220119


La 4G n’est pas magiquement revenue par elle-même ce matin et le gars à qui j’ai loué un canapé pour la nuit a super liké quelqu’un par inadvertance sur Tinder, sauf qu’il n’a pas dit par inadvertance (il a dit, en revanche, super liké) et je ne sais pas, au juste, comment on peut super liker qui que ce soit où que ce soit sans que ce soit voulu, souhaité, conscient quoi, d’ailleurs je ne sais même pas ce qu’on est censé répondre à ça (dans le doute, noyer le poisson). Qui est-il, que fait-il, on ne saura pas mais le petit déjeuner est bon et il regarde pas mal par la fenêtre. À la manière qu’il a de dire qu’il recherche, sur Tinder donc, des personnes, j’ai supposé que c’était des mecs l’objet de ses recherches mais après tout je n’en sais rien et je ne lui ai pas posé la question. Mais ça m’a certainement rappelé que j’ai toujours eu du mal à trouver les mots justes pour dire que j’étais avec quelqu’un dans ma vie, parce que le mot juste, précisément, n’existait pas : passé un certain âge, copain, ça ne colle plus trop, sans parler de conjoint ou je ne sais quoi. Mari, j’en parle même pas. Non, depuis plusieurs années, je me suis calé sur compagnon quand je veux parler d’H., ce qui est à mes yeux le moins pire de tous ces mots. Et je ne dirai certainement plus ami, qui est en quelque sorte une facilité quand on n’a pas envie de dire ouvertement qu’on est gay à qui que ce soit et qu’il ne m’est arrivé d’utiliser qu’une seule fois dans ma vie, à un type du collège des Souces au Mans où je faisais, bien piteusement il faut bien le dire, des vacations il y a de ça une dizaine d’années. À lui, donc, un collègue provisoire, qui m’avait demandé pour faire la conversation en salle des profs si j’avais quelqu’un, j’avais donc dit que oui, et je parlais de mon ami, et il avait conclu que tout naturellement c’est une amiE et par lâcheté cette fois-là je ne l’avais pas corrigé... Et chaque fois que je le croisais en salle des profs, il prenait des nouvelles, pour une raison qui m’échappe encore aujourd’hui, de cette fille qui était mon amie, et voilà qui m’a appris à ne plus dire mon ami à qui que ce soit (le plus simple étant tout bêtement de dire H. et basta). Là, j’ai continué mon cirque d’éditeur itinérant : travailler dans un TER ou un Intercité, je sais plus, travailler au café quelque part où il ne font pas de maté et où j’ai dû prendre un café pour compenser (horreur). Pas de sandwich ici, un plat du jour (good). Quelque chose de simple. Appelé Free pour débloquer, centimètre par centimètre, la 4G dans les paramètres du tel. Bientôt le GPS pourra de nouveau me guider (ouf). Sauf que j’ignore où je veux aller. Par moments je me souviens vaguement avoir décidé de ne plus parler, ou de ne parler qu’en cas d’extrême nécessité, à d’autres je l’oublie complètement et (c’est un exemple) je réponds au téléphone. Du temps où je la voyais encore, ψ m’avait demandé, puisque la question du silence revenait souvent, pourquoi ne pas faire une retraite silencieuse quelque temps ? Est-ce que c’est ça que je fais ? Pas sûr. J’ai terminé de lire dans le train le livre de T., il faudrait que je l’appelle pour lui dire. Comment faire si c’est pour pas parler ? Peut-être qu’il comprendra. Et j’ai besoin non de parler mais de lire à voix haute quand vient l’heure de répéter lecture des « Bara no Hanayome ». D’abord, trouver un endroit au calme (ne pas passer pour un déséquilibré ; un mutique oui). Certaines cartes fonctionnent, d’autres pas. J’ai plus le temps de revenir dessus. Le mieux que je puisse faire maintenant c’est les articuler le mieux possible (comprendre comment dans mon attitude ou dans mon interprétation je peux les transcrire dans l’oralité). Mais il y a d’autres problèmes ici (deux). 1) l’une des cartes n’a pas digéré le redimensionnement au nouveau format, et l’alignement ne se fait pas, il faut que je la retire. C’est facile à corriger. 2) j’ai oublié une lettre quelque part. Et je vois pas, en l’état, à cause de la contrainte des vers justifiés, comment corriger ça. Je la laisse de côté pour l’instant. Je crois qu’une part de moi pense que cette lecture n’aura pas lieu. Que c’est donc inutile de se cailler les doigts et les yeux pendant que la lumière s’en va. Après tout, je pourrais tout simplement ne pas rentrer. Ou bien faire le truc en visioconférence, sur l’écran d’un téléphone ou d’une tablette. Ou bien encore, et j’avais vaguement réfléchi à ça pour mon mariage : je pourrais engager quelqu’un qui me ressemble pour faire la lecture à ma place. Voilà le genre de trucs auxquels je pense quand j’en suis à laisser mon corps dériver lentement dans la rue d’une ville que je ne connais pas, que je ne veux même pas connaître, dans laquelle je sais déjà, à peine arrivé, que je ne veux pas y vivre. Il n’y a pas la mer. Et, c’est ce que m’a dit la personne qui m’a déposé en covoiturage tout à l’heure : ici il n’y a qu’une place de vivant et c’est tout. Le reste, c’est mort. Les bars ils ferment à 20h. Mais est-ce cela que je cherche avant tout, dans une ville où vivre, une heure de fermeture décente des bars ? En réalité, je ne sais rien de mes critères pour une ville où vivre. Peut-être suis-je ici pour découvrir cela ? Peut-être je suis perdu. L’airbnb du soir, c’est un type avec un ado de quinze ans qui passe son temps à regarder sur son téléphone des vidéos d’un jeu qui s’appelait Jump Force et dont je n’ai jamais entendu parler. C’est normal, il sort le 15 février et je me suis dit que ça faisait longtemps que je n’avais pas su à l’avance la date de parution d’un jeu, comme ça, d’un jeu que l’on attend. Mais sa façon à lui d’attendre ce jeu qui, à l’entendre, allait changer sa vie, était un peu étrange puisqu’il passera des heures à regarder absolument toutes les vidéos de gameplay et de démo qu’on pouvait trouver sur une célèbre plateforme de partage de vidéos en ligne. De cette manière, n’aurait-il pas épuisé tous les recoins du jeu avant même d’y jouer ? Ça n’a pas l’air de l’émouvoir. C’est juste un jeu de baston, disait-il, mais un jeu un peu particulier puisqu’il mélange (cross over) des personnages issus de différentes licences de manga qui ont toutes pour point commun de partager le même magazine de pré-publication, au Japon (Jump). J’ai beau lui dire que des magazines Jump on en a vu avec H. au Japon il y a quelques mois, il s’en fiche pas mal, même si dans ce jeu il y a le héros de Yu Yu Hakusho, dans cette pose célèbre qu’on retrouve souvent. En fait, ce personnage nous l’avons vu dans cette même pose dans une boutique de figurines à Tokyo et le voilà à nouveau qui traverse le temps (et le plastique des choses). Le fait est que cette façon de porter sa veste par dessus les épaules, qui peut à nous nous paraître étrange, en l’a vue dans les rues d’Akihabara. Je lui raconte tout ça. Il me regarde des fois. Il y a plein de noms de personnages d’X séries qui me reviennent en tête et je me vois en train de me demander tiens, et lui est-ce qu’il est dans ce jeu ? Et lui ? Souvent, la réponse est non. Ce ne sont peut-être pas des personnages issus de Jump. Quand soudain : pourquoi au juste ne suis-je jamais allé au bout d’un truc comme BLAME ! ? Comme quasiment tous mes mangas de l’époque, je les ai vendus sur Ebay avant de quitter le domicile familial. Je n’ai gardé que Fly, Akira et Angel Sanctuary, que je serai bien aujourd’hui incapable de relire et dont je n’ai jamais pu me résoudre à me débarrasser car, à l’intérieur de plusieurs tomes, sur les premières pages, H. m’avait écrit des mots au crayon. C’est lui qui, de Paris où il trouvait facilement les séries publiées par Tonkam (moi non), me les envoyait. Je ne crois pas avoir relu ces mots depuis cette époque. Et je n’aurai pas la possibilité de lui parler plus de quelques minutes par téléphone : il a passé près de douze heures au collège dans lequel il travaille, il est crevé et moi aussi. J’ai fait trop d’écran aujourd’hui, je lui dis, et je me suis pris pour Icare. Et on a fait tous les deux comme si on comprenait ce que ça voulait dire.

