210918


Voilà un truc étrange : les raisins secs qu’on achète en sachet sont labellisés raisins secs noirs en français mais blue raisins en anglais et blaue Weinbeeren en allemand. Raisins bleus, donc. Et si l’on entre la même expression cette fois en néerlandais on obtient la traduction suivante : ours bleus maigres. Ce ne sera pas le seul dilemme linguistique de ma journée : j’aimerais savoir s’il existe une expression toute faite, en allemand, pour dire appeler (quelqu’un) de sa poche (lorsque le téléphone portable appelle tout seul un contact à cause des frictions de la matière sur l’écran, ou sur les touches). Quelqu’un quelque part devrait pouvoir me renseigner là-dessus [1]. Mais ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu demander à l’école vétérinaire de Maisons Alfort où il faut revenir pour une autre séance d’injection d’antibiotiques pour Tartelette. D’abord, parce qu’il n’y a pas d’Allemands dans les environs, ensuite car c’est un lieu étrange. Pour rentrer, il faut montrer patte blanche au vigile qui prend note des numéros de carte d’identité de chaque visiteur qui s’y présente. Il veut aussi savoir pourquoi vous êtes là tout en poursuivant une conversation incompréhensible avec son kit main libre. C’est pour un rendez-vous. Une consultation. Pour un animal quoi. Il a répété chacun des mots que je lui avais dits. Aussi, c’est immense. Et il y a deux types de personnes en ce monde : ceux qui suivent les allées dessinées au sol, généralement assez géométriques, et ceux qui coupent. Je suis du genre à suivre le tracé, H. à les couper. Mais comme nous alternons pour ces séances d’injection, il n’y aura pas de conflit. Ils soignent tout un tas d’animaux là-bas. Par exemple, il y a un bâtiment entier pour les chevaux alors on peut en voir promener quelques uns, en rééducation sans doute, toute une partie de leur flanc rasée pour une probable opération. Ça avait l’air d’aller. Ce n’est pas le cas de leur système informatique. Ça ne fait rien. On regarde à la place les posters ventant les mérites de la rééducation pour chiens (on les voit sur les photos l’air un peu circonspect, dans une piscine à faire de l’aquagym, sur un tapis roulant pour exercer leur mobilité) et on se perd dans les cris rauques de quelques oiseaux rares qu’on ne verra même pas mais qui, semblait-il, souffrent. L’injection, c’est une affaire de minutes. Aussitôt arrivé on est déjà parti. Et il faudra remettre ça encore dans trois jours. Guyotat, sur son père :

Lui revenir soumis, jamais ! Mais l’aimer plus. Et, comme Absalon, m’accrocher ces cheveux dans ma fuite définitive – mais que voulais-je de lui ? –, hors de lui, de son odeur aimée, tabac, médicaments, matières d’accouchement, odeur des autres, des paysans, des bêtes, des bois, dont celle de notre mère, jadis mêlée, s’est dissipée, tout est affrontement, tout doit l’être, pour tout.

Le reste de ces heures, je les passerai à quatre pattes au fond d’un interminable fichier xml, dans les lignes un peu frêles d’un faux tableau excel avant, dans la soirée, de sombrer dans le vortex du journal bis des années 2014. C’est là que le truc s’est produit. J’étais là à parcourir un journal plusieurs années après l’avoir écrit, puis je tombe sur ce projet complètement oublié. Qu’est-ce que c’était ? Je remonte le fil pour comprendre avant de réaliser que c’était juste, en germe, le truc que j’écris chaque jour depuis maintenant deux ans. C’était Eff. Et je ne le situe pas. Sait-on jamais qui nous sommes ?

8 novembre 2018
par Guillaume Vissac
Journal
#H. #Lapin #Neil Jomunsi #Pierre Guyotat #Publie.net #Temps #Traduire

[1Ce sera effectivement le cas, Neil Jomunsi mettant sa femme à contribution pour me l’apprendre : Hosentaschenanruf.

