120519


C’est la première fois en presque sept ans qu’on vit ici que je scotche un mot dans l’ascenseur pour faire passer un message à l’attention de mes voisins, ce qui, j’en ai conscience, n’est pas de mon âge. En faisant cela, je suis devenu d’office un vieux bonhomme de 78 ans un peu aigri. Sauf qu’un vieux bonhomme de 78 ans un peu aigri ne râlerait pas sur le fait que quelqu’un (mais qui ?) fasse marcher sa machine à laver à 7h du matin un dimanche, étant donné qu’il serait levé depuis deux bonnes heures, et qu’il serait probablement lui-même à l’origine de tout ce boucan, et c’est un paradoxe temporel cette histoire : je suis mon propre grand-père. Sauf que là, non. Et que ça ne faisait pas franchement partie de mes plans de voir s’humecter le fil de la ville sur mes vitres à 7h, ce matin. C’est beau. C’est beau mais c’est trop tôt. C’est une heure à se dire des trucs comme : dans Les Royaumes du Nord, au début du deuxième tome, il se passe quelque chose d’assez fort, je trouve. Lyra, qui est l’héroïne de la trilogie, fait la rencontre de Will, qui va très vite devenir son, comment peut-on dire ça, son alter-ego. Lyra dispose d’un atout cheaté parmi ses possessions : un genre d’outil divinatoire qui est capable de répondre à la moindre de ses questions. En cela, il est une matérialisation assez marquante de la narration en elle même, c’est-à-dire un objet capable de donner du sens à partir de symboles préexistant (l’aléthiomètre, puisque c’est là son nom, communique par le biais d’un réseau de symboles). Mais ce n’est pas là que je voulais en venir, et ce à quoi je pense m’est complètement passé au-dessus lors de ma première lecture, à savoir à la fin de mon adolescence, il y a donc un certain temps. Toujours est-il que Lyra interroge son alethiomètre au sujet de Will, lors de leur rencontre : peut-elle lui faire confiance ? La réponse est la suivante : Will est un meurtrier (ce qui est, par ailleurs, rigoureusement exact). La réaction de Lyra est alors profondément peu réaliste et néanmoins complètement vraisemblable (compte tenu de son caractère, et de l’univers – des univers – du récit) : elle se dit que c’est très bien comme ça, qu’un meurtrier est quelqu’un sur qui elle spécifiquement pourra compter, que c’est un bon compagnon. Et en réalité ce n’est pas ici le personnage qui s’exprime, c’est l’auteur : Will est un personnage créé de toutes pièces en réaction à Lyra (il est ce qu’elle n’est pas et vice et versa), il en est le compagnon idéal dans l’espace narratif. Et pourtant, parce que nous sommes fidèles à l’univers présent et que cette remarque s’inscrit dans la cohérence du personnage, ça fonctionne. On a beau voir les fils, on croit toujours que le personnage sur la scène peut voler. Tout n’est pas réussi dans ces livres (et c’est important de voir aussi où ça ne prend pas, ou alors là où ça prend moins), mais ils sont un bon modèle, dans le genre bien particulier des cycles de romans jeunesse (comprendre en réalité des livres lisibles par tout un chacun), pour comprendre comment la narration prend corps, progresse, évolue, respire. Vit quoi.

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120519, version 9 (10 juin 2019)

120519, version 8 (10 juin 2019)

