270119


J’en suis maintenant à voir passer les trains sur l’écran d’une application sans bouger, à me dire je prendrai le suivant, je prendrai le suivant. Je voulais clore les préparatifs de cette lecture à Seconda avant de rentrer à Paris, j’allais écrire définitivement à Paris, mais je butte sur des machins très simples, par exemple quand faire le tirage, avant ou après le préambule ? Pendant ? Pas possible : je n’aurai que deux mains et je ne peux pas aller et venir vers le public avec le micro. Peut-être devrais-je demander de l’aide à quelqu’un pour me seconder (c’est un jeu de mot). Aussi, j’ai eu des doutes sur le son et j’aurai tout aussi bien pu tout refaire dans l’après-midi (non). Le son est là pour matérialiser pendant la lecture le caviardage des mots. L’autre piste aurait été, plutôt que d’appeler du son pour matérialiser dans l’espace ces blancs (noirs), de faire jouer du son tout du long et en augmenter le volume à chaque mot censuré : je n’irai pas dans cette direction. Ce serait rébarbatif, soporifique et pesant pour tout le monde. Surtout, je ne voulais pas travailler là-dessus dans un train. Je voulais que le train soit un moment de calme. Une espèce de respiration. Voilà pourquoi je persisterai à les laisser passer (les trains). Ailleurs, dans ce vaste monde, les gens font des listes. L’autre jour, sur la littérature dite complexe (c’est quoi ?), c’était une dizaine d’auteurs cités, tous des hommes. Et ce matin, sur FB, une liste de grands auteurs américains vivants, là encore pas une femme. Même pas une ou deux pour faire style, non, pas une seule. J’avais lu quelque part (où ?) cette histoire d’application mise à disposition des journalistes de telle ou telle publication (de langue anglaise je crois), un algorithme qui t’avertissait si ton article ne comportait dans ses références que des noms d’homme, peut-être qu’il faudrait que dans la vie aussi des genres d’IA se réveillent chaque fois que la situation se présente pour te chanter cette horrible chanson des années 80, tu sais, celle qui se demande précisément où sont les femmes avec leurs gestes pleins de (air connu) ; à force, on en viendrait peut-être naturellement à tout faire pour éviter de subir ça. À 15h35, je suis prêt. Du moins, je me dis que je le suis. Je passe sur les horaires flottant, je passe sur les retards et l’immobilisation des rames en plein no man’s land de givre et de silence, je passe sur les métros à attraper dans le rush et la sueur, je passe sur le nombre de fois où je me dirai que tous ces contre-temps sont des signes et qu’il faudrait que j’en tienne compte, je passe sur le fait d’être arrivé comme un cheveu sur la soupe, je passe sur tout un tas de trucs ; la lecture a eu lieu. Mais, je sais pas, ça se passera pas bien [1]. Tout ce qui peut mal se passer dans ma tête se passe mal dans la vie (ça arrive), à commencer par le tirage [2] qui ne contient aucune des cartes que j’aurais voulu lire mais qui contient en revanche celle que je voulais à tout prix éviter [3]. À la limite c’est le jeu. Je veux dire, littéralement. Mais j’ai vu trop grand je crois et mon attention est toujours à côté (à côté des cartes, à côté du tel que j’utilise comme une télécommande pour déclencher et arrêter les sons) et jamais sur. Par exemple, je ne suis pas avec le public. Je suis hors. Et je n’entendrai même pas les applaudissements à la fin. Derrière, j’ai le sentiment d’avoir joué un derby à domicile et d’avoir perdu 3-0. Et je suis là à ressasser, à revoir toutes les actions que j’ai ratées et qui auraient pu changer la physionomie du match. Et, malgré toute la gentillesse et la bienveillance dont H., Mathilde ou Antonin peuvent faire preuve, on peut dire que j’ai le seum.

8 mars 2019
par Guillaume Vissac
Journal
#Antonin Crenn #Bara no hanayome #Football #H. #Mathilde Roux #Métro #Train

[1Il y a eu deux signes avant-coureur que j’aurais pu voir venir : l’absence totale de stress cette semaine avant la lecture (c’était en soi bizarre) et peut-être une heure avant d’arriver à Paris j’ai cassé l’élastique du porte-bonheur d’Asakusa et là, à ce moment précis, ma chance a tourné.

[2En réalité non, je n’ai tiré qu’une carte que j’aurais préféré éviter tirer et c’est probablement celle qui a le mieux fonctionné avec le public.

