040519


Il y a eu le mariage de E. il y a six ou sept ans, et puis nous ne nous sommes plus jamais reparlé. C’est à la fois vrai et faux : nous avons échangé par messagerie instantanée ou par email, mais c’est à peu près tout. Et depuis 2013 ou 2014, plus aucun signe de vie, mais c’est un plus aucun signe de vie mutuel, c’est-à-dire que la vie nous a emportés loin de l’autre, alors qu’à un moment donné de nos parcours, nous étions très proches. Je l’accepte. Je veux dire : je crois que l’expression la plus appropriée serait regarder le chemin parcouru. Là, E. était devant moi, avec une coiffure des années cinquante, dans un petit bureau souterrain sans fenêtre qu’on aurait dit comme encastré dans un bunker en pierre ou en ciment, je travaille là semble-t-il. À quoi ? Nous élaborons des plans. Pour quoi faire ? On ne saura pas. Et elle, faisant mine de ne pas me reconnaître, et moi elle, s’entête à tenter de nous vendre quelque chose. Elle nous démarche quoi. On fait la sourde oreille. C’est à peu près tout ce qu’il y a à dire de ce rêve où chacun regarde un peu ailleurs, jamais dans l’axe du regard de l’autre, sans doute pour mesurer, chacun de son côté, sans s’être concerté pourtant, précisément, le chemin parcouru. À bien y réfléchir, je crois que nous étions militaires et elle non. Tant mieux pour elle. C’est sur ces quelques notes que j’en viendrai à me dire aujourd’hui, rien. Mais un rien truffé de petites attentions, ou de petites consciences de l’incongruité du réel. Par exemple, la série La cour des hiboux s’étend sur plusieurs licences et déborde du simple fil narratif évoqué dans Batman, il gagne aussi, semble-t-il, Nightwing et Justice League. Et c’est la même chose avec Bara no Hanayome finalement : je veux et je ne veux pas rouvrir ce fichier pour en extraire les huit cartes que j’ai lues le 27 janvier dernier, pour Seconda. Les textes seront publiés sur remue et si je rechigne à l’envoyer, au fond, c’est que je ne veux pas me confronter au texte à nouveau. J’ai peur que ça ne tienne plus. Alors je le fais, et je ne le fais pas. J’ouvre un fichier, et ce n’est pas le bon, dommage. Je laisse comme ça. Puis j’y reviens. Je fais une capture d’écran de l’ensemble des cartes dépliées (c’est beau, voir ci-dessous), je me décide et je ne me décide pas. Finalement je le fais. Je réécoute l’enregistrement (c’est-à-dire que je ne l’écoute pas, je prends simplement les premières secondes de chaque carte pour retrouver le tirage exact). Pas réellement nécessaire car j’ai laissé le jeu tel quel, inchangé, dans l’ordre qui était le sien à l’issu du tirage. Je les retrouve facilement. Je les relis. Ça fonctionne (c’est un soulagement). Je change malgré tout une virgule (broutille), je la déplace de trois. Je sais qu’à un endroit précis (deux en réalité), j’ai grugé pour rattraper une coquille (mâne, puis marchénoir en un mot) ; je vis ça bien. J’isole ces huit cartes dans un odt à part. Je prends quelques photos des cartes recto verso. J’envoie le tout à Philippe [1]. Et voilà. C’était et ce n’était pas, à la fois, si compliqué en définitive. Et peut-être qu’un jour prochain, j’aurai la force (et le temps) de construire cet espace sur le site où toutes les exposer, et gérer ce caviardage progressif de toutes choses qui s’appelle aussi, si on y réfléchit bien, la vie finalement. Ou bien encore, le maté sans tige ni poussière est effectivement amoindri en tige et en poussière mais il contient encore quelques grammes de tiges et de poussière, ce qui m’amène à me dire que cette appellation de maté sans tige ni poussière (Kraus Bio Pure Leaf) est à la fois vraie et fausse, conforme et pas conforme, exacte et inexacte. Le réel tel qu’on veut l’enfermer dans une vision marketing de l’existence laisse des choses de côté, mais on ne peut pas le considérer pour autant comme étant purement mensonger. Comparativement à d’autres marques, voire à d’autres variétés de la même marque, ce paquet contient très peu de tiges et de poussière mais dans l’absolu il en contient. C’est comme nous, finalement, on est heureux et pas heureux, fatigués et pas fatigués, motivés et pas motivés. Nous et pas nous ? Et c’est sans doute là que je voulais en venir avec toute cette histoire, ce qui m’amène à me dire : peut-être irai-je sortir un moment acheter un tuteur pour la bouture que j’ai faite il y a quelques semaines et qui a pris de façon spectaculaire dans son pot. Ce ne sera donc pas tout à fait rien, aujourd’hui, mais ce ne sera pas grand chose non plus. Ce sera ce qu’on pourra en faire. Ce sera ce qu’on pourra en faire en nous. Et c’est une leçon de vie quelque part. Sur la passerelle Simone de Beauvoir, d’autres leçons de vie en train d’être apprises : des adolescents sont montés sur les poutres, ils sont donc au-dessus de l’eau, susceptibles de perdre l’équilibre et de tomber dans la Seine. Ils se filment. Pourquoi ? Pourquoi fait-on les choses qu’on fait pour ne pas avoir à faire face à la réalité d’un jour que l’on pourrait circonscrire dans une simple formule, aujourd’hui rien ? Pourquoi on serait même prêt à risquer sa vie bêtement pour ne pas avoir à assimiler ça, à l’accepter peut-être ? Au sortir de ce rêve (E. permanentée comme dans un film en noir et blanc avec du volume, des boucles, des frisottis), je ne m’étais pas dit, peut-être que c’est un signe pour lui écrire. Mais là, maintenant, au sortir de ce tunnel d’écriture qui n’est pas un tunnel de rien mais un tunnel de vie semble-t-il, je n’en suis plus si sûr et je me demande non pas qu’ mais qui est-elle devenue ? Jusqu’où est-elle allée en ou hors d’elle-même ? Quels sont les risques qu’elle a pris ? Et nos regards vont-ils un jour se rencontrer à nouveau dans un contexte autrement plus amical (et onirique) qu’une guerre nucléaire et, il faut bien le dire, un peu uchronique sur les bords ?