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210918, version 10 (8 novembre 2018)

Voilà un truc étrange : les raisins secs qu’on achète en sachet sont labellisés raisins secs noirs en français mais blue raisins en anglais et blaue Weinbeeren en allemand. Raisins bleus, donc. Et si l’on entre la même expression cette fois en néerlandais on obtient la traduction suivante : ours ourses bleus maigres. . Ce ne sera pas le seul dilemme linguistique de ma journée : j’aimerais savoir s’il existe une expression toute faite, en allemand, pour dire appeler (quelqu’un) de sa poche (lorsque le téléphone portable appelle tout seul un contact à cause des frictions de la matière sur l’écran, tactile ou sur les touches non ). Quelqu’un quelque part devrait pouvoir me renseigner là-dessus[. Neil Jomunsi mettant sa femme à contribution pour me l'apprendre : Hosentaschenanruf ." class='spip_out' rel='external'>Ce sera effectivement le cas, [Neil Jomunsi]. org] mettant sa femme à contribution pour me l’apprendre : Hosentaschenanruf.]]. Mais ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu demander à l’école vétérinaire de Maisons Alfort où il faut revenir pour une autre séance d’injection d’antibiotiques pour Tartelette. D’abord, parce qu’il n’y a pas d’Allemands d’allemands dans les environs, ensuite car c’est un lieu étrange. Pour rentrer, il faut montrer patte blanche au vigile qui prend note des numéros de carte d’identité de chaque visiteur qui s’y présente. Il veut aussi savoir pourquoi vous êtes là tout en poursuivant une conversation incompréhensible avec dans son kit main libre. C’est pour un rendez-vous. Une consultation. Pour un animal quoi. Il a répété chacun des mots que je lui avais dits. Aussi, c’est immense. Et il y a deux types de personnes en ce monde : ceux qui suivent les allées dessinées au sol, généralement assez géométriques, et ceux qui coupent. Je suis du genre à suivre le tracé, [H H .->mot59] à les couper. Mais comme nous alternons pour ces séances d’injection, il n’y aura a pas de conflit. Ils soignent tout un tas d’animaux là-bas. Par exemple, il y a un bâtiment entier pour les chevaux alors on peut en voir promener quelques uns, en rééducation sans doute, toute une partie de leur flanc rasée rasé pour une probable opération. Ça avait l’air d’aller. Ce n’est qui n’était pas le cas de leur système informatique. Ça ne fait rien. On regarde à la place les posters ventant les mérites de la rééducation pour chiens (on les voit sur les photos l’air un peu circonspect, dans une piscine à faire de l’aquagym, sur un tapis roulant pour exercer leur mobilité) et on se perd dans les cris rauques de quelques oiseaux rares qu’on ne verra même pas mais qui, semblait-il semble-t-il , souffrent. L’injection, c’est une affaire de minutes. Aussitôt arrivé on est déjà parti partis . Et il faudra remettre ça encore dans trois jours. [Guyotat->https://www.grasset.fr/idiotie-9782246862871]Guyotat , sur parlant de son père :

<blockquote> Lui revenir soumis, jamais ! Mais l’aimer plus. Et, comme Absalon, m’accrocher ces cheveux dans ma fuite définitive – mais que voulais-je de lui ? –, hors de lui, de son odeur aimée, tabac, médicaments, matières d’accouchement, odeur des autres, des paysans, des bêtes, des bois, dont celle de notre mère, jadis mêlée, s’est dissipée, tout est affrontement, tout doit l’être, pour tout.

</blockquote > citation Idiotie

Le reste de ces heures, je les passerai à quatre pattes au fond d’un interminable fichier xml, dans les lignes un peu frêles d’un faux tableau excel avant, dans la soirée, de sombrer dans le vortex du journal bis des années 2014. C’est là que le truc s’est produit. J’étais là à parcourir un journal plusieurs années après l’avoir écrit, puis je tombe sur ce projet complètement oublié. Qu’est-ce que c’était ? Je remonte le fil pour comprendre avant de réaliser que c’était juste, en germe, le truc que j’écris chaque jour depuis maintenant deux ans. C’était Eff. Et je ne le situe pas. Sait-on jamais qui nous sommes ?

