071018


Parce que je fais deux choses en même temps complètement différentes mais néanmoins semblables, je me retrouve à m’égarer mentalement plusieurs fois. Plusieurs fois plusieurs fois en fait. Par exemple, préparant mes affaires pour partir à Toulouse pour trois jours, et parlant de tout autre chose avec H. qui réserve des trucs, j’en viens à confondre les deux et me dire : comment je vais faire pour gérer le décalage horaire là-bas ? Ou encore : qu’en est-il de la langue ? Il fait de plus en plus froid dehors, pourtant, dedans, il fait moins froid qu’avant, quand il faisait plus chaud, alors même que le chauffage de l’immeuble n’a pas été activé. C’est à n’y rien comprendre. C’est comme, puisque c’est précisément ce que je fais d’une partie de mon après-midi, aller poster des livres au bureau de la rue de la Brèche aux loups, qui possède une partie ouverte 7j/7 et, j’imagine, 24h/24, un petit couloir glauque avec des automates pour l’affranchissement. Comment se fait-il que personne n’y dorme la nuit, surtout celles où il fait plus froid qu’avant ? Bref, c’est irréel d’y aller, et c’est irréel d’en revenir, surtout pour acheter deux crêpes à la boulangerie (1€ chaque, nature) et une bouteille d’eau Cristaline (1€ aussi) dans ce qui ressemble plus à une déco design d’un appartement témoin qu’une réelle boulangerie. Mais qu’est-ce que c’est, au fond, une réelle boulangerie ? Je laisse ça en suspens. Quand je bossais encore chez STAT, l’une de mes collègues au bureau (qui a successivement été office manager, retail manager, et aujourd’hui Dieu sait encore quel genre de manager elle est devenue) passait son temps à terminer ses mails non pas par cordialement ou bien cordialement (ce que fera le commun des mortels à sa place) mais par bàv, pour bien à vous. Bàv, bave. Bref, je trouvais ça odieux, jusqu’à ce que j’e vienne à l’utiliser moi aussi, par exemple pour signifier à des destinataires peu agréables dans leurs emails ce qu’ils m’inspirent. C’est un message subliminal. Et j’imagine que c’est la même chose que d’avoir plus ou moins froid dedans quand il fait plus ou moins froid dehors. On se sent triste. Le train est au départ d’Austerlitz à 21h et des (C. disait ça, et des) et il n’y a pas grand monde, je l’ai eu à 15 balles. C’est un train de nuit et nous ne sommes que trois (pour six) dans le compartiment. H. me disait prends celui du haut, tu seras tranquille, mais j’ai peur de tomber. Non, j’ai peur de mal dormir et d’avoir mal, voilà de quoi il est question ici. Pendant que le train bouge, je serai sur un coude quand des mots vont apparaître. Il est formellement interdit : 1. De toucher à quoi que ce soit sans autorisation ; 2. De porter atteinte, sous quelque forme que ce soit, à la préservation de ce domaine. Toute infraction sera punie conformément à la loi. [1] Puis : La mescaline et ses parents agissent plus brutalement, de manière plus impérieuse que les opiacés ; ils forcent l’entrée, non seulement du monde des images et de ses palais, mais aussi, et profondément, de ses cryptes. [2] Mais il faudra bien dormir. Le noir, il est opaque. Les bruits, ils se faufilent. C’est étrange de se dire qu’on bouge alors même que l’on dort (ou le contraire). J’avais peur de rater le moment de l’éveil car ce train n’est pas terminus Matabiau, il va jusqu’à Portbou. Il sinue. Mais ce n’est pas le réveil du téléphone qui me réveille, c’est quelqu’un. Quelle heure est-il ? Moi, je sais pas mais c’est une main sur mon épaule. C’est la fille un peu frisée de la couchette du bas. Il s’est passé quelque chose. J’ai mal un peu partout et il est quelque chose comme quatre heures du mat’ et dans le compartiment, c’est vide. À ce stade de mes connexions neuronales je suis mais incapable de me souvenir si le wagon était comme ça tout à l’heure au départ ou si tout le monde a fui. Mais fui quoi ? J’ai mis mon pull à l’envers, je crois et je dois m’arrêter pour refaire mes lacets. Je me suis cogné en me redressant contre le faux plafond. Ou bien, peut-être que c’est un vrai ? Bruit de plastique en tout cas. Cette fille voulait qu’on aille dehors, sur les voies. Je n’étais pas très chaud. On est dans un genre de tunnel et c’est noir. Il n’y a aucune perspective sur ce qu’on s’imagine que la nuit pourrait projeter sur nous en pareilles circonstances. Mais de quelles circonstances parle-ton ? On se parle, précisément. Elle non plus elle ne sait pas grand chose, à commencer par ce qui s’est, ou non, passé. Par exemple pourquoi le train a stoppé là, dans de la nuit ou un tunnel. Mais elle a entendu un grand bruit, tu n’as rien entendu ? Non. Je prends des médocs aussi. Elle a l’air de trouver ça irrelevant, je développe pas. Elle veut aller sur les voies. Mais on va pas aller sur les voies putain. Et si le train redémarre ? Il n’y a pas un bouton d’urgence ou quoi ? Elle s’en fiche. Où sont les autres passagers ? Elle s’en fiche. Elle veut aller sur les voies. Comme ça on sera fixé. Marchant dans de ces cailloux noirs, dans le tunnel, derrière cette fille qui ne m’a pas donné son prénom (et je ne lui donnerai pas le mien), je me retrouve à penser des trucs cons comme, par exemple, que j’ai laissé mes affaires dans l’espace prévu pour les bagages sur le haut de la couchette, que j’ai des livres avec moi, une valise cabine pleine, et mon ordi là-bas. Mais ce n’est pas le seul truc con auquel on pense. On avance dans la lueur de nos téléphones et je me dis que A., qui était quelque part avec R. mon seul ami pendant toute une partie de mon enfance, de mon adolescence et, en même temps, une espèce de tyran, ne savait pas faire ses lacets. Alors quand on va jouer au foot à deux sur le terrain de hand du stade pas très loin d’ici pour l’un de nos p’tits matchs, il me demandera de lui refaire ses lacets. Et je le fais. Combien de temps ça a a duré cette histoire de lacets ? J’en sais rien. D. m’a dit l’autre jour, pendant le mariage ou quoi, qu’il était gaucher, A., mais je n’ai pas souvenir de ça. De même que je n’ai pas souvenir avoir jamais joué dans la même équipe que lui à l’époque où je jouais chaque semaine dans un club aux couleurs jaunes et bleues (il y en avait trois, des équipes), pourtant une photo semble prouver le contraire. Peut-être que ma mémoire elle est pas fiable. Peut-être que ce tunnel il a pas de fin ? Du bruit nous accompagne, des pas (à moins qu’il nous menace). Puis elle parle : y a eu un accident. Mais, moi, je ne vois rien. Je dois me fier à ce qu’elle dit. Puis, soudain, il y a un bruit. Un bruit sourd. Peut-être un autre train ? Merde, donc on a paniqué pendant trente secondes, on essayait de se plaquer contre le wagon, ce qui est idiot. Finalement, il ne s’est rien passé. Juste, le bruit s’est tu de lui-même tu. Mais on s’est senti cons, et la sueur est venue et aussi, mais on ne l’a su qu’après, on est désorienté. On a tellement bougé qu’on ne sait plus, au fond, d’où l’on vient. Où l’on va. Dans quelle direction il se trouve, notre compartiment. Alors on est là, à ne pas savoir s’il vaut mieux prendre à gauche, à droite et pour quel résultat, à hésiter, hésiter, à ne pas nous révéler l’un à l’autre notre identité la plus basique, par exemple un prénom, à essayer de nous souvenir si quelqu’un loin, perdu dans nos souvenirs, mais présent malgré tout dans nos rêves par moments, était ou pas gaucher, avait appris ou non à faire, sur le tard, quelque chose d’aussi élémentaire que des lacets de chaussures. Moi, mes lacets, c’est mon père qui m’apprend. Et tous les jours je les fais comme mon père m’a appris, sans plus jamais penser à ce moment où il me l’a montré, sans doute pour la première fois, ni à toutes les fois où j’ai dû, pour dépanner A., retirer mes gants de goal, mettre un genou à terre, et lui nouer les siens. Et je l’ai jamais dit à personne. C’était un truc tacite. Honteux. Mais honteux pour lequel de nous deux ? Alors ? On ne sait pas. J’ai l’impression que ce tunnel est un tunnel sans fin, sans un rai de lumière, sans âme qui vive à part ce nous qui se dessine, précisément malgré nous. Qu’est-ce qu’on fait ? Moi, j’avais envie de rebrousser chemin et de me rendormir. C’est idiot, surtout dans une situation de crise mais c’était ça. Je ressens ça. J’en avais tellement marre. Mais, curieusement, j’ai pas pensé le moins du monde au fait que c’était ironique, quand même, cette histoire de déambulation à l’aveugle dans un tunnel noir de suie. C’est exactement ce qu’il se passe dans Accident de personne. Pendant que l’on marchait (mais dans quelle direction ? mystère) l’envie m’est venue de le dire à cette fille mais je me raviserai. Je veux dire, à quoi bon ? Il faudrait tout expliquer depuis le début, ma démarche, l’historique du projet, pourquoi il y a autant de notes de bas de page dans ce livre et pourquoi c’était important, à un moment de son écriture (je devrais plutôt dire de sa réécriture) qu’il y ait ces scènes de vie finalement assez douces dans un monde souterrain. Et puis, au fond, je n’avais tout simplement pas envie de dire j’écris. J’ai faim. On espère qu’on est tous les deux sur le chemin du retour vers nos affaires. Je dois avoir quelque chose à manger, dit cette fille. Moi, je suis sûr d’avoir deux trois madeleines et un paquet de raisins secs. Pourquoi ? Je préfère ne pas trop m’étendre sur la question. C’est comme cette histoire d’écriture, la douleur, je préfère encore ne pas dire que j’en souffre.

