070419


Parfois, quand j’y réfléchis, l’idée même de « communication » entre deux personnes me paraît être une simple façon de parler, et un bavardage illusoire. C’est une fiction qui rend possibles les relations entre deux individus, profondément étrangers l’un à l’autre. Mais, en réalité, cette « communication » est impossible. L’effort même que nous faisons pour sonder ce qui se passe dans l’esprit de notre interlocuteur détériore ses propres pensées.

Robert M. Pirsig, Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes, Points Seuil, traduction Maurice Pons, Andrée et Sophie Mayoux, P. 323

J’ai finalement décidé de ne pas mettre cette pommade chelou. Si on me demande pourquoi, voici ce que je répondrai : cette truc, je le sens pas. C’est tout. Initialement, je cherchais un genre de stratégie pour reconquérir la lumière. Beaucoup de mauvaises décisions ces dernières années relatives à la lumière (lunettes teintées, fermeture des stores la journée...) : ça n’a conduit qu’à accroître ma propre sensibilité à peu près n’importe quoi. Et là, bien sûr, encore d’autres médocs. Et quelque chose me dérange dans ma journée, je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Est-ce que c’est de n’avoir pas fait ce que j’avais prévu ? C’est quelque chose qui revient souvent. Le remède à tout ça, c’est encore de ne rien prévoir. Et juste de vivre spontanément ce que l’on a à vivre. Ou bien n’être ni dans le oui ni dans le non, être dans le mu ?

Le mu, c’est l’absence de toutes choses. Comme la Qualité, il échappe au processus de la discrimination dualiste. Le mu dit simplement : ni 1 ni 0, ni oui ni non. Il indique que le contexte d’une question donnée est tel qu’une réponse par oui ou par non serait erronée, et ne peut être donnée. « Reprenez votre question », voilà sa réponse.

Ibid., P. 346

Est-ce que ça s’écrit む ? Mais ça ne m’avance pas beaucoup plus que ça. D’ailleurs, le Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes n’est pas du tout ce que je croyais que c’était et ce n’est pas, en soi, un problème, que quoi que ce soit ne soit pas conforme à ce que je croyais que c’était. C’est aussi un livre construit : un récit de voyage qui sait utiliser le langage narratif pour te mener là où il veut. Par exemple, l’utilisation de symboles assez universels (montagne à gravir), et la mise en place, via ce qu’on pourrait appeler en cinéma le montage alterné, d’un système d’équivalence entre la réflexion menée au fil du texte et les agissements du narrateur et de son fils au cours de leur voyage. Un voyage qui est aussi une métaphore d’un genre de quête de soi.

Le zen a son mot à dire à propos de l’ennui. Son exercice principal, la position assise, est certainement l’activité la plus ennuyeuse au monde – à l’exception de l’habitude hindoue de se faire enterrer vivant. Pas grand chose à faire. Ni bouger ni penser. Quoi de plus ennuyeux ? Et pourtant, au cœur de cet ennui réside le secret du bouddhisme zen. Qu’est-ce donc ? Que peut-il y avoir au cœur de l’ennui, qui échappe au regard de celui qui s’ennuie ?

Ibid., P. 342-343.

Et je réalise en lisant ce passage que je me suis ennuyé aujourd’hui. J’avais des choses en tête que j’ai plus ou moins esquissées, sans aller beaucoup plus loin que ça, une forme de paresse. J’ai laissé les heures me mener et non le contraire. Je suis tombé dans une forme de confort qui, chez moi, confère souvent au vide.

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070419, version 9 (9 mai 2019)

J’ai</x > J’ai finalement décidé de ne pas mettre cette pommade chelou. Si on me demande pourquoi, voici ce que je répondrai : cette truc, je le sens pas. C’est tout. Initialement, je cherchais un genre de stratégie pour reconquérir la lumière. Beaucoup de mauvaises décisions ces dernières années relatives à la lumière (lunettes teintées, fermeture des stores la journée...) : ça n’a conduit qu’à accroître ma propre sensibilité à peu près n’importe quoi. Et là, bien sûr, encore d’autres médocs. Et quelque chose me dérange dans ma journée, je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Est-ce que c’est de n’avoir pas fait ce que j’avais prévu ? C’est quelque chose qui revient souvent. Le remède à tout ça, c’est encore de ne rien prévoir. Et juste de vivre spontanément ce que l’on a à vivre. Ou bien n’être ni dans le oui ni dans le non, être dans le mu ?