Publie.net, H., Pierre Guyotat, Temps, Lapin, Traduire, Neil Jomunsi
jpg/dsc_0509.jpg

210918, version 9 (7 novembre 2018)

Voilà un truc étrange : les raisins secs qu’on achète en sachet sont labellisés raisins secs noirs en français mais blue raisins en anglais et blaue Weinbeeren en allemand. Raisins bleus, donc. Et si l’on entre la même expression cette fois en néerlandais on obtient la traduction suivante : ourses bleus maigres. Ce ne sera pas le seul dilemme linguistique de ma journée : j’aimerais savoir s’il existe une expression toute faite, en allemand, pour dire appeler (quelqu’un) de sa poche (lorsque le téléphone portable appelle tout seul un contact à cause des frictions de la matière sur l’écran, tactile ou non). Quelqu’un quelque part devrait pouvoir me renseigner là-dessus [1]. Mais ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu demander à l’école vétérinaire de Maisons Alfort où il faut revenir pour une autre séance d’injection d’antibiotiques d’antibiotique pour Tartelette. D’abord, parce qu’il n’y a pas d’allemands dans les environs, ensuite car c’est un lieu étrange. Pour rentrer, il faut montrer patte blanche au vigile qui prend note des numéros de carte d’identité de chaque visiteur qui s’y présente. Il veut aussi savoir pourquoi vous êtes là tout en poursuivant une conversation incompréhensible dans son kit main libre. C’est pour un rendez-vous. Une consultation. Pour un animal quoi. Il a répété chacun des mots que je lui avais dits. Aussi, c’est immense. Et il y a deux types de personnes en ce monde : ceux qui suivent les allées dessinées au soldans ce genre d’endroits , généralement assez géométriques, et ceux qui coupent. Je suis du genre à suivre le tracé, et H. à les couper. Mais comme nous alternons pour ces séances d’injection, il n’y a pas de conflit. Ils soignent tout un tas d’animaux là-bas. Par exemple, il y a un bâtiment entier pour les chevaux alors on peut en voir promener quelques uns, en rééducation sans doute, toute une partie de leur flanc rasé pour une probable opération. Ça avait l’air d’aller. Ce qui n’était pas le cas de leur système informatique, incapable d’enregistrer de prise de rendez-vous pour lundi . Ça ne fait rien. On regarde à la place les posters ventant les mérites de la rééducation pour chiens (on les voit sur les photos l’air un peu circonspect, dans une piscine à faire de l’aquagym, sur un tapis roulant pour exercer leur mobilité) et on se perd dans les cris rauques de quelques oiseaux rares qu’on ne verra même pas mais qui, semble-t-il, souffrent. L’injection, c’est une affaire de quelques minutes. Aussitôt arrivé on est déjà partis repartis . Et il faudra remettre ça encore dans trois jours. Guyotat, parlant de son père :

citation Idiotie

Le reste de ces heures, je les passerai à quatre pattes au fond d’un interminable fichier xml, dans les lignes un peu frêles d’un faux tableau excel avant, dans la soirée, de sombrer dans le vortex du journal bis des années 2014. C’est là que le truc s’est produit. J’étais là à parcourir un journal plusieurs années après l’avoir écrit, puis je tombe sur ce projet complètement oublié. Qu’est-ce que c’était ? Je remonte le fil pour comprendre avant de réaliser que c’était juste, en germe, le truc que j’écris chaque jour depuis maintenant deux ans. C’était Eff. Et je ne le situe situais pas. Sait-on jamais qui nous sommes ?

[1Ce sera effectivement le cas, Neil Jomunsi mettant sa femme à contribution pour me l’apprendre : Hosentaschenanruf.