[3En réalité là encore, c’est faux, puisque je l’ai réécrite quelques jours en amont pour éviter de me retrouver précisément le bec dans l’eau.

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270119, version 6 (8 mars 2019)

Train, Métro, H., Football, Mathilde Roux, Antonin Crenn, Bara no hanayome
J’en suis maintenant à voir passer les trains sur l’écran d’une application sans bouger, à me dire je prendrai le suivant, je prendrai le suivant. Je voulais clore les préparatifs de cette lecture à Seconda avant de rentrer à Paris, j’allais écrire définitivement à Paris, mais je butte sur des machins très simples, par exemple quand faire le tirage, avant ou après le préambule ? Pendant ? Pas possible : je n’aurai que deux mains et je ne peux pas aller et venir vers le public avec le micro. Peut-être devrais-je demander de l’aide à quelqu’un pour me seconder (c’est notez que l’italique indique un jeu de mot). Aussi, j’ai eu des doutes sur le son et j’aurai tout aussi bien pu tout refaire dans l’après-midi (non). Le son est là pour matérialiser pendant la lecture le caviardage des mots. L’autre piste aurait été idée , c’était , plutôt que d’appeler du son pour matérialiser dans l’espace ces les blancs (noirs), de ) du caviardage , faire jouer du son tout du long et en augmenter le volume à chaque mot censuré : je n’irai n’airai pas dans cette direction. Ce serait rébarbatif, soporifique et pesant pour tout le monde. Surtout, je ne voulais pas travailler là-dessus dans un train. Je voulais que le train soit un moment de calme. Une espèce de respiration. Voilà pourquoi je persisterai à les laisser passer (les trains). Ailleurs, dans ce vaste monde, les gens font des listes. L’autre jour, sur [la la littérature dite complexe->https://www . complexe ( c’est quoi  ? franceculture.fr/emissions/le-billet-culturel/le-billet-culturel-du-mardi-22-janvier-2019] (c’est quoi ?), c’était une dizaine d’auteurs cités, tous des hommes. Et ce matin, sur FB, c’est une liste de grands auteurs américains vivants, là encore pas une femme. Même pas une ou deux pour faire style, non, pas une seule. J’avais lu quelque part (où ?) cette histoire d’application mise à disposition des journalistes de telle ou telle publication ( de langue anglaise je crois ), , un algorithme qui t’avertissait si ton article ne comportait dans ses références que des noms d’homme, peut-être qu’il faudrait que dans la vie aussi des genres d’IA se réveillent chaque fois que la situation se présente pour te chanter cette horrible chanson des années 80, tu sais, celle qui se demande précisément où sont les femmes avec leurs gestes pleins de (air connu) ; à force, on en viendrait peut-être naturellement à tout faire pour éviter cette situation , et donc tout faire pour éviter de subir ça. À 15h35, je suis prêt. Du moins, je me dis que je le suis. Je passe sur les horaires flottant, je passe sur les retards et l’immobilisation des rames en plein no man’s land de givre et de silence, je passe sur les métros à attraper dans le rush et la sueur, je passe sur le nombre de fois où je me dirai que tous ces contre-temps sont des signes et qu’il faudrait que j’en tienne compte, par exemple en ne me pointant point , je passe sur le fait d’être arrivé comme un cheveu en plein milieu des premières lectures , je passe sur la soupe le planning chamboulé par ma faute , je passe sur tout un tas la friction du réel au moment qui charrie son lot de trucs  ; la lecture a eu lieu . pixels morts ou quasi quand tu les traverse [je ne comprends plus cette phrase] Mais , je sais pas , ça se passera pas bien [1]. . Tout ce qui peut mal se passer dans ma tête se passe mal dans la vie (ça arrive), à commencer par le tirage [2] , je passe sur tous ces trucs ; la lecture a eu lieu, une seconde fois. Mais, je ne sais pas, ça se passera pas bien. Tout ce qui peut mal se passer dans ma tête se passe mal dans la vie ( ça arrive ), à commencer par le tirage ( en réalité non , je n’ai tiré qu’une carte que j’aurais préféré éviter tirer et c’est probablement celle qui a le mieux fonctionné avec le public ) qui ne contient aucune des cartes que j’aurais voulu lire mais qui contient en revanche celle que je voulais à tout prix éviter [3]. ). À la limite c’est le jeu. Je veux dire, littéralement . littéralement . Mais j’ai vu trop grand je crois et mon attention est toujours à côté (à côté des cartes, à côté du tel que j’utilise comme une télécommande pour déclencher et arrêter les sons) et jamais sur. Par exemple, je ne suis pas avec le public. Je suis hors. Et je n’entendrai même pas les applaudissements à la fin. Derrière, je passe mon temps à ressasser et en vrai j’ai le sentiment d’avoir joué un derby à domicile et d’avoir perdu 3-0. Et je suis à ressasser , à revoir Je revois toutes les actions que j’ai ratées et qui auraient pu changer la physionomie du match. Et, malgré toute la gentillesse et la bienveillance dont [H H .->mot59], [Mathilde->http://www.mathilderoux.fr] ou [Antonin->https://textes.antonincrenn.com] , Mathilde ou Antonin peuvent faire preuve, on peut dire que j’ai le seum.Quelque part, ça me rappelle un peu le premier texte que j’ai jamais publié en revue (le deuxième en réalité, le premier l’avait été mais sous un autre nom). Je m’étais rendu à la soirée de lancement dans une librairie parisienne (nous habitions alors en banlieue de banlieue) et j’ai fait demi-tour avant d’y entrer : j’avais relu le texte fraichement publié juste avant dans l’exemplaire qu’on m’avait envoyé et ce texte, que je m’étais bien gardé de relire pour pouvoir le redécouvrir sur papier, il me dégoûtait.