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C’est la première fois en presque sept ans qu’on vit ici que je scotche un mot dans l’ascenseur pour faire passer un message à l’attention de mes voisins, ce qui, j’en ai conscience, n’est pas de mon âge. En faisant cela, je suis devenu d’office un vieux bonhomme de 78 ans un peu aigri. Sauf qu’un vieux bonhomme de 78 ans un peu aigri ne râlerait pas sur le fait que quelqu’un (mais qui ?) fasse marcher sa machine à laver à 7h du matin un dimanche, étant donné qu’il serait levé depuis deux bonnes heures, et qu’il serait probablement lui-même à l’origine de tout ce boucan, et c’est un paradoxe temporel cette histoire : je suis mon propre grand-père. Sauf que là, non. Et que ça ne faisait pas franchement partie de mes plans de voir s’humecter le fil de la ville sur mes vitres à 7h, ce matin. C’est beau. C’est beau mais c’est trop tôt. C’est une heure à se dire des trucs comme : dans [Les Royaumes du Nord->https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Royaumes_du_Nord], C’est une heure à se dire des trucs comme  : dans Les Royaumes du Nord , au début du deuxième tome, il se passe quelque chose d’assez fort, je trouve. Lyra, qui est l’héroïne de la trilogie, fait la rencontre de Will, qui va très vite devenir son, comment peut-on dire ça, son alter-ego. Lyra dispose d’un atout cheaté parmi ses possessions : un genre d’outil divinatoire qui est capable de répondre à la moindre de ses questions. En cela, il est une matérialisation assez marquante de la narration en elle même, c’est-à-dire un objet capable de donner du sens à partir de symboles préexistant ([ l’aléthiomètre->https://fr . ( l’alethiomètre , puisque c’est son nom , communique par le biais d’un réseau de symboles ). wikipedia.org/wiki/Aléthiomètre], puisque c’est là son nom, communique par le biais d’un réseau de symboles). Mais ce n’est pas là que je voulais en venir, et ce à quoi je pense m’est complètement passé au-dessus lors de ma première lecture, à savoir à la fin de mon adolescence, il y a donc un certain temps. Toujours est-il que Lyra interroge son alethiomètre au sujet de Will, lors de leur rencontre : peut-elle lui faire confiance ? La réponse est la suivante : Will est un meurtrier (ce qui est, par ailleurs, rigoureusement exact). La réaction de Lyra est alors profondément peu réaliste et néanmoins complètement vraisemblable (compte tenu de son caractère, et de l’univers – des univers – du récit) : elle se dit que c’est très bien comme ça, qu’un meurtrier est quelqu’un sur qui elle spécifiquement pourra compter, que c’est un bon compagnon. Et en réalité ce n’est pas ici le personnage qui s’exprime, c’est l’auteur : Will est un personnage créé de toutes pièces en réaction à Lyra (il est ce qu’elle n’est pas et vice et versa), il en est le compagnon idéal dans l’espace narratif. Et pourtant, parce que nous sommes fidèles à l’univers présent et que cette remarque s’inscrit dans la cohérence du personnage, ça fonctionne. On a beau voir les fils, on croit toujours que le personnage sur la scène peut voler. Tout n’est pas réussi dans ces livres (et c’est important de voir aussi où ça ne prend pas, ou alors là où ça prend moins), mais ils sont un bon modèle, dans le genre bien particulier des cycles de romans jeunesse (comprendre en réalité des livres lisibles par tout un chacun), pour comprendre comment la narration prend corps, progresse, évolue, respire. Vit quoi.

120519, version 7 (10 juin 2019)