210918, version 8 (16 octobre 2018)

Voilà un truc étrange : les raisins raisons secs qu’on achète en sachet sont labellisés raisins raisons secs noirs en français mais blue raisins en anglais et blaue Weinbeeren en allemand. Raisins bleus, donc. Et si l’on entre la même expression cette fois en néerlandais on obtient la traduction suivante : ourses bleus maigres. Ce ne sera pas le seul dilemme linguistique de ma journée : j’aimerais savoir s’il existe une expression toute faite, en allemand, pour dire appeler (quelqu’un) de sa poche (lorsque le téléphone portable appelle tout seul un contact à cause des frictions de la matière sur l’écran, tactile ou non). Quelqu’un quelque part devrait pouvoir me renseigner là-dessus [2]. Mais ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu demander à l’école vétérinaire de Maisons Alfort où il faut revenir pour une autre séance d’injection d’antibiotique pour Tartelette. D’abord, parce qu’il n’y a pas d’allemands dans les environs, ensuite car c’est un lieu étrange. Pour rentrer, il faut montrer patte blanche au vigile qui prend note des numéros de carte d’identité de chaque visiteur qui s’y présente. Il veut aussi savoir pourquoi vous êtes là tout en poursuivant une conversation incompréhensible dans son kit main libre. C’est pour un rendez-vous. Une consultation. Pour un animal quoi. Il a répété chacun des mots que je lui avais dits. Aussi, c’est immense. Et il y a deux types de personnes en ce monde : ceux qui suivent les allées dessinées au sol dans ce genre d’endroits, généralement assez géométriques, et ceux qui coupent. Je suis du genre à suivre le tracé et H. à les couper. Mais comme nous alternons pour ces séances d’injection, il n’y a pas de conflit. Ils soignent tout un tas d’animaux là-bas. Par exemple, il y a un bâtiment entier pour les chevaux alors on peut en voir verra promener quelques uns, en rééducation sans doute, toute une partie de leur flanc rasé pour une probable opération. Ça avait l’air d’aller. Ce qui n’était pas le cas de leur système informatique, incapable d’enregistrer de prise de rendez-vous pour lundi . Ça ne fait rien. On regarde à la place les posters ventant les mérites de la rééducation pour les chiens (on les voit sur les photos l’air un peu circonspect, dans une piscine à faire de l’aquagym, sur un tapis roulant pour exercer leur mobilité) et on se perd dans les cris rauques de quelques oiseaux rares qu’on ne verra même pas mais qui, semble-t-il, souffrent. L’injection, c’est une affaire de quelques minutes. Aussitôt arrivé on est déjà repartis. Et il faudra remettre ça encore dans trois jours. Guyotat, parlant de son père :

citation Idiotie

Le reste de ces heures, je les passerai à quatre pattes au fond d’un interminable fichier xml, dans les lignes un peu frêles d’un faux tableau excel avant, dans la soirée, de sombrer dans le vortex du journal bis des années 2014. C’est là que le truc s’est produit. J’étais là à parcourir un journal plusieurs années après l’avoir écrit, puis je tombe sur ce projet complètement oublié. Qu’est-ce que c’était ? Je remonte le fil pour comprendre avant de réaliser que c’était juste, en germe, le truc que j’écris chaque jour depuis maintenant deux ans. C’était Eff. Et je ne le situais pas. Sait-on jamais qui nous sommes ?

[2Ce sera effectivement le cas, Neil Jomunsi mettant sa femme à contribution pour me l’apprendre : Hosentaschenanruf.

210918, version 7 (13 octobre 2018)