16 novembre 2018
par Guillaume Vissac
Journal
#A. #Accident de personne #Adolescence #Boulot #C. #D. #Ernst Jünger #Football #Froid #H. #Mémoire #Migraine #Paris #Père #Publie.net #R. #Train #Yukio Mishima

[1Yukio Mishima, Le pavillon d’or, Gallimard, traduction Marc Mécréant.

[2Ersnt Jüner, Approches, drogues et ivresses, Gallimard, traduction Henri Plard.

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071018, version 11 (18 novembre 2018)

Parce que je fais deux choses en même temps complètement différentes mais néanmoins semblables, je me retrouve à m’égarer mentalement plusieurs fois. Plusieurs fois plusieurs fois en fait. Par exemple, préparant mes affaires pour partir à Toulouse pour trois jours, et parlant de tout autre chose avec H. qui réserve des trucs, j’en viens à confondre les deux et me dire : comment je vais faire pour gérer le décalage horaire là-bas ? Ou encore : qu’en est-il de la langue ? Il fait de plus en plus froid dehors, pourtant, dedans, il fait moins froid qu’avant, quand il faisait plus chaud, alors même que le chauffage de l’immeuble n’a pas été activé. C’est à n’y rien comprendre. C’est comme, puisque c’est précisément ce que je fais d’une partie de mon après-midi, aller poster des livres au bureau de la rue de la Brèche aux loups, qui possède une partie ouverte 7j/7 et, j’imagine, 24h/24, un petit couloir glauque avec des automates pour l’affranchissement. Comment se fait-il que personne n’y dorme la nuit, surtout celles où il fait plus froid qu’avant ? Bref, c’est irréel d’y aller, et c’est irréel d’en revenir, surtout pour acheter deux crêpes à la boulangerie (1€ chaque, nature) et une bouteille d’eau Cristaline (1€ aussi) dans ce qui ressemble plus à une déco design d’un appartement témoin qu’une réelle boulangerie. Mais qu’est-ce que c’est, au fond, une réelle boulangerie ? Je laisse ça en suspens. Quand je bossais encore chez STAT, l’une de mes collègues au bureau (qui a successivement été office manager, retail manager, et aujourd’hui Dieu sait encore quel genre de manager elle est devenue) passait son temps à terminer ses mails non pas par cordialement ou bien cordialement (ce que fera le commun des mortels à sa place) mais par bàv, pour bien à vous. Bàv, bave. Bref, je trouvais ça odieux, jusqu’à ce que j’e vienne à l’utiliser moi aussi, par exemple pour signifier à des destinataires peu agréables dans leurs emails ce qu’ils m’inspirent. C’est un message subliminal. Et j’imagine que c’est la même chose que d’avoir plus ou moins froid dedans quand il fait plus ou moins froid dehors. On se sent triste. Le train est au départ d’Austerlitz à 21h et des (C. disait ça, et des) et il n’y a pas grand monde, je l’ai eu à 15 balles. C’est un train de nuit et nous ne sommes que trois (pour six) dans le compartiment. H. me disait prends celui du haut, tu seras tranquille, mais j’ai peur de tomber. Non, j’ai peur de mal dormir et d’avoir mal, voilà de quoi il est question ici. Pendant que le train bouge, je serai sur un coude quand des mots vont apparaître. Il est formellement interdit : 1. De toucher à quoi que ce soit sans autorisation ; 2. De porter atteinte, sous quelque forme que ce soit, à la préservation de ce domaine. Toute infraction sera punie conformément à la loi. [1] Puis : La mescaline et ses parents agissent plus brutalement, de manière plus impérieuse que les opiacés ; ils forcent l’entrée, non seulement du monde des images et de ses palais, mais aussi, et profondément, de ses cryptes. [2] Mais il faudra bien dormir. Le noir, il est opaque. Les bruits, ils se faufilent. C’est étrange de se dire qu’on bouge alors même que l’on dort (ou le contraire). J’avais peur de rater le moment de l’éveil car ce train n’est pas terminus Matabiau, il va jusqu’à Portbou. Il sinue. Mais ce n’est pas le réveil du téléphone qui me réveille, c’est quelqu’un. Quelle heure est-il ? Moi, je sais pas mais c’est une main sur mon épaule. C’est la fille un peu frisée de la couchette du bas. Il s’est passé quelque chose. J’ai mal un peu partout et il est quelque chose comme quatre heures du mat’ et dans le compartiment, c’est vide. À ce stade de mes connexions neuronales je suis mais incapable de me souvenir si le wagon était comme ça tout à l’heure au départ ou si tout le monde a fui. Mais fui quoi ? J’ai mis mon pull à l’envers, je crois et je dois m’arrêter pour refaire mes lacets. Je me suis cogné en me redressant contre le faux plafond. Ou bien, peut-être que c’est un vrai ? Bruit de plastique en tout cas. Cette fille voulait qu’on aille dehors, sur les voies. Je n’étais pas très chaud. On est dans un genre de tunnel et c’est noir. Il n’y a aucune perspective sur ce qu’on s’imagine que la nuit pourrait projeter sur nous en pareilles circonstances. Mais de quelles circonstances parle-ton ? On se parle, précisément. Elle non plus elle ne sait pas grand chose, à commencer par ce qui s’est, ou non, passé. Par exemple pourquoi le train a stoppé là, dans de la nuit ou un tunnel. Mais elle a entendu un grand bruit, tu n’as rien entendu ? Non. Je prends des médocs aussi. Elle a l’air de trouver ça irrelevant, je développe pas. Elle veut aller sur les voies. Mais on va pas aller sur les voies putain. Et si le train redémarre ? Il n’y a pas un bouton d’urgence ou quoi ? Elle s’en fiche. Où sont les autres passagers ? Elle s’en fiche. Elle veut aller sur les voies. Comme ça on sera fixé. Marchant dans de ces cailloux noirs, dans le tunnel, derrière cette fille qui ne m’a pas donné son prénom (et je ne lui donnerai pas le mien), je me retrouve à penser des trucs cons comme, par exemple, que j’ai laissé mes affaires dans l’espace prévu pour les bagages sur le haut de la couchette, que j’ai des livres avec moi, une valise cabine pleine, et mon ordi là-bas. Mais ce n’est pas le seul truc con auquel on pense. On avance dans la lueur de nos téléphones et je me dis que A., qui était quelque part avec R. mon seul ami pendant toute une partie de mon enfance, de mon adolescence et, en même temps, une espèce de tyran, ne savait pas faire ses lacets. Alors quand on va jouer au foot à deux sur le terrain de hand du stade pas très loin d’ici pour l’un de nos p’tits matchs, il me demandera de lui refaire ses lacets. Et je le fais. Combien de temps ça a a duré cette histoire de lacets ? J’en sais rien. D. m’a dit l’autre jour, pendant le mariage ou quoi, qu’il était gaucher, A., mais je n’ai pas souvenir de ça. De même que je n’ai pas souvenir avoir jamais joué dans la même équipe que lui à l’époque où je jouais chaque semaine dans un club aux couleurs jaunes et bleues (il y en avait trois, des équipes), pourtant une photo semble prouver le contraire. Peut-être que ma mémoire elle est pas fiable. Peut-être que ce tunnel il a pas de fin ? Du bruit nous accompagne, des pas (à moins qu’il nous menace). Puis elle parle : y a eu un accident. Mais, moi, je ne vois rien. Je dois me fier à ce qu’elle dit. Puis, soudain, il y a un bruit. Un bruit sourd. Peut-être un autre train ? Merde, donc on a paniqué pendant trente secondes, on essayait de se plaquer contre le wagon, ce qui est idiot. Finalement, il ne s’est rien passé. Juste, le bruit s’est tu de lui-même tu. Mais on s’est senti cons, et la sueur est venue et aussi, mais on ne l’a su qu’après, on est désorienté. On a tellement bougé qu’on ne sait plus, au fond, d’où l’on vient. Où l’on va. Dans quelle direction il se trouve, notre compartiment. Alors on est là, à ne pas savoir s’il vaut mieux prendre à gauche, à droite et pour quel résultat, à hésiter, hésiter, à ne pas nous révéler l’un à l’autre notre identité la plus basique, par exemple un prénom, à essayer de nous se souvenir si quelqu’un loin, perdu dans nos souvenirs, mais présent malgré tout dans nos rêves par moments, était ou pas gaucher, avait appris ou non à faire, sur le tard, quelque chose d’aussi élémentaire que des lacets de chaussures. Moi, mes lacets, c’est mon père qui m’apprend. Et tous les jours je les fais comme mon père m’a appris, sans plus jamais penser à ce moment où il me l’a montré, sans doute pour la première fois, ni à toutes les fois où j’ai dû, pour dépanner A., retirer mes gants de goal, mettre un genou à terre, et lui nouer les siens. Et je l’ai jamais dit à personne. C’était un truc tacite. Honteux. Mais honteux pour lequel de nous deux ? Alors ? On ne sait pas. J’ai l’impression que ce tunnel est un tunnel sans fin, sans un rai de lumière, sans âme qui vive à part ce nous qui se dessine, précisément malgré nous. Qu’est-ce qu’on fait ? Moi, j’avais envie de rebrousser chemin et de me rendormir. C’est idiot, surtout dans une situation de crise mais c’était ça. Je ressens ça. J’en avais tellement marre. Mais, curieusement, j’ai pas pensé le moins du monde au fait que c’était ironique, quand même, cette histoire de déambulation à l’aveugle dans un tunnel noir de suie. C’est exactement ce qu’il se passe dans Accident de personne. Pendant que l’on marchait (mais dans quelle direction ? mystère) l’envie m’est venue de le dire à cette fille mais je me raviserai. Je veux dire, à quoi bon ? Il faudrait tout expliquer depuis le début, ma démarche, l’historique du projet, pourquoi il y a autant de notes de bas de page dans ce livre et pourquoi c’était important, à un moment de son écriture (je devrais plutôt dire de sa réécriture) qu’il y ait ces scènes de vie finalement assez douces dans un monde souterrain. Et puis, au fond, je n’avais tout simplement pas envie de dire j’écris. J’ai faim. On espère qu’on est tous les deux sur le chemin du retour vers nos affaires. Je dois avoir quelque chose à manger, dit cette fille. Moi, je suis sûr d’avoir deux trois madeleines et un paquet de raisins secs. Pourquoi ? Je préfère ne pas trop m’étendre sur la question. C’est comme cette histoire d’écriture, la douleur, je préfère encore ne pas dire que j’en souffre.