C’est la première fois en presque sept ans qu’on vit ici que je scotche un mot dans l’ascenseur pour faire passer un message à l’attention de mes voisins, ce qui, j’en ai conscience, n’est pas de mon âge. En faisant cela, je suis devenu d’office un vieux bonhomme de 78 ans un peu aigri d’office . Sauf qu’un vieux bonhomme de e 78 ans un peu aigri ne râlerait pas sur le fait que quelqu’un (mais qui ?) fasse marcher sa machine à laver à 7h du matin un dimanche, étant donné qu’il serait levé depuis deux bonnes heures, et qu’il serait probablement lui-même à l’origine de tout ce boucan, et c’est un paradoxe temporel cette histoire : je suis mon propre grand-père. Sauf que là, non. Et que ça ne faisait pas franchement partie de mes plans de voir s’humecter le fil de la ville sur mes vitres à 7h, ce matin. C’est beau. C’est beau mais c’est trop tôt. C’est une heure à se dire des trucs comme : dans Les Royaumes du Nord, au début du deuxième tome, il se passe quelque chose d’assez fort, je trouve. Lyra, qui est l’héroïne de la trilogie, fait la rencontre de Will, qui va très vite devenir son, comment peut-on dire ça, son alter-ego. Lyra dispose d’un atout cheaté parmi ses possessions : un genre d’outil divinatoire qui est capable de répondre à la moindre de ses questions. En cela, il est une matérialisation assez marquante de la narration en elle même, c’est-à-dire un objet capable de donner du sens à partir de symboles préexistant (l’alethiomètre, puisque c’est là son nom, communique par le biais d’un réseau de symboles). Mais ce n’est pas là que je voulais en venir, et ce à quoi je pense m’est complètement passé au-dessus lors de ma première lecture, à savoir à la fin de mon adolescence, il y a donc un certain temps. Toujours Bref , toujours est-il que Lyra interroge son alethiomètre au sujet de Will, lors de leur rencontre : peut-elle lui faire confiance ? La réponse est la suivante : Will est un meurtrier (ce qui est, par ailleurs, rigoureusement exact tout à fait vrai ). La réaction de Lyra est alors profondément peu réaliste et néanmoins complètement vraisemblable (compte tenu de son caractère, et de l’univers – des univers – du récit) : elle se dit que c’est très bien comme ça, qu’un meurtrier est quelqu’un sur qui elle spécifiquement pourra compter, que c’est un bon compagnon. Et en réalité ce n’est pas ici le personnage qui s’exprime, c’est l’auteur : Will est un personnage créé de toutes pièces en réaction à Lyra (il est ce qu’elle n’est pas et vice et versa), il en est le compagnon idéal dans l’espace narratif. Et pourtant, parce que nous sommes fidèles à l’univers présent et que cette remarque s’inscrit dans la cohérence du personnage, ça fonctionne. On a beau voir les fils, on croit toujours que le personnage sur la scène peut voler. Tout n’est pas réussi dans ces livres (et c’est important de voir aussi où ça ne prend pas, ou alors là où ça prend moins), mais ils sont un bon modèle, dans le genre bien particulier des cycles de romans jeunesse (comprendre en réalité des livres lisibles par tout un chacun), pour comprendre comment la narration prend corps, progresse, évolue, respire. Vit quoi.

120519, version 6 (9 juin 2019)