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220119, version 9 (3 mars 2019)

La 4G n’est pas magiquement revenue La 4G n’est pas magiquement revenue par elle-même ce matin et le gars à qui j’ai loué un canapé pour la nuit a super liké quelqu’un par inadvertance sur Tinder, sauf qu’il n’a pas dit par inadvertance (il a dit, en revanche, super liké) et je ne sais pas, au juste, comment on peut super liker qui que ce soit où que ce soit sans que ce soit voulu, souhaité, conscient quoi , d’ailleurs je ne sais même pas ce qu’on est censé répondre à ça (dans le doute, noyer le poisson). Qui est-il , que fait-il , on Je ne saura sais pas qui il est ni ce qu’il fait mais le petit déjeuner est bon et il regarde pas mal par la fenêtre. À la manière qu’il a de dire qu’il recherche, sur Tinder donc, des personnes, j’ai supposé que c’était des mecs l’objet de ses recherches qu’il recherchait mais après tout je n’en sais rien et je ne lui ai pas posé la question. Mais ça m’a certainement rappelé que j’ai toujours eu du mal à trouver les mots justes pour dire que j’étais avec quelqu’un dans ma vie, parce que le mot juste, précisément, n’existait pas : passé un certain âge, copain, ça ne colle plus trop, sans parler de conjoint ou je ne sais quoi. Mari, j’en parle même pas , je n’y arrive pas. Non, depuis plusieurs années, je me suis calé sur compagnon quand je veux parler d’H., ce qui est à mes yeux le moins pire de tous ces mots. Et je ne dirai certainement plus ami, qui est en quelque sorte une facilité quand on n’a pas envie de dire ouvertement qu’on est gay à qui que ce soit et qu’il qui ne m’est arrivé d’utiliser qu’une seule fois dans ma vie, à un type du collège des Souces au Mans où je faisais, bien piteusement il faut bien le dire, des vacations il y a de ça une dizaine d’années. À lui, donc, un collègue provisoire , qui m’avait demandé pour faire la conversation en salle des profs si j’avais quelqu’un, j’avais donc dit que oui, et je parlais de mon ami, et il avait conclu que tout naturellement c’est une amiE amie et par lâcheté cette fois-là je ne l’avais pas corrigé... Et chaque fois que je le croisais en salle des profs, il prenait des nouvelles, pour une raison qui m’échappe encore aujourd’hui, de cette fille qui était mon amie, et voilà qui m’a appris à ne plus dire mon ami à qui que ce soit (le plus simple étant tout bêtement de dire H. et basta). Là, j’ai continué mon cirque d’[éditeur->http://www.publie.net] Un mutique oui . , j’ai continué mon cirque d’éditeur itinérant : travailler dans un TER ou un Intercité, je sais plus, travailler au café quelque part où il ne font pas de maté et où j’ai dû prendre un café pour compenser (horreur). Pas de sandwich ici, un plat du jour (good). Quelque chose de simple. Appelé Free pour débloquer, centimètre par centimètre, la 4G dans les paramètres du tel. Bientôt Ça fonctionne suffisamment pour que je puisse voir le GPS pourra de nouveau me guider ( ouf ). . Sauf que j’ignore Je sais pas où je veux aller vais . Par moments je me souviens vaguement avoir décidé Par moments je me souviens vaguement avoir décidé de ne plus parler, ou de ne parler qu’en cas d’extrême nécessité, à d’autres je l’oublie complètement et (c’est un exemple) je réponds au téléphone. Du temps où je la voyais encore, ψ m’avait demandé, puisque la question du silence revenait souvent, pourquoi ne pas faire une retraite silencieuse quelque temps ? Est-ce que c’est ça que je fais ? Pas sûr. J’ai terminé de lire dans le train le livre de [T T .->mot503] Le second l’est moins . , il faudrait que je l’appelle pour lui dire. Comment faire si c’est pour pas parler ? Peut-être qu’il comprendra. Et j’ai besoin non de parler mais de lire à voix haute quand vient l’heure de répéter lecture des « Bara no Hanayome ». D’abord, trouver un endroit au calme (ne pas passer pour un déséquilibré ; un mutique oui ). Certaines cartes fonctionnent, d’autres pas. J’ai plus le temps de revenir dessus. Le mieux que je puisse faire maintenant c’est les articuler le mieux possible (comprendre comment dans mon attitude ou dans mon interprétation je peux les transcrire dans l’oralité). Mais il y a d’autres problèmes ce n’est pas le principal problème ici ( deux ). . Il y en a deux. 1 ) Le premier , c’est que l’une des cartes n’a pas digéré le redimensionnement au nouveau format, et l’alignement ne se fait pas, il faut que je la retire. C’est facile à corriger. 