[1Yukio Mishima, Le pavillon d’or, Gallimard, traduction Marc Mécréant.

[2Ersnt Jüner, Approches, drogues et ivresses, Gallimard, traduction Henri Plard.

071018, version 10 (16 novembre 2018)

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Migraine, Publie.net, Train, Boulot, Adolescence, Paris, Froid, H., Accident de personne, Ernst Jünger, Football, Mémoire, Père, D., C., R., A., Yukio Mishima
Parce que je fais deux choses en même temps complètement différentes mais néanmoins semblables, je me retrouve à m’égarer mentalement plusieurs fois. Plusieurs fois plusieurs fois en fait. Par exemple, préparant mes affaires pour partir à Toulouse pour trois jours, et parlant de tout autre chose avec [H H .->mot59] qui réserve des trucs, j’en viens à confondre les deux et me dire : comment je vais faire pour gérer le décalage horaire là-bas ? Ou encore : qu’en est-il de la langue ? Il fait de plus en plus froid dehors, pourtant, dedans, il fait moins froid qu’avant, quand il faisait plus chaud, alors même que le chauffage de l’immeuble n’a pas été activé. C’est à n’y rien comprendre. C’est comme, puisque c’est précisément ce que je fais d’une partie de mon après-midi, aller poster des livres au bureau de la rue de la Brèche aux loups, qui possède une partie ouverte 7j/7 et, j’imagine, 24h/24, un petit couloir glauque avec des automates pour l’affranchissement. Comment se fait-il que personne n’y dorme la nuit, surtout celles où il fait plus froid qu’avant ? Bref, c’est irréel d’y aller, et c’est irréel d’en revenir, surtout pour acheter deux crêpes à la boulangerie (1€ chaque, nature) et une bouteille d’eau Cristaline (1€ aussi) dans ce qui ressemble plus à une déco design d’un appartement témoin qu’une réelle boulangerie. Mais qu’est-ce que c’est, au fond, une réelle boulangerie qu’une réelle boulangerie ? Je laisse ça en suspens. Il y a une autre métaphore à utiliser et c’est celle-ci. Quand je bossais encore chez STAT, l’une de mes collègues au bureau (qui a successivement été office manager, retail manager, et aujourd’hui Dieu sait encore quel genre de manager elle est devenue) passait son temps à terminer ses mails non pas par cordialement ou bien cordialement (ce que fera le commun des mortels à sa place places ) mais par bàv, pour bien à vous. Bàv, bave. Bref, je trouvais ça odieux, jusqu’à ce que j’e vienne à l’utiliser moi aussi, par exemple pour signifier à des destinataires peu agréables dans leurs emails ce qu’ils m’inspirent. C’est un message subliminal. Et j’imagine que c’est la même chose que d’avoir plus ou moins froid dedans quand il fait plus ou moins froid dehors. On se sent triste. Le train est au départ d’Austerlitz à 21h et des (C. disait ça, et des) et il n’y a pas grand monde, je l’ai eu à 15 balles. C’est un train de nuit et nous ne sommes que trois (pour sixplaces ) dans le compartiment. [H H .->mot59] me disait prends celui du haut, tu seras tranquille, mais j’ai peur de tomber. Non, j’ai peur de mal dormir et d’avoir mal mal , voilà de quoi il est question ici . , voilà de quoi il est question ici. Pendant que le train bouge, je serai sur un coude quand des mots vont apparaître. Il est formellement interdit : 1. De toucher à quoi que ce soit sans autorisation ; 2. De porter atteinte, sous quelque forme que ce soit, à la préservation de ce domaine. Toute infraction sera punie conformément à la loi. [3] Puis : La mescaline et ses parents agissent plus brutalement, de manière plus impérieuse que les opiacés ; ils forcent l’entrée, non seulement du monde des images et de ses palais, mais aussi, et profondément, de ses cryptes. [4] ça : (citation Jünger) et ça : (citation Mishima) (ou le contraire, peu importe (à moins même que ce ne soit Philippe Rahmy, bon, vérifier)). Mais Puis il faudra bien dormir. Le noir, il est opaque. Les bruits, ils se faufilent. C’est étrange de se dire qu’on bouge alors même que l’on dort (ou le contraire). J’avais peur de rater le moment de l’éveil car ce train n’est pas terminus Matabiau, il va jusqu’à Portbou Port Bou . Il sinue. Mais ce n’est pas le réveil du téléphone qui me réveille, c’est quelqu’un. Quelle heure est-il ? Moi, je sais pas mais c’est une main sur mon épaule. C’est la fille un peu frisée de la couchette du bas. Il s’est passé quelque chose. J’ai mal un peu partout et il est quelque chose comme quatre heures du mat’ et dans le compartiment, c’est vide. À ce stade de mes connexions neuronales je suis mais incapable de me souvenir si le wagon était comme ça tout à l’heure au départ ou si tout le monde a fui. Mais fui quoi ? J’ai mis mon pull à l’envers, je crois et je dois m’arrêter pour refaire mes lacets. Je me suis cogné en me redressant contre le faux plafond. Ou bien, peut-être que c’est un vrai ? Bruit de plastique en tout cas. Cette fille voulait qu’on aille dehors, sur les voies. Je n’étais pas très chaud. On est dans un genre de tunnel et c’est noir. Il n’y a aucune perspective sur ce qu’on s’imagine que la nuit pourrait projeter sur nous en pareilles circonstances. Mais de quelles circonstances parle-ton ? On se parle, précisément. Elle non plus elle ne sait pas grand chose, à commencer par ce qui s’est, ou non, passé. Par exemple pourquoi le train a stoppé là, dans de la nuit ou un tunnel. Mais elle a entendu un grand bruit, tu n’as rien entendu ? Non. Je prends des médocs aussi. Elle a l’air de trouver ça irrelevant, je développe pas. Elle veut aller sur les voies. Mais on va pas aller sur les voies putain. Et si le train redémarre ? Il n’y a pas un bouton d’urgence ou quoi ? Elle s’en fiche. Où sont les autres passagers ? Elle s’en fiche. Elle veut aller sur les voies. Comme ça on sera fixé. Marchant dans de ces cailloux noirs, dans le tunnel, derrière cette fille qui ne m’a pas donné son prénom ( et je ne lui donnerai pas le mien), , je me retrouve à penser des trucs cons comme, par exemple, que j’ai laissé mes affaires dans l’espace prévu pour les bagages sur le haut de la couchette, que j’ai des livres avec moi, une valise cabine pleine, et mon ordi là-bas. Mais ce n’est pas le seul truc con auquel on pense. On avance dans la lueur de nos téléphones et je me dis que [A A .->mot517], qui était quelque part avec [R R .->mot404] mon seul ami pendant toute une partie de mon enfance, de mon adolescence et, en même temps, une espèce de tyran, ne savait pas faire ses lacets. Alors quand on va jouer au foot à deux sur le terrain de hand du stade pas très loin d’ici pour l’un de nos p’tits matchs, il me demandera de lui refaire ses lacets. Et je le fais. Combien de temps ça a a duré cette histoire de lacets ? J’en sais rien. [D.->mot325] D. m’a dit l’autre jour, pendant le mariage ou quoi, qu’il était gaucher, [A A .->mot517], mais je n’ai pas souvenir de ça. De même que je n’ai pas souvenir avoir jamais joué dans la même équipe que lui à l’époque où je jouais chaque semaine dans un club aux couleurs jaunes et bleues bleus (il y en avait trois, des équipes), pourtant une photo semble prouver le contraire. Peut-être que ma mémoire elle est pas fiable. Peut-être que ce tunnel il a pas de fin ? Du bruit nous accompagne, des pas (à moins qu’il nous menace). Puis elle parle : y a eu un accident. Mais, moi, je ne vois rien. Je dois me fier à ce qu’elle dit. Puis, soudain, il y a un bruit. Un bruit sourd. Peut-être un autre train ? Merde, donc on a paniqué pendant trente secondes, on essayait de se plaquer contre le wagon, ce qui est idiot. Finalement, il ne s’est rien passé. Juste, le bruit s’est tu de lui-même tu. Mais on s’est senti cons, et la sueur est venue et aussi, mais on ne l’a su qu’après, on est désorienté. On a tellement bougé qu’on ne sait plus, au fond, d’où l’on vient. Où l’on va. Dans quelle direction il se trouve, notre compartiment. Alors on est là, à ne pas savoir s’il vaut mieux prendre à gauche, à droite et pour quel résultat, à hésiter, hésiter, à ne pas nous révéler l’un à l’autre notre identité la plus basique, par exemple un prénom, à essayer de se souvenir si quelqu’un loin, perdu dans nos souvenirs, mais présent malgré tout dans nos rêves par moments, était ou pas gaucher, avait appris ou non à faire, sur le tard, quelque chose d’aussi élémentaire que des lacets de chaussures. Moi, mes lacets, c’est mon père qui m’apprend. Et tous les jours je les fais comme mon père m’a appris, sans plus jamais penser à ce moment où il me l’a montré, sans doute pour la première fois, ni à toutes les fois où j’ai dû, pour dépanner A., retirer mes gants de goal, mettre un genou à terre, et lui nouer les siens. C’était, aussi, peut-être, une question de domination. Et je l’ai jamais dit à personne. C’était un truc tacite. Honteux. Mais honteux pour lequel de nous deux ? Alors ? On ne sait pas. J’ai l’impression que ce tunnel est un tunnel sans fin, sans un rai de lumière, sans âme qui vive à part ce nous qui se dessine, précisément malgré nous. Qu’est-ce qu’on fait ? Moi, j’avais envie de rebrousser chemin et de me rendormir. C’est idiot, surtout dans une situation de crise mais c’était ça. Je ressens ça. J’en avais tellement marre. Mais, curieusement, j’ai pas pensé le moins du monde au fait que c’était ironique, quand même, cette histoire de déambulation à l’aveugle dans un tunnel noir de suie. C’est exactement ce qu’il se passe dans [Accident Accident de personne->mot65 ]. personne . Pendant que l’on marchait (mais dans quelle direction ? mystère) l’envie m’est venue de le dire à cette fille mais je me raviserai. Je veux dire, à quoi bon ? Il faudrait tout expliquer depuis le début, ma démarche, l’historique du projet, pourquoi il y a autant de notes de bas de page dans ce livre et pourquoi c’était important, à un moment de son écriture (je devrais plutôt dire de sa réécriture) qu’il y ait ces scènes de vie finalement assez douces dans un monde souterrain. Et puis, au fond, je n’avais tout simplement pas envie de dire j’écris. J’ai faim. On espère qu’on est tous les deux sur le chemin du retour vers nos affaires. Je dois avoir quelque chose à manger, dit cette fille. Moi, je suis sûr d’avoir deux trois madeleines et un paquet de raisins secs. Pourquoi ? Je préfère ne pas trop m’étendre sur la question. C’est comme cette histoire d’écriture, la douleur , [la douleur->mot1] je préfère encore ne pas dire que j’en souffre . , je préfère encore ne pas dire que j’en souffre.

