Le chien du mariage


Traduction du recueil de nouvelles de Amy Hempel, Cambourakis, août 2018

  • L’auteure

Maîtresse de la forme courte, ayant fait ses classes auprès de Gordon Lish, qui publia son premier recueil, Amy Hempel est l’auteure en l’espace de vingt ans de seulement quatre livres. La publication de ses nouvelles complètes aux éditions Scribner a été saluée comme l’« événment littéraire de l’année » par la revue Village Voice, et le New York Times avait cité ce recueil comme l’une des cinq meilleures œuvres de fictions en 2006.

  • Présentation par l’éditeur

La compassion, l’intensité et la clairvoyance des observations proposées par Amy Hempel dans ses écrits en ont fait une des écrivaines contemporaines les plus remarquées et admirées. En trois recueils de nouvelles, elle a imposé sa voix unique et reconnaissable entre toutes. Dans ce quatrième et dernier recueil en date, il est question d’amour, de sa naissance et de sa disparition, de relations bancales et de désirs quotidiens insatisfaits. Sans cesse surprenant, servi par d’incroyables trouvailles langagières et un esprit mordant, ce volume est caractéristique du meilleur d’Amy Hempel.

  • Ce que j’en dis

Amy Hempel publie peu : quatre recueils depuis 1985, dont le dernier en date, Le chien du mariage, il y a déjà plus de dix ans aux États-Unis. Il s’agit sans doute de son recueil le plus incisif, oscillant dans la forme entre nouvelles très brèves (une seule phrase de deux lignes pour le fameux « Mémoire » : Juste une fois dans ma vie... oh, comme si j’avais jamais souhaité quoi que ce soit « juste une fois dans ma vie ». ) et plus amples. On y retrouve certains de ses thèmes de prédilection : complexité des rapports humains (des relations hommes-femmes souvent conflictuelles, voire résolument violentes, comme dans la nouvelle « Les intrus » qui dresse un parallèle entre l’expérience d’un viol et la figure d’une maison hantée dans un vieux film fantastique), la difficulté à se remettre de ses traumatismes, ou la vie aux portes du royaume animal pour reprendre le titre d’un de ses précédents recueil. Le chien promis par le titre est partout, animal totem aidant à faire le lien entre le monde des hommes et les prémices de la vie sauvage.

Le chien du mariage est surtout une formidable œuvre sur le rapport au temps : temps mis en pause (dans « Jesus is waiting » ou « Au-delà » qui saisissent tous deux cet après faisant suite à la perte - temporaire ou définitive - de l’être aimé), temps décomposé (dans la nouvelle qui donne son titre au recueil et qui, de chien en chien, déjoue le processus social du mariage), ou temps réinventé par le langage (dans « Offertoire » où la fiction prend un pouvoir capable de décomposer, ou recomposer, les rapports de domination à l’œuvre entre les amants). Son écriture précise, parfois d’apparence décousue, capable d’isoler une seconde de bascule dans le tumulte d’une vie et d’en révéler la beauté, la cruauté ou la complexité, esquisse dans ces nouvelles le portrait d’un présent instable et translucide qui porte en lui toute une architecture du passé. Adepte des ruptures temporelles soudaines et usant souvent d’objets du quotidien pour permettre au récit de se renverser sur lui-même, Amy Hempel a une pratique quasi clinique de la langue, une langue qui joue parfois le jeu de l’oralité pour faire l’épreuve de la proximité, non sans humour. Ses phrases sont toujours le théâtre d’une grande justesse émotionnelle qui a su toucher au fil du temps des auteurs majeurs tels que Chuck Palahniuk ou Alice Munro.

  • Un court extrait
Demain, c’est Thanksgiving. À en croire la radio, les gens voyagent en voiture. Cent pour cent si l’on s’en tient à moi.

Je me sens toujours bien quand je vois des plots de signalisation. Ils ne pèsent presque rien et ne peuvent pas abîmer la voiture. Ce n’est pas pour cette raison que je les renverse.
Une espèce de fierté : conduire à fond sans réfléchir sur la file du milieu ou l’inverse, se mettre à l’arrêt sur la voie de gauche pendant un bouchon et ne ressentir aucun changement dans son rythme cardiaque ou sa respiration. J’ai souvent les larmes aux yeux lorsque la voie sur laquelle je roule vient fusionner avec une autre. Je peux fondre littéralement lorsque j’atteins cette zone, juste après Petersburg en Virginie, où l’autoroute du New Jersey devient l’autoroute 95 et où la 95 devient la 85.
Une veille de vacances, on a l’impression d’avoir un endroit où aller simplement en étant sur la route au milieu de tant d’autres qui en ont.
Voilà : un endroit où aller. Une destination.
J’écris sur une carte postale : « Une fièvre d’origine inconnue, ça fait partie des symptômes ? » Je signe la carte : « Comme d’habitude. »