C’est la première fois en presque sept ans que je scotche un mot dans l’ascenseur pour faire passer un message à l’attention de mes voisins, ce qui, j’en ai conscience, n’est pas de mon âge. En faisant cela, je suis devenu un vieux bonhomme de 78 ans d’office. Sauf qu’un vieux bonhomme e 78 ans qui n’aurait pas mon âge ne râlerait pas sur le fait que quelqu’un (mais qui ?) fasse marcher sa machine à laver à 7h du matin un dimanche, étant donné qu’il serait levé depuis deux bonnes heures, et qu’il serait probablement lui-même à l’origine de tout ce boucan, et c’est un paradoxe temporel cette histoire : je suis mon propre grand-père. Sauf que là, non. Et que ça ne faisait pas franchement partie de mes plans de voir s’humecter le fil de la ville sur mes vitres à 7h, ce matin. C’est beau. C’est beau mais c’est trop tôt. C’est une heure à se dire des trucs comme : dans Les Royaumes du Nord, au début du deuxième tome, il se passe quelque chose d’assez fort, je trouve. Lyra, qui est l’héroïne de la trilogie, fait la rencontre de Will, qui va très vite devenir son, comment peut-on dire ça, son alter-ego. Lyra dispose d’un atout cheaté parmi ses possessions : un genre d’outil divinatoire qui est capable de répondre à la moindre de ses questions. En cela, il est une matérialisation un symbole assez marquante marquant de la narration en elle même, c’est-à-dire un objet capable de donner du sens à partir de symboles préexistant (l’alethiomètre, puisque c’est là son nom, communique par le biais d’un réseau système de symboles). Mais ce n’est pas là que je voulais en venir, et ce à quoi je pense m’est complètement passé au-dessus lors de ma première lecture, à savoir à la fin de mon adolescence, il y a donc un certain temps. Bref, toujours est-il que Lyra interroge son alethiomètre au sujet de Will, lors de leur rencontre : peut-elle lui faire confiance ? La réponse est la suivante : Will est un meurtrier (ce qui est, par ailleurs, tout à fait vrai). La réaction de Lyra est alors profondément peu réaliste et néanmoins complètement vraisemblable (compte tenu de son caractère, et de l’univers – des univers – du récit) : elle se dit que c’est très bien comme ça, qu’un meurtrier est quelqu’un sur qui elle spécifiquement pourra compter, que c’est un bon compagnon. Et en réalité ce n’est pas ici le personnage qui s’exprime, c’est l’auteur : Will est un personnage créé de toutes pièces en réaction à Lyra (il est ce qu’elle n’est pas et vice et versa), il en est le compagnon idéal dans l’espace narratif. Et pourtant, parce que nous sommes fidèles à l’univers présent et que cette remarque s’inscrit dans la cohérence du personnage, ça fonctionne. On a beau voir les fils, on croit toujours que le personnage sur la scène peut voler. Tout n’est pas réussi dans ces livres (et c’est important de voir aussi où ça ne prend pas, ou alors là où ça prend moins), mais ils sont un bon modèle, dans le genre bien particulier des cycles de romans jeunesse (comprendre en réalité des livres lisibles par tout un chacun), pour comprendre comment la narration prend corps, progresse, évolue, respire. Vit quoi.

120519, version 5 (7 juin 2019)

C’est la première fois en presque sept ans que je scotche un mot dans l’ascenseur pour faire passer un message à l’attention de mes voisins, ce qui, j’en ai conscience, n’est pas me transforme de fait en vieux bonhomme de mon âge 78 ans . Sauf qu’un vieux bonhomme qui n’aurait pas mon âge de 78 ans ne râlerait pas sur le fait que quelqu’un (mais qui ?) fasse marcher sa machine à laver à 7h du matin un dimanche, étant donné qu’il serait levé depuis deux bonnes heures, et qu’il serait probablement lui-même à l’origine de tout ce boucan, et c’est un paradoxe temporel cette histoire : je suis mon propre grand-père. Sauf que là, non. Et que ça ne faisait pas franchement partie de mes plans de voir s’humecter le fil de la ville sur mes vitres à 7h, ce matin. C’est beau. C’est beau mais c’est trop tôt. C’est une heure à se dire des trucs comme : dans Les Royaumes du Nord, au début du deuxième tome, il se passe quelque chose d’assez fort, je trouve. Lyra, qui est l’héroïne de la trilogie, fait la rencontre de Will, qui va très vite devenir son, comment peut-on dire ça, son alter-ego allié . Lyra dispose d’un atout cheaté parmi ses possessions : un genre d’outil divinatoire qui est capable de répondre à ses questions. En cela, il est un symbole assez marquant de la narration en elle même, c’est-à-dire un objet capable de donner du sens à partir de symboles préexistant (l’alethiomètre, puisque c’est là son nom, communique par le biais d’un système de symboles). Mais ce n’est pas là que je voulais en venir, et ce à quoi je pense m’est complètement passé au-dessus lors de ma première lecture, à savoir à la fin de mon adolescence, il y a donc un certain temps. Bref, toujours est-il que Lyra interroge son alethiomètre au sujet de Will, lors de leur rencontre : peut-elle lui faire confiance ? La réponse est la suivante : Will est un meurtrier (ce qui est, par ailleurs, vrai). La réaction de Lyra est alors profondément peu réaliste et néanmoins complètement vraisemblable (compte tenu de son caractère, et de l’univers – des univers – du récit) : elle se dit que c’est très bien comme ça, qu’un meurtrier est quelqu’un sur qui elle spécifiquement pourra compter, que c’est un bon compagnon. Et en réalité ce n’est pas ici le personnage qui s’exprime, c’est l’auteur : Will est un personnage créé de toutes pièces en réaction à Lyra (il est ce qu’elle n’est pas et vice et versa), il est le compagnon idéal dans l’espace narratif. Et pourtant, parce que nous sommes fidèles à l’univers présent et que cette remarque s’inscrit dans la cohérence du personnage, ça fonctionne. On a beau voir les fils, on croit toujours que le personnage sur la scène peut voler. Tout n’est pas réussi dans ces livres (et c’est important de voir aussi où ça ne prend pas, ou alors là où ça prend moins), mais ils sont un bon modèle, dans le genre bien particulier des cycles de romans jeunesse (comprendre en réalité des livres lisibles par tout un chacun), pour comprendre comment la narration prend corps, progresse, évolue, respire. Vit quoi.