[3Yukio Mishima, Le pavillon d’or, Gallimard, traduction Marc Mécréant.

[4Ersnt Jüner, Approches, drogues et ivresses, Gallimard, traduction Henri Plard.

071018, version 9 (16 novembre 2018)

071018, version 8 (15 novembre 2018)

Parce que je fais deux choses en même temps complètement différentes mais néanmoins semblables, je me retrouve à m’égarer mentalement plusieurs fois. Plusieurs fois plusieurs fois en fait. Par exemple, préparant mes affaires pour partir à Toulouse pour trois jours, et parlant de tout autre chose avec H. qui réserve des trucs, j’en viens à confondre les deux et me dire : comment je vais faire pour gérer le décalage horaire là-bas ? Ou encore : qu’en est-il de la langue ? Il fait de plus en plus froid dehors, pourtant, dedans, il fait moins froid qu’avant, quand il faisait plus chaud, alors même que le chauffage de l’immeuble n’a pas été activé. C’est à n’y rien comprendre. C’est comme, puisque c’est précisément ce que je fais d’une partie de mon après-midi, aller poster des livres au bureau de la rue de la Brèche aux loups, qui possède une partie ouverte 7j/7 et, j’imagine, 24h/24, un petit couloir glauque avec des automates pour l’affranchissement. Comment se fait-il que personne n’y dorme la nuit, surtout celles où il fait plus froid qu’avant ? Bref, c’est irréel d’y aller, et c’est irréel d’en revenir, surtout pour acheter deux crêpes à la boulangerie (1€ chaque, nature) et une bouteille d’eau Cristaline (1€ aussi) dans ce qui ressemble plus à une déco design d’un appartement témoin qu’une réelle boulangerie. Mais qu’est-ce que c’est, au fond, qu’une réelle boulangerie ? Je laisse ça en suspens. Il y a une autre métaphore à utiliser et c’est celle-ci. Quand je bossais encore chez STAT, l’une de mes collègues au bureau (qui a successivement été office manager, retail manager, et aujourd’hui Dieu sait encore quel genre de manager elle est devenue) passait son temps à terminer ses mails non pas par cordialement ou bien cordialement (ce que fera le commun des mortels à sa places) mais par bàv, pour bien à vous. Bàv, bave. Bref, je trouvais ça odieux, jusqu’à ce que j’e vienne à l’utiliser moi aussi, par exemple pour signifier à des destinataires peu agréables dans leurs emails ce qu’ils m’inspirent. C’est un message subliminal. Et j’imagine que c’est la même chose que d’avoir plus ou moins froid dedans quand il fait plus ou moins froid dehors. On se sent triste. Le train est au départ d’Austerlitz à 21h et des (C. disait ça, et des) et il n’y a pas grand monde, je l’ai eu à 15 balles. C’est un train de nuit et nous ne sommes que trois (pour six places) dans le compartiment. H. me disait prends celui du haut, tu seras tranquille, mais j’ai peur de tomber. Non, j’ai peur de mal dormir et d’avoir mal, voilà de quoi il est question ici. Pendant que le train bouge, je serai sur un coude quand des mots vont apparaître. ça : (citation Jünger) et ça : (citation Mishima) (ou le contraire, peu importe (à moins même que ce ne soit Philippe Rahmy, bon, vérifier)). Puis il faudra bien dormir. Le noir, il est opaque. Les bruits, ils se faufilent. C’est étrange de se dire qu’on bouge alors même que l’on dort (ou le contraire). J’avais peur de rater le moment de l’éveil car ce train n’est pas terminus Matabiau, il va jusqu’à Port Bou. Il sinue. Mais ce n’est pas le réveil du téléphone qui me réveille, c’est quelqu’un. Quelle heure est-il ? Moi, je sais pas mais c’est une main sur mon épaule. C’est la fille un peu frisée de la couchette du bas. Il s’est passé quelque chose. J’ai mal un peu partout et il est quelque chose comme quatre heures du mat’ et dans le compartiment, c’est vide. À ce stade de mes connexions neuronales je suis mais incapable de me souvenir si le wagon était comme ça tout à l’heure au départ ou si tout le monde a fui. Mais fui quoi ? J’ai mis mon pull à l’envers, je crois et je dois m’arrêter pour refaire mes lacets. Je me suis cogné en me redressant contre le faux plafond. Ou bien, peut-être que c’est un vrai ? Bruit de plastique en tout cas. Cette fille voulait qu’on aille dehors, sur les voies. Je n’étais pas très chaud. On est dans un genre de tunnel et c’est noir. Il n’y a aucune perspective sur ce qu’on s’imagine que la nuit pourrait projeter sur nous en pareilles circonstances. Mais de quelles circonstances parle-ton ? On se parle, précisément. Elle non plus elle ne sait pas grand chose, à commencer par ce qui s’est, ou non, passé. Par exemple pourquoi le train a stoppé là, dans de la nuit ou un tunnel. Mais elle a entendu un grand bruit, tu n’as rien entendu ? Non. Je prends des médocs aussi. Elle a l’air de trouver ça irrelevant, je développe pas. Elle veut aller sur les voies. Mais on va pas aller sur les voies putain. Et si le train redémarre ? Il n’y a pas un bouton d’urgence ou quoi ? Elle s’en fiche. Où sont les autres passagers ? Elle s’en fiche. Elle veut aller sur les voies. Comme ça on sera fixé. Marchant dans de ces les cailloux noirs, dans le ce tunnel, derrière cette fille qui ne m’a pas donné son prénom et je ne lui donnerai pas le mien, et je me retrouve à penser des trucs cons comme, par exemple, que j’ai laissé mes affaires dans l’espace prévu pour les bagages sur le haut de la couchette, que j’ai des livres avec moi, une valise cabine pleine, et mon ordi là-bas. Mais ce n’est pas le seul truc con auquel on pense. On avance dans la lueur de nos téléphones lampes de poche et je me dis que A., qui était quelque part avec R. mon seul ami pendant toute une partie de mon enfance, de mon adolescence et, en même temps, une espèce de tyran, ne savait pas faire ses lacets. Alors quand on va jouer au foot à deux sur le terrain de hand du stade pas très loin d’ici pour l’un de nos p’tits matchs, il me demandera de lui refaire ses lacets. Et je le fais. Combien de temps ça a a duré cette histoire de lacets ? J’en sais rien. D. m’a dit l’autre jour, pendant le mariage ou quoi, qu’il était gaucher, A., mais je n’ai pas souvenir de ça. De même que je n’ai pas souvenir avoir jamais joué dans la même équipe que lui à l’époque où je jouais chaque semaine dans un club aux couleurs jaunes et bleus (il y en avait trois, des équipes), pourtant une photo semble prouver le contraire. Peut-être que ma mémoire elle est pas fiable. Peut-être que ce tunnel il a pas de fin ? Du bruit nous accompagne, des pas (à moins qu’il nous menace). Puis elle parle : y a eu un accident. Mais, moi, je ne vois rien. Je dois me fier à ce qu’elle dit. Puis, soudain, il y a un bruit. Un bruit sourd. Peut-être un autre train ? Merde, donc on a paniqué pendant trente secondes, on essayait de se plaquer contre le wagon, ce qui est idiot. Finalement, il ne s’est rien passé. Juste, le bruit s’est tu de lui-même tu. Mais on s’est senti cons, et la sueur est venue et aussi, mais on ne l’a su qu’après, on est désorienté. On a tellement bougé qu’on ne sait plus, au fond, d’où l’on vient. Où l’on va. Dans quelle direction il se trouve, notre compartiment. Alors on est là, à ne pas savoir s’il vaut mieux prendre à gauche, à droite et pour quel résultat, à hésiter, hésiter, à ne pas nous révéler l’un à l’autre notre identité la plus basique, par exemple un prénom, à essayer de se souvenir si quelqu’un loin, perdu dans nos souvenirs, mais présent malgré tout dans nos rêves par moments, était ou pas gaucher, avait appris ou non à faire, sur le tard, quelque chose d’aussi élémentaire que des lacets de chaussures. Moi, mes lacets, c’est mon père qui m’apprend. Et tous les jours je les fais comme mon père m’a appris, sans plus jamais penser à ce moment où il me l’a montré, sans doute pour la première fois, ni à toutes les fois où j’ai dû, pour dépanner A., retirer mes gants de goal, mettre un genou à terre, et lui nouer les siens. C’était, aussi, peut-être, une question de domination. Et je l’ai jamais dit à personne. C’était un truc tacite. Honteux. Mais honteux pour lequel de nous deux ? Pour lui, je veux dire, mais peut-être pour moi. Alors ? On ne sait pas. J’ai l’impression que ce tunnel est un tunnel sans fin, sans un rai de lumière, sans âme qui vive à part ce nous qui se dessine, précisément malgré nous. Qu’est-ce qu’on fait ? Moi, j’avais envie de rebrousser chemin et de me rendormir. C’est idiot, surtout dans une situation de crise mais c’était ça. Je ressens ça. J’en avais tellement marre. Mais, curieusement, j’ai pas pensé le moins du monde au fait que c’était ironique, quand même, cette histoire de déambulation à l’aveugle dans un tunnel noir de suie. C’est exactement ce qu’il se passe dans Accident de personne. Pendant que l’on marchait (mais dans quelle direction ? mystère) l’envie m’est venue de le dire à cette fille mais je me raviserai. Je veux dire, à quoi bon ? Il faudrait tout expliquer depuis le début, ma démarche, l’historique du projet, pourquoi il y a autant de notes de bas de page dans ce livre et pourquoi c’était important, à un moment de son écriture (je devrais plutôt dire de sa réécriture) qu’il y ait ces scènes de vie finalement assez douces dans un monde souterrain. Et puis, au fond, je n’avais tout simplement pas envie de dire j’écris. J’ai faim. On espère qu’on est tous les deux sur le chemin du retour vers nos affaires. Je dois avoir quelque chose à manger, dit cette fille. Moi, je suis sûr d’avoir deux trois madeleines et un paquet de raisins secs. Pourquoi ? Je préfère ne pas trop m’étendre sur la question. C’est comme cette histoire d’écriture, la douleur migraine , je préfère encore ne pas dire que j’en souffre.

