131118


J’ai un problème avec le temps. J’arrive pas à accepter que des moments entiers soient gelés, scellés même, dans le passé, ou dans une forme de futur conditionnel, vaporeux (ce qui au fond revient au même). J’aimerais savoir, les moments auxquels je pense (et qui peuvent être beaucoup moins que ça, des instants par exemple, ou plus encore, des heures, des jours, entières, entiers), les sauver de leur fugacité. J’aimerais avoir de quoi le faire (peut-être qu’écrire c’était ça, je veux dire c’est ?). J’aimerais pouvoir ne pas douter qu’ils ont pu un jour, ou qu’ils vont sans doute, exister. Mais je sais que l’étape à venir, après cette sidération dont j’essaye un peu maladroitement ici de rendre compte, c’est précisément de douter de tout ce qui a pu (ou qui, espérons-le, saura) advenir. Était-ce réel ? Vraisemblable ? Par exemple, longtemps j’ai douté, me remémorant notre rencontre avec H., qu’il m’avait embrassé ce jour-là. J’en suis venu à douter de ça. Ça n’a pas duré très longtemps. Pouvais-je l’avoir rêvé ? Aujourd’hui je sais que non. Je n’ai pas rêvé. C’était au bout du monde. Mais ça ne m’aide pas pour autant à me défaire de ça, cette malédiction du temps dont on n’aura pas été foutu, capable je veux dire, d’interrompre même momentanément le cours. Et je m’en veux de ça. N’avoir pas été en mesure. Mais j’aimerais un jour écrire un livre d’entretiens, de témoignages, je sais pas trop comment il faut le dire. Svetlana Alexievitch, Omar et Greg, « Les pieds sur terre », ces trucs me parlent. J’aimerais faire quelque chose comme ça, quelque chose de très simple, à partir de la parole des autres. Collecter beaucoup, beaucoup de paroles. Orales si possible. Et éditer. Je veux dire monter. Le thème pourrait en être, précisément, ces instants de nos vies dont nous sommes venus, pour des raisons diverses, à douter. Les trucs dont on n’est plus très sûrs de savoir s’ils ont eu lieu ou non. Ce serait beau. Ce serait un beau prétexte, je veux dire. Mais c’est pas avec ça qu’on pourra revenir en arrière, pas vrai ? La lumière de Tokyo
me manque. Et
les chocolatines de Pin de bleu
à Kyoto sont meilleures
que les pains au chocolat français d’une boulangerie en haut de la rue T.

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131118, version 11 (13 décembre 2018)

J’ai un problème avec le temps. J’arrive pas à accepter que des moments entiers soient gelés, scellés même, dans le passé, ou dans une forme de futur conditionnel, vaporeux (ce qui au fond revient au même). J’aimerais savoir, les moments auxquels je pense (et qui peuvent être beaucoup moins que ça, des instants par exemple, ou plus encore, des heures, des jours, entières, entiers), les sauver de leur fugacité. J’aimerais avoir de quoi le faire (peut-être qu’écrire c’était ça, je veux dire c’est ?). J’aimerais pouvoir ne pas douter qu’ils ont pu un jour, ou qu’ils vont sans doute nécessairement , exister. Mais je sais que l’étape à venir, après cette sidération dont j’essaye un peu maladroitement ici de rendre compte, c’est précisément de douter de tout ce qui a pu (ou qui, espérons-le, saura) advenir. Était-ce réel ? Vraisemblable Est-ce vraisemblable ? Par exemple, longtemps j’ai douté, me remémorant notre rencontre avec H., qu’il m’avait embrassé ce jour-là. J’en suis venu à douter de ça. Ça n’a pas duré très longtemps. Pouvais-je l’avoir rêvéce truc ? Aujourd’hui je sais que non. Je n’ai pas rêvé. C’était au bout du monde. Mais ça ne m’aide pas pour autant à me défaire de ça, cette malédiction du temps dont on n’aura pas été foutu, capable je veux dire, d’interrompre même momentanément le cours. Et je m’en veux de ça. N’avoir pas été en mesure. Mais j’aimerais un jour écrire un livre d’entretiens, de témoignages, je sais pas trop comment il faut le dire. Svetlana Alexievitch, [Omar Omar et Greg->http://www Greg , «  Les pieds sur terre  », ces trucs me parlent .lenouvelattila.fr/omar-et-greg/], [« Les pieds sur terre »->http://www.lenouvelattila.fr/omar-et-greg/], ces trucs me parlent. J’aimerais faire quelque chose comme ça, quelque chose de très simple, à partir de la parole des autres. Collecter beaucoup, beaucoup de paroles. Orales si possible. Et éditer. Je veux dire monter. Le thème pourrait en être, précisément, ces instants de nos vies dont nous sommes venus, pour des raisons diverses, à douter. Les trucs dont on n’est plus très sûrs de savoir s’ils ont eu lieu ou non. Ce serait beau. Ce serait un beau prétexte, je veux dire. Mais c’est pas avec ça qu’on pourra revenir en arrière, pas vrai ? La lumière de Tokyo
Paris, H., Temps, Mémoire, Ailleurs, Svetlana Alexievich, François Beaune
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131118, version 10 (13 décembre 2018)