Voilà un truc étrange : les raisons secs qu’on achète en sachet sont labellisés raisons secs noirs en français mais blue raisins en anglais et blaue Weinbeeren en allemand. Raisins bleus, donc. Et si l’on entre la même expression cette fois en néerlandais on obtient la traduction suivante : ourses bleus maigres. Ce ne sera pas le seul dilemme linguistique de ma journée : j’aimerais savoir s’il existe une expression toute faite, en allemand, pour dire appeler (quelqu’un) de sa poche (lorsque le téléphone portable appelle tout seul un contact à cause des frictions de la matière sur l’écran, tactile ou non). . Quelqu’un quelque part devrait pouvoir me renseigner là-dessus [3]. Mais ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu demander à l’école vétérinaire de Maisons Alfort où il faut revenir pour une autre séance d’injection d’antibiotique pour Tartelette. D’abord, parce qu’il n’y a pas d’allemands dans les environs, ensuite car c’est un lieu étrange. Pour rentrer, il faut montrer patte blanche au vigile à l’entrée qui prend note des numéros de carte d’identité de chaque visiteur qui s’y présente. Il veut aussi savoir pourquoi vous êtes là tout en poursuivant une conversation incompréhensible dans son kit main libre. C’est pour un rendez-vous. Une consultation. Pour un animal quoi. Il a répété chacun des mots que je lui avais dits. Aussi, c’est immense. Et il y a deux types de personnes en ce monde : ceux qui suivent les allées dessinées au sol dans ce genre d’endroits, généralement assez géométriques, et ceux qui coupent. Je suis du genre à suivre le tracé et H. à les couper coupe . Mais comme nous alternons pour ces séances d’injection, il n’y a pas de conflit. Ils soignent tout un tas d’animaux là-bas. Par exemple, il y a un bâtiment pour les chevaux alors on en verra promener quelques uns, en rééducation sans doute, toute une partie de leur flanc rasé pour une probable opération. Ça avait l’air d’aller. Ce qui n’était pas le cas de leur système informatique, incapable d’enregistrer de prise de rendez-vous. Ça ne fait rien. On regarde à la place les posters ventant les mérites de la rééducation pour les chiens (on les voit sur les photos l’air un peu circonspect, dans une piscine à faire de l’aquagym, sur un tapis roulant pour exercer leur mobilité) et on se perd dans les cris rauques de quelques oiseaux rares qu’on ne verra même pas mais qui, semble-t-il, souffrent souffraient . L’injection, c’est une affaire de quelques minutes. Aussitôt arrivé on est déjà repartis. Et il faudra remettre ça encore dans trois jours. Guyotat, parlant de son père :

citation Idiotie

Le reste de ces heures, je les passerai à quatre pattes au fond d’un interminable fichier xml, dans les lignes un peu frêles d’un faux tableau excel avant, dans la soirée, de sombrer dans le vortex du journal bis des années 2014. C’est là que le truc s’est produit. J’étais là à parcourir un journal plusieurs années après l’avoir écrit, puis je tombe sur ce projet complètement oublié. Qu’est-ce que c’était ? Je remonte remonter le fil pour comprendre avant de réaliser que c’était juste, en germe, le truc que j’écris chaque jour depuis maintenant deux ans. C’était Eff. Et je ne le situais pas. Sait-on jamais qui nous sommes ?

[3Ce sera effectivement le cas, Neil Jomunsi mettant sa femme à contribution pour me l’apprendre : Hosentaschenanruf.

210918, version 6 (22 septembre 2018)