« Jesus is waiting »

  • Acheter le livre (112 pages, 16€)

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- En ligne (entre autres)

  • Prix

Le Chien du mariage a obtenu le prix Révélation de traduction 2018 de la SGDL. La première sélection :

  • Lectures

Un extrait à retrouver dans les Relevés de Quentin Leclerc :

Livre évoqué dans le Service de presse #54 de François Bon :

Lecture de Benjamin Renéville sur Twitter :

Lecture de Franck Queyraud sur Instagram :

Livre mis à l’honneur sur "Exploratology" (lien Facebook) :

Le Chien du mariage dans "Paludes", sur Radio Campus Lille (lecture et analyse de Nikola Delescluse) :

Hempel - Le chien du mariage

Lecture de Cathulu sur Babelio :

Lecture de Lou Darsan pour le site Un dernier livre avant la fin du monde :


Un extrait de la nouvelle « Le chien du mariage » sur Jardin d’ombres :

Article de Yann Fastier dans Le matricule des anges :

Article de Tara Lennart pour Bookalicious :

Article de Anne-Lise Remacle dans FocusVif :

Evelyne Châtelain pour le prix Révélation de traduction de la SGDL :

Page créée le 23 août 2018.

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Révisions

12 révisions

Le chien du mariage, version 13 (2 décembre 2018)

Le chien du mariage, version 8 (30 septembre 2018)

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Le Chien du mariage dans "Paludes", sur Radio Campus Lille (lecture et analyse de Nikola Delescluse) :

Hempel - Le chien du mariage
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Le chien du mariage, version 5 (12 septembre 2018)

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-* Vos lectures

Un extrait à retrouver dans les Relevés de Quentin Leclerc :

<img2556|center > -* À vous de jouer ...

Livre évoqué dans le Service de presse #54 de François Bon :

Lecture de Benjamin Renéville sur Twitter :

<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr">

"Je vais bientôt devoir choisir entre un pont et un tunnel. Au cours de ces dernières années, celles dont je parle, je n'ai choisi le tunnel qu'une seule fois."

Faites comme moi, sauvez votre dimanche, lisez #AmyHempel traduite par Guillaume Vissac ! https://t.co/FuIUaNW79H

— Benjamin Renéville (@b_reneville) 26 août 2018

</blockquote> <script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>

Le chien du mariage, version 4 (25 août 2018)

Maîtresse de la forme courte, ayant fait ses classes auprès de Gordon Lish, qui publia son premier recueil, Amy Hempel est l’auteure en l’espace de vingt ans de seulement quatre livres. La publication de ses nouvelles complètes aux éditions Scribner a été saluée comme l’« événment littéraire de l’année » par la revue Village Voice, et le New York Times Times avait cité ce recueil comme l’une des cinq meilleures œuvres de fictions en 2006.

Amy Hempel figure parmi les nouvellistes les plus singulières de son temps. Elle publie peu : quatre recueils depuis 1985, dont le dernier en date, Le chien du mariage, il y a déjà plus de dix ans aux États-Unis. Disciple de Gordon Lish, on reconnaît chez elle son goût pour la narration courte et ciselée que l’on qualifie généralement de minimaliste.

Amy Hempel publie peu : quatre recueils depuis 1985, dont le dernier en date, Le chien du mariage, il y a déjà plus de dix ans aux États-Unis. Il s’agit Le chien du mariage est sans doute de son recueil le plus incisif, oscillant dans la forme entre nouvelles très brèves (une seule phrase de deux lignes pour le fameux « Mémoire » : Juste une fois dans ma vie... oh, comme si j’avais jamais souhaité quoi que ce soit « juste une fois dans ma vie ». ) et plus amples. On y retrouve certains de ses thèmes de prédilection : complexité des rapports humains (des relations hommes-femmes souvent conflictuelles, voire résolument violentes, comme dans la nouvelle « Les intrus » qui dresse un parallèle entre l’expérience d’un viol et la figure d’une maison hantée dans un vieux film fantastique), la difficulté à se remettre de ses traumatismes, ou la vie aux portes du royaume animal pour reprendre le titre d’un de ses précédents recueil. Le chien promis par le titre est partout, animal totem aidant à faire le lien entre le monde des hommes et les prémices de la vie sauvage.

Amy Hempel, Traduire
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