2 ) j’ai J’ai oublié une lettre quelque part. Et je ne vois pas, en l’état, à cause de la contrainte des vers justifiés justifier , comment corriger ça. Je la laisse de côté pour l’instant. Je crois qu’une part de moi pense sincèrement que cette lecture n’aura pas lieu. Que je me prépare pour rien. Que c’est donc inutile de se cailler les doigts et les yeux pendant que la lumière s’en va. Je pourrais me faire porter pâle. Après tout , je Je pourrais tout simplement ne pas rentrer. Ou bien faire le truc en visioconférence, sur l’écran d’un téléphone ou d’une tablette. Ou bien encore, et j’avais vaguement réfléchi à ça pour mon mariage Ou bien encore , et j’avais sérieusement pensé à ça pour mon mariage , lorsqu’il m’est venu ( plusieurs fois plusieurs fois ) l’envie de le fuir : je pourrais engager quelqu’un qui me ressemble pour faire la lecture à ma place. Voilà le genre de trucs auxquels je pense quand j’en suis à laisser mon corps dériver lentement dans la rue d’une ville que je ne connais pas, que je ne veux même pas connaître, dans laquelle je sais déjà, à peine arrivé, que je ne veux pas y vivre. Il n’y a pas la mer. Et, c’est ce que m’a dit la personne qui m’a déposé en covoiturage tout à l’heure : ici il n’y a qu’une place de vivant et c’est tout. Le reste, c’est mort. Les bars ils ferment à 20h. Mais est-ce cela que je cherche avant tout, dans une ville où vivre, une heure de fermeture décente des bars ? En réalité, je ne sais rien de mes critères pour une ville où vivre. Peut-être suis-je ici pour découvrir cela ? Peut-être je suis perdu. L’airbnb du soir, c’est un type avec un ado de quinze ans qui passe son temps à regarder sur son téléphone des vidéos d’un jeu qui s’appelait Jump Force et dont je n’ai jamais entendu parler. C’est normal, il sort le 15 février et je me suis dit que ça faisait longtemps que je n’avais pas su à l’avance la date de parution d’un jeu, comme ça, d’un jeu que l’on attend. Mais sa façon à lui d’attendre ce jeu qui, à l’entendre, allait changer sa vie, était un peu étrange puisqu’il passera des heures à regarder absolument toutes les vidéos de gameplay et de démo qu’on pouvait trouver sur une célèbre plateforme de partage de vidéos en ligne. De cette manière, n’aurait-il pas épuisé tous les recoins du jeu avant même d’y jouer ? Ça n’a pas l’air de l’émouvoir. C’est juste un jeu de baston, disait-il, mais un jeu un peu particulier puisqu’il mélange (cross over) des personnages issus issues de différentes licences de manga qui ont toutes pour point commun de partager le même magazine de pré-publication, au Japon ( ( Jump). ). J’ai beau lui dire que des magazines Jump Jump on en a vu avec H. au Japon il y a quelques mois, il s’en fiche pas mal, même si que ça m’amuse assez car dans ce jeu il y a le héros de Yu Yu Hakusho, que je n’ai jamais pu lire quand j’étais ado , ça m’était tombé des mains , dans [cette mais je me souviens d’une pose célèbre qu’on retrouve souvent->http://fr qu’à le héros , les bras croisés , torse nu , sa veste d’écolier par dessus les épaules .kotoeu.com/a/in-stock/yu-yu-hakusho-yusuke-urameshi]. En fait, nous avons vu ce personnage nous l’avons vu dans cette même exacte pose dans une boutique de figurines à Tokyo et le voilà à nouveau qui traverse le temps ( et le plastique des choses ). . Le fait est que cette façon de porter sa veste par dessus les épaules, sans enfiler les manches , on la retrouve souvent dans des mangas ou des animés ici ou , qui peut à nous nous paraître étrange c’est la façon qu’ont les bad boys de porter leur veste semble-t-il , et le fait est qu’on en l’a vue a vu qui le faisaient dans les rues d’Akihabara . , à Akihabara ( c’est étrange ). Je lui raconte tout ça. Il me regarde des fois. Il y a plein de noms de personnages d’X séries qui me reviennent en tête et je me vois en train de me demander tiens, et lui est-ce qu’il est dans ce jeu ? Et lui ? Souvent, la réponse est non. Ce ne sont peut-être pas des personnages issus de Jump . Jump . Quand soudain : pourquoi au juste ne suis-je jamais allé au bout d’un truc comme BLAME ! ? Comme quasiment tous mes mangas de à l’époque, je les ai vendus sur Ebay avant de quitter le domicile familial Saint-Etienne . Je n’ai gardé que Fly, Akira et Angel Sanctuary, que je serai bien aujourd’hui incapable de relire et dont je n’ai jamais pu me résoudre à me débarrasser car, à l’intérieur de plusieurs tomes, sur les premières pages, H. m’avait écrit des mots au crayon. C’est lui qui, de Paris où il trouvait facilement les séries publiées par Tonkam (moi non), me les envoyait. Je ne crois pas avoir relu ces mots depuis cette époque. Et je n’aurai pas la possibilité de lui parler plus de quelques minutes par téléphone : il a passé près de douze heures 12h au collège dans lequel il travaille, il est crevé et moi aussi. J’ai fait trop d’écran aujourd’hui, je lui dis, et je me suis pris pour Icare. Et on a fait tous les deux comme si on comprenait ce que ça voulait dire.
Publie.net, Train, Homosexualité, H., Fly, Ailleurs, T., Bara no hanayome
jpg/dsc_1463.jpg