070419, version 8 (9 mai 2019)

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Parfois, quand j’y réfléchis, l’idée même de « communication » entre deux personnes me paraît être une simple façon de parler, et un bavardage illusoire. C’est une fiction qui rend possibles les relations entre deux individus, profondément étrangers l’un à l’autre. Mais, en réalité, cette « communication » est impossible. L’effort même que nous faisons pour sonder ce qui se passe dans l’esprit de notre interlocuteur détériore ses propres pensées.

Robert M. Pirsig, Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes, Points Seuil, traduction Maurice Pons, Andrée et Sophie Mayoux, P. 323

</blockquote>

Motocyclettes 323

J’ai finalement décidé de ne pas mettre [cette cette pommade chelou->article4376 ]. chelou . Si on me demande pourquoi, voici ce que je répondrai : cette truc, je le sens pas. C’est tout. Initialement, je cherchais un genre de stratégie pour reconquérir une reconquête de la lumière. Beaucoup de mauvaises décisions ces dernières années relatives à la lumière (lunettes teintées, fermeture des stores la journée...) : ça n’a conduit qu’à accroître ma propre sensibilité à peu près tout et n’importe quoi. Et là, bien sûr, encore d’autres des médocs. Et quelque chose me dérange dans ma journée, je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Est-ce que c’est de n’avoir pas fait ce que j’avais prévu ? C’est quelque chose qui revient souvent. Le remède à tout ça, c’est encore de ne rien prévoir. Et juste de vivre spontanément ce que l’on a à vivre vit . Ou bien n’être ni dans le oui ni dans le non, être dans le mu mu ?

Corps, Vide, Robert M. Pirsig
jpg/img_20190309_181319_311.jpg

070419, version 7 (9 mai 2019)

070419, version 6 (8 mai 2019)

J’ai finalement décidé de ne pas mettre cette la pommade chelou. Si on me demande pourquoije n’ai pas suivi les recommandations du médecin , je répondraice que je crois être la réponse la plus proche de la réalité qui soit : cette truc, je le sens pas. C’est tout. Initialement, je cherchais cette consultation de vendredi devait permettre un genre de stratégie pour une reconquête de la lumière, je ne sais pas comment le dire mieux . Beaucoup J’ai pris de mauvaises décisions ces dernières années relatives à la lumière (lunettes teintées qui se teintent automatiquement , fermeture des stores la journée...)  : ça n’a qui n’ont conduit qu’à accroître ma propre sensibilité à peu près tout et n’importe quoi elle . Et là, bien sûr, encore des médocs. Je n’y suis pas allé dans l’optique de me farcir encore des pelletées de médocs. Et quelque chose me dérange dans ma journée, je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Est-ce que c’est de n’avoir pas fait ce que j’avais prévu ? C’est quelque chose qui revient souvent. Le remède à tout ça, c’est encore de ne rien prévoir. Et juste de vivre spontanément ce que l’on vit. Ou bien n’être ni dans le oui ni dans le non, être dans le mu ?

070419, version 5 (4 mai 2019)

J’ai finalement décidé de ne pas mettre la pommade orange chelou. Si on me demande pourquoi je n’ai pas suivi les recommandations du médecin de l’otphalmo là-dessus , je répondrai ce que je crois être la réponse la plus proche de la réalité qui soit : cette truc, je le sens pas. Initialement, cette consultation de vendredi devait permettre un genre de stratégie pour une reconquête de la lumière, je ne sais pas comment le dire mieux. J’ai pris de mauvaises décisions ces dernières années relatives à la lumière (lunettes qui se teintent automatiquement, fermeture des stores la journée...) qui n’ont conduit qu’à accroître ma propre sensibilité à elle. Je n’y suis pas allé dans l’optique de me farcir encore des pelletées de médocs. Et quelque chose me dérange dans ma journée, je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Est-ce que c’est de n’avoir pas fait ce que j’avais prévu ? C’est quelque chose qui revient souvent. Le remède à tout ça, c’est encore de ne rien prévoir. Et juste de vivre spontanément ce que l’on vit. Ou bien n’être ni dans le oui ni dans le non nom , être dans le mu ?