4 juin 2019
par Guillaume Vissac
Journal
#Bara no hanayome #Batman #E. #Paris #Philippe Aigrain #Rêve

[1Pour l’occasion, j’écrirai un court texte de présentation autrement plus efficace que le long truc informe que j’ai lu en préambule à Seconda. Le voici : Bara no hanayome est une fiction en 48 cartes. Durant la lecture, 2 cartes (la première et la dernière) sont fixes, les 6 autres sont tirées par le public : chaque performance est donc aléatoire. Les cartes de référence correspondent au jeu japonais Hanafuda. On peut tout à fait dire que la superhéroïne poétique dont il est question dans cette histoire est "inspirée de faits réels". Les vers, quant à eux, sont justifiés, et parfois caviardés.

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040519, version 8 (4 juin 2019)

E., Paris, Rêve, Philippe Aigrain, Bara no hanayome, Batman
Il y a eu le mariage de [E E .->mot28] il y a six ou sept ans, et puis nous ne nous sommes plus jamais reparlé. C’est à la fois vrai et faux : nous avons échangé par messagerie instantanée ou par email, mais c’est à peu près tout. Et depuis 2013 ou 2014, plus aucun signe de vie, mais c’est un plus aucun signe de vie mutuel, c’est-à-dire que la vie nous a emportés loin de l’autre, alors qu’à un moment donné de nos parcours, nous étions très proches. Je l’accepte. Je veux dire : je crois que l’expression la plus appropriée serait regarder le chemin parcouru. Là, [E E .->mot28] était devant moi, avec une coiffure des années cinquante, dans un petit bureau souterrain sans fenêtre qu’on aurait dit comme encastré dans un bunker en pierre ou en ciment, je travaille là semble-t-il. À quoi ? Nous élaborons des plans. Pour quoi faire ? On ne saura pas. Et elle, faisant mine de ne pas me reconnaître, et moi elle, s’entête à tenter de nous vendre quelque chose. Elle nous démarche quoi. On fait la sourde oreille. C’est à peu près tout ce qu’il y a à dire de ce rêve où chacun regarde un peu ailleurs, jamais dans l’axe du regard de l’autre, sans doute pour mesurer, chacun de son côté, sans s’être concerté pourtant, précisément, le chemin parcouru. À bien y réfléchir, je crois que nous étions militaires et elle non. Tant mieux pour elle. C’est sur ces quelques notes que j’en viendrai à me dire aujourd’hui, rien. Mais un rien truffé de petites attentions, ou de petites consciences de l’incongruité du réel. Par exemple, la série La cour des hiboux s’étend sur plusieurs licences et déborde du simple fil narratif évoqué dans Batman, il gagne aussi, semble-t-il, Nightwing et Justice League. Et c’est la même chose avec Bara no Hanayome Et c’est la même chose avec Bara no Hanayome finalement : je veux et je ne veux pas rouvrir ce fichier pour en extraire les huit cartes que j’ai lues [le le 27 janvier dernier->article4303] dernier , pour Seconda . , pour [Seconda->https://www.ourdir.org/2019/05/04/seconda/]. Les textes [seront publiés sur remue->https://remue.net/seconda] Les textes seront publiés sur remue et si je rechigne à l’envoyer, au fond, c’est que je ne veux pas me confronter au texte à nouveau. J’ai peur que ça ne tienne plus. Alors je le fais, et je ne le fais pas. J’ouvre un fichier, et ce n’est pas le bon, dommage. Je laisse comme ça. Puis j’y reviens. Je fais une capture d’écran de l’ensemble des cartes dépliées (c’est beau, voir ci-dessous), je me décide et je ne me décide pas. Finalement je le fais. Je réécoute [l’enregistrement->https://remue.net/guillaume-vissac-bara-no-hanayome] (c’est-à-dire Je réécoute l’enregistrement ( c’est-à-dire que je ne l’écoute pas, je prends simplement les premières secondes de chaque carte pour retrouver le tirage exact). Pas réellement nécessaire car j’ai laissé le jeu tel quel, inchangé, dans l’ordre qui était le sien à l’issu du tirage. Je les retrouve facilement. Je les relis. Ça fonctionne (c’est un soulagement). Je change malgré tout une virgule (broutille), je la déplace de trois. Je sais qu’à un endroit précis (deux en réalité), j’ai grugé pour rattraper une coquille (mâne, puis marchénoir en un mot) ; je vis ça bien. J’isole ces huit cartes dans un odt à part. Je prends quelques photos des cartes recto verso. J’envoie le tout à [Philippe->https://www.atelierdebricolage.net] [1]. Et voilà. C’était et ce n’était pas, à la fois, si compliqué en définitive. Et peut-être qu’un jour prochain, j’aurai la force (et le temps) de construire cet espace sur le site où toutes les exposer, et gérer ce caviardage progressif de toutes choses qui s’appelle aussi, si on y réfléchit bien, la vie finalement. Ou bien encore, le maté sans tige ni poussière est effectivement amoindri en tige et en poussière mais il contient encore quelques grammes de tiges et de poussière, ce qui m’amène à me dire que cette appellation de maté sans tige ni poussière (Kraus Bio Pure Leaf) est à la fois vraie et fausse, conforme et pas conforme, exacte et inexacte. Le réel tel qu’on veut l’enfermer dans une vision marketing de l’existence laisse des choses de côté, mais on ne peut pas le considérer pour autant comme étant purement mensonger. Comparativement à d’autres marques, voire à d’autres variétés de la même marque, ce paquet contient très peu de tiges et de poussière mais dans l’absolu il en contient. C’est comme nous, finalement, on est heureux et pas heureux, fatigués et pas fatigués, motivés et pas motivés. Nous et pas nous ? Et c’est sans doute là que je voulais en venir avec toute cette histoire, ce qui m’amène à me dire : peut-être irai-je sortir un moment acheter un tuteur pour la bouture que j’ai faite il y a quelques semaines et qui a pris de façon spectaculaire dans son pot. Ce ne sera donc pas tout à fait rien, aujourd’hui, mais ce ne sera pas grand chose non plus. Ce sera ce qu’on pourra ou non en faire. Ce sera ce qu’on pourra en nous en faire en nous . . Et c’est une leçon de vie quelque part. Sur la passerelle Simone de Beauvoir, d’autres leçons de vie en train d’être apprises : des adolescents sont montés sur les poutres, ils sont donc au-dessus de l’eau, susceptibles de perdre l’équilibre et de tomber dans la Seine, ils se filment . Ils se filment. Pourquoi ? Pourquoi fait-on les choses qu’on fait pour ne pas avoir à faire face à la réalité d’un jour que l’on pourrait circonscrire dans une simple formule, aujourd’hui rien ? Pourquoi on serait même prêt à risquer sa vie bêtement pour ne pas avoir à assimiler ça, à l’accepter peut-être ? Au sortir de ce rêve ([ , E.->mot28] permanentée comme dans un film en noir et blanc avec du volume, des boucles, des frisottis), , je ne m’étais pas dit, peut-être que c’est un signe pour lui écrire. Mais là, maintenant, au sortir de ce tunnel d’écriture qui n’est pas un tunnel de rien mais un tunnel de vie semble-t-il, je n’en suis plus si sûr et je me demande non pas qu’ mais qui est-elle devenue ? Jusqu’où est-elle allée en ou hors d’elle-même ? Quels sont les risques qu’elle a pris ? A-t-elle regardé l’eau couler à plusieurs mètres en dessous d’elle ? Et nos regards vont-ils un jour se rencontrer à nouveau dans un contexte autrement plus amical ( et onirique ) qu’une guerre nucléaire et, il faut bien le dire, un peu uchronique sur les bords ?