J’ai un problème avec le temps. J’arrive Je n’arrive pas à accepter que des moments entiers soient gelés, scellés même, dans le passé, ou dans une forme de futur conditionnel, vaporeux (ce qui au fond revient au même). J’aimerais savoir, les moments auxquels je pense (qui peuvent être beaucoup moins que ça, des instants par exemple, ou plus encore, des heures, des jours, entières, entiers), les sauver de leur putain de fugacité. J’aimerais avoir de quoi le faire (peut-être qu’écrire c’était ça, je veux dire c’est ?). J’aimerais pouvoir ne pas douter qu’ils ont pu un jour, ou qu’ils vont nécessairement, exister. Mais je sais que l’étape à venir, après cette sidération dont j’essaye un peu maladroitement ici de rendre compte, c’est précisément de douter de tout ce qui a pu (ou qui, espérons-le, saura) advenir. Était-ce réel ? Est-ce vraisemblable ? Par exemple, longtemps j’ai douté, me remémorant notre rencontre avec H., qu’il m’avait embrassé ce jour-là. J’en suis venu à douter de ça. Ça n’a pas duré très longtemps. Pouvais-je l’avoir rêvé ce truc ? Aujourd’hui je sais que non. Je n’ai pas rêvé. C’était au bout du monde. Mais ça ne m’aide pas pour autant à me défaire de ça, cette malédiction du temps dont on n’aura pas été foutu, capable je veux dire, d’interrompre même momentanément le cours. Et je m’en veux de ça. Mais j’aimerais un jour écrire un livre d’entretiens, de témoignages, je sais pas trop comment il faut le dire. Svetlana Alexievitch, Omar et Greg, « Les pieds sur terre », ces trucs me parlent. J’aimerais faire quelque chose comme ça, quelque chose de très simple, à partir de la parole des autres. Collecter beaucoup, beaucoup de paroles. Orales si possible. Et éditer. Je veux dire monter. Le thème pourrait en être, précisément, ces instants de nos vies dont nous sommes venus, pour des raisons diverses, à douter. Les trucs dont on n’est plus très sûrs de savoir s’ils ont eu lieu ou non. Ce serait beau. Ce serait un beau prétexte, je veux dire. Mais c’est pas avec ça qu’on pourra revenir en arrière, pas vrai ? La lumière de Tokyo

131118, version 9 (12 décembre 2018)