120519, version 4 (31 mai 2019)

C’est la première fois en presque sept ans que je scotche un mot dans l’ascenseur pour faire passer un message à l’attention de mes voisins, ce qui, j’en ai conscience, me transforme de fait en vieux bonhomme de 78 ans. Sauf qu’un vieux bonhomme de 78 ans ne râlerait pas sur le fait que quelqu’un (mais qui ?) fasse fait marcher sa machine à laver à 7h du matin un dimanche, étant donné qu’il serait levé depuis deux bonnes heures, et qu’il serait probablement lui-même à l’origine de tout ce boucan, et c’est un paradoxe temporel cette histoire : je suis mon propre grand-père. ( ou quelque chose comme ça ). Sauf que là, non. Et que ça ne faisait pas franchement partie de mes plans de voir devoir s’humecter le fil de la ville sur mes vitres à 7h, ce matin. C’est beau. C’est beau mais c’est trop tôt. C’est une heure à se dire des trucs comme : dans Les Royaumes du Nord, au début du deuxième tome, il se passe quelque chose d’assez fort, je trouve. Lyra, qui est l’héroïne de la trilogie, fait la rencontre de Will, qui va très vite devenir son, comment peut-on dire ça, son allié. Lyra dispose d’un atout cheaté parmi ses possessions : un genre d’outil divinatoire qui est capable de répondre à ses questions. En cela, il est un symbole assez marquant de la narration en elle même, c’est-à-dire un objet capable de donner du sens à partir de symboles préexistant (l’alethiomètre, puisque c’est là son nom, communique par le biais d’un système de symboles). Mais ce n’est pas là que je voulais en venir, et ce à quoi je pense m’est complètement passé au-dessus lors de ma première lecture, à savoir à la fin de mon adolescence, il y a donc un certain temps. ( c’était aussi je pense l’un de premiers cycles que je lisais en anglais , et je n’ai pas toujours tout comprendre ). Bref, toujours est-il que Lyra interroge son alethiomètre au sujet de Will, lors de leur rencontre : peut-elle lui faire confiance ? La réponse est la suivante : Will est un meurtrier (ce qui est, par ailleurs, vrai). La réaction de Lyra est alors profondément peu réaliste et néanmoins complètement vraisemblable (compte tenu de son caractère, et de l’univers – des univers – du récit) : elle se dit que c’est très bien comme ça, qu’un meurtrier est quelqu’un sur qui elle spécifiquement pourra compter, que c’est un bon compagnon. Et en réalité ce n’est pas ici le personnage qui s’exprime, c’est l’auteur : Will est un personnage créé de toutes pièces en réaction à Lyra (il est ce qu’elle n’est pas et vice et versa), il est le compagnon idéal dans l’espace narratif. Et pourtant, parce que nous sommes fidèles à l’univers présent et que cette remarque s’inscrit dans la cohérence du personnage, ça fonctionne. On a beau voir les fils, on croit toujours que le personnage sur la scène peut voler. Tout n’est pas réussi dans ces livres (et c’est important de voir aussi où ça ne prend pas, ou alors là où ça prend moins), mais ils sont un bon modèle, dans le genre bien particulier des cycles de romans jeunesse (comprendre en réalité des livres lisibles par tout un chacun), pour comprendre comment la narration prend corps, progresse, évolue, respire.