J’envoie le tout à Philippe[[Pour l’occasion , j’écrirai un court texte de présentation autrement plus efficace que le long truc informe que j’ai lu en préambule à Seconda. Le voici : Bara no hanayome est une fiction en 48 cartes. Durant la lecture, 2 cartes (la première et la dernière) sont fixes, les 6 autres sont tirées par le public : chaque performance est donc aléatoire. Les cartes de référence correspondent au jeu japonais Hanafuda. On peut tout à fait dire que la superhéroïne poétique dont il est question dans cette histoire est "inspirée de faits réels". Les vers, quant à eux, sont justifiés, et parfois caviardés.

040519, version 7 (3 juin 2019)

Il y a eu le mariage de E. il y a six ou sept ans, et puis nous ne nous sommes plus jamais reparlé. C’est à la fois vrai et faux : nous avons échangé par messagerie instantanée ou par email, mais c’est à peu près tout. Et depuis 2013 ou 2014, plus aucun signe de vie, mais c’est un plus aucun signe de vie mutuel, c’est-à-dire que la vie nous a emportés loin de l’autre, alors qu’à un moment donné de nos parcours, nous étions très proches. Je l’accepte. Je veux dire : je crois que l’expression la plus appropriée serait regarder le chemin parcouru. Là, E. était devant moi, avec une coiffure des années cinquante de l’après-guerre , dans un petit bureau souterrain sans fenêtre qu’on aurait dit comme encastré dans un bunker en pierre ou en ciment, je travaille là semble-t-il. À quoi ? Nous élaborons des plans. Pour quoi faire ? On ne saura pas. Et elle, faisant mine de ne pas me reconnaître, et moi elle, s’entête à tenter de nous vendre quelque chose. Elle nous démarche quoi. On fait la sourde oreille. C’est à peu près tout ce qu’il y a à dire de ce rêve où chacun regarde un peu ailleurs, jamais dans l’axe du regard de l’autre, sans doute pour mesurer, chacun de son côté, sans s’être concerté pourtant, précisément, le chemin parcouru. À bien y réfléchir, je crois que nous étions des militaires et elle non. Tant mieux pour elle. C’est sur ces quelques notes que j’en viendrai à me dire aujourd’hui, rien. Mais un rien truffé de petites attentions, ou de petites consciences de l’incongruité du réel , de ce qu’on appelle le réel. Par exemple, la série La cour des hiboux s’étend sur plusieurs licences et déborde du simple fil narratif évoqué dans Batman, il gagne aussi, semble-t-il, Nightwing et Justice League. Et c’est la même chose avec Bara no Hanayome finalement : je veux et je ne veux pas rouvrir ce fichier pour en extraire les huit cartes que j’ai lues le 27 janvier dernier, pour Seconda. Les textes seront publiés sur remue et si je rechigne à l’envoyer, au fond, c’est que je ne veux pas me confronter au texte à nouveau. J’ai peur que ça ne tienne plus. Alors je le fais, et je ne le fais pas. J’ouvre un fichier, et ce n’est pas le bon, dommage. Je laisse comme ça. Puis j’y reviens. Je fais une capture d’écran de l’ensemble des cartes dépliées (c’est beau, voir ci-dessous), je me décide et je ne me décide pas. Finalement je le fais. Je réécoute l’enregistrement (c’est-à-dire que je ne l’écoute pas, je prends simplement les premières secondes de chaque carte pour retrouver le tirage exact). Pas Je n’en ai pas réellement nécessaire besoin car j’ai laissé le jeu tel quel, inchangé, dans l’ordre qui était le sien à l’issu du tirage. Je les retrouve facilement. Je les relis. Ça fonctionne (c’est un soulagement ). soulagementà . Je change malgré tout une virgule (broutille), je la déplace de trois. Je sais qu’à un endroit précis (deux en réalité), j’ai grugé pour rattraper une coquille (mâne, puis marchénoir en un mot) ; je vis ça bien. J’isole ces