J’ai un problème avec le temps. Je n’arrive pas à accepter que des moments entiers soient gelés, scellés même, dans le passé, ou dans une forme de futur conditionnel, vaporeux (ce qui au fond revient au même). J’aimerais savoir, les moments auxquels je pense (qui peuvent être beaucoup moins que ça, des instants par exemple, ou plus encore, des heures, des jours, entières, entiers), les sauver de leur putain de fugacité. J’aimerais avoir de quoi le faire (peut-être qu’écrire c’était ça, je veux dire c’est ?). J’aimerais pouvoir ne pas douter qu’ils ont pu un jour, ou qu’ils vont nécessairement, exister. Mais je sais que l’étape à venir, après cette sidération dont j’essaye un peu maladroitement ici de rendre compte, c’est précisément de douter de tout ce qui a pu (ou qui, espérons-le, saura) advenir. Était-ce réelce que je crois revoir ? Est-ce vraisemblablece que j’espère ? Par exemple, longtemps j’ai douté, me remémorant notre rencontre avec H., qu’il m’avait embrassé ce jour-là. J’en suis venu à douter de ça. Ça n’a pas duré très longtemps. Pouvais-je l’avoir rêvé ce truc ? Aujourd’hui je sais que non. Je n’ai pas rêvé. C’était au bout du monde. Mais ça ne m’aide pas pour autant à me défaire de ça, cette malédiction du temps dont on n’aura pas été foutu, capable je veux dire, d’interrompre même momentanément le cours. Et je m’en veux de ça. Mais j’aimerais un jour écrire un livre d’entretiens, de témoignages, je ne sais pas trop comment il faut le dire. Svetlana Alexievitch, Omar et Greg, « Les pieds sur terre », ces trucs me parlent. J’aimerais faire quelque chose comme ça, quelque chose de très simple, à partir de la parole des autres. Collecter beaucoup, beaucoup de paroles. Orales si possible. Et éditer. Je veux dire monter. Le thème pourrait en être, précisément, ces instants de nos vies dont nous sommes venus, pour des raisons diverses, à douter. Les trucs dont on n’est plus très sûrs de savoir s’ils ont eu lieu ou non. Ce serait beauun tel projet . Ce serait un beau prétexte, je veux dire. Mais c’est pas avec ça qu’on pourra revenir en arrière, pas vrai ? La lumière de Tokyo

131118, version 8 (8 décembre 2018)

J’ai un problème avec le temps. Je n’arrive pas à accepter que des moments entiers soient gelés, scellés même, dans le passé, ou dans une forme de futur conditionnel, vaporeux (ce qui au fond revient au même). J’aimerais savoir, les moments auxquels je pense (qui peuvent être beaucoup moins que ça, des instants par exemple, ou plus encore, des heures, des jours, entières, entiers), les sauver de leur putain de fugacité. J’aimerais avoir de quoi le faire (peut-être qu’écrire c’était ça, je veux dire c’est ?). J’aimerais pouvoir ne pas douter qu’ils ont pu un jour, ou qu’ils vont nécessairement, exister. Mais je sais que l’étape à venir, après cette sidération dont j’essaye un peu maladroitement ici de rendre compte, c’est précisément de douter de tout ce qui a pu (ou qui, espérons-le, saura) advenir. Était-ce réel ce que je crois revoir ? Est-ce vraisemblable ce que j’espère ? Par exemple, longtemps j’ai douté, me remémorant notre rencontre avec [H H .->mot59], qu’il m’avait embrassé ce jour-là. J’en suis venu à douter de ça. Ça n’a pas duré très longtemps. Pouvais-je l’avoir rêvé ce truc ? Aujourd’hui je sais que non. Je n’ai pas rêvé. C’était au bout du monde. Mais ça ne m’aide pas pour autant à me défaire de ça, cette malédiction du temps dont on n’aura pas été foutu, capable je veux dire, d’interrompre même momentanément le cours. Et je m’en veux de ça. Mais j’aimerais un jour écrire un livre d’entretiens, de témoignages, je ne sais pas comment il faut le dire. Svetlana Alexievitch, Omar et Greg, « Les pieds sur terre », ces trucs me parlent. J’aimerais faire quelque chose comme ça, quelque chose de très simple, à partir de la parole des autres. Collecter beaucoup, beaucoup de paroles. Orales si possible. Et éditer. Je veux dire monter. Le thème pourrait en être, précisément, ces instants de nos vies dont nous sommes venus, pour des raisons diverses, à douter. Les trucs dont on n’est plus très sûrs de savoir s’ils ont eu lieu ou non. Ce serait beau un tel projet. Ce serait un beau prétexte, je veux dire. Mais c’est pas avec ça qu’on pourra revenir en arrière, pas vrai ? La lumière de Tokyo

