011118


Déjà quitter Kyoto. Je serais bien resté un jour de plus. Le truc, c’est que je ne veux pas pour autant retirer un jour ailleurs. Du coup, c’est une journée de moments longs, de déplacements. Il faudra d’abord payer à notre hôte l’équivalent d’une taxe de séjour (200 yen par nuit et par personnes) qu’il y a ici et satisfaire à l’obligatoire commentaire utilisateur sur la plateforme de location. C’est devenu habituel. Et le fait est que c’était très correct : bien placé dans la ville par rapport aux bus, aux commerces, calme si l’on excepte le bruit des chiens parfois (où sont-ils ? on ne les a pas vus), pas très cher, assez spacieux et propre. Pour rejoindre la gare, compter environ trente minutes de bus (le bus 50), ensuite, c’est au Shinkansen de nous ramener à Tokyo. À cause de la lumière, du soleil, des flashs successifs, je ne pourrai rien faire d’autre que rien, c’est-à-dire attendre les yeux fermés que le temps passe pendant grosso modo trois heures. À un moment donné, c’est H. qui me secoue pour que je vois moi aussi apparaître, le long de la vitre côté gauche, le Mont Fuji. De retour à Tokyo, tout nous paraît familier : les lignes JR, les gares, les annonces dans les gares, les jingles, les feux, les gens. Moins de cyclistes qu’à Kyoto mais ils roulent eux aussi grosso modo n’importe où. Nouveau quartier, nouveau logement aussi : un placard dans un genre de maison, où nous serons plusieurs à séjourner, située à une vingtaine de minutes à pied d’Ikebukuro, que nous découvrons. Finalement, j’adhère assez à ce conseil qu’on m’a donné au début de notre séjour : le mieux, ici, c’est encore de se perdre dans les rues. Beaucoup de commerces et de restaurants, des rues, justement, noires de monde, des voitures, des lueurs sous l’éclairage public. Il y a aussi, sur une place centrale près du Tokyo Metropolitan Theatre, de petits groupes de jeunes (garçons et filles mélangés), réunis en cercles et qui chantent autour d’un téléphone qui leur sert de bande orchestre. Quelques petites chorales. C’est assez étonnant. Émouvant même. Et chaque fois que je vois une voiture sous une bâche, je me dis que c’est une DeLorean. Hier, c’est le jour où Marty McFly est arrivé dans le futur (c’est-à-dire notre présent), dans Retour vers le futur 2. Merde. Pas très loin d’ici, dans un genre de Plaza commercial, une grande librairie mainstream. J’ai cru comprendre qu’il y avait, pas très loin, une vraie librairie immense. [...1...] Pas grave : nous irons manger au huitième étage. Des trucs assez improbables : des genres d’omelettes mélangées à différents mets étrangers. C’est comme si on avait pris plein de plats de cultures différentes pour les mixer ensemble dans un tout qui respecte plus ou moins les codes de la gastronomie japonaise. Ce que j’ai choisi m’est servi sous la forme d’un petit caquelon sur une flamme avec un bol en céramique, une cuillère et des baguettes. À l’intérieur du caquelon, deux petits steaks sur un lit de riz baignant dans une sauce au fromage imitation fondue. Qu’est-ce qui m’a pris de prendre un truc pareil ? [...2...] Mais ça ne fait rien. Dans la nuit, des écoliers qui rentrent de l’école rigolent, là un homme d’âge mur s’entraîne au golf dans une ruelle, seul. Il fait sombre, bien sûr. C’est un quartier très calme. Ici, une dame prépare des brochettes et nous [...3...]

1er décembre 2018
par Guillaume Vissac
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#Ailleurs #H. #Train
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011118, version 3 (1er décembre 2018)

Déjà quitter Kyoto. Je serais bien resté un jour de plus. Le truc, c’est que je ne veux pas pour autant retirer un jour ailleurs. Du coup, c’est une journée de moments longs, de déplacements. Il faudra d’abord payer à notre hôte l’équivalent d’une taxe de séjour (200 yen par nuit et par personnes) qu’il y a ici et satisfaire à l’obligatoire commentaire utilisateur sur la plateforme de location. C’est devenu habituel. Et le fait est que c’était très correct : bien placé dans la ville par rapport aux bus, aux commerces, calme si l’on excepte le bruit des chiens parfois (où sont-ils ? on ne les a pas vus), pas très cher, assez spacieux et propre. Pour rejoindre la gare, compter environ trente minutes de bus (le bus 50), ensuite, c’est au Shinkansen de nous ramener à Tokyo. À cause de la lumière, du soleil, des flashs successifs, je ne pourrai rien faire d’autre que rien, c’est-à-dire attendre les yeux fermés que le temps passe pendant grosso modo trois heures. À un moment donné, c’est H. qui me secoue pour que je vois moi aussi apparaître, le long de la vitre côté gauche, le Mont Fuji. De retour à Tokyo, tout nous paraît familier : les lignes JR, les gares, les annonces dans les gares, les jingles, les feux, les gens. Moins de cyclistes qu’à Kyoto mais ils roulent eux aussi grosso modo n’importe où. Nouveau quartier, nouveau logement aussi : un placard dans un genre de maison, où nous serons plusieurs à séjourner, située à une vingtaine de minutes à pied d’Ikebukuro, que nous découvrons. Finalement, j’adhère assez à ce conseil qu’on m’a donné au début de notre séjour : le mieux, ici, c’est encore de se perdre dans les rues. Beaucoup de commerces et de restaurants, des rues, justement, noires de monde, des voitures, des lueurs sous l’éclairage public. Il y a aussi, sur une place centrale près du Tokyo Metropolitan Theatre, de petits groupes de jeunes (garçons et filles mélangés), réunis en cercles et qui chantent autour d’un téléphone qui leur sert de bande orchestre. Quelques petites chorales. C’est assez étonnant. Émouvant même. Et chaque fois que je vois une voiture sous une bâche, je me dis que c’est une DeLorean. Hier, c’est le jour où Marty McFly est arrivé dans le futur (c’est-à-dire notre présent), dans Retour vers le futur 2. Merde. Pas très loin d’ici, dans un genre de Plaza commercial, une grande librairie mainstream. J’ai cru comprendre qu’il y avait, pas très loin, une vraie librairie immense. [...1...] Pas grave : nous irons manger au huitième étage. Des trucs assez improbables : des genres d’omelettes mélangées à différents mets étrangers. C’est comme si on avait pris plein de plats de cultures différentes pour les mixer ensemble dans un tout qui respecte plus ou moins les codes de la gastronomie japonaise. Ce que j’ai choisi m’est servi sous la forme d’un petit caquelon sur une flamme avec un bol en céramique, une cuillère et des baguettes. À l’intérieur du caquelon, deux petits steaks sur un lit de riz baignant dans une sauce au fromage imitation fondue. Qu’est-ce qui m’a pris de prendre un truc pareil ? [...2...] Mais ça ne fait rien. Dans la nuit, des écoliers qui rentrent de l’école rigolent, là un homme d’âge mur s’entraîne au golf dans une ruelle, seul. Il fait sombre, bien sûr. C’est un quartier très calme. Ici, une dame prépare des brochettes et nous [...3...]
Train, H., Ailleurs
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011118, version 2 (5 novembre 2018)

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