220119, version 8 (3 mars 2019)

220119, version 7 (3 mars 2019)

La 4G n’est pas magiquement revenue par elle-même ce matin et le gars à qui j’ai loué un canapé pour la nuit a super liké quelqu’un par inadvertance sur Tinder, sauf qu’il n’a pas dit par inadvertance (il a dit, en revanche, super liké) et je ne sais pas, au juste, comment on peut super liker qui que ce soit où que ce soit sans que ce soit voulu, souhaité, conscient, d’ailleurs je ne sais même pas ce qu’on est censé répondre à ça (dans le doute, noyer le poisson). Je ne sais pas qui il est ni ce qu’il fait mais le petit déjeuner est bon et il regarde n’a pas mal par la fenêtre l’air de partir que ce soit travailler . À la manière qu’il a de dire qu’il recherche, sur Tinder donc, des personnes, j’ai supposé que c’était des mecs qu’il recherchait mais après tout je n’en sais rien et je ne lui ai pas posé la question. Mais ça m’a certainement rappelé que j’ai toujours eu du mal à trouver les mots justes pour dire que j’étais avec quelqu’un dans ma vie, parce que le mot juste, précisément, n’existait ça n’existe pas : passé un certain âge, copain, ça ne colle collait plus trop, sans parler de conjoint ou je ne sais quoi. Mari, j’en je n’en parle même pas, je n’y arrive pas  : j’aurais l’impression de faire semblant d’être adulte en disant ça . Non, depuis plusieurs années, je me suis calé sur compagnon quand je veux parler d’[H d’H .->mot59], ce qui est le moins pire de tous ces mots. Et je ne dirai certainement plus ami, qui est en quelque sorte une facilité quand on n’a pas envie de dire ouvertement qu’on est gay à qui que ce soit et qui ne m’est arrivé d’utiliser qu’une seule fois dans ma vie, à un type du collège des Souces au Mans où je faisais, bien piteusement il faut bien le dire, des vacations il y a de ça une dizaine d’années. À lui, donc, un collègue, qui m’avait demandé pour faire la conversation en salle des profs si j’avais quelqu’un, j’avais donc dit que oui, et je parlais de mon ami, et il avait conclu que tout naturellement c’est une amie et par lâcheté cette fois-là je ne l’avais pas corrigé... Et chaque fois que je le croisais en salle des profs, il prenait des nouvelles, pour une raison qui m’échappe aujourd’hui, de cette fille qui était mon amie, et voilà qui m’a appris à ne plus dire mon ami (le plus simple étant tout bêtement de dire [H H .->mot59] et basta). Là, j’ai continué mon cirque d’éditeur itinérant : travailler je travaillerai dans un TER ou un Intercité, je sais plus, travailler je travaillerai au café quelque part où il ne font pas de maté et où j’ai dû prendre un café pour compenser (horreur). Pas de sandwich ici, un plat du jour ( good ). . Quelque chose de simple. Appelé Free pour débloquer, centimètre par centimètre, la 4G dans les paramètres du tel. Ça fonctionne suffisamment pour que je puisse voir le GPS me guider. Je sais pas où je vais. Par moments je me souviens vaguement avoir décidé de ne plus parler, ou de ne parler qu’en cas d’extrême nécessité, à d’autres je l’oublie complètement et (c’est un exemple) je réponds au téléphone. Du temps où je la voyais encore, ψ m’avait demandé, puisque la question du silence revenait souvent, pourquoi ne pas faire une retraite silencieuse quelque temps ? Est-ce que c’est ça que je fais ? Pas sûr. J’ai terminé de lire dans le train le livre de T., il faudrait que je l’appelle pour lui dire. Comment faire si c’est pour pas parler ? Peut-être qu’il comprendra. Et j’ai besoin non de parler mais de lire à voix haute quand il vient l’heure de répéter lecture des «  Bara no Hanayome ». . D’abord, trouver un endroit au calme ( ne pas passer pour un déséquilibré ). . Je ne voulais pas passer pour un déséquilibré. Un mutique oui. Certaines cartes fonctionnent, d’autres pas. J’ai Je n’ai plus le temps de revenir dessus. Le mieux que je puisse faire maintenant c’est de faire mon possible pour les articuler le mieux possible (comprendre comment dans mon attitude ou dans mon interprétation je peux les transcrire dans l’oralité). Mais ce n’est pas le principal problème ici. Il y en a deux. Le premier, c’est que l’une des cartes n’a pas digéré le redimensionnement au nouveau format, et l’alignement ne se fait pas, il faut que je la retire. C’est facile à corriger. Le second l’est moins. J’ai oublié une lettre quelque part. Et je ne vois pas, en l’état, à cause de la contrainte des vers justifier , comment corriger ça. Je la laisse de côté pour l’instant. Je crois qu’une part de moi pense sincèrement se dit que de toute façon , je ne ferai pas cette lecture n’aura pas lieu . Que je me prépare pour rien. Que c’est donc inutile de se cailler les doigts et les yeux pendant que la lumière s’en va. Je pourrais me faire porter pâle. Je pourrais tout simplement ne pas rentrer. Ou bien faire le truc en visioconférence, sur l’écran d’un téléphone ou d’une tablette. Ou bien encore, et j’avais sérieusement pensé à ça pour mon mariage, lorsqu’il à un moment qu’il m’est venu (plusieurs fois plusieurs fois) l’envie de le fuir : , je pourrais engager quelqu’un qui me ressemble pour faire la lecture à ma place. Voilà le genre de trucs auxquels je pense quand j’en suis à laisser mon corps dériver lentement dans la rue d’une ville que je ne connais pas, que je ne veux même pas connaître, dans laquelle je sais déjà, à peine arrivé, que je ne veux pas y vivre. Il n’y a pas la mer. Et, c’est ce que m’a dit la personne qui m’a déposé en covoiturage tout à l’heure : , ici il n’y a qu’une place de vivant et c’est tout. Le reste, c’est mort. Les bars ils ferment à 20h. Mais est-ce cela que je cherche avant tout, dans une ville où vivre, une heure de fermeture décente des bars ? En réalité, je ne sais rien de mes critères pour une ville où vivre. Peut-être suis-je ici pour découvrir cela ? Peut-être je suis perdu. L’airbnb du soir, c’est un type avec un ado de quinze ans qui passe son temps à regarder sur son téléphone des vidéos d’un jeu qui s’appelait Jump Force force et dont je n’ai jamais entendu parler. C’est normal, il sort le 15 février et je me suis dit que ça faisait longtemps que je n’avais pas su à l’avance la date de parution d’un jeu, comme ça, d’un jeu que l’on attend. Mais sa façon à lui d’attendre ce jeu qui, à l’entendre, allait changer sa vie, était un peu étrange puisqu’il passera des heures à regarder absolument toutes les vidéos de gameplay et de démo qu’on pouvait trouver sur une célèbre plateforme de partage de vidéos en ligne. De cette manière, n’aurait-il pas épuisé tous les recoins du jeu avant même d’y jouer ? Ça n’a pas l’air de l’émouvoir. C’est juste un jeu de baston, disait-il, mais un jeu un peu particulier puisqu’il mélange (c’est un cross over, dans le jargon ) des personnages issues de différentes licences de manga mangas qui ont toutes pour point commun de partager le même magazine de pré-publication, au Japon (Jump). J’ai beau lui dire que des magazines Jump on en a vu avec [H H .->mot59] au Japon il y a quelques mois, il s’en fiche pas mal, même que ça m’amuse assez car dans ce jeu il y a le héros de Yu Yu Hakusho, que je n’ai jamais pu lire quand j’étais ado, ça m’était tombé des mains, mais je me souviens d’une pose célèbre qu’à le héros, les bras croisés, torse nu, sa veste d’écolier par dessus les épaules. En fait, nous avons vu ce personnage dans cette exacte pose dans une boutique de figurines à Tokyo et le voilà à nouveau. Le fait est que cette façon de porter sa veste par dessus les épaules, sans enfiler les manches, on la retrouve souvent dans des mangas ou des animés ici ou là, c’est la façon qu’ont les bad boys de porter leur veste semble-t-il, et le fait est qu’on en a vu qui le faisaient faisait dans les rues, à Akihabara (c’est étrange). Je lui raconte tout ça. Il me regarde des fois. Il y a plein de noms de personnages d’X séries qui me reviennent en tête et je me vois en train de me demander tiens, et lui est-ce qu’il est dans ce jeu ? Et lui ? Souvent, la réponse est non. Ce ne sont peut-être pas des personnages issus de Jump. Quand soudain : pourquoi au juste ne suis-je jamais allé au bout d’un truc d’une série comme BLAME ! ? Comme quasiment tous mes mangas à l’époque, je les ai vendus sur Ebay avant de quitter Saint-Etienne. Je n’ai gardé que Fly, Akira et Angel Sanctuary, que je serai bien aujourd’hui incapable de relire et dont je n’ai jamais pu me résoudre à me débarrasser car, à l’intérieur de plusieurs tomes, sur les premières pages, [H H .->mot59] m’avait écrit des mots au crayon. C’est lui qui, de Paris où il trouvait facilement les séries publiées par Tonkam (moi non), me les envoyait. Je ne crois pas avoir relu ces mots depuis cette époque. Et je n’aurai pas la possibilité de lui parler plus de quelques minutes par téléphone : il a passé près de 12h au collège dans lequel il travaille, il est crevé et moi aussi. J’ai fait trop d’écran aujourd’hui, je lui dis, et je me suis pris pour Icare. Et on a fait tous les deux comme si on comprenait ce que ça voulait dire.