Voilà un truc étrange : les raisons secs qu’on achète en sachet sont labellisés raisons secs noirs en français mais blue raisins en anglais et blaue Weinbeeren en allemand. Raisins bleus, donc. Et si l’on entre la même expression cette fois en néerlandais on obtient la traduction suivante : ourses bleus maigres. Ce ne sera pas le seul dilemme linguistique de ma journée : j’aimerais savoir s’il existe une expression toute faite, en allemand, pour dire appeler (quelqu’un) de sa poche (lorsque le téléphone portable appelle tout seul un contact à cause des frictions de la matière sur l’écran, tactile ou non. Quelqu’un quelque part devrait pouvoir me renseigner là-dessus [4]. Mais ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu demander à l’école vétérinaire de Maisons Alfort où il faut revenir pour une autre séance d’injection d’antibiotique pour Tartelette. D’abord, parce qu’il n’y a pas d’allemands dans les environs, ensuite car c’est un lieu étrange. Pour rentrer, il faut montrer patte blanche au vigile à l’entrée qui prend note des numéros de carte d’identité de chaque visiteur qui s’y présente. Il veut aussi savoir pourquoi vous êtes là tout en poursuivant une conversation incompréhensible dans son kit main libre. C’est pour un rendez-vous. Une consultation. Pour un animal quoi. Il a répété chacun des mots que je lui avais dits. Aussi, c’est immense. Et il y a deux types de personnes en ce monde : ceux qui suivent les allées dessinées au sol dans ce genre d’endroits, généralement assez géométriques, et ceux qui coupent. Je suis le tracé et H. coupe. Mais comme nous alternons pour ces séances d’injection, il n’y a pas de conflit. Ils soignent tout un tas d’animaux là-bas. Par exemple, il y a un bâtiment pour les chevaux alors on en verra promener quelques uns, en rééducation sans doute, toute une partie de leur flanc rasé pour une probable opération. Ça avait l’air d’aller. Ce qui n’était pas le cas de leur système informatique, incapable d’enregistrer de prise de rendez-vous. Ça ne fait rien. On regarde à la place les posters ventant les mérites de la rééducation pour les chiens (on les voit sur les photos l’air un peu circonspect, dans une piscine à faire de l’aquagym, sur un tapis roulant pour exercer leur mobilité) et on se perd dans les cris rauques de quelques oiseaux rares qu’on ne verra même pas mais qui, semble-t-il, souffraient. L’injection, c’est une affaire de quelques minutes. Aussitôt arrivé on est déjà repartis. Et il faudra remettre ça encore dans trois jours. Le reste de ces heures, je les passerai à quatre pattes au fond d’un interminable fichier xml, dans les lignes un peu frêles d’un faux tableau excel avant, dans la soirée, de sombrer dans le vortex du journal bis des années 2014. C’est là que le truc s’est produit. J’étais là à parcourir un journal plusieurs années après l’avoir écrit, puis je tombe sur ce projet complètement oublié. Qu’est-ce que c’était ? Je remonter le fil pour comprendre avant de réaliser que c’était juste, en germe, le truc que j’écris chaque jour depuis maintenant deux ans. C’était Eff. Guyotat , parlant de son père  : Et je ne le situais pas . Sait-on jamais qui nous sommes ?

citation Idiotie

Le reste de ces heures, je les passerai à quatre pattes au fond d’un interminable fichier xml, dans les lignes un peu frêles d’un faux tableau excel avant, dans la soirée, de sombrer dans le vortex du journal bis des années 2014. C’est là que le truc s’est produit. J’étais là à parcourir un journal plusieurs années après l’avoir écrit, puis je tombe sur ce projet complètement oublié. Qu’est-ce que c’était ? Je remonter le fil pour comprendre avant de réaliser que c’était juste, en germe, le truc que j’écris chaque jour depuis maintenant deux ans. C’était Eff. Et je ne le situais pas. Sait-on jamais qui nous sommes ?

[4Ce sera effectivement le cas, Neil Jomunsi mettant sa femme à contribution pour me l’apprendre : Hosentaschenanruf.

210918, version 5 (21 septembre 2018)