huit cartes dans un odt à part. Je prends quelques photos des cartes recto verso. J’envoie le tout à Philippe [2]. Et voilà. C’était et ce n’était pas, à la fois, si compliqué en définitive. Et peut-être qu’un jour prochain, j’aurai la force (et le temps) de construire cet espace sur le site où toutes les exposer, et gérer ce caviardage progressif de toutes choses qui s’appelle aussi, si on y réfléchit bien, la vie finalement. Ou bien encore, le maté sans tige ni poussière est effectivement amoindri en tige et en poussière mais il contient encore quelques grammes de tiges et de poussière, ce qui m’amène à me dire que cette appellation de maté sans tige ni poussière (Kraus Bio Pure Leaf) est à la fois vraie et fausse, conforme et pas conforme, exacte et inexacte. Le réel tel qu’on veut l’enfermer dans une vision marketing de l’existence laisse des choses de côté, mais on ne peut pas le considérer pour autant comme étant purement mensonger. Comparativement à d’autres marques, voire à d’autres variétés de la même marque, ce paquet contient très peu de tiges et de poussière mais dans l’absolu il en contient. C’est comme nous, finalement, on est heureux et pas heureux, fatigués et pas fatigués, motivés et pas motivés. Nous et pas nous ? , somme toute . Et c’est sans doute là que je voulais en venir avec toute cette histoire, ce qui m’amène à me dire : peut-être irai-je sortir un moment acheter un tuteur pour la bouture que j’ai faite il y a quelques semaines et qui a pris de façon spectaculaire dans son pot. Ce ne sera donc pas tout à fait rien, aujourd’hui, mais ce ne sera pas grand chose non plus. Ce sera ce qu’on pourra ou non en faire. Ce sera ce qu’on pourra en nous en faire. Et c’est une leçon de vie quelque part. Sur la passerelle Simone de Beauvoir, d’autres leçons de vie en train d’être apprises  : des adolescents sont montés sur les poutres, ils sont donc au-dessus de l’eau, susceptibles de perdre l’équilibre et de tomber dans la Seine , ils se filment. Pourquoi ? Pourquoi fait-on les choses qu’on fait pour ne pas avoir à faire face à la réalité d’un jour que l’on pourrait circonscrire dans une simple formule, aujourd’hui rien ? Pourquoi on serait même prêt à risquer sa vie bêtement pour ne pas avoir à assimiler ça, à l’accepter peut-être ? Au sortir de ce rêve, E. permanentée comme dans un film en noir et blanc avec du volume, des boucles, des frisottis, je ne m’étais pas dit, peut-être que c’est un signe pour lui écrire. Mais là, maintenant, au sortir de ce tunnel d’écriture qui n’est pas un tunnel de rien mais un tunnel de vie semble-t-il, je n’en suis plus si sûr et je me demande non pas qu’ mais qui est-elle devenue ? Jusqu’où est-elle allée en ou hors d’elle-même ? Quels sont les risques qu’elle a pris ? A-t-elle regardé l’eau couler à plusieurs mètres en dessous d’elle ? Et nos regards vont-ils un jour se rencontrer à nouveau dans un contexte autrement plus amical qu’une guerre nucléaire et, il faut bien le dire, un peu uchronique sur les bords ?

[2Pour l’occasion, j’écrirai un court texte de présentation autrement plus efficace que le long truc informe que j’ai lu en préambule à Seconda. Le voici : Bara no hanayome est une fiction en 48 cartes. Durant la lecture, 2 cartes (la première et la dernière) sont fixes, les 6 autres sont tirées par le public : chaque performance est donc aléatoire. Les cartes de référence correspondent au jeu japonais Hanafuda. On peut tout à fait dire que la superhéroïne poétique dont il est question dans cette histoire est "inspirée de faits réels". Les vers, quant à eux, sont justifiés, et parfois caviardés.

040519, version 6 (31 mai 2019)