131118, version 7 (4 décembre 2018)

J’ai un problème avec le temps. Je n’arrive pas à accepter que des moments entiers soient gelés, scellés même, dans le passé, ou dans une forme de futur conditionnel, vaporeux (ce qui au fond revient au même). J’aimerais savoir, les moments auxquels je pense (qui peuvent être beaucoup moins que ça, des instants par exemple, ou plus encore, des heures, des jours, entières, entiers), les sauver de leur putain de fugacité. J’aimerais avoir de quoi le faire (peut-être qu’écrire c’était ça, je veux dire c’est ?). J’aimerais pouvoir ne pas douter qu’ils ont pu un jour, ou qu’ils vont nécessairement, exister. Mais je sais que l’étape à venir, après cette sidération dont j’essaye un peu maladroitement ici de rendre compte, c’est précisément de douter de tout ce qui a pu (ou qui, espérons-le, saura) advenir. Était-ce réel ce que je crois revoir ? Est-ce vraisemblable ce que j’espère ? Par exemple, longtemps j’ai douté, me remémorant notre rencontre avec H., qu’il m’avait embrassé ce jour-là. J’en suis venu à douter de ça. Ça n’a pas duré très longtemps. Pouvais-je l’avoir rêvé ce truc ? Aujourd’hui je sais que non. Je n’ai pas rêvé. C’était au bout du monde. Mais ça ne m’aide pas pour autant à me défaire de ça, cette malédiction du temps dont on n’aura pas été foutu, capable je veux dire, d’interrompre même momentanément le cours. Et je m’en veux de ça. Mais j’aimerais un jour écrire un livre d’entretiens, de témoignages, je ne sais pas comment il faut le dire. J’aime tant Svetlana Alexievitch, ( malgré toutes les polémiques autour de son œuvre sur la question de la fiction ou quoi ), j’ai beaucoup aimé Omar et Greg, j’écoute régulièrement «  Les pieds sur terre »,  ». ces trucs me parlent . J’aimerais faire quelque chose comme ça, quelque chose de très simple, à partir de la parole des autres. Collecter beaucoup, beaucoup de paroles. Orales si possible. Et éditer. Je veux dire monter. Le thème pourrait en être, précisément, ces instants de nos vies dont nous sommes venus, pour des raisons diverses, à douter. Les trucs dont on n’est plus très sûrs de savoir s’ils ont eu lieu ou non. Ce serait beau un tel projet. Ce serait un beau prétexte, je veux dire. Mais c’est pas avec ça qu’on pourra revenir en arrière, pas vrai ? La lumière de Tokyo

131118, version 6 (26 novembre 2018)

