qu’on ne verra jamais (moi en tout cas). S., lui, était directeur des opérations. C’était son titre. Et je me souviens, donc, être venu là pour une soirée d’ex de cette boîte après que la start-up s’est cassé la gueule, on doit pouvoir trouver trace de ça quelque part dans le journal de cette époque. Tout ça pour dire, donc, que cet endroit m’est familier. Ensuite, c’est une succession de bretelles et d’esplanades pas du tout pensées pour les vélos, même si on peut tout à fait suivre la piste handicapée qui est fléchée, faut dire, pour éviter le dédale des escaliers. Le problème, ici, c’est qu’une adresse n’est pas une adresse. Je veux dire, j’avais un numéro d’esplanade, et un nom d’esplanade mais une esplanade c’est si grand. Et les bâtiments là, partout, sont immenses. J’aurai l’impression d’être à Londres. Il y a des touristes un peu partout (je trouve ça triste) IL y a des autochtones qui s’allongent dans les parcs, qui se baignent dans les fontaines, qui regardent ldes œuvres qu’il y a là (je trouve ça triste). Et moi, au milieu ed tout ça, après avoir posé mon vélo quelque part où quelqu’un a cru bon de déposer, dans une petite boite en plastique, un bol d’eau et une gamelle pleine de croquettes, et après avoir changé de t-hisrt à cause de la sueur que c’est de rouler une heure, une heure et demi en plein été, je finirai par tourner en rond dans une espèce de résidence standing sur plusieurs étages avec de petites cours intérieures et de fausses rivières simulées. Plus loin, c’est un centre commercial intégré au tissu urbain. Comment ça peut exister des endroits pareils ? Je finirai par trouver cet immeuble, il était précisément là où j’ai laissé le vélo à la base, j’aurai tourné pour rien. J’ai deux idées, ici, pour le futur. L’une à trait à la mode, l’autre à la médecine. Je me lance. La première, c’est que dans le futur nos lunettes de soleil devront avoir, nécessairement, la forme d’une géode (tu vois ce que je veux dire) pour vouvrir entièrement l’ensemble de la surface de l’oeil. De fait, on aura l’air de mouches eavec des yeux énormes. Ce sera bien. La deuxième est pour permettre aux transplantations cardiaques de s’opérer sans la nécessité de t’ouvrir la poitrine ou de te découper le thorax avec une scie sternale. Pour ce faire, il faudra mettre au point des cœurs artificiels en s’inspirant des poulpes. Les poulpes, ce sont des animaux qui peuvent contorsionner leur corps mou pour leur permettre de passer, par exemple, dans un trou a priori beaucoup trop petit pour les accueillir. Ce serait, à n’en pas douter, des co2urs artificels. Mais quand même. Ils permettraient d’être injecté dans l’organisme via une petite incision, et remonterait par exemple dans une artère. Ensuite, via unsystème de ventouse, il se raccorderait de lui-même aux veines et aux artères clées. Voilà le genre de trucs auxquels je pense quand j’en suis à fendre la ville de haut en bas, le bras gauche offert au dieu Soleil. Le retour sera plus doux, ceci dit. Déjà, parce qu’on évite les CHamps-Elysées. Il faudra prendre l’avenue Marceau, qui est en pente et complètement destroy au niveau de son revêtement à cet endroit jusqu’au Pont de l’Alma. Une famille de touristes étrangers me demande where is the Eiffel tower et je n’en ai pas la moindre idée. En fait, elle est là, au bout de cette avenue. Puis prendre à gauche sur le quai Branly, qui devient le quai d’Orsay, puis le boulevard Saint-Germain jusqu’aà l’Institut du monde Arabae et,de là, la gare d’Austerlitz, puis le quai opposé au niveau de la gare de Lyon, et un retour douloureux vers Bercy. Douloureux car j’avais pas les jambes, aujourd’hui, de faire trente bornes en fait. J’aurais tout fait d’un coup, je pense que ça aurait été. mais la coupure de ce rendez-vous en plein milieu ça m’a coupé les jambes. C’est comme ça. Le plus dur, c’est toujours cette dernière ligne droite en remontant la rue (ou le boulevard, je sais jamais) de Reuilly. On dirait pas comme ça mais elle est vicieuse cette côte. Non, en fait, je vais te dire : le plus dur, c’est pas ça. Le plus dur, c’est de descendre (j’ai bien dit descendre-) les trois quatre marches qu’il y a au sortir de l’abri de vélo pour rejoindre le bon immeuble. C’est à ce moment-là que tu te rendras compte que tu n’as plus rien dans les jambes. C’est du flan. Du yaourt. Un tissu fait de spaghettis.

150818, version 2 (15 août 2018)

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