Voilà un truc étrange : les raisons secs qu’on achète en sachet sont labellisés raisons secs noirs en français mais blue raisins en anglais et blaue Weinbeeren en allemand. Raisins bleus, donc. Et si l’on entre la même expression cette fois en néerlandais on obtient la traduction suivante : ourses bleus maigres. Ce ne sera pas le seul dilemme linguistique de ma journée : j’aimerais savoir s’il existe une expression toute faite, en allemand, pour dire appeler (quelqu’un) de sa poche (lorsque le téléphone portable appelle tout seul un contact à cause des frictions de la matière sur l’écran, tactile ou non. Quelqu’un quelque part devrait pouvoir me renseigner là-dessus [5]. Mais ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu demander à l’école vétérinaire de Maisons Alfort où il faut revenir pour une autre séance d’injection d’antibiotique pour Tartelette. D’abord, parce qu’il n’y a pas d’allemands dans les environs, ensuite car c’est un lieu étrange. Pour rentrer, il faut montrer patte blanche au vigile à l’entrée qui prend note des numéros de carte d’identité de chaque visiteur qui s’y présente. Il veut aussi savoir pourquoi vous êtes là tout en poursuivant une conversation incompréhensible dans son kit main libre. C’est pour un rendez-vous. Une consultation. Pour un animal quoi. Il a répété chacun des mots que je lui avais dits. Aussi, c’est immense. Et il y a deux types de personnes en ce monde : ceux qui suivent les allées dessinées au sol dans ce genre d’endroits, généralement assez géométriques, et ceux qui coupent. Je suis le tracé et H. coupe. Mais comme nous alternons pour ces séances d’injection, il n’y a pas de conflit. Ils soignent tout un tas d’animaux là-bas. Par exemple, il y a un bâtiment pour les chevaux alors on en verra promener quelques uns, en rééducation sans doute, toute une partie de leur flanc rasé pour une probable opération. Ça avait l’air d’aller. Ce qui n’était pas le cas de leur système informatique, incapable d’enregistrer de prise de rendez-vous. Ça ne fait rien. On regarde à la place les posters ventant les mérites de la rééducation pour les chiens (on les voit sur les photos l’air un peu circonspect, dans une piscine à faire de l’aquagym, sur un tapis roulant pour exercer leur mobilité) et on se perd dans les cris rauques de quelques oiseaux rares qu’on ne verra même pas mais qui, semble-t-il, souffraient. L’injection, c’est une affaire de quelques minutes. Aussitôt arrivé on est déjà repartis. Et il faudra remettre ça encore dans trois jours. Le reste de ces heures, je les passerai à quatre pattes au fond d’un interminable fichier xml, dans les lignes un peu frêles d’un faux tableau excel avant, dans la soirée, de sombrer dans le vortex du journal bis des années 2014. C’est là que le truc s’est produit. J’étais là à parcourir un journal plusieurs années après l’avoir écrit, puis je tombe sur ce projet complètement oublié. Qu’est-ce que c’était ? Je remonter le fil pour comprendre avant de réaliser que c’était juste, en germe, le truc que j’écris chaque jour depuis maintenant deux ans. C’était Eff. Et je ne le situais pas. Sait-on jamais qui nous sommes ?

[5Ce sera effectivement le cas, Neil Jomunsi mettant sa femme à contribution pour me l’apprendre : Hosentaschenanruf.

210918, version 4 (21 septembre 2018)

Voilà un truc étrange : les raisons secs qu’on achète en sachet sont labellisés raisons secs noirs en français mais blue raisins en anglais et blaue Weinbeeren en allemand. Raisins bleus, donc. Et si l’on entre la même expression cette fois en néerlandais on obtient la traduction suivante : ourses bleus maigres. Ce ne sera pas le seul dilemme linguistique de ma journée : j’aimerais savoir s’il existe une expression toute faite, en allemand, pour dire appeler (quelqu’un) de sa poche (lorsque le téléphone portable appelle tout seul un contact à cause des frictions de la matière sur l’écran, tactile ou non. Quelqu’un quelque part devrait pouvoir me renseigner là-dessus [6]. Mais ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu demander à l’école vétérinaire de Maisons Alfort où il faut revenir pour une autre séance d’injection d’antibiotique pour Tartelette. D’abord, parce qu’il n’y a pas d’allemands dans les environs, ensuite car c’est un lieu étrange. Pour rentrer, il faut montrer patte blanche au vigile à l’entrée qui prend note des numéros de carte d’identité de chaque visiteur qui s’y présente. Il veut aussi savoir pourquoi vous êtes là tout en poursuivant une conversation incompréhensible dans son kit main libre. C’est pour un rendez-vous. Une consultation. Pour un animal quoi. Il a répété chacun des mots que je lui avais dits. Aussi, c’est immense. Et il y a deux types de personnes en ce monde : ceux qui suivent les allées dessinées au sol dans ce genre d’endroits, généralement assez géométriques, et ceux qui coupent. Je suis le tracé et H. coupe. Mais comme nous alternons pour ces séances d’injection, il n’y a pas de conflit. Ils soignent tout un tas d’animaux là-bas. Par exemple, il y a un bâtiment pour les chevaux alors on en verra promener quelques uns, en rééducation sans doute, toute une partie de leur flanc rasé pour une probable opération. Ça avait l’air d’aller. Ce qui n’était pas le cas de leur système informatique, incapable d’enregistrer de prise de rendez-vous. Ça ne fait rien. On regarde à la place les posters ventant les mérites de la rééducation pour les chiens (on les voit sur les photos l’air un peu circonspect, dans une piscine à faire de l’aquagym, sur un tapis roulant pour exercer leur mobilité) et on se perd dans les cris rauques de quelques oiseaux rares qu’on ne verra même pas mais qui, semble-t-il, souffraient. L’injection, c’est une affaire de quelques minutes. Aussitôt arrivé on est déjà repartis. Et il faudra remettre ça encore dans trois jours. Le reste de ces heures, je les passerai à quatre pattes au fond d’un interminable fichier xml, dans les lignes un peu frêles d’un faux tableau excel avant, dans la soirée, de sombrer dans le vortex du journal bis des années 2014.