Il y a eu le mariage de E. il y a six ou sept ans, et puis nous ne nous sommes plus jamais reparlé revus elle et moi . C’est à la fois vrai et faux : nous avons échangé par messagerie instantanée ou par email, mais c’est à peu près tout. Et depuis 2013 ou 2014, plus aucun signe de vie, mais c’est un plus aucun signe de vie mutuel, c’est-à-dire que la vie nous a emportés loin de l’autre, alors qu’à un moment donné de nos parcours, nous étions très proches peut-être bien inséparables . Je l’accepte. Je veux dire : je crois que l’expression la plus appropriée approprié serait regarder le chemin parcouru. Là, E. était devant moi , avec une coiffure de l’après-guerre, dans un petit bureau souterrain sans fenêtre qu’on aurait dit comme encastré dans un bunker en pierre ou en ciment, je travaille là semble-t-il. À quoi ? Nous élaborons des plans. Pour quoi faire ? On ne saura pas. Et elle, faisant mine de ne pas me reconnaître, et moi elle, s’entête à tenter de nous vendre quelque chose. Elle nous démarche quoi. On fait la sourde oreille. C’est à peu près tout ce qu’il y a à dire de ce rêve où chacun regarde un peu ailleurs, jamais dans l’axe du regard de l’autre, sans doute pour mesurer, chacun de son côté, sans s’être concerté pourtant avec quiconque , précisément justement , le chemin parcouru. À bien y réfléchir, je crois que nous étions des militaires et elle non. Tant mieux pour elle. C’est sur ces quelques notes que j’en viendrai à me dire aujourd’hui, rien. Mais un rien truffé de petites attentions, ou de petites consciences de l’incongruité du réel, de ce qu’on appelle le réel. Par exemple, la série La cour des hiboux s’étend sur plusieurs licences et déborde du simple fil narratif évoqué dans Batman, il gagne aussi, semble-t-il, Nightwing et Justice League. Et c’est la même chose avec Bara no Hanayome finalement : je veux et je ne veux pas rouvrir ce fichier pour en extraire les huit cartes que j’ai lues le 27 janvier dernier, pour Seconda. Les textes seront publiés sur remue et si je rechigne à l’envoyer, au fond, c’est que je ne veux pas me confronter au texte à nouveau. J’ai peur que ça ne tienne plus. Alors je le fais, et je ne le fais pas. J’ouvre un fichier, et ce n’est pas le bon, dommage. Je laisse comme ça. Puis j’y reviens. Je fais une capture d’écran de l’ensemble des cartes dépliées (c’est beau, voir ci-dessous), je me décide et je ne me décide pas. Finalement je le fais. Je réécoute l’enregistrement (c’est-à-dire que je ne l’écoute pas, je prends simplement les premières secondes de chaque carte pour retrouver le tirage exact). Je n’en ai pas réellement besoin car j’ai laissé le jeu tel quel, inchangé, dans l’ordre qui était le sien à l’issu du tirage. Je les retrouve facilement. Je les relis. Ça fonctionne. Ça fonctionne ( c’est C’est un soulagementà soulagement . Je change malgré tout une virgule (broutille), je la déplace de trois. Je sais qu’à un endroit précis (deux en réalité), j’ai grugé pour rattraper une coquille ( ( mâne, , puis marchénoir marchénoir en un mot) ; je vis ça bien. J’isole ces huit cartes dans un odt à part par . Je prends quelques photos des cartes recto verso. J’envoie le tout à Philippe [3]. Et voilà. C’était et ce n’était pas, à la fois, si compliqué en définitive. Et peut-être qu’un jour prochain, j’aurai la force (et le temps) de construire cet espace sur le site où toutes les exposer, et gérer ce caviardage progressif de toutes choses qui s’appelle aussi, si on y réfléchit bien, la vie finalement. Ou bien encore, le maté sans tige ni poussière est effectivement amoindri en tige et en poussière mais il contient encore quelques grammes de tiges et de poussière, ce qui m’amène à me dire que cette appellation de maté sans tige ni poussière (Kraus Bio Pure Leaf) est à la fois vraie et fausse, conforme et pas conforme, exacte et inexacte. Le réel tel qu’on veut l’enfermer dans une vision marketing de l’existence laisse des choses de côté, mais on ne peut pas le considérer pour autant comme étant purement mensonger. Comparativement à d’autres marques, voire à d’autres variétés de la même marque, ce paquet contient très peu de tiges et de poussière mais dans l’absolu il en contient. C’est comme nous, finalement, on est heureux et pas heureux, fatigués et pas fatigués, motivés et pas motivés. Nous et pas nous, somme toute. Et c’est sans doute là que je voulais en venir avec toute cette histoire, ce qui m’amène à me dire : peut-être irai-je sortir un moment acheter un tuteur pour la bouture que j’ai faite il y a quelques semaines et qui a pris de façon spectaculaire dans son pot. Ce ne sera donc pas tout à fait rien, aujourd’hui, mais ce ne sera pas grand chose non plus. Ce sera ce qu’on pourra ou non en faire. Ce sera ce qu’on pourra en nous en faire. Et c’est une leçon de vie quelque part. Sur la passerelle Simone de Beauvoir, des adolescents sont montés sur les poutres, ils sont donc au-dessus de l’eau, et ils se filment. Pourquoi ? Pourquoi fait-on les choses qu’on fait pour ne pas avoir à faire face à la réalité d’un jour que l’on pourrait circonscrire dans une simple formule, aujourd’hui rien ? Pourquoi on serait même prêt à risquer sa vie bêtement pour ne pas avoir à assimiler ça, à l’accepter peut-être ? Au sortir de ce rêve, E. permanentée comme dans un film en noir et blanc avec du volume, des boucles, des frisottis, je ne m’étais pas dit, peut-être que c’est un signe pour lui écrire. Mais là, maintenant, au sortir de ce tunnel d’écriture qui n’est pas un tunnel de rien mais un tunnel de vie semble-t-il, je n’en suis plus si sûr et je me demande non pas qu’ mais qui est-elle devenue ? Jusqu’où est-elle allée en ou hors d’elle-même ? Et nos regards vont-ils un jour se rencontrer à nouveau dans un contexte autrement plus amical qu’une guerre nucléaire et, il faut bien le dire, un peu uchronique sur les bords ?

[3Pour l’occasion, j’écrirai un court texte de présentation autrement plus efficace que le long truc informe que j’ai lu en préambule à Seconda. Le voici : Bara no hanayome est une fiction en 48 cartes. Durant la lecture, 2 cartes (la première et la dernière) sont fixes, les 6 autres sont tirées par le public : chaque performance est donc aléatoire. Les cartes de référence correspondent au jeu japonais Hanafuda. On peut tout à fait dire que la superhéroïne poétique dont il est question dans cette histoire est "inspirée de faits réels". Les vers, quant à eux, sont justifiés, et parfois caviardés.