J’ai un problème avec le temps. Je n’arrive pas à accepter que des moments entiers soient gelés, scellés même, dans le passé, ou dans une forme de futur conditionnel, et vaporeux ( ce qui au fond revient au même ). . J’aimerais savoir, les moments auxquels je pense (qui peuvent être beaucoup moins que ça, des instants par exemple, ou plus encore, des heures, des jours, entières, entiers), les sauver de leur putain de fugacité. J’aimerais avoir de quoi le faire (peut-être qu’écrire c’était ça, je veux dire c’est ?). J’aimerais pouvoir ne pas douter qu’ils ont pu un jour, ou qu’ils vont nécessairement, exister. Mais je sais que l’étape à venir, après cette sidération dont j’essaye un peu maladroitement ici de rendre compte, c’est précisément de douter de tout ce qui a pu (ou qui, espérons-le, saura) advenir. Était-ce réel ce que je crois revoir ? Est-ce vraisemblable ce que j’espère ? Par exemple, longtemps j’ai douté, me remémorant notre rencontre avec H., qu’il m’avait embrassé ce jour-là. J’en suis venu à douter de ça. Ça n’a pas duré très longtemps. Pouvais-je l’avoir rêvé ce truc ? Aujourd’hui je sais que non. Je n’ai ne l’ai pas rêvé. C’était au bout du monde. Mais ça ne m’aide pas pour autant à me défaire de ça, cette malédiction du temps dont on n’aura pas été foutu, capable je veux dire, d’interrompre même momentanément le cours. Et je m’en veux de ça. Mais j’aimerais un jour écrire un livre d’entretiens, de témoignages, je ne sais pas comment il faut le dire. J’aime tant Svetlana Alexievitch (malgré toutes les polémiques autour de son œuvre sur la question de la fiction ou quoi), j’ai beaucoup aimé Omar et Greg, j’écoute régulièrement « Les pieds sur terre ». J’aimerais faire quelque chose comme ça, quelque chose de très simple, à partir de la parole des autres. Collecter beaucoup, beaucoup de paroles. Orales si possible. Et éditer. Je veux dire monter. Le thème pourrait en être, précisément, ces instants de nos vies dont nous sommes venus, pour des raisons diverses, à douter. Les trucs dont on n’est plus très sûrs de savoir s’ils ont eu lieu ou non. Ce serait beau un tel projet. Ce serait un beau prétexte, je veux dire. Mais c’est ce n’est pas avec ça qu’on pourra revenir en arrière, pas vrai ? La lumière de Tokyo

131118, version 5 (13 novembre 2018)

J’ai un problème avec le temps. Je n’arrive pas à accepter que des moments entiers soient gelés, scellés même, dans le passé, ou dans une forme de futur conditionnel et vaporeux. J’aimerais savoir, les moments auxquels je pense (qui peuvent être beaucoup moins que ça, des instants par exemple, ou plus encore, des heures, des jours entières, entiers), les sauver de leur putain de fugacité. J’aimerais avoir de quoi le faire (peut-être qu’écrire c’était ça, je veux dire c’est ?). J’aimerais pouvoir ne pas douter qu’ils ont pu un jour, ou qu’ils vont nécessairement, exister. Mais je sais que l’étape à venir, après cette sidération dont j’essaye un peu maladroitement ici de rendre compte, c’est précisément de douter de tout ce qui a pu (ou qui, espérons-le, saura) advenir. Était-ce réel ce que je crois revoir ? Est-ce vraisemblable ce que j’espère ? Par exemple, longtemps j’ai douté, me remémorant notre rencontre avec H., qu’il m’avait embrassé ce jour-là. J’en suis venu à douter de ça. Ça n’a pas duré très longtemps. Pouvais-je l’avoir rêvé ce truc ? Aujourd’hui je sais que non. Je ne l’ai pas rêvé. C’était au bout du monde. Mais ça ne m’aide pas pour autant à me défaire de ça, cette malédiction du temps dont on n’aura pas été foutu, capable je veux dire, d’interrompre même momentanément le cours. Et je m’en veux de ça. Mais j’aimerais un jour écrire un livre d’entretiens, de témoignages, je ne sais pas comment il faut le dire. J’aime tant Svetlana Alexievitch (malgré toutes les polémiques autour de son œuvre sur la question de la fiction ou quoi), j’ai beaucoup aimé Omar et Greg, j’écoute régulièrement « Les pieds sur terre ». J’aimerais faire quelque chose comme ça, quelque chose de très simple, à partir de la parole des autres. Collecter beaucoup, beaucoup de paroles. Orales si possible. Et éditer. Je veux dire monter. Le thème pourrait en être, précisément, ces instants de nos vies dont nous sommes venus, pour des raisons diverses, à douter. Les trucs dont on n’est plus très sûrs de savoir s’ils ont eu lieu ou non. Ce serait beau un tel projet. Ce serait un beau prétexte, je veux dire. Mais ce n’est pas avec ça qu’on pourra revenir en arrière, pas vrai ? La lumière de Tokyo