[6Ce sera effectivement le cas, Neil Jomunsi mettant sa femme à contribution pour me l’apprendre : Hosentaschenanruf.

210918, version 3 (21 septembre 2018)

Voilà un truc étrange : les raisons secs qu’on achète en sachet sont labellisés raisons secs noirs en français mais blue raisins en anglais et blaue Weinbeeren en allemand. Raisins bleus, donc. Et si l’on entre la même expression cette fois en néerlandais on obtient la traduction suivante : ourses bleus maigres. Ce ne sera pas le seul dilemme linguistique de ma journée : j’aimerais savoir s’il existe une expression toute faite, en allemand, pour dire appeler (quelqu’un) de sa poche (lorsque le téléphone portable appelle tout seul un contact à cause des frictions de la matière sur l’écran, tactile ou non. Quelqu’un quelque part devrait pouvoir me renseigner là-dessus [7]. Mais ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu demander à l’école vétérinaire de Maisons Alfort où il faut revenir pour une autre séance d’injection d’antibiotique pour Tartelette. D’abord, parce qu’il n’y a pas d’allemands dans les environs, ensuite car c’est un lieu étrange. Pour rentrer, il faut montrer patte blanche au vigile à l’entrée qui prend note des numéros de carte d’identité de chaque visiteur qui s’y présente. Il veut aussi savoir pourquoi vous êtes là tout en poursuivant une conversation incompréhensible dans son kit main libre. C’est pour un rendez-vous. Une consultation. Pour un animal quoi. Il a répété chacun des mots que je lui avais dits. Aussi, c’est immense. Et il y a deux types de personnes en ce monde : ceux qui suivent les allées dessinées au sol dans ce genre d’endroits, généralement assez géométriques, et ceux qui coupent. Je suis le tracé et H. coupe. Mais comme nous alternons pour ces séances d’injection, il n’y a pas de conflit. Ils soignent tout un tas d’animaux là-bas. Par exemple, il y a un bâtiment pour les chevaux alors on en verra promener quelques uns, en rééducation sans doute, toute une partie de leur flanc rasé pour une probable opération. Ça avait l’air d’aller. Ce qui n’était pas le cas de leur système informatique, incapable d’enregistrer de prise de rendez-vous. Ça ne fait rien. On regarde à la place les posters ventant les mérites de la rééducation pour les chiens (on les voit sur les photos l’air un peu circonspect, dans une piscine à faire de l’aquagym, sur un tapis roulant pour exercer leur mobilité) et on se perd dans les cris rauques de quelques oiseaux rares qu’on ne verra même pas mais qui, semble-t-il, souffraient. L’injection, c’est une affaire de quelques minutes. Aussitôt arrivé on est déjà repartis. Et il faudra remettre ça encore dans trois jours.

[7Ce sera effectivement le cas, Neil Jomunsi mettant sa femme à contribution pour me l’apprendre : Hosentaschenanruf.

210918, version 2 (21 septembre 2018)

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