040519, version 5 (28 mai 2019)

Il y a eu Depuis le mariage de E. il y a six ou sept ans, et puis nous ne nous sommes jamais pas revus elle et moi . C’est à la fois vrai et faux : nous avons échangé par messagerie instantanée ou par email, mais c’est à peu près tout. Et depuis 2013 ou 2014, plus aucun signe de vie, mais c’est un plus aucun signe de vie mutuel, c’est-à-dire que la vie nous a emportés loin de l’autre, alors qu’à un moment donné de nos parcours vies , nous étions peut-être bien inséparables. Je l’accepte. Je ne le déplore pas. Je veux dire : je crois que l’expression la plus approprié serait regarder le chemin parcouru. Là, E. était là, avec une coiffure de l’après-guerre, dans un petit bureau souterrain sans fenêtre qu’on aurait dit comme encastré dans un bunker en pierre ou en ciment, je travaille là semble-t-il. À quoi ? Nous élaborons des plans. Pour quoi faire ? On ne saura pas. Et elle, faisant mine de ne pas me reconnaître, et moi elle, s’entête à tenter de nous vendre quelque chose. Elle nous démarche quoi démarche . On fait la sourde oreille. C’est à peu près tout ce qu’il y a à dire de ce rêve où chacun regarde un peu ailleurs, jamais dans l’axe du regard de l’autre, sans doute pour mesurer, chacun de son côté, sans s’être concerté avec quiconque, justement , le chemin parcouru. À bien y réfléchir, je crois que nous étions des militaires et elle non. Tant mieux pour elle. C’est sur ces quelques notes que j’en viendrai à me dire aujourd’hui, rien. Mais un rien truffé de petites attentions, ou de petites consciences de l’incongruité du réel, de ce qu’on appelle le réel. Par exemple, la série La cour des hiboux s’étend sur plusieurs licences et déborde du simple fil narratif évoqué dans Batman, il gagne aussi, semble-t-il, Nightwing et Justice League. Et c’est la même chose avec Bara no Hanayome finalement : je veux et je ne veux pas rouvrir ce fichier pour en extraire les huit cartes que j’ai lues le 27 janvier dernier, pour Seconda. Les textes seront publiés sur remue et si je rechigne à l’envoyer, au fond, c’est que je ne veux pas me confronter au texte à nouveau. J’ai peur que ça ne tienne plus. Alors je le fais, et je ne le fais pas. J’ouvre un fichier, et ce n’est pas le bon, dommage. Je laisse comme ça. Puis j’y reviens. Je fais une capture d’écran de l’ensemble des cartes dépliées (c’est beau, voir ci-dessous), je me décide et je ne me décide pas. Finalement je le fais. Je réécoute l’enregistrement (c’est-à-dire que je ne l’écoute pas, je prends simplement les premières secondes de chaque carte pour retrouver le tirage exact). Je n’en ai pas réellement besoin car j’ai laissé le jeu tel quel, inchangé, dans l’ordre qui était le sien à l’issu du tirage. Je les retrouve facilement. Je les relis. Ça fonctionne. C’est un soulagement. Je change malgré tout une virgule (une broutille), je la déplace de trois. Je sais qu’à un endroit précis (deux en réalité), j’ai grugé pour rattraper une coquille (mâne, puis marchénoir en un mot)  ; mais je vis ça bien. J’isole ces huit cartes dans un odt à par. Je prends quelques photos des cartes recto verso. J’envoie le tout à Philippe [4]. Et voilà. C’était et ce n’était pas, à la fois, si compliqué en définitive. Et peut-être qu’un jour prochain, j’aurai la force (et le temps) de construire cet espace sur le site où toutes les exposer, et gérer ce caviardage progressif de toutes choses qui s’appelle aussi, si on y réfléchit bien, la vie finalement. Ou bien encore, le maté sans tige ni poussière est effectivement amoindri en tige et en poussière mais il contient encore quelques grammes de tiges et de poussière, ce qui m’amène à me dire que cette appellation de maté sans tige ni poussière (Kraus Bio Pure Leaf) est à la fois vraie et fausse, conforme et pas conforme, exacte et inexacte. Le réel tel qu’on veut l’enfermer dans une vision marketing de l’existence laisse des choses de côté, mais on ne peut pas le considérer pour autant comme étant purement mensonger. Comparativement à d’autres marques, voire à d’autres variétés de la même marque, ce paquet contient très peu de tiges et de poussière mais dans l’absolu il en contient. C’est comme nous, finalement, on est heureux et pas heureux, fatigués et pas fatigués, motivés et pas motivés. Nous et pas nous, somme toute. Et c’est sans doute là que je voulais en venir avec toute cette histoire, ce qui m’amène à me dire : peut-être irai-je sortir un moment acheter un tuteur pour la bouture que j’ai faite il y a quelques semaines et qui a pris de façon spectaculaire dans son pot. Ce ne sera donc pas tout à fait rien, aujourd’hui, mais ce ne sera pas grand chose non plus. Ce sera ce qu’on pourra ou non en faire. Ce sera ce qu’on pourra en nous en nous en faire. Et c’est une leçon de vie quelque part. Au sortir de ce rêve, E. permanentée comme dans un film en noir et blanc avec du volume, des boucles, des frisottis, je ne m’étais pas dit, peut-être que c’est un signe pour lui écrire. Mais là, maintenant, au sortir de ce tunnel d’écriture qui n’est pas un tunnel de rien mais un tunnel de vie semble-t-il, je n’en suis plus si sûr et je me demande non pas qu mais qui  : qui est-elle devenue ? Jusqu’où est-elle allée en ou hors d’elle-même ? Et nos regards vont-ils un jour se rencontrer à nouveau dans un contexte autrement plus amical qu’une guerre nucléaire et , il faut bien le dire , un peu uchronique sur les bords ?

[4Pour l’occasion, j’écrirai un court texte de présentation autrement plus efficace que le long truc informe que j’ai lu en préambule à Seconda. Le voici : Bara no hanayome est une fiction en 48 cartes. Durant la lecture, 2 cartes (la première et la dernière) sont fixes, les 6 autres sont tirées par le public : chaque performance est donc aléatoire. Les cartes de référence correspondent au jeu japonais Hanafuda. On peut tout à fait dire que la superhéroïne poétique dont il est question dans cette histoire est "inspirée de faits réels". Les vers, quant à eux, sont justifiés, et parfois caviardés .