[1Il Il y a eu deux signes avant-coureur que j’aurais pu ( et qu’en réalité j’ai vu ) voir venir : l’absence totale de stress cette semaine avant la lecture (c’était en soi bizarre) et peut-être une heure avant d’arriver à Paris j’ai cassé l’élastique du porte-bonheur d’Asakusa d’Asakusa et ma chance a tourné . et , à ce moment précis, ma chance a tourné.

[2En réalité non, je n’ai tiré qu’une carte que j’aurais préféré éviter tirer et c’est probablement celle qui a le mieux fonctionné avec le public.

[3 En éviter ( en réalité là encore, c’est faux, puisque je l’ai réécrite quelques jours en amont pour éviter de me retrouver précisément le bec dans l’eau.

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270119, version 5 (7 mars 2019)

c’est bon c’est bon, le voilà :

J’en suis maintenant à voir passer les trains sur l’écran d’une application sans bouger, à me dire je prendrai le suivant, je prendrai le suivant . Je voulais clore les préparatifs de cette lecture à Seconda avant de rentrer à Paris, j’allais écrire définitivement à Paris, mais je butte sur des machins très simples, par exemple quand faire le tirage, avant ou après le préambule ? Pendant ? Pas possible : je n’aurai que deux mains et je ne peux pas aller et venir vers le public avec le micro. Peut-être devrais-je demander de l’aide à quelqu’un pour me seconder seconder (notez que l’italique indique c’est un jeu de mot). Aussi, j’ai eu des doutes sur le son et j’aurai tout aussi bien pu tout refaire dans l’après-midi (non). L’autre idée, c’était, plutôt que d’appeler du son pour matérialiser dans l’espace les blancs (noirs) du caviardage, faire jouer du son tout du long et en augmenter le volume à chaque mot censuré : je n’airai pas dans cette direction. Ce serait rébarbatif, soporifique et pesant pour tout le monde. Surtout, je ne voulais pas travailler là-dessus dans un train. Je voulais que le train soit un moment de calme. Une espèce de respiration. Voilà pourquoi je persisterai à les laisser passer (les trains). Ailleurs, dans ce vaste monde, les gens font des listes. L’autre jour, sur la littérature dite complexe (c’est quoi ?), L’autre jour , sur a littérature complexe , c’était une dizaine d’auteurs cités, tous des hommes. Et ce matin, sur FB, c’est une liste de grands auteurs américains vivants, là encore pas une femme. Même M^me pas une ou deux pour faire style, non, pas une seule. J’avais lu quelque part (où ?) cette histoire d’application mise à disposition des journalistes de telle ou telle publication de langue anglaise, un algorithme qui t’avertissait si ton article ne comportait dans ses références que des noms d’homme, peut-être qu’il faudrait que dans la vie aussi des genres d’IA se réveillent chaque fois que la situation se présente pour te chanter cette horrible chanson des années 80, tu sais, celle qui se demande précisément où sont les femmes avec leurs gestes pleins de (air connu) ; à force, on en viendrait peut-être naturellement à tout faire pour éviter cette situation, et donc tout faire pour