071018, version 7 (14 novembre 2018)

Parce que je fais deux choses en même temps complètement différentes mais néanmoins semblables, je me retrouve à m’égarer mentalement plusieurs fois , plusieurs fois plusieurs fois. Plusieurs fois plusieurs fois en fait. Par exemple, préparant mes affaires pour partir ce soir à Toulouse pour trois jours, et parlant de tout autre chose avec H. qui réserve des trucs, j’en viens à confondre les deux et me dire : comment je vais faire pour gérer le décalage horaire là-bas à Toulouse ? Ou encore : qu’en est-il de la langue ? Il fait de plus en plus froid dehors, pourtant, dedans, il fait moins froid qu’avant, quand il faisait plus chaud, alors même que le chauffage de l’immeuble du bâtiment n’a pas été activé. C’est à n’y rien comprendre. C’est comme, puisque c’est précisément ce que je fais d’une partie de mon après-midi, aller poster des livres au bureau de la rue de la Brèche aux loups, qui possède une partie ouverte 7j/7 et, j’imagine, 24h/24, un petit couloir glauque avec des automates pour l’affranchissement. C’est donc ouvert même le dimanche. Comment se fait-il que personne n’y dorme la nuit, surtout celles où il fait plus froid qu’avant ? Bref, c’est irréel d’y aller, et c’est irréel d’en revenir, surtout pour acheter deux crêpes à la boulangerie (1€ chaque, nature) et une bouteille d’eau Cristaline (1€ aussi) dans ce qui ressemble plus à une déco design d’un appartement témoin qu’une réelle boulangerie. Il y a une autre métaphore à utiliser et c’est celle-ci. Quand je bossais encore chez STAT, l’une de mes collègues au bureau (qui a successivement été office manager, retail manager, et aujourd’hui Dieu sait encore quel genre de manager elle est devenue) passait son temps à terminer ses mails non pas par cordialement ou bien cordialement (ce que fera le commun des mortels à sa places) mais par bàv, pour bien à vous. Bàv, bave. Bref, je trouvais ça odieux, jusqu’à ce que j’e vienne à l’utiliser moi aussi, par exemple pour signifier à des destinataires peu agréables dans leurs emails ce qu’ils m’inspirent. C’est un message subliminal. Et j’imagine que c’est la même chose que d’avoir plus ou moins froid dedans quand il fait plus ou moins froid dehors. On se sent triste. Le train est au départ d’Austerlitz à 21h et des (C. disait ça, et des) et il n’y a pas grand monde, je l’ai eu à 15 balles, partir un dimanche soir faut dire . C’est un train de nuit et nous ne sommes que trois (pour six places) dans le compartiment. H. me disait prends celui du haut, tu seras tranquille, mais j’ai peur de tomber. Non, j’ai peur de mal dormir et d’avoir mal, voilà de quoi il est question ici. Pendant que le train bouge, je serai sur un coude quand des mots vont apparaître. ça : (citation Jünger Jûnger ) et ça : (citation Mishima) (ou le contraire, peu importe (à moins même que ce ne soit Philippe Rahmy, bon, vérifier)). Puis il faudra bien dormir. Le noir, il est opaque. Les bruits, ils se faufilent. C’est étrange de se dire qu’on bouge alors même que l’on dort (ou le contraire). J’avais peur de rater le moment de l’éveil car ce le train n’est ne s’est pas terminus Matabiau, il va jusqu’à Port Bou. Il sinue. Mais ce n’est pas le réveil du téléphone qui me réveille, c’est quelqu’un. Quelle heure est-il ? Moi, je sais pas mais c’est une main sur mon épaule. C’est la fille un peu frisée de la couchette du bas. Il s’est passé quelque chose. J’ai mal un peu partout et il est quelque chose comme quatre heures du mat’ et dans le compartiment, c’est vide. À ce stade de mes connexions neuronales je suis mais incapable de me souvenir si le wagon était comme ça tout à l’heure au départ ou si tout le monde a fui. Mais fui quoi ? J’ai mis mon pull à l’envers, je crois et je dois m’arrêter pour refaire mes lacets. Je me suis cogné en me redressant contre le faux plafond. Ou bien, peut-être que c’est un vrai ? Bruit Plastique , plastique , bruit de plastique en tout cas . Cette fille voulait qu’on aille dehors, sur les voies. Je n’étais pas très chaud. On est dans un genre de tunnel et c’est noir. Il n’y a aucune perspective sur ce qu’on s’imagine que la nuit pourrait projeter sur nous en pareilles circonstances. Mais de quelles circonstances parle-ton ? On se parle, précisément. Elle non plus elle ne sait pas grand chose, à commencer par ce qui s’est, ou non, passé. Par exemple pourquoi le train a stoppé là, dans de la nuit ou un tunnel. Mais elle a entendu un grand bruit, tu n’as rien entendu ? Non. Je prends des médocs aussi. Elle a l’air de trouver ça irrelevant, je développe pas. Elle veut aller sur les voies. Mais on va pas aller sur les voies putain. Et si le train redémarre ? Il n’y a pas un bouton d’urgence ou quoi ? Elle s’en fiche. Où sont les autres passagers ? Elle s’en fiche. Elle veut aller sur les voies. Comme ça on sera fixé. Marchant dans les cailloux noirs, dans ce tunnel, derrière cette fille qui ne m’a pas donné son prénom et je ne lui donnerai pas le mien, et je me retrouve à penser des trucs cons comme, par exemple, que j’ai laissé mes affaires dans l’espace prévu pour les bagages sur le haut de la couchette, que j’ai des livres avec moi, une valise cabine pleine, et mon ordi là-bas. Mais ce n’est pas le seul truc con auquel on pense. On avance dans la lueur de nos téléphones lampes de poche et je me dis que A., qui était quelque part avec R. , qui était quelque part mon seul ami pendant toute une partie de mon enfance , de mon adolescence et, en même temps, une espèce de tyran, ne savait pas faire ses lacets. Alors quand on va jouer au foot à deux sur le terrain de hand du stade pas très loin d’ici pour l’un de nos p’tits matchs, il me demandera de lui refaire ses lacets. Et je le fais. Combien de temps ça a a duré cette histoire de lacets ? J’en sais rien. D. m’a dit l’autre jour, pendant le mariage ou quoi, qu’il était gaucher, A., mais je n’ai pas souvenir de ça. De même que je n’ai pas souvenir avoir jamais joué dans la même équipe que lui à l’époque je jouais chaque semaine dans un club aux couleurs jaunes et bleus St-Charles (il y en avait trois, des équipes ), pourtant une photo semble prouver le contraire. Peut-être que ma mémoire elle est pas fiable. Peut-être que ce tunnel il a pas de fin ? Du bruit des pas nous accompagne, des pas (à moins qu’il nous menace). Puis elle parle : y a eu un accident. Mais, moi, je ne vois rien. Je dois me fier à ce qu’elle dit. Puis, soudain, il y a un bruit. Un bruit sourd. Peut-être un autre train ? Merde, donc on a paniqué pendant trente secondes, on essayait de se plaquer contre le wagon, ce qui est idiot. Finalement, il ne s’est rien passé. Juste, le bruit s’est tu de lui-même tu . Mais on s’est senti cons, et la sueur est venue et aussi, mais on ne l’a su qu’après, on est désorienté. On a tellement bougé qu’on ne sait plus, au fond, d’où l’on vient. Où l’on va. Dans quelle direction il se trouve, notre compartiment. Alors on est là, à ne pas savoir s’il vaut mieux prendre à gauche, ou à droite et pour quel résultat, à hésiter, hésiter, à ne pas nous révéler l’un à l’autre notre identité la plus basique, par exemple un prénom, à essayer de se souvenir si quelqu’un loin, perdu dans nos souvenirs, mais présent malgré tout dans nos rêves par moments, était ou pas gaucher, avait appris ou non à faire, sur le tard, quelque chose d’aussi élémentaire que des lacets de chaussures. Moi, mes lacets, c’est mon père qui m’apprend. Et tous les jours je les fais comme mon père m’a appris, sans plus jamais penser à ce moment où il me l’a montré, sans doute pour la première fois, ni à toutes les fois où j’ai dû, pour dépanner A., retirer mes gants de goal, mettre un genou à terre, et lui nouer les siens. C’était, aussi, peut-être, une question de domination, ça . Ce geste. Et je l’ai jamais dit à personne. C’était un truc tacite. Honteux. Pour lui, je veux dire, mais peut-être pour moi. Alors ? On ne sait pas. J’ai l’impression que ce tunnel est un tunnel sans fin, sans un rai de lumière, sans âme qui vive à part ce nous qui se dessine, précisément malgré nous. Qu’est-ce qu’on fait ? Moi, j’avais envie de rebrousser chemin et de me rendormir. C’est idiot, surtout dans une situation de crise mais c’était ça. Je ressens ça. J’en avais tellement marre. Mais, curieusement, j’ai pas pensé le moins du monde au fait que c’était ironique, quand même, cette histoire de déambulation à l’aveugle dans un tunnel noir de suie. C’est exactement ce qu’il se passe dans Accident de personne. Pendant que l’on marchait (mais dans quelle direction ? mystère) l’envie m’est venue de le dire à cette fille mais je me raviserai. Je veux dire, à quoi bon ? Il faudrait tout expliquer depuis le début, ma démarche, l’historique du projet, pourquoi il y a autant de notes de bas de page dans ce livre et pourquoi c’était important, à un moment de son écriture (je devrais plutôt dire de sa réécriture) qu’il y ait ces scènes de vie finalement assez douces dans un monde souterrain. Et puis, au fond, je n’avais tout simplement pas envie de dire j’écris. J’ai faim. On espère qu’on est tous les deux sur le chemin du retour vers nos affaires. Je dois avoir quelque chose à manger, dit cette fille. Moi, je suis sûr d’avoir deux trois madeleines et un paquet de raisins secs. Pourquoi ? Je préfère ne pas trop m’étendre sur la question. C’est comme cette histoire d’écriture, la migraine, je préfère encore ne pas dire que j’en souffre.