220119, version 6 (2 mars 2019)

La 4G n’est pas magiquement revenue par elle-même ce matin et le gars à qui j’ai loué un canapé pour la nuit a super liké quelqu’un par inadvertance sur Tinder, sauf qu’il n’a pas dit par inadvertance (il a dit, en revanche, super liké) et je ne sais pas, au juste, comment on peut super liker qui que ce soit où que ce soit sans que ce soit voulu, souhaité, conscient, d’ailleurs je ne sais même pas ce qu’on est censé répondre à ça (dans le doute, noyer le poisson j’ai dire quelque chose comme ah ). Je ne sais pas qui il est ni ce qu’il fait mais le petit déjeuner est bon et il n’a pas l’air de partir où que ce soit travailler. À la manière qu’il a de dire qu’il recherche, sur Tinder donc, des personnes, j’ai supposé que c’était des mecs qu’il recherchait mais après tout je n’en sais rien et je ne lui ai pas posé la question. Mais ça m’a certainement rappelé que j’ai toujours eu du mal à trouver les mots justes pour dire que j’étais avec quelqu’un dans ma vie, parce que le mot juste, précisément, ça n’existe pas : passé un certain âge, copain, ça ne collait plus trop, sans parler de conjoint ou je ne sais quoi. Mari, je n’en parle même pas , je n’arrive pasà le dire : j’aurais l’impression de faire semblant d’être adulte en disant ça . Non, depuis plusieurs années, je me suis calé sur compagnon quand je veux parler d’H., ce qui est le moins pire de tous ces mots. Et je ne dirai certainement plus ami, qui est en quelque sorte une facilité quand on n’a pas envie de dire ouvertement qu’on est gay à qui que ce soit et qui ne m’est arrivé d’utiliser qu’une seule fois dans ma vie, à un type du collège des Souces au Mans où je faisais, bien piteusement il faut bien le dire, des vacations il y a de ça une dizaine d’années. À lui, donc, un collègue, qui m’avait demandé pour faire la conversation en salle des profs si j’avais quelqu’un, j’avais donc dit que oui, et je parlais de mon ami, et il avait conclu que tout naturellement c’est une amie et par lâcheté cette fois-là je ne l’avais pas corrigé... Et chaque fois que je le croisais en salle des profs, il prenait des nouvelles, pour une raison qui m’échappe aujourd’hui, de cette fille qui était mon amie, et voilà qui m’a appris à ne plus dire mon ami (le plus simple étant tout bêtement de dire H. et basta). Là, j’ai continué mon cirque d’éditeur itinérant : je travaillerai dans un TER ou un Intercité, je sais plus, je travaillerai au café quelque part où il ne font pas de maté et où j’ai dû prendre un café pour compenser (or j’ai horreurde ça , le café ). Pas de sandwich ici, un plat du jour. Quelque chose de simple. Appelé Free pour débloquer, centimètre par centimètre, la 4G dans les paramètres du tel. Ça fonctionne suffisamment pour que je puisse voir le GPS me guider. Je ne sais pas où je vais. Par moments je me souviens vaguement avoir que j’avais décidé de ne plus parler, ou de ne parler qu’en cas d’extrême nécessité, à d’autres je l’oublie complètement et (c’est un exemple) je réponds au téléphone. Du temps où je la voyais encore, ψ m’avait demandé, puisque la question du silence revenait souvent, pourquoi ne pas faire une retraite silencieuse quelque temps ? Est-ce que c’est ça que je fais ? Pas sûr. J’ai terminé de lire dans le train le livre de T., il faudrait que je l’appelle pour lui dire. Comment faire si c’est pour pas parler ? Peut-être qu’il comprendra. Et j’ai besoin non de parler mais de lire à voix haute quand il vient l’heure de répéter lecture des Bara no Hanayome. D’abord, trouver un endroit au calme. Je ne voulais pas passer pour un déséquilibré. Un mutique oui. Certaines cartes fonctionnent, d’autres pas. Je n’ai plus le temps de revenir dessus. Le mieux que je puisse faire maintenant c’est de faire mon possible pour les articuler le mieux possible (comprendre comment dans mon attitude ou dans mon interprétation je peux les transcrire dans l’oralité). Mais ce n’est pas le principal problème ici. Il y en a deux. Le premier, c’est que l’une des cartes n’a pas digéré le redimensionnement au nouveau format, et l’alignement ne se fait pas, il faut que je la retire. C’est facile à corriger. Le second l’est moins. J’ai oublié une lettre quelque part. Et je ne vois pas, en l’état, comment corriger ça. Je la laisse de côté pour l’instant. Je crois qu’une part de moi se dit que de toute façon, je ne ferai pas cette lecture. Que je me prépare pour rien. Que c’est donc inutile de se cailler les doigts et les yeux pendant que la lumière s’en va. Je pourrais me faire porter pâle. Je pourrais tout simplement ne pas rentrer. Ou bien faire le truc en visioconférence, sur l’écran d’un téléphone ou d’une tablette. Ou bien encore, et j’avais sérieusement pensé à ça pour mon mariage, à un moment qu’il m’est venu (plusieurs fois plusieurs fois) l’envie de le fuir, je pourrais engager quelqu’un qui me ressemble pour faire la lecture à ma place. Voilà le genre de trucs auxquels je pense quand j’en suis à laisser mon corps dériver lentement dans la rue d’une ville que je ne connais pas, que je ne veux même pas connaître, dans laquelle je sais déjà, à peine arrivé, que je ne veux pas y vivre. Il n’y a pas la mer. Et, c’est ce que m’a dit la personne qui m’a déposé en covoiturage tout à l’heure, ici il n’y a qu’une place de vivant et c’est tout. Le reste, c’est mort. Les bars ils ferment à 20h. Mais est-ce cela que je cherche recherche avant tout, dans une ville où vivre, une heure de fermeture décente des bars ? En réalité, je ne sais rien de mes critères pour une ville où vivre. Peut-être suis-je ici pour découvrir cela ? Peut-être je suis perdu. L’airbnb du soir, c’est un type avec un ado de quinze ans qui passe son temps à regarder sur son téléphone des vidéos d’un jeu qui s’appelait Jump force et dont je n’ai jamais entendu parler. C’est normal, il sort le 15 février et je me suis dit que ça faisait longtemps que je n’avais pas su à l’avance la date de parution d’un jeu, comme ça, d’un jeu que l’on attend. Mais sa façon à lui d’attendre ce jeu qui, à l’entendre, allait changer sa vie, était un peu étrange puisqu’il passera des heures à regarder absolument toutes les vidéos de gameplay et de démo qu’on pouvait trouver sur une célèbre plateforme de partage de vidéos en ligne. De cette manière, n’aurait-il pas épuisé tous les recoins du jeu avant même d’y jouer ? Ça n’a pas l’air de l’émouvoir. C’est juste un jeu de baston, disait-il, mais un jeu un peu particulier puisqu’il mélange (c’est un cross over, dans le jargon) des personnages issues de différentes licences de mangas qui ont toutes pour point commun de partager le même magazine de pré-publication, au Japon (Jump). J’ai beau lui dire que des magazines Jump on en a vu avec H. au Japon il y a quelques mois, il s’en fiche pas mal, même que ça m’amuse assez car dans ce jeu il y a le héros de Yu Yu Hakusho, que je n’ai jamais pu lire quand j’étais ado, ça m’était tombé des mains, mais je me souviens d’une pose célèbre qu’à le héros, les bras croisés, torse nu, sa veste d’écolier par dessus les épaules. En fait, nous avons vu ce personnage dans cette exacte pose dans une boutique de figurines à Tokyo et le voilà à nouveau. Le fait est que cette façon de porter sa veste par dessus les épaules, sans enfiler les manches, on la retrouve souvent dans des mangas ou des animés ici ou là, c’est la façon qu’ont les bad boys de porter leur veste semble-t-il, et le fait est qu’on en a vu qui le faisait dans les rues, à Akihabara (c’est étrange). Je lui raconte tout ça. Il me regarde des fois. Il y a plein de noms de personnages d’X séries qui me reviennent en tête et je me vois en train de me demander tiens, et lui est-ce qu’il est dans ce jeu ? Et lui ? Souvent, la réponse est non. Ce ne sont peut-être pas des personnages issus de Jump. Quand soudain : pourquoi au juste ne suis-je jamais allé au bout d’une série comme BLAME ! ? Comme quasiment tous mes mangas à l’époque, je les ai vendus sur Ebay avant de quitter Saint-Etienne. Je n’ai gardé que Fly, Akira et Angel Sanctuary, que je serai bien aujourd’hui incapable de relire et dont je n’ai jamais pu me résoudre à me débarrasser car, à l’intérieur de plusieurs tomes, sur les premières pages, H. m’avait écrit des mots au crayon. C’est lui qui, de Paris où il trouvait facilement les séries publiées par Tonkam (moi non), me les envoyait. Je ne crois pas avoir relu ces mots depuis cette époque. Et je n’aurai pas la possibilité de lui parler plus de quelques minutes par téléphone : il a passé près de 12h au collège dans lequel il travaille, il est crevé et moi aussi. J’ai fait trop d’écran aujourd’hui, je lui dis, et je me suis pris pour Icare. Et on a fait tous les deux comme si on comprenait ce que ça voulait dire.

220119, version 5 (18 février 2019)