040519, version 4 (4 mai 2019)

Depuis le mariage de E. il y a six ou sept ans, nous ne nous sommes pas revus. C’est à la fois vrai et faux : nous avons échangé par messagerie instantanée ou par email, mais c’est à peu près tout. Et depuis 2013 ou 2014, plus aucun signe de vie, mais c’est un plus aucun signe de vie mutuel, c’est-à-dire que la vie nous a emportés loin de l’autre, alors qu’à un moment donné de nos vies, nous étions peut-être bien inséparables. Je ne le déplore pas. Je veux dire : je crois que l’expression la plus approprié serait regarder le chemin parcouru. Là, E. était là, avec une coiffure de l’après-guerre, dans un petit bureau souterrain sans fenêtre qu’on aurait dit comme encastré dans un bunker en pierre ou en ciment, je travaille là semble-t-il. À quoi ? Nous élaborons des plans. Pour quoi faire ? On ne saura pas. Et elle, faisant mine de ne pas me reconnaître, et moi elle, s’entête à nous vendre quelque chose. Elle nous démarche. On fait la sourde oreille. C’est à peu près tout ce qu’il y a à dire de ce rêve où chacun regarde un peu ailleurs, jamais dans l’axe du regard de l’autre, sans doute pour mesurer, chacun de son côté, sans s’être concerté avec quiconque, le chemin parcouru. À bien y réfléchir, je crois que nous étions des militaires et elle non. Tant mieux pour elle. C’est sur ces quelques notes que j’en viendrai à me dire aujourd’hui, rien. Mais un rien truffé de petites attentions, ou de petites consciences de l’incongruité du réel, de ce qu’on appelle le réel. Par exemple, la série La cour des hiboux s’étend sur plusieurs licences et déborde du simple fil narratif évoqué dans Batman, il gagne aussi, semble-t-il, Nightwing et Justice League. Et c’est la même chose avec Bara no Hanayome finalement : je veux et je ne veux pas rouvrir ce fichier pour en extraire les huit cartes que j’ai lues le 27 janvier dernier, pour Seconda. Les textes seront publiés sur remue et si je rechigne à l’envoyer, au fond, c’est que je ne veux pas me confronter au texte à nouveau. J’ai peur que ça ne tienne plus. Alors je le fais, et je ne le fais pas. J’ouvre un fichier, et ce n’est pas le bon, dommage. Je laisse comme ça. Puis j’y reviens. Je fais une capture d’écran de l’ensemble des cartes dépliées (c’est beau, voir ci-dessous), je me décide et je ne me décide pas. Finalement je le fais. Je réécoute l’enregistrement (c’est-à-dire que je ne l’écoute pas, je prends simplement les premières secondes de chaque carte pour retrouver le tirage exact). Je n’en ai pas réellement besoin car j’ai laissé le jeu tel quel, inchangé, dans l’ordre qui était le sien à l’issu du tirage. Je les retrouve facilement. Je les relis. Ça fonctionne. C’est un soulagement. Je change malgré tout une virgule (une broutille), je la déplace de trois. Je sais qu’à un endroit précis (deux en réalité), j’ai grugé pour rattraper une coquille (mâne, puis marchénoir en un mot) mais je vis ça bien. J’isole ces huit cartes dans un odt à par. Je prends quelques photos des cartes recto verso. J’envoie le tout à Philippe [5]. Et voilà. C’était et ce n’était pas, à la fois, si compliqué en définitive. Et peut-être qu’un jour prochain, j’aurai la force (et le temps) de construire cet espace sur le site où toutes les exposer, et gérer ce caviardage progressif de toutes choses qui s’appelle aussi, si on y réfléchit bien, la vie finalement. Ou bien encore, le maté sans tige ni poussière est effectivement amoindri en tige et en poussière mais il contient encore quelques grammes de tiges et de poussière, ce qui m’amène à me dire que cette appellation de maté sans tige ni poussière (Kraus Bio Pure Leaf) est à la fois vraie et fausse, conforme et pas conforme, exacte et inexacte. Le réel tel qu’on veut l’enfermer dans une vision marketing de l’existence laisse des choses de côté, mais on ne peut pas le considérer pour autant comme étant purement mensonger. Comparativement à d’autres marques, voire à d’autres variétés de la même marque, ce paquet contient très peu de tiges et de poussière mais dans l’absolu il en contient. C’est comme nous, finalement, on est heureux et pas heureux, fatigués et pas fatigués, motivés et pas motivés. Nous et pas nous, somme toute. Et c’est sans doute là que je voulais en venir avec toute cette histoire, ce qui m’amène à me dire : peut-être irai-je sortir un moment acheter un tuteur pour la bouture que j’ai faite il y a quelques semaines et qui a pris de façon spectaculaire dans son pot. Ce ne sera donc pas tout à fait rien, aujourd’hui, mais ce ne sera pas grand chose non plus. Ce sera ce qu’on pourra ou non en faire. Ce sera ce qu’on pourra en nous en faire. Et c’est une leçon de vie quelque part. Au sortir de ce rêve, E. permanentée comme dans un film en noir et blanc avec du volume, des boucles, des frisottis, je ne m’étais pas dit, peut-être que c’est un signe pour lui écrire. Mais là, maintenant, au sortir de ce tunnel d’écriture qui n’est pas un tunnel de rien mais un tunnel de vie semble-t-il, je n’en suis plus si sûr et je me demande : qui est-elle devenue ? Jusqu’où est-elle allée en ou hors d’elle-même ? Et nos regards vont-ils un jour se rencontrer à nouveau ?

[5Pour l’occasion , j’écrirai un court texte de présentation autrement plus efficace que le long truc informe que j’ai lu en préambule à Seconda Philippe . Le voici : Bara no hanayome est une fiction en 48 cartes. Durant la lecture, 2 cartes (la première et la dernière) sont fixes, les 6 autres sont tirées par le public : chaque performance est donc aléatoire. Les cartes de référence correspondent au jeu japonais Hanafuda. On peut tout à fait dire que la superhéroïne poétique dont il est question dans cette histoire est "inspirée de faits réels". Les vers, quant à eux, sont justifiés.