071018, version 6 (8 novembre 2018)

Parce que je fais deux choses en même temps complètement différentes mais néanmoins semblables, je me retrouve à m’égarer mentalement plusieurs fois, plusieurs fois plusieurs fois. Par exemple, préparant mes affaires pour partir ce soir à Toulouse pour trois jours, et parlant de tout autre chose avec H. qui réserve des trucs, j’en viens à confondre les deux et me dire : comment je vais faire pour gérer le décalage horaire à Toulouse ? Ou encore : qu’en est-il de la langue ? Il fait de plus en plus froid dehors, pourtant, dedans, il fait moins froid qu’avant, quand il faisait plus chaud, alors même que le chauffage du bâtiment n’a pas été activé. C’est à n’y rien comprendre. C’est comme, puisque c’est précisément ce que je fais d’une partie de mon après-midi, aller poster des livres au bureau de la rue de la Brèche aux loups, qui possède une partie ouverte 7j/7 et, j’imagine, 24h/24, un petit couloir glauque avec que des automates pour l’affranchissement. C’est donc ouvert même le dimanche. Comment se fait-il que personne n’y dorme la nuit, surtout celles où il fait plus froid qu’avant ? Bref, c’est irréel d’y aller, et c’est irréel d’en revenir, surtout pour acheter deux crêpes à la boulangerie (1€ chaque, nature) et une bouteille d’eau Cristaline (1€ aussi) dans ce qui ressemble plus à une déco design d’un appartement témoin qu’une réelle boulangerie. Il y a une autre métaphore à utiliser et c’est celle-ci. Quand je bossais encore chez STAT, l’une de mes collègues au bureau (qui a successivement été office manager, retail manager, et aujourd’hui Dieu sait encore quel genre de manager elle est devenue) passait son temps à terminer ses mails non pas par cordialement ou bien cordialement (ce que fera le commun des mortels à sa places) mais par bàv, pour bien à vous. Bàv, bave. Bref, je trouvais ça odieux, jusqu’à ce que j’e vienne à l’utiliser moi aussi, par exemple pour signifier à des destinataires peu agréables dans leurs emails ce qu’ils m’inspirent. C’est un message subliminal. Et j’imagine que c’est la même chose que d’avoir plus ou moins froid dedans quand il fait plus ou moins froid dehors. On se sent triste. Le train est au départ d’Austerlitz à 21h et des (C. disait ça, et des) et il n’y a pas grand monde, je l’ai eu à 15 balles, partir un dimanche soir faut dire . C’est un train de nuit et nous ne sommes que trois (pour six places) dans le compartiment. H. me disait prends celui du haut, tu seras tranquille, mais j’ai peur de tomber. Non, j’ai peur de mal dormir et d’avoir mal, voilà de quoi il est question ici. Pendant que le train bouge, je serai sur un coude quand des mots vont apparaître. ça : (citation Jûnger) et ça : (citation Mishima) (ou le contraire, peu importe (à moins même que ce ne soit Philippe Rahmy, bon, vérifier)). Puis il faudra bien dormir. Le noir, il est opaque. Les bruits, ils se faufilent. C’est étrange de se dire qu’on bouge alors même que l’on dort (ou le contraire). J’avais peur de rater le moment de l’éveil du réveil car le train ne s’est pas terminus Matabiau, il va jusqu’à Port Bou. Il sinue. Mais ce n’est pas le réveil du téléphone qui me réveille, c’est quelqu’un. Quelle heure Quelleheure est-il ? Moi , je Je ne sais pas mais c’est une main sur mon épaule. C’est la fille un peu frisée de la couchette du bas. Il s’est passé quelque chose. J’ai mal un peu partout et il est quelque chose comme quatre heures du mat matin et dans le compartiment, c’est est vide. À ce stade de mes connexions neuronales je suis mais incapable de me souvenir si le wagon était comme ça tout à l’heure leheure au départ ou si tout le monde a fui. Mais fui quoi ? J’ai mis mon pull à l’envers, je crois et je dois m’arrêter pour refaire mes lacets. Je me suis cogné en me redressant contre le faux plafond. Ou bien, peut-être que c’est un vrai ? Plastique, plastique, bruit de plastique. Cette La fille voulait qu’on aille dehors, sur les voies. Je n’étais pas très chaud. On est dans un genre de tunnel et c’est noir. Il n’y a aucune perspective sur ce qu’on s’imagine que la nuit pourrait projeter sur nous en pareilles circonstances. Mais de quelles circonstances parle-ton ? On se parle, précisément. Elle non plus elle ne sait ait pas grand chose , à commencer par ce qui s’est , ou non , qu’il est passé. Par exemple pourquoi le train a stoppé là, dans de la nuit ou un tunnel. Mais elle a entendu un grand bruit, tu n’as rien entendu ? Non. Je prends des médocs mdécos aussi. Elle a l’air de trouver ça irrelevant, je développe pas. Elle veut aller sur les voies. Mais on va pas aller sur les voies putain. Et si le train redémarre ? Il n’y a pas un bouton d’urgence ou quoi ? Elle s’en fiche. Où sont les autres passagers ? Elle s’en fiche. Elle veut aller sur les voies. Comme ça on sera fixé. Marchant dans les cailloux noirs, dans ce tunnel , derrière tunnel,derrière cette fille qui ne m’a pas donné son prénom et je ne lui donnerai pas le mien, et je me retrouve à penser des trucs cons comme, par exemple, que j’ai laissé mes affaires dans l’espace prévu pour les bagages sur le haut de la couchette, que j’ai des livres avec moi, une valise cabine pleine, et mon ordi là-bas. Mais ce n’est pas le seul truc con auquel on je pense. On avance dans la lueur de nos téléphones lampes de poche et je me dis que A., qui était quelque part mon seul ami pendant toute une partie de mon adolescence et, en même temps, une espèce de d tyran, ne savait pas faire ses lacets. Alors quand on va jouer au foot à deux sur le terrain de hand du stade pas très loin d’ici pour l’un de nos p’tits ptits matchs, , il me demandera de lui refaire ses lacets. Et je le fais. Combien de temps ça ç a a duré cette histoire de lacets ? J’en Je n’en sais rien. D.m’a dit l’autre jour l’autrejour , pendant le mariage ou quoi , qu’il était gaucher, A mais je n’ai pas souvenir de ça ., mais je n’ai pas souvenir de ça. De même que je n’ai pas souvenir avoir jamais joué dans la même équipe que lui à St-Charles (il y en avait trois), pourtant une photo semble prouver le contraire. Peut-être PEut-être que ma mémoire elle est n’est pas fiable. Peut-être que ce tunnel il a ctunnel n’a pas de fin ? Du Le bruit des pas nous accompagne (à moins qu’il nous menace). Puis elle parle : il y a eu un accident. Mais, moi, je ne vois rien. Je dois me fier à ce qu’elle dit. Puis, soudain, il y a un bruit. Un bruit sourd. Peut-être un autre train ? Merde, donc on a paniqué pendant trente secondes, on essayait de se plaquer contre le wagon wgon , ce qui est idiot. Finalement, il ne s’est rien passé. Juste juste , le bruit s’est tu de lui-même. Mais on s’est senti cons, et la sueur est venue et aussi, mais on ne l’a su qu’après, on est désorienté. On a tellement bougé qu’on ne sait plus, au fond, d’où l’on vient. Où l’on va. Dans l’on va De quelle direction il se trouve , vient notre compartiment. Alors on est là, à ne pas savoir s’il vaut mieux prendre à gauche ou à droite et pour quel résultat, à hésiter, hésiter, à àç ne pas nous révéler l’un à l’autre notre identité la plus basique, par exemple un prénom, à essayer de se souvenir si quelqu’un loin, perdu dans nos souvenirs, mais présent malgré tout dtout dans nos rêves par moments, était ou pas gaucher, avait appris ou non à faire, sur le tard, quelque chose d’aussi élémentaire que des lacets de chaussures. Moi, mes lacets, c’est mon père qui m’apprend. Et tous les jours je les fais comme mon père m’a appris, sans plus jamais penser à ce moment où il me l’a montré, sans doute pour la première fois, ni à toutes les fois où j’ai dû, pour dépanner A., retirer mes gants de goal, mettre mmettre un genou à terre, et lui nouer les siens. C’était, aussi, peut-être, une question de domination, ça. Ce geste. Et je ne l’ai jamais dit à personne. C’était un truc tacite. Honteux. Pour lui, je veux dire, mais peut-être pour moi. Alors ? On ne sait pas. J’ai l’impression que ce tunnel est un tunnel sans fin, sans un rai de lumière, sans âme qui vive à part ce nous qui se dessine , précisément malgré nous . Qu’est-ce qu’on fait ? Moi, j’avais envie de rebrousser chemin et de me rendormir. C’est idiot, surtout dans une situation de crise mais c’était ça. Je ressens ça. J’en avais tellement marre. Mais, curieusement, j’ai je n’ai pas pensé le moins du monde au fait que c’était ironique, quand même, cette histoire de déambulation à l’aveugle dans un tunnel noir de suie. C’est exactement ce qu’il se passe dans Accident de personne. Pendant PEndant que l’on marchait (mais dans quelle direction ? mystère) l’envie m’est venue de le dire à cette fille mais je me raviserai ravieseai . Je veux dire, à quoi bon ? Il faudrait tout expliquer depuis de puis le début, ma démarche déparche , l’historique du projet, pourquoi il y a autant de notes de bas de page dans ce livre et pourquoi c’était important, à un moment de son écriture (je devrais plutôt dire de sa réécriture) qu’il y ait ces scènes de vie finalement assez douces douce dans un monde souterrain. Et puis, au fond, je n’avais tout simplement pas envie de dire j’écris. J’ai faim. On espère qu’on est tous les deux sur le chemin du retour vers nos affaires. Je dois avoir quelque chose à manger, dit cette fille. Moi, je suis sûr d’avoir deux trois madeleines et un paquet de raisins secs. Pourquoi ? Je préfère ne pas trop m’étendre sur la question. C’est comme cette histoire d’écriture, la migraine, je préfère encore ne pas dire que j’en souffre.