La 4G n’est pas magiquement revenue par elle-même toute seule ce matin et le gars à qui j’ai loué un canapé pour la nuit a super liké quelqu’un par inadvertance sur Tinder, sauf qu’il n’a pas dit par inadvertance (il a dit, en revanche, super liké) et je ne sais pas, au juste, comment on peut super liker qui que ce soit que ce soit sans que ce soit voulu, souhaité, conscient, d’ailleurs je ne sais même pas ce qu’on est censé répondre à ça (dans le doute, j’ai dû dire quelque chose comme ah). Je ne sais pas qui il est ni ce qu’il fait mais le petit déjeuner est bon et il n’a pas l’air de partir où que ce soit travailler. À la manière qu’il a de dire qu’il recherche, sur Tinder donc, des personnes, j’ai supposé que c’était des mecs qu’il recherchait mais après tout je n’en sais rien et je ne lui ai pas posé la question. Mais ça À la manière qu’il a de dire qu’il recherche , sur Tinder donc , des personnes , j’ai supposé que c’était des mecs qu’il recherchait mais après tout je n’en sais rien , ce qui m’a certainement rappelé que j’ai toujours eu du mal à trouver les mots justes pour dire que j’étais avec quelqu’un dans ma vie, parce que le mot juste, précisément , ça n’existe pas : passé un certain âge, copain, ça ne collait plus trop, sans parler de conjoint ou je ne sais quoi. Mari, je n’en parle même pas, je n’arrive pas à le dire j’essaye de fuir ce mot comme la peste : j’aurais l’impression de faire semblant d’être adulte. Non, depuis plusieurs années, je me suis calé sur compagnon quand je veux parler d’H., ce qui est le moins pire de tous ces mots. Et je ne dirai certainement plus ami, qui est en quelque sorte une facilité quand on n’a pas envie de dire ouvertement qu’on est gay à qui que ce soit et qui ne m’est arrivé d’utiliser qu’une seule fois dans ma vie, à un type du collège des Souces au Mans où je faisais, bien piteusement il faut bien le dire, des vacations il y a de ça une dizaine d’années. À lui, donc, un collègue, qui m’avait demandé pour faire la conversation en salle des profs si j’avais quelqu’un, j’avais donc dit que oui, et je parlais de mon ami, et il avait conclu que tout naturellement c’est une amie et par lâcheté cette fois-là je ne l’avais pas corrigé... Et chaque fois que je le croisais en salle des profs, il prenait des nouvelles, pour une raison qui m’échappe aujourd’hui, de cette fille qui était mon amie ma copine , et voilà qui m’a appris à ne plus dire mon ami (le plus simple étant tout bêtement de dire H. et basta). Là, j’ai continué mon cirque d’éditeur itinérant : je travaillerai dans un TER ou un Intercité, je sais plus, je travaillerai au café quelque part où il ne font pas de maté et où j’ai dû prendre un café pour compenser (or j’ai horreur de ça, le café). Pas de sandwich ici, un plat du jour. Quelque chose de simple. Appelé Free pour débloquer, centimètre par centimètre, la 4G dans les paramètres du tel. Ça fonctionne suffisamment pour que je puisse voir le GPS me guider. Je ne sais pas où je vais. Par moments je me souviens que j’avais décidé de ne plus parler, ou ne parler qu’en cas d’extrême nécessité, à d’autres je l’oublie complètement et (c’est un exemple) je réponds au téléphone. Du temps où je la voyais encore, ψ m’avait demandé, puisque la question du silence revenait souvent, pourquoi et pourquoi ne pas le faire , une retraite silencieuse quelque temps ? Est-ce que c’est ça que je fais ? Pas sûr. J’ai terminé de lire dans le train le livre de T., il faudrait que je l’appelle pour le lui dire. Comment faire si c’est pour pas parler ? Peut-être qu’il comprendra. Et j’ai besoin non de parler mais de lire à voix haute quand il vient l’heure de répéter lecture des Bara no Hanayome. D’abord, trouver un endroit au calme. Je ne voulais pas passer pour un déséquilibré. Un mutique oui. Un doux dingue non. Certaines cartes fonctionnent, d’autres pas. Je n’ai plus le temps de revenir dessus. Le mieux que je puisse faire maintenant c’est de faire mon possible pour les articuler le mieux possible (comprendre comment dans mon attitude ou dans mon interprétation je peux les transcrire dans l’oralité). Mais ce n’est pas le principal problème ici. Il y en a deux. Le premier, c’est que l’une des cartes n’a pas digéré le redimensionnement au nouveau format, et l’alignement ne se fait pas, il faut que je la retire. C’est facile à corriger. Le second l’est moins. J’ai oublié une lettre quelque part. Et je ne vois pas, en l’état, comment corriger ça. Je la laisse de côté pour l’instant. Je crois qu’une part de moi se dit que de toute façon, je ne ferai pas cette lecture. Que je me prépare là pour rien. Que c’est donc inutile de se cailler les doigts et les yeux pendant que la lumière s’en va. Je pourrais me faire porter pâle. Je pourrais tout simplement ne pas rentrer. Ou bien faire le truc en visioconférence, sur l’écran d’un téléphone ou d’une tablette. Ou bien encore, et j’avais sérieusement pensé à ça pour mon mariage, à un moment qu’il m’est venu (plusieurs fois plusieurs fois) l’envie de le fuir, ( est une pulsion ), je pourrais engager quelqu’un qui me ressemble pour faire la lecture à ma place. Voilà le genre de trucs auxquels que je pense quand j’en suis à laisser mon corps dériver lentement dans la rue d’une ville que je ne connais pas, que je ne veux même pas connaître, dans laquelle je sais déjà, à peine arrivé, que je ne veux pas y vivre. Il n’y a pas la mer. Et, c’est ce que m’a dit la personne qui m’a déposé en covoiturage tout à l’heure, ici il n’y a qu’une place de vivant et c’est tout. Le reste, c’est mort. Les bars ils ferment à 20h. Mais est-ce cela que je recherche avant tout, dans une ville où vivre, une heure de fermeture décente des bars ? En réalité, je ne sais rien de mes critères pour une ville où vivre. Peut-être suis-je ici pour découvrir cela ça ? Peut-être que je suis perdu. L’airbnb du soir, c’est un type avec un ado de quinze ans qui passe son temps à regarder sur son téléphone des vidéos d’un jeu qui s’appelait Jump force et dont je n’ai jamais entendu parlerde ce truc . C’est normal, il sort le 15 février et je me suis dit que ça faisait longtemps que je n’avais pas su à l’avance la date de parution d’un jeu, comme ça, d’un jeu que l’on attend. Mais sa façon à lui d’attendre ce jeu qui, à l’entendre, allait changer sa vie, c’est sûr , était un peu étrange puisqu’il passera des heures à regarder absolument toutes les vidéos de gameplay et de démo qu’on pouvait trouver sur une célèbre plateforme de partage de vidéos en ligne. De cette manière, n’aurait-il pas épuisé tous les recoins du jeu avant même d’y jouer ? Ça n’a pas l’air de l’émouvoir. C’est juste un jeu de baston, disait-il, mais un jeu un peu particulier puisqu’il mélange (c’est un cross over, dans le jargon) des personnages issues de différentes licences de mangas qui ont toutes pour point commun de partager le même magazine de pré-publication, au Japon (Jump, d’où le titre ). J’ai beau lui dire que des magazines Jump on en a vu avec H. au Japon il y a quelques mois, il s’en fiche pas mal, même que ça m’amuse assez car dans ce jeu il y a le héros de Yu Yu Hakusho, que je n’ai jamais pu lire quand j’étais ado, ça m’était tombé des mains, mais je me souviens d’une pose célèbre qu’à le héros, les bras croisés, torse nu, sa veste d’écolier par dessus les épaules. En fait, nous avons vu ce personnage dans cette exacte pose dans une boutique de figurines à Tokyo et le voilà à nouveau. Le fait est que cette façon de porter sa veste par dessus les épaules, sans enfiler les manches, on la retrouve souvent dans des mangas ou des animés ici ou là, c’est la façon qu’ont qu’on les bad boys de porter leur veste semble-t-il , et le fait est qu’on en a vu qui le faisait dans les rues, à Akihabara ( c’est étrange ). . Je lui raconte tout ça. Il me regarde des fois. Il y a plein de noms de personnages d’X séries qui me reviennent en tête et je me vois en train de me demander tiens, et lui est-ce qu’il est dans ce jeu ? Et lui ? Souvent, la réponse est non. Ce ne sont peut-être pas des personnages issus de Jump. Quand soudain : pourquoi au juste ne suis-je jamais allé au bout d’une série comme BLAME ! ? Comme quasiment tous mes mangas à l’époque, je les ai vendus sur Ebay avant de quitter Saint-Etienne. Je n’ai gardé que Fly, Akira et Angel Sanctuary, que je serai bien aujourd’hui incapable de relire et dont je n’ai jamais pu me résoudre à me débarrasser car, à l’intérieur de plusieurs tomes, sur les premières pages, H. m’avait écrit des mots au crayon. C’est lui qui, de Paris où il trouvait facilement les séries publiées par Tonkam (moi non), me les envoyait. Je ne crois pas avoir relu ces mots depuis cette époque. Et je n’aurai pas la possibilité de lui parler plus de quelques minutes par téléphone : il a passé près de 12h au collège dans lequel il travaille, il est crevé et moi aussi. J’ai fait trop d’écran aujourd’hui, je lui dis, et je me suis pris pour Icare. Et on a fait tous les deux comme si on comprenait ce que ça voulait dire.

220119, version 4 (3 février 2019)