131118, version 4 (13 novembre 2018)

J’ai un problème avec le temps. Je n’arrive pas à accepter que des moments entiers soient gelés, scellés même, dans le passé, ou dans une forme de futur conditionnel et vaporeux. J’aimerais savoir, les moments auxquels je pense (qui peuvent être beaucoup moins que ça, des instants par exemple, ou plus encore, des heures, des jours entières, entiers), les sauver de leur putain de fugacité. J’aimerais avoir de quoi le faire (peut-être qu’écrire c’était ça, je veux dire c’est ?). J’aimerais pouvoir ne pas douter qu’ils ont pu un jour, ou qu’ils vont nécessairement, exister. Mais je sais que l’étape à venir, après cette sidération dont j’essaye un peu maladroitement ici de rendre compte, c’est précisément de douter de tout ce qui a pu (ou qui, espérons-le, saura) advenir. Était-ce réel ce que je crois revoir ? Est-ce vraisemblable ce que j’espère ? Par exemple, longtemps j’ai douté, me remémorant notre rencontre avec H., qu’il m’avait embrassé ce jour-là. J’en suis venu à douter de ça. Ça n’a pas duré très longtemps. Pouvais-je l’avoir rêvé ce truc ? Aujourd’hui je sais que non. Je ne l’ai pas rêvé. C’était au bout du monde. Mais ça ne m’aide pas pour autant à me défaire de ça, cette malédiction du temps dont on n’aura pas été foutu, capable je veux dire, d’interrompre même momentanément le cours. Et je m’en veux de ça. Mais j’aimerais un jour écrire un livre d’entretiens, de témoignages, je ne sais pas comment il faut le dire. J’aime tant Svetlana Alexievitch (malgré toutes les polémiques autour de son œuvre sur la question de la fiction ou quoi), j’ai beaucoup aimé Omar et Greg, j’écoute régulièrement « Les pieds sur terre ». J’aimerais faire quelque chose comme ça, quelque chose de très simple, à partir de la parole des autres. Collecter beaucoup, beaucoup de paroles. Orales si possible. Et éditer. Je veux dire monter. Le thème pourrait en être, précisément, ces instants de nos vies dont nous sommes venus, pour des raisons diverses, à douter. Les trucs dont on n’est plus très sûrs de savoir s’ils ont eu lieu ou non. Ce serait beau un tel projet. Ce serait un beau prétexte, je veux dire.

131118, version 3 (13 novembre 2018)

J’ai un problème avec le temps. Je n’arrive pas à accepter que des moments entiers soient gelés, scellés même, dans le passé, ou dans une forme de futur conditionnel et vaporeux. J’aimerais savoir, les moments auxquels je pense (qui peuvent être beaucoup moins que ça, des instants par exemple, ou plus encore, des heures, des jours entières, entiers), les sauver de leur putain de fugacité. J’aimerais avoir de quoi le faire (peut-être qu’écrire c’était ça, je veux dire c’est ?). J’aimerais pouvoir ne pas douter qu’ils ont pu un jour, ou qu’ils vont nécessairement, exister. Mais je sais que l’étape à venir, après cette sidération dont j’essaye un peu maladroitement ici de rendre compte, c’est précisément de douter de tout ce qui a pu (ou qui, espérons-le, saura) advenir. Était-ce réel ce que je crois revoir ? Est-ce vraisemblable ce que j’espère ? Par exemple, longtemps j’ai douté, me remémorant notre rencontre avec H., qu’il m’avait embrassé ce jour-là. J’en suis venu à douter de ça. Ça n’a pas duré très longtemps. Pouvais-je l’avoir rêvé ce truc ? Aujourd’hui je sais que non. Je ne l’ai pas rêvé. C’était au bout du monde. Mais ça ne m’aide pas pour autant à me défaire de ça, cette malédiction du temps dont on n’aura pas été foutu, capable je veux dire, d’interrompre même momentanément le cours. Et je m’en veux de ça.

131118, version 2 (13 novembre 2018)

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