040519, version 3 (4 mai 2019)

png/bnh.png
Depuis le mariage de E. il y a six ou sept ans, nous ne nous sommes pas revus. C’est à la fois vrai et faux : nous avons échangé par messagerie instantanée ou par email, mais c’est à peu près tout. Et depuis 2013 ou 2014, plus aucun signe de vie, mais c’est un plus aucun signe de vie mutuel, c’est-à-dire que la vie nous a emportés loin de l’autre, alors qu’à un moment donné de nos vies, nous étions peut-être bien inséparables. Je ne le déplore pas. Je veux dire : je crois que l’expression la plus approprié serait regarder le chemin parcouru. Là, E. était là, avec une coiffure de l’après-guerre, dans un petit bureau souterrain sans fenêtre qu’on aurait dit comme encastré dans un bunker en pierre ou en ciment, je travaille là semble-t-il. À quoi ? Nous élaborons des plans. Pour quoi faire ? On ne saura pas. Et elle, faisant mine de ne pas me reconnaître, et moi elle, s’entête à nous vendre quelque chose. Elle nous démarche. On fait la sourde oreille. C’est à peu près tout ce qu’il y a à dire de ce rêve où chacun regarde un peu ailleurs, jamais dans l’axe du regard de l’autre, sans doute pour mesurer, chacun de son côté, sans s’être concerté avec quiconque, le chemin parcouru. À bien y réfléchir, je crois que nous étions des militaires et elle non. Tant mieux pour elle. C’est sur ces quelques notes que j’en viendrai à me dire aujourd’hui, rien. Mais un rien truffé de petites attentions, ou de petites consciences de l’incongruité du réel, de ce qu’on appelle le réel. Par exemple, la série La cour des hiboux s’étend sur plusieurs licences et déborde du simple fil narratif évoqué dans Batman, il gagne aussi, semble-t-il, Nightwing et Justice League. Et c’est la même chose avec Bara no Hanayome finalement : je veux et je ne veux pas rouvrir ce fichier pour en extraire les huit cartes que j’ai lues le 27 janvier dernier, pour Seconda. Les textes seront publiés sur remue et si je rechigne à l’envoyer, au fond, c’est que je ne veux pas me confronter au texte à nouveau. J’ai peur que ça ne tienne plus. Alors je le fais, et je ne le fais pas. J’ouvre un fichier, et ce n’est pas le bon, dommage. Je laisse comme ça. Puis j’y reviens. Je fais une capture d’écran de l’ensemble des cartes dépliées (c’est beau, voir ci-dessous), je me décide et je ne me décide pas. Finalement je le fais. Je réécoute l’enregistrement (c’est-à-dire que je ne l’écoute pas, je prends simplement les premières secondes de chaque carte pour retrouver le tirage exact). Je n’en ai pas réellement besoin car j’ai laissé le jeu tel quel, inchangé, dans l’ordre qui était le sien à l’issu du tirage. Je les retrouve facilement. Je les relis. Ça fonctionne. C’est un soulagement. Je change malgré tout une virgule (une broutille), je la déplace de trois. Je sais qu’à un endroit précis (deux en réalité), j’ai grugé pour rattraper une coquille (mâne, puis marchénoir en un mot) mais je vis ça bien. J’isole ces huit cartes dans un odt à par. Je prends quelques photos des cartes recto verso. J’envoie le tout à Philippe. Et voilà. C’était et ce n’était pas, à la fois, si compliqué en définitive. Et peut-être qu’un jour prochain, j’aurai la force (et le temps) de construire cet espace sur le site où toutes les exposer, et gérer ce caviardage progressif de toutes choses qui s’appelle aussi, si on y réfléchit bien, la vie finalement. Ou bien encore, le maté sans tige ni poussière est effectivement amoindri en tige et en poussière mais il contient encore quelques grammes de tiges et de poussière, ce qui m’amène à me dire que cette appellation de maté sans tige ni poussière (Kraus Bio Pure Leaf) est à la fois vraie et fausse, conforme et pas conforme, exacte et inexacte. Le réel tel qu’on veut l’enfermer dans une vision marketing de l’existence laisse des choses de côté, mais on ne peut pas le considérer pour autant comme étant purement mensonger. Comparativement à d’autres marques, voire à d’autres variétés de la même marque, ce paquet contient très peu de tiges et de poussière mais dans l’absolu il en contient. C’est comme nous, finalement, on est heureux et pas heureux, fatigués et pas fatigués, motivés et pas motivés. Nous et pas nous, somme toute. Et c’est sans doute là que je voulais en venir avec toute cette histoire, ce qui m’amène à me dire : peut-être irai-je sortir un moment acheter un tuteur pour la bouture que j’ai faite il y a quelques semaines et qui a pris de façon spectaculaire dans son pot. Ce ne sera donc pas tout à fait rien, aujourd’hui, mais ce ne sera pas grand chose non plus. Ce sera ce qu’on pourra ou non en faire. Ce sera ce qu’on pourra en nous en faire. Et c’est une leçon de vie quelque part. Au sortir de ce rêve, E. permanentée comme dans un film en noir et blanc avec du volume, des boucles, des frisottis, je ne m’étais pas dit, peut-être que c’est un signe pour lui écrire. Mais là, maintenant, au sortir de ce tunnel d’écriture qui n’est pas un tunnel de rien mais un tunnel de vie semble-t-il, je n’en suis plus si sûr et je me demande : qui est-elle devenue ? Jusqu’où est-elle allée en ou hors d’elle-même ? Et nos regards vont-ils un jour se rencontrer à nouveau ?

040519, version 2 (4 mai 2019)

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