Il se trouve que je sais l’écrire : む. Mais ça ne m’avance pas beaucoup plus que ça. D’ailleurs, le Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes n’est pas du tout ce que je croyais que c’était (ce qui ne m’empêche pas de l’apprécier pour autant, au contrairemême ). Et, quoi qu’on en dise, c’est aussi un livre construit : un récit de voyage qui sait utiliser le langage narratif pour te mener là où il veut te mener. Par exemple, c’est l’utilisation de symboles qui parlent à tout un chacun (la montagne à gravir), et la mise en place, via ce qu’on pourrait appeler en cinéma le montage alterné, d’un système d’équivalence entre la réflexion menée au fil du texte et les agissements du narrateur et de son fils au cours de son voyage. Un voyage qui est aussi une métaphore d’un genre de quête de soi.

070419, version 4 (7 avril 2019)

J’ai finalement décidé de ne pas mettre la pommade orange chelou. Si on me demande pourquoi je n’ai pas suivi les recommandations de l’otphalmo là-dessus, je répondrai ce que je crois être la réponse la plus proche de la réalité qui soit sois : cette truc pommade , je le la sens pas. Initialement, cette consultation de vendredi devait permettre un genre de stratégie pour une reconquête de la lumière, je ne sais pas comment le dire mieux. J’ai pris de mauvaises décisions ces dernières années relatives à la lumière (lunettes qui se teintent automatiquement, fermeture des stores la journée...) qui n’ont conduit qu’à accroître ma propre sensibilité à elle. Je n’y suis pas allé dans l’optique de me se farcir encore des pelletées de médocs. Et quelque chose me dérange dans ma journée, je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Est-ce que c’est de n’avoir pas fait ce que j’avais prévu ? C’est quelque chose qui revient souvent. Le remède à tout ça, c’est encore de ne rien prévoir. Et juste de vivre spontanément ce que l’on vit. Ou bien n’être ni dans le oui ni dans le nom, être dans le mu ?

Motocyclette P. 342

Il se trouve que je sais l’écrire : む. Mais ça ne m’avance pas beaucoup plus que ça. D’ailleurs, le Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes n’est pas du tout ce que je croyais que c’était (ce qui ne m’empêche pas de l’apprécier pour autant, au contraire même). Et, quoi qu’on en dise, c’est aussi un livre construit : un récit de voyage qui sait utiliser le langage narratif pour te mener là où il veut te mener. Par exemple, c’est l’utilisation de symboles qui parlent à tout un chacun (la montagne à gravir), et la mise en place, via ce qu’on pourrait appeler en cinéma le montage alterné, d’un système d’équivalence entre la réflexion menée au fil du texte et les agissements du narrateur et de son fils au cours de son voyage. Un voyage qui est aussi une métaphore d’un genre de quête de soi.

070419, version 3 (7 avril 2019)

Motocyclettes 323

J’ai finalement décidé de ne pas mettre la pommade orange chelou. Si on me demande pourquoi je n’ai pas suivi les recommandations de l’otphalmo là-dessus, je répondrai ce que je crois être la réponse la plus proche de la réalité qui sois : cette pommade, je la sens pas. Initialement, cette consultation de vendredi devait permettre un genre de stratégie pour une reconquête de la lumière, je ne sais pas comment le dire mieux. J’ai pris de mauvaises décisions ces dernières années relatives à la lumière (lunettes qui se teintent automatiquement, fermeture des stores la journée...) qui n’ont conduit qu’à accroître ma propre sensibilité à elle. Je n’y suis pas allé dans l’optique de se farcir encore des pelletées de médocs. Et quelque chose me dérange dans ma journée, je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Est-ce que c’est de n’avoir pas fait ce que j’avais prévu ? C’est quelque chose qui revient souvent. Le remède à tout ça, c’est encore de ne rien prévoir. Et juste de vivre spontanément ce que l’on vit.

070419, version 2 (7 avril 2019)

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