071018, version 5 (13 octobre 2018)

Parce que je fais deux choses en même temps complètement différentes mais néanmoins semblables, je me retrouve à m’égarer mentalement plusieurs fois, plusieurs fois plusieurs fois . Par exemple, préparant mes affaires pour partir ce soir à Toulouse pour trois jourspour publie , et parlant de tout autre chose avec H. qui réserve des trucs, j’en viens à confondre les deux et me dire : comment je vais faire pour gérer le décalage horaire à Toulouse ? Ou encore : qu’en est-il de la langue ? Il fait de plus en plus froid dehors, pourtant, dedans, il fait moins froid qu’avant, quand il faisait plus chaud, alors même que le chauffage du bâtiment n’a pas été activé. C’est à n’y rien comprendre. C’est comme, puisque c’est précisément ce que je fais d’une partie de mon après-midi, aller poster des livres publie au bureau de la rue de la Brèche aux loups, qui possède une partie ouverte 7j/7 et, j’imagine, 24h/24, un petit couloir glauque avec que des automates pour l’affranchissement. Comment se fait-il que personne n’y dorme la nuit, surtout celles où il fait plus froid qu’avant ? Bref, c’est irréel d’y aller, et c’est irréel d’en revenir sortir , surtout pour acheter deux crêpes à la boulangerie (1€ chaque, nature) et une bouteille d’eau Cristaline Christaline (1€ ) aussi) dans ce qui ressemble plus à une déco design d’un appartement témoin qu’une réelle boulangerie. Il y a une autre métaphore à utiliser et c’est celle-ci. Quand je bossais encore chez STAT, l’une de mes collègues au bureau (qui a successivement été office manager, retail manager, et aujourd’hui Dieu sait encore quel genre de manager elle est devenue) passait son temps à terminer ses mails non pas par cordialement ou bien cordialement (ce que fera le commun des mortels à sa places) mais par bàv, pour bien à vous. Bàv, bave. Bref, je trouvais ça odieux, jusqu’à ce que j’e vienne à l’utiliser moi aussi, par exemple pour signifier à des destinataires peu agréables dans leurs emails , ce qu’ils m’inspirent. C’est un message subliminal. Et j’imagine que c’est la même chose que d’avoir plus ou moins froid dedans quand il fait plus ou moins froid dehors. On se sent triste. Le train est au départ d’Austerlitz à 21h et des (C. disait ça, et des) et il n’y a pas grand monde, je l’ai eu à 15 balles. C’est un train de nuit et nous ne sommes que trois (pour six places) dans le compartiment. H. me disait prends celui du haut, tu seras tranquille, mais j’ai peur de tomber. Non, j’ai peur de mal dormir et d’avoir mal, voilà de quoi il est question ici. Pendant que le train bouge, je serai sur un coude quand des mots vont apparaître. ça : (citation Jûnger) et ça : (citation Mishima) (ou le contraire, peu importe (à moins même que ce ne soit Philippe Rahmy, bon, vérifier)). Puis il faudra bien dormir. Le noir est opaque. Les bruits se faufilent. C’est étrange de se dire qu’on bouge alors même que l’on dort (ou le contraire). J’avais peur de rater le moment du réveil car le train ne s’est pas terminus Matabiau, il va jusqu’à Port Bou. Il sinue. Mais ce n’est pas le réveil du téléphone qui me réveille, c’est quelqu’un. Quelleheure est-il ? Je ne sais pas mais c’est une main sur mon épaule. C’est la fille un peu frisée de la couchette du bas. Il s’est passé quelque chose. J’ai mal un peu partout et il est quelque chose comme quatre heures du matin et le compartiment est vide. À ce stade de mes connexions neuronales je suis incapable de me souvenir si le wagon était comme ça tout à leheure au départ ou si tout le monde a fui. Mais quoi ? J’ai mis mon pull à l’envers, je crois et je dois m’arrêter pour refaire mes lacets. Je me suis cogné en me redressant contre le faux plafond. Ou bien, peut-être que c’est un vrai ? La fille voulait qu’on aille dehors, sur les voies. Je n’étais pas très chaud. On est dans un genre de tunnel et c’est noir. Il n’y a aucune perspective sur ce qu’on s’imagine que la nuit pourrait projeter sur nous en pareilles circonstances. Mais de quelles circonstances parle-ton ? On se parle, précisément. Elle non plus elle ne ait pas ce qu’il ’est passé. Mais elle a entendu un grand bruit, tu n’as rien entendu ? Non. Je prends des mdécos aussi. Elle a l’air de trouver ça irrelevant, je développe pas. Elle veut aller sur les voies. Mais on va pas aller sur les voies putain. Et si le train redémarre ? Il n’y a pas un bouton d’urgence ou quoi ? Elle s’en fiche. Où sont les autres passagers ? Elle s’en fiche. Elle veut aller sur les voies. Comme ça on sera fixé. Marchant dans les cailloux noirs, dans ce tunnel,derrière cette fille qui ne m’a pas donné son prénom et je ne lui donnerai pas le mien, et je me retrouve à penser des trucs cons comme, par exemple, que j’ai laissé mes affaires dans l’espace prévu pour les bagages sur le haut de la couchette, que j’ai des livres avec moi, une valise cabine pleine, et mon ordi là-bas. Mais ce n’est pas le seul truc con auquel je pense. On avance dans la lueur de nos téléphones lampes de poche et je me dis que A., qui était quelque part mon seul ami pendant toute une partie de mon adolescence et, en même temps, une espèce de d tyran, ne savait pas faire ses lacets. Alors quand on va jouer au foot à deux sur le terrain de hand du stade pas très loin d’ici pour l’un de nos ptits matchs, il me demandera de lui refaire ses lacets. Et je le fais. Combien de temps ç a a duré cette histoire de lacets ? Je n’en sais rien. D.m’a dit l’autrejour, pendant le mariage, qu’il était gaucher mais je n’ai pas souvenir de ça. De même que je n’ai pas souvenir avoir jamais joué dans la même équipe que lui à St-Charles (il y en avait trois), pourtant une photo semble prouver le contraire. PEut-être que ma mémoire n’est pas fiable. Peut-être que ce ctunnel n’a pas de fin ? Le bruit des pas nous accompagne (à moins qu’il nous menace). Puis elle parle : il y a eu un accident. Mais, moi, je ne vois rien. Je dois me fier à ce qu’elle dit. Puis, soudain, il y a un bruit. Un bruit sourd. Peut-être un autre train ? Merde, donc on a paniqué pendant trente secondes, on essayait de se plaquer contre le wgon, ce qui est idiot. Finalement, il ne s’est rien passé. juste, le bruit s’est tu de lui-même. Mais on s’est senti cons, et la sueur est venue et aussi, mais on ne l’a su qu’après, on est désorienté. On a tellement bougé qu’on ne sait plus, au fond, d’où l’on vient. Où l’on va De quelle direction vient notre compartiment. Alors on est là, à ne pas savoir s’il vaut mieux prendre à gauche ou à droite et pour quel résultat, à hésiter, hésiter, àç ne pas nous révéler l’un à l’autre notre identité la plus basique, par exemple un prénom, à essayer de