120519, version 3 (12 mai 2019)

C’est la première fois en presque sept ans que je scotche un mot dans l’ascenseur pour faire passer un message à l’attention de mes voisins, ce qui, j’en ai conscience, me transforme de fait en vieux bonhomme de 78 ans. Sauf qu’un vieux bonhomme de 78 ans ne râlerait pas sur le fait que quelqu’un (mais qui ?) fait marcher sa machine à laver à 7h du matin un dimanche, étant donné qu’il serait levé depuis deux bonnes heures, et qu’il serait probablement lui-même à l’origine de tout ce boucan, et c’est un paradoxe temporel cette histoire : je suis mon propre grand-père (ou quelque chose comme ça). Sauf que là, non. Et que ça ne faisait pas franchement partie de mes plans devoir s’humecter le fil de la ville sur mes vitres à 7h, ce matin. C’est beau. C’est beau mais c’est trop tôt. C’est une heure à se dire des trucs comme : dans Les Royaumes du Nord, au début du deuxième tome, il se passe quelque chose d’assez fort, je trouve. Lyra, qui est l’héroïne de la trilogie, fait la rencontre de Will, qui va très vite devenir son, comment peut-on dire ça, son allié. Lyra dispose d’un atout cheaté parmi ses possessions : un genre d’outil divinatoire qui est capable de répondre à ses questions. En cela, il est un symbole assez marquant de la narration en elle même, c’est-à-dire un objet capable de donner du sens à partir de symboles préexistant (l’alethiomètre, puisque c’est là son nom, communique par le biais d’un système de symboles). Mais ce n’est pas là que je voulais en venir, et ce à quoi je pense m’est complètement passé au-dessus lors de ma première lecture, à savoir à la fin de mon adolescence, il y a donc un certain temps (c’était aussi je pense l’un de premiers cycles que je lisais en anglais, et je n’ai pas toujours tout dû comprendre). Bref, toujours est-il que Lyra interroge son alethiomètre au sujet de Will, lors de leur rencontre : peut-elle lui faire confiance ? La réponse est la suivante : Will est un meurtrier (ce qui est, par ailleurs, vrai). La réaction de Lyra est alors profondément peu réaliste et néanmoins complètement vraisemblable (compte tenu de son caractère, et de l’univers – des univers – du récit) : elle se dit que c’est très bien comme ça, qu’un meurtrier est quelqu’un sur qui elle spécifiquement pourra compter, que c’est un bon compagnon. Et en réalité ce n’est pas ici le personnage qui s’exprime, c’est l’auteur : Will est un personnage créé de toutes pièces en réaction à Lyra (il est ce qu’elle n’est pas et vice et versa), il est le compagnon idéal dans l’espace narratif. Et pourtant, parce que nous sommes fidèles à l’univers présent et que cette remarque s’inscrit dans la cohérence du personnage, ça fonctionne. On a beau voir les fils, on croit toujours que le personnage sur la scène peut voler. Tout n’est pas réussi dans ces livres (et c’est important de voir aussi où ça ne prend pas, ou alors là où ça prend moins), mais ils sont un bon modèle, dans le genre bien particulier des cycles de romans jeunesse (comprendre en réalité des livres lisibles par tout un chacun), pour comprendre comment la narration prend corps, progresse, évolue, respire.

120519, version 2 (12 mai 2019)

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