éviter de subir ça. C’est que ça reste dans la tête longtemps. À 15h35, je suis prêt. Du moins, je me dis que je le suis. Je passe sur les horaires horraires flottant, je passe sur les retards et l’immobilisation des rames en plein no man’s land de givre et de silence, je passe sur les métros à attraper dans le rush et la sueur, je passe sur le nombre de fois où je me dirai que tous ces contre-temps sont des signes et qu’il faudrait que j’en tienne compte, par exemple en ne me pointant pointle soir même , je passe sur le fait d’être arrivé en plein milieu des premières lectures, je passe sur le planning chamboulé par ma faute, je passe sur la friction du réel au moment qui charrie son lot de pixels morts ou quasi quand tu les traverse [je ne comprends plus cette phrase], je passe sur tous ces trucs ; la lecture a eu lieu, une seconde fois. Mais, je ne sais pas, ça ne se passera pas bien. Tout ce qui peut mal se passer dans ma tête se passe mal dans la vie (ça arrive), à commencer par le tirage (en réalité non, je n’ai tiré qu’une carte que j’aurais préféré éviter tirer et c’est probablement celle qui a le mieux fonctionné avec le public) qui ne contient aucune des cartes que j’aurais voulu lire mais qui contient en revanche celle que je voulais à tout prix éviter (en réalité là encore, c’est faux, puisque je l’ai réécrite quelques jours en amont pour éviter de me retrouver précisément le bec dans l’eau). À la limite c’est le jeu. Je veux dire, littéralement. Mais j’ai vu trop grand je crois et mon attention est toujours à côté (à côté des cartes, à côté du tel que j’utilise comme une télécommande pour déclencher et arrêter les sons) et jamais sur. Par exemple, je ne suis pas avec le public. Je suis hors. Et je n’entendrai même pas les applaudissements à la fin. Derrière, je passe mon temps à ressasser et en vrai j’ai le sentiment d’avoir joué un derby à domicile et d’avoir perdu 3-0. Je revois toutes les actions que j’ai ratées et qui auraient pu changer la physionomie du match. Et, malgré toute la gentillesse et la bienveillance dont H., Mathilde ou Antonin peuvent faire preuve, on peut dire que j’ai le seum. Il y a eu deux signes avant-coureur que j’aurais pu (et qu’en réalité j’ai vu) voir venir : l’absence totale de stress cette semaine avant la lecture (c’était en soi bizarre) et peut-être une heure avant d’arriver à Paris j’ai cassé l’élastique du porte-bonheur d’Asakusa et ma chance a tourné. Là, à ce moment précis, ma chance a tourné. Quelque part, ça me rappelle un peu le premier texte que j’ai jamais publié en revue (le deuxième en réalité, le premier l’avait été mais sous un autre nom). Je m’étais rendu à la soirée de lancement dans une librairie parisienne (nous habitions alors en banlieue de banlieue) et j’ai fait demi-tour avant d’y entrer : j’avais relu le texte fraichement publié juste avant dans l’exemplaire qu’on m’avait envoyé et ce texte, que je m’étais bien gardé de relire pour pouvoir le redécouvrir sur papier, il me dégoûtait.

270119, version 4 (26 février 2019)