La 4G n’est pas magiquement revenue toute seule ce matin et le gars à qui j’ai loué un canapé pour la nuit a super liké quelqu’un par inadvertance sur Tinder, sauf qu’il n’a pas dit par inadvertance (il a dit en revanche super liké) et je ne sais pas, au juste, comment on peut super liker qui que ce soit sans que ce soit voulu, souhaité, conscient, d’ailleurs je ne sais même pas ce qu’on est censé répondre à ça (dans le doute, j’ai dû dire quelque chose comme ah). Je ne sais pas qui il est ni ce qu’il fait mais le petit déjeuner est bon et il n’a pas l’air de partir où que ce soit travailler. À la manière qu’il a de dire qu’il recherche, sur Tinder donc, des personnes, j’ai supposé que c’était des mecs qu’il recherchait mais après tout je n’en sais rien, ce qui m’a rappelé conduit à me souvenir que j’ai toujours eu du mal à trouver les mots justes pour dire que j’étais avec quelqu’un dans ma vie, parce que le mot juste, ça n’existe pas : passé un certain âge, copain, ça ne collait plus trop, sans parler de conjoint ou je ne sais quoi. Mari, je n’en parle même pas, j’essaye de fuir ce mot comme la peste : j’aurais l’impression de faire semblant d’être adulte. Non, depuis plusieurs années, je me suis calé sur compagnon quand je veux parler d’H., ce qui est le moins pire de tous ces mots. Et je ne dirai certainement plus ami, qui est en quelque sorte une facilité quand on n’a pas envie de dire ouvertement qu’on est gay à qui que ce soit et qui ne m’est arrivé d’utiliser qu’une seule fois dans ma vie, à un type du collège des Souces au Mans où je faisais, bien piteusement il faut bien le dire, des vacations comme prof de français remplaçant il y a de ça une dizaine d’années. À lui, donc, un collègue, qui m’avait demandé pour faire la conversation en salle des profs si j’avais quelqu’un, j’avais donc dit que oui, et je parlais de mon ami, et il avait conclu que tout naturellement c’est une amie et par lâcheté cette fois-là je ne l’avais pas corrigé... Et chaque fois que je le croisais en salle des profs, il prenait des nouvelles, pour une raison qui m’échappe aujourd’hui, de cette fille qui était ma copine, et voilà qui m’a appris à ne plus dire mon ami (le plus simple étant tout bêtement de dire H. et basta). Là, j’ai continué mon cirque d’éditeur itinérant : je travaillerai dans un TER ou un Intercité, je sais plus, je travaillerai au café quelque part où il ne font pas de maté et où j’ai dû prendre un café pour compenser (j’ai horreur de ça, le café). Pas de sandwich ici, un plat du jour. Quelque chose de simple. Appelé Free pour débloquer, centimètre par centimètre, la 4G dans les paramètres du tel. Ça fonctionne suffisamment pour que je puisse voir le GPS me guider. Je ne sais pas où je vais. Par moments je me souviens que j’avais décidé de ne plus parler, ou ne parler qu’en cas d’extrême nécessité, à d’autres je l’oublie complètement et (c’est un exemple) je réponds au téléphone. Du temps où je la voyais encore, ψ m’avait demandé, puisque la question du silence revenait souvent, et pourquoi ne pas le faire, une retraite silencieuse quelque temps ? Est-ce que c’est ça que je fais ? Pas sûr. J’ai terminé de lire dans le train le livre de T., il faudrait que je l’appelle pour le lui dire. Comment faire si c’est pour pas parler ? Peut-être qu’il comprendra. Et j’ai besoin non de parler mais de lire livre à voix haute quand il vient l’heure de répéter lecture des Bara no Hanayome. D’abord, trouver un endroit au calme. Je ne voulais pas passer pour un déséquilibré. Un mutique oui. Un doux dingue non. Certaines cartes fonctionnent, d’autres pas. Je n’ai plus le temps de revenir dessus. Le mieux que je puisse faire maintenant c’est de faire mon possible pour les articuler le mieux possible (comprendre comment dans mon attitude ou dans mon interprétation je peux les transcrire dans l’oralité). Mais ce n’est pas le principal problème ici. Il y en a deux. Le premier, c’est que l’une des cartes n’a pas digéré le redimensionnement au nouveau format, et l’alignement ne se fait pas, il faut que je la retire. C’est facile à corriger. Le second l’est moins. J’ai oublié une lettre quelque part. Et je ne vois pas, en l’état, comment corriger ça. Je la laisse de côté pour l’instant quelque part . Je crois qu’une part de moi se dit que de toute façon, je ne ferai pas cette lecture. Que je me prépare là pour rien. Que c’est donc inutile de se cailler les doigts et les yeux pendant que la lumière s’en va. Je pourrais me faire porter pâle. Je pourrais tout simplement ne pas rentrer. Ou bien faire le truc en visioconférence, sur l’écran d’un téléphone ou d’une tablette. Ou bien encore, et j’avais sérieusement pensé à ça pour mon mariage, à un moment qu’il m’est venu (plusieurs fois plusieurs fois) l’envie de le fuir (est une pulsion), je je pourrais engager quelqu’un qui me ressemble pour faire la lecture à ma place. . Voilà le genre de trucs que je pense quand j’en suis à laisser mon corps dériver lentement dans la rue d’une ville que je ne connais pas, que je ne veux même pas connaître, dans laquelle je sais déjà, à peine arrivé, que je ne veux pas y vivre. Il n’y a pas la mer. Et, c’est ce que m’a dit la personne qui m’a déposé en covoiturage tout à l’heure, ici il n’y a qu’une place de vivant et c’est tout. Le reste, c’est mort. Les bars ils ferment à 20h. Mais est-ce cela que je recherche avant tout, dans une ville où vivre, une heure de fermeture décente des bars ? En réalité, je ne sais rien de quels seraient mes critères pour une ville où vivre. Peut-être suis-je ici pour découvrir ça ? Peut-être que je suis perdu. L’airbnb du soir, c’est un type avec un ado de quinze ans qui passe son temps à regarder sur son téléphone des vidéos d’un jeu qui s’appelait Jump force et je n’ai jamais entendu parler de ce truc. C’est normal, il sort le 15 février et je me suis dit que ça faisait longtemps que je n’avais pas su à l’avance la date de parution d’un jeu, comme ça, d’un jeu que l’on attend. Mais sa ça façon à lui d’attendre ce jeu qui, à l’entendre, allait changer sa vie, c’est sûr, était un peu étrange puisqu’il passera des heures à regarder absolument toutes les vidéos de gameplay et de démo qu’on pouvait trouver sur une célèbre plateforme de partage de vidéos en ligne. De cette manière, n’aurait-il pas épuisé épuiser tous les recoins du jeu avant même d’y jouer ? Ça n’a pas l’air de l’émouvoir. C’est juste un jeu de baston, disait-il, mais un jeu un peu particulier puisqu’il mélange (c’est un cross over, dans le jargon) des personnages issues de différentes licences de mangas qui ont toutes pour point commun de partager le même magazine magasine de pré-publication, au Japon (Jump, d’où le titre). J’ai beau lui dire que des magazines Jump on en a vu avec H. au Japon il y a quelques mois, il s’en fiche pas mal, même que ça m’amuse assez car dans ce jeu il y a le héros de Yu Yu Hakusho, que je n’ai jamais pu lire quand j’étais ado, ça m’était tombé des mains, mais je me souviens d’une pose célèbre qu’à le héros, les bras croisés, torse nu, sa veste d’écolier par dessus les épaules. En fait, nous avons vu ce personnage dans cette exacte pose dans une boutique de figurines à Tokyo et le voilà à nouveau. Le fait est que cette façon de porter sa veste par dessus les épaules, sans enfiler les manches, on la retrouve souvent dans des mangas ou des animés ici ou là, c’est la façon qu’on les bad boys durs de porter leur veste, et le fait est qu’on en a vu qui le faisait dans les rues, à Akihabara. Je lui raconte tout ça. Il me regarde des fois. Il y a plein de noms de personnages d’X séries qui me reviennent en tête et je me vois en train de me demander tiens, et lui est-ce qu’il est dans ce jeu ? Et lui ? Souvent, la réponse est non. Ce ne sont peut-être pas des personnages issus de Jump. Quand soudain : pourquoi au juste ne suis-je jamais allé au bout d’une série comme BLAME ! ? Comme quasiment tous mes mangas à l’époque, je les ai vendus sur Ebay avant de quitter Saint-Etienne. Je n’ai gardé que Fly, Akira et Angel Sanctuary, que je serai bien aujourd’hui incapable de relire et dont je n’ai jamais pu me résoudre à me débarrasser car, à l’intérieur de plusieurs tomes, sur les premières pages, H. m’avait écrit des mots au crayon. C’est lui qui, de Paris où il trouvait facilement les séries publiées par Tonkam ( moi non ), , il me les envoyait. Je ne crois pas avoir relu ces mots depuis cette époque. Et je n’aurai pas la possibilité de lui parler plus de quelques minutes par téléphone : il a passé près de 12h au collège dans lequel il travaille, il est crevé et moi aussi. J’ai fait trop d’écran aujourd’hui, je lui dis, et je me suis pris pour Icare. Et on a fait tous les deux comme si on comprenait ce que ça voulait dire.