se souvenir si quelqu’un loin, perdu dans nos souvenirs, mais présent malgré dtout dans nos rêves par moments, était ou pas gaucher, avait appris ou non à faire, sur le tard, quelque chose d’aussi élémentaire que des lacets de chaussures. Moi, mes lacets, c’est mon père qui m’apprend. Et tous les jours je les fais comme mon père m’a appris, sans plus jamais penser à ce moment où il me l’a montré, sans doute pour la première fois, ni à toutes les fois où j’ai dû, pour dépanner A., retirer mes gants de goal, mmettre un genou à terre, et lui nouer les siens. Et je ne l’ai jamais dit à personne. C’était un truc tacite. Honteux. Alors ? On ne sait pas. J’ai l’impression que ce tunnel est un tunnel sans fin, sans un rai de lumière, sans âme qui vive à part nous. Qu’est-ce qu’on fait ? Moi, j’avais envie de rebrousser chemin et de me rendormir. C’est idiot, surtout dans une situation de crise mais c’était ça. Je ressens ça. J’en avais tellement marre. Mais, curieusement, je n’ai pas pensé le moins du monde au fait que c’était ironique, quand même, cette histoire de déambulation à l’aveugle dans un tunnel noir de suie. C’est exactement ce qu’il se passe dans Accident de personne. PEndant que l’on marchait (mais dans quelle direction ? mystère) l’envie m’est venue de le dire à cette fille mais je me ravieseai. Je veux dire, à quoi bon ? Il faudrait tout expliquer de puis le début, ma déparche, l’historique du projet, pourquoi il y a autant de notes de bas de page dans ce livre et pourquoi c’était important, à moment de son écriture (je devrais plutôt dire de sa réécriture) qu’il y ait ces scènes de vie finalement assez douce dans un monde souterrain. Et puis , au fond , je n’avais tout simplement Toute l’histoire du train de nuit mais franchement j’ai pas envie la force de dire j’écris . l’écrire . J’ai faim. On espère qu’on est tous les deux sur le chemin du retour vers nos affaires. Je dois avoir quelque chose à manger, dit cette fille. Moi, je suis sûr d’avoir deux trois madeleines et un paquet de raisins secs. Pourquoi ? Je préfère ne pas trop m’étendre sur la question. C’est comme cette histoire d’écriture, la migraine, je préfère encore ne pas dire que j’en souffre.

071018, version 4 (8 octobre 2018)

Parce que je fais deux choses en même temps complètement différentes mais néanmoins semblables, je me retrouve à m’égarer mentalement plusieurs fois. Par exemple, préparant mes affaires pour partir ce soir à Toulouse pour trois jours pour publie, et parlant de tout autre chose avec H. qui réserve des trucs, j’en viens à confondre les deux et me dire : comment je vais faire pour gérer le décalage horaire à Toulouse ? Ou encore : qu’en est-il de la langue ? Il fait de plus en plus froid dehors, pourtant, dedans, il fait moins froid qu’avant, quand il faisait plus chaud, alors même que le chauffage du bâtiment n’a pas été activé. C’est à n’y rien comprendre. C’est comme, puisque c’est précisément ce que je fais d’une partie de mon après-midi, aller poster des livres publie au bureau de la rue de la Brèche aux loups, qui possède une partie ouverte 7j/7 et, j’imagine, 24h/24, un petit couloir glauque avec que des automates pour l’affranchissement. Comment se fait-il que personne n’y dorme la nuit, surtout celles où il fait plus froid qu’avant ? Bref, c’est irréel d’y aller, et c’est irréel d’en sortir, surtout pour acheter deux crêpes à la boulangerie (1€ chaque, nature) et une bouteille d’eau Christaline (1€) aussi dans ce qui ressemble plus à une déco design d’un appartement témoin qu’une réelle boulangerie. Il y a une autre métaphore à utiliser et c’est celle-ci. Quand je bossais encore chez STAT, l’une de mes collègues au bureau (qui a successivement été office manager, retail manager, et aujourd’hui Dieu sait encore quel genre de manager elle est devenue) passait son temps à terminer ses mails non pas par cordialement ou bien cordialement (ce que fera le commun des mortels à sa places) mais par bàv, pour bien à vous. Bàv, bave. Bref, je trouvais ça odieux, jusqu’à ce que j’e vienne à l’utiliser moi aussi, par exemple pour signifier à des destinataires peu agréables dans leurs emails, ce qu’ils m’inspirent. C’est un message subliminal. Et j’imagine que c’est la même chose que d’avoir plus ou moins froid dedans quand il fait plus ou moins froid dehors. On se sent triste. Toute l’histoire du train de nuit mais là franchement j’ai pas la force de l’écrire.

071018, version 3 (7 octobre 2018)

Parce que je fais deux choses en même temps complètement différentes mais néanmoins semblables, je me retrouve à m’égarer mentalement plusieurs fois. Par exemple, préparant mes affaires pour partir ce soir à Toulouse pour trois jours pour publie, et parlant de tout autre chose avec H. qui réserve des trucs, j’en viens à confondre les deux et me dire : comment je vais faire pour gérer le décalage horaire à Toulouse ? Ou encore : qu’en est-il de la langue ? Il fait de plus en plus froid dehors, pourtant, dedans, il fait moins froid qu’avant, quand il faisait plus chaud, alors même que le chauffage du bâtiment n’a pas été activé. C’est à n’y rien comprendre. C’est comme, puisque c’est précisément ce que je fais d’une partie de mon après-midi, aller poster des livres publie au bureau de la rue de la Brèche aux loups, qui possède une partie ouverte 7j/7 et, j’imagine, 24h/24, un petit couloir glauque avec que des automates pour l’affranchissement. Comment se fait-il que personne n’y dorme la nuit, surtout celles où il fait plus froid qu’avant ? Bref, c’est irréel d’y aller, et c’est irréel d’en sortir, surtout pour acheter deux crêpes à la boulangerie (1€ chaque, nature) et une bouteille d’eau Christaline (1€) aussi dans ce qui ressemble plus à une déco design d’un appartement témoin qu’une réelle boulangerie. Il y a une autre métaphore à utiliser et c’est celle-ci. Quand je bossais encore chez STAT, l’une de mes collègues au bureau (qui a successivement été office manager, retail manager, et aujourd’hui Dieu sait encore quel genre de manager elle est devenue) passait son temps à terminer ses mails non pas par cordialement ou bien cordialement (ce que fera le commun des mortels à sa places) mais par bàv, pour bien à vous. Bàv, bave. Bref, je trouvais ça odieux, jusqu’à ce que j’e vienne à l’utiliser moi aussi, par exemple pour signifier à des destinataires peu agréables dans leurs emails, ce qu’ils m’inspirent. C’est un message subliminal. Et j’imagine que c’est la même chose que d’avoir plus ou moins froid dedans quand il fait plus ou moins froid dehors. On se sent triste.

071018, version 2 (7 octobre 2018)

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