c’est bon c’est bon , oui ben j’ai pas eu le voilà  : temps

J’en suis maintenant à voir passer les trains sur l’écran d’une application sans bouger, à me dire je prendrai le suivant. Je voulais clore les préparatifs de cette lecture à Seconda avant de rentrer à Paris, j’allais écrire définitivement à Paris, mais je butte sur des machins très simples, par exemple quand faire le tirage, avant ou après le préambule ? Pendant ? Pas possible : je n’aurai que deux mains et je ne peux pas aller et venir vers le public avec le micro. Peut-être devrais-je demander de l’aide à quelqu’un pour me seconder (c’est un jeu de mot). Aussi, j’ai eu des doutes sur le son et j’aurai tout aussi bien pu tout refaire dans l’après-midi (non). L’autre idée, c’était, plutôt que d’appeler du son pour matérialiser dans l’espace les blancs (noirs) du caviardage, faire jouer du son tout du long et en augmenter le volume à chaque mot censuré : je n’airai pas dans cette direction. Ce serait rébarbatif, soporifique et pesant pour tout le monde. Surtout, je ne voulais pas travailler là-dessus dans un train. Je voulais que le train soit un moment de calme. Une espèce de respiration. Voilà pourquoi je persisterai à les laisser passer (les trains). Ailleurs, dans ce vaste monde, les gens font des listes. L’autre jour, sur a littérature complexe, c’était une dizaine d’auteurs cités, tous des hommes. Et ce matin, sur FB, c’est une liste de grands auteurs américains vivants, là encore pas une femme. M^me pas une ou deux pour faire style, non, pas une seule. J’avais lu quelque part (où ?) cette histoire d’application mise à disposition des journalistes de telle ou telle publication de langue anglaise, un algorithme qui t’avertissait si ton article ne comportait dans ses références que des noms d’homme, peut-être qu’il faudrait que dans la vie aussi des genres d’IA se réveillent chaque fois que la situation se présente pour te chanter cette horrible chanson des années 80, tu sais, celle qui se demande précisément où sont les femmes avec leurs gestes pleins de (air connu) ; à force, on en viendrait peut-être naturellement à tout faire pour éviter cette situation, et donc tout faire pour éviter de subir ça. C’est que ça reste dans la tête longtemps. À 15h35, je suis prêt.Je passe sur les horraires flottant, je passe sur les retards et l’immobilisation des rames en plein no man’s land de givre et de silence, je passe sur les métros à attraper dans le rush et la sueur, je passe sur le nombre de fois où je me dirai que tous ces contre-temps sont des signes et qu’il faudrait que j’en tienne compte, par exemple en ne me pointant point le soir même, je passe sur le fait d’être arrivé en plein milieu des premières lectures, je passe sur le planning chamboulé par ma faute, je passe sur la friction du réel au moment qui charrie son lot de pixels morts ou quasi quand tu les traverse [je ne comprends plus cette phrase], je passe sur tous ces trucs ; la lecture a eu lieu, une seconde fois. Mais, je ne sais pas, ça ne se passera pas bien. Tout ce qui peut mal se passer dans ma tête se passe mal dans la vie (ça arrive), à commencer par le tirage (en réalité non, je n’ai tiré qu’une carte que j’aurais préféré éviter tirer et c’est probablement celle qui a le mieux fonctionné avec le public) qui ne contient aucune des cartes que j’aurais voulu lire mais qui contient en revanche celle que je voulais à tout prix éviter (en réalité là encore, c’est faux, puisque je l’ai réécrite quelques jours en amont pour éviter de me retrouver précisément le bec dans l’eau). À la limite c’est le jeu. Je veux dire, littéralement. Mais j’ai vu trop grand je crois et mon attention est toujours à côté (à côté des cartes, à côté du tel que j’utilise comme une télécommande pour déclencher et arrêter les sons) et jamais sur. Par exemple, je ne suis pas avec le public. Je suis hors. Et je n’entendrai même pas les applaudissements à la fin. Derrière, je passe mon temps à ressasser et en vrai j’ai le sentiment d’avoir joué un derby à domicile et d’avoir perdu 3-0. Je revois toutes les actions que j’ai ratées et qui auraient pu changer la physionomie du match. Et, malgré toute la gentillesse et la bienveillance dont H., Mathilde ou Antonin peuvent faire preuve, on peut dire que j’ai le seum. Il y a eu deux signes avant-coureur que j’aurais pu (et qu’en réalité j’ai vu) voir venir : l’absence totale de stress cette semaine avant la lecture (c’était en soi bizarre) et peut-être une heure avant d’arriver à Paris j’ai cassé l’élastique du porte-bonheur d’Asakusa et ma chance a tourné. Là, à ce moment précis, ma chance a tourné. Quelque part, ça me rappelle un peu le premier texte que j’ai jamais publié en revue (le deuxième en réalité, le premier l’avait été mais sous un autre nom). Je m’étais rendu à la soirée de lancement dans une librairie parisienne (nous habitions alors en banlieue de banlieue) et j’ai fait demi-tour avant d’y entrer : j’avais relu le texte fraichement publié juste avant dans l’exemplaire qu’on m’avait envoyé et ce texte, que je m’étais bien gardé de relire pour pouvoir le redécouvrir sur papier, il me dégoûtait.

270119, version 3 (18 février 2019)

oui ben j’ai pas eu le temps

270119, version 2 (28 janvier 2019)

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  • Ce devait être un très chouette moment (la preuve des applaudissements il y en a eut). Et je trouve l’idée géniale - et l’idée d’avoir cette idée même : format du texte, vraies cartes !, l’ajout des sons…

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