220119, version 3 (22 janvier 2019)

La 4G n’est pas magiquement revenue toute seule ce matin et le gars à qui j’ai loué un canapé pour la nuit a super liké quelqu’un par inadvertance sur Tinder, sauf qu’il n’a pas dit par inadvertance (il a dit en revanche super liké) et je ne sais pas, au juste, comment on peut super liker qui que ce soit sans que ce soit voulu, souhaité, conscient, d’ailleurs je ne sais même pas ce qu’on est censé répondre à ça (dans le doute, j’ai dû dire quelque chose comme ah). Je ne sais pas qui il est ni ce qu’il fait mais le petit déjeuner est bon et il n’a pas l’air de partir où que ce soit travailler. À la manière qu’il a de dire qu’il recherche, sur Tinder donc, des personnes, j’ai supposé que c’était des mecs qu’il recherchait mais après tout je n’en sais rien, ce qui m’a conduit à me souvenir que j’ai toujours eu du mal à trouver les mots justes pour dire que j’étais avec quelqu’un dans ma vie, parce que le mot juste n’existe pas : passé un certain âge, copain, ça ne collait plus trop, sans parler de conjoint ou je ne sais quoi. Mari, je n’en parle même pas, j’essaye de fuir ce mot comme la peste : j’aurais l’impression de faire semblant d’être adulte. Non, depuis plusieurs années, je me suis calé sur compagnon quand je veux parler d’H., ce qui est le moins pire de tous ces mots. Et je ne dirai certainement plus ami, qui est en quelque sorte une facilité quand on n’a pas envie de dire ouvertement qu’on est gay à qui que ce soit et qui ne m’est arrivé d’utiliser qu’une seule fois dans ma vie, à un type du collège des Souces au Mans où je faisais, bien piteusement il faut bien le dire, des vacations comme prof de français remplaçant il y a de ça une dizaine d’années. À lui, donc, un collègue, qui m’avait demandé pour faire la conversation en salle des profs si j’avais quelqu’un, j’avais donc dit que oui, et je parlais de mon ami, et il avait conclu que tout naturellement c’est une amie et par lâcheté je ne l’avais pas corrigé... Et chaque fois que je le croisais en salle des profs, il prenait des nouvelles, pour une raison qui m’échappe aujourd’hui, de cette fille qui était ma copine, et voilà qui m’a appris à ne plus dire mon ami (le plus simple étant tout bêtement de dire H. et basta). Là, j’ai continué mon cirque d’éditeur itinérant : je travaillerai dans un TER ou un Intercité, je sais plus, je travaillerai au café quelque part où il ne font pas de maté et où j’ai dû prendre un café pour compenser (j’ai horreur de ça, le café). Pas de sandwich ici, un plat du jour. Quelque chose de simple. Appelé Free pour débloquer, centimètre par centimètre, la 4G dans les paramètres du tel. Ça fonctionne suffisamment pour que je puisse voir le GPS me guider. Je ne sais pas où je vais. Par moments je me souviens que j’avais décidé de ne plus parler, ou ne parler qu’en cas d’extrême nécessité, à d’autres je l’oublie complètement et (c’est un exemple) je réponds au téléphone. Du temps où je la voyais encore, ψ m’avait demandé, puisque la question du silence revenait souvent, et pourquoi ne pas le faire, une retraite silencieuse quelque temps ? Est-ce que c’est ça que je fais ? Pas sûr. J’ai terminé de lire dans le train le livre de T., il faudrait que je l’appelle pour lui dire. Comment faire si c’est pour pas parler ? Peut-être qu’il comprendra. Et j’ai besoin non de parler mais de livre à voix haute quand il vient l’heure de répéter lecture des Bara no Hanayome. D’abord, trouver un endroit au calme. Je ne voulais pas passer pour un déséquilibré. Un mutique oui. Un doux dingue non. Certaines cartes fonctionnent, d’autres pas. Je n’ai plus le temps de revenir dessus. Le mieux que je puisse faire maintenant c’est de faire mon possible pour les articuler le mieux possible (comprendre comment dans mon attitude ou dans mon interprétation je peux les transcrire dans l’oralité). Mais ce n’est pas le principal problème ici. Il y en a deux. Le premier, c’est que l’une des cartes n’a pas digéré le redimensionnement au nouveau format, et l’alignement ne se fait pas, il faut que je la retire. C’est facile à corriger. Le second l’est moins. J’ai oublié une lettre quelque part. Et je ne vois pas, en l’état, comment corriger ça. Je la laisse de côté quelque part. Je crois qu’une part de moi se dit que de toute façon, je ne ferai pas cette lecture. Que je me prépare là pour rien. Que c’est donc inutile de se cailler les doigts et les yeux pendant que la lumière s’en va. Je pourrais me faire porter pâle. Je pourrais tout simplement ne pas rentrer. Ou bien faire le truc en visioconférence, sur l’écran d’un téléphone ou d’une tablette. Ou bien encore, et j’avais sérieusement pensé à ça pour mon mariage, à un moment qu’il m’est venu (plusieurs fois plusieurs fois) l’envie de le fuir (est une pulsion), je pourrais engager quelqu’un qui me ressemble pour faire la lecture à ma place. Voilà le genre de trucs que je pense quand j’en suis à laisser mon corps dériver lentement dans la rue d’une ville que je ne connais pas, que je ne veux même pas connaître, dans laquelle je sais déjà, à peine arrivé, que je ne veux pas vivre. Il n’y a pas la mer. Et, c’est ce que m’a dit la personne qui m’a déposé en covoiturage tout à l’heure, ici il n’y a qu’une place de vivant et c’est tout. Le reste, c’est mort. Les bars ils ferment à 20h. Mais est-ce cela que je recherche avant tout, dans une ville où vivre, une heure de fermeture décente des bars ? En réalité, je ne sais rien de quels seraient mes critères pour une ville où vivre. Peut-être suis-je ici pour découvrir ça ? Peut-être que je suis perdu. L’airbnb du soir, c’est un type avec un ado de quinze ans qui passe son temps à regarder sur son téléphone des vidéos d’un jeu qui s’appelait Jump force et je n’ai jamais entendu parler de ce truc. C’est normal, il sort le 15 février et je me suis dit que ça faisait longtemps que je n’avais pas su à l’avance la date de parution d’un jeu, comme ça, d’un jeu que l’on attend. Mais ça façon à lui d’attendre ce jeu qui, à l’entendre, allait changer sa vie, c’est sûr, était un peu étrange puisqu’il passera des heures à regarder absolument toutes les vidéos de gameplay et de démo qu’on pouvait trouver sur une célèbre plateforme de partage de vidéos en ligne. De cette manière, n’aurait-il pas épuiser tous les recoins du jeu avant même d’y jouer ? Ça n’a pas l’air de l’émouvoir. C’est juste un jeu de baston, disait-il, mais un jeu un peu particulier puisqu’il mélange (c’est un cross over, dans le jargon) des personnages issues de différentes licences de mangas qui ont toutes pour point commun de partager le même magasine de pré-publication, au Japon (Jump, d’où le titre). J’ai beau lui dire que des magazines Jump on en a vu avec H. au Japon il y a quelques mois, il s’en fiche pas mal, même que ça m’amuse assez car dans ce jeu il y a le héros de Yu Yu Hakusho, que je n’ai jamais pu lire quand j’étais ado, ça m’était tombé des mains, mais je me souviens d’une pose célèbre qu’à le héros, les bras croisés, torse nu, sa veste d’écolier par dessus les épaules. En fait, nous avons vu ce personnage dans cette exacte pose dans une boutique de figurines à Tokyo et le voilà à nouveau. Le fait est que cette façon de porter sa veste par dessus les épaules, sans enfiler les manches, on la retrouve souvent dans des mangas ou des animés ici ou là, c’est la façon qu’on les durs de porter leur veste, et le fait est qu’on en a vu qui le faisait dans les rues, à Akihabara. Je lui raconte tout ça. Il me regarde des fois. Il y a plein de noms de personnages d’X séries qui me reviennent en tête et je me vois en train de me demander tiens, et lui est-ce qu’il est dans ce jeu ? Et lui ? Souvent, la réponse est non. Ce ne sont peut-être pas des personnages issus de Jump. Quand soudain : pourquoi au juste ne suis-je jamais allé au bout d’une série comme BLAME ! ? Comme quasiment tous mes mangas à l’époque, je les ai vendus sur Ebay avant de quitter Saint-Etienne. Je n’ai gardé que Fly, Akira et Angel Sanctuary, que je serai bien aujourd’hui incapable de relire et dont je n’ai jamais pu me résoudre à me débarrasser car, à l’intérieur de plusieurs tomes, sur les premières pages, H. m’avait écrit des mots au crayon. C’est lui qui, de Paris où il trouvait facilement les séries publiées par Tonkam, il me les envoyait. Je ne crois pas avoir relu ces mots depuis cette époque. Et je n’aurai pas la possibilité de lui parler plus de quelques minutes par téléphone : il a passé près de 12h au collège dans lequel il travaille, il est crevé et moi aussi. J’ai fait trop d’écran aujourd’hui, je lui dis, et je me suis pris pour Icare. Et on a fait tous les deux comme si on comprenait ce que ça voulait dire.

220119, version 